mercredi, 09 janvier 2008

Échos de 2007

Arrivé à Eymoutiers et installé le 3 octobre 2004 après une mission de 9 ans au Tchad, de fait, 2007 a été une troisième année pleine à la Paroisse Sainte Anne des Monts et Rivières qui s’étend sur 50kms depuis les hauteurs du Plateau de Millevaches jusqu’au bas-Limousin. 1200 familles visitées dans les 25 communes de Hte Vienne, de Creuse, à la lisière de la Corrèze. Zone difficile (j’ai choqué en disant que c’était la paroisse « la plus difficile du diocèse ») avec deux cantons à la population la plus âgée d’Europe, densité de 19 hab./ km², presque pas d’emplois industriels, pas de lycée, et au niveau religieux, moins de 1% de pratique religieuse et aussi de l’anticléricalisme. Il y a cependant beaucoup d’autres atouts notamment, la capacité d’accueillir des personnes venant d’ailleurs, des villes ou d’Angleterre. Ainsi, ai-je fréquemment l’occasion de parler ou de célébrer … en langue anglaise.

Mon travail premier est d’œuvrer et favoriser le lien social, dans une région, par ailleurs, aimant le lien associatif. C’est le sens de mes visites dans les villages, relier (un des sens du mot « religion ») des gens des diverses communes, qui ne se connaissent pas forcément, des gens de philosophies ou de convictions diverses. Et aussi, permettre la résurgence de dynamismes et d’énergies parfois enfouies qui, mises en route, mettent en mouvement les personnes et les groupes. Surtout communiquer ce qui m’a construit, un certain rapport à l’Evangile qui ne fatigue ni n’étreint. En fait, c’est très simple et motivant. Grâce à un partage de responsabilités avec des personnes en relations significatives, nous sommes parvenus à initier et développer de nombreuses activités variées.

Habiter les églises. On en a 25, dont 5 « grandes » où les célébrations sont régulières et 20 « petites » où on a mis en place des célébrations saisonnières. Ainsi, partout, à l’occasion des grandes fêtes (Rameaux, Toussaint, Noël) et l’été, on permet à plus de 10% de la population de vivre un temps de célébration qui leur convienne. Une communauté de « missionnaires » s’est développée. Je peux aussi  compter sur la venue de frères prêtres d’Inde (Jesu, Laurence, Christopher) pour m’aider dans la tâche.

Habiter la saison estivale. Profitant des temps cléments et des superbes paysages, les maisons s’ouvrent et les villages s’animent avec l’arrivée des vacanciers. D’année en année nous multiplions les propositions estivales : visites, accueil, sorties, circuits, célébrations. Pastorale d’été. Cette année, j’ai eu le secours de 3 prêtres d’Afrique (Dominique Sawadogo, Benoit Sawadogo, Martin Antcha) et nous avons vécu ensemble un bon temps de fraternité.

Habiter les générations. Nous avons démarré les « dimanches inter-générations » où pour la journée se retrouvent autour d’un ensemble d’activités et d’animations, des familles, des enfants et des jeunes avec les ainés dans les salles polyvalents des gros bourgs. Les journées de « L’Alliance » regroupent les jeunes couples qui se marient dans l’année et ils viennent de plus en plus nombreux et motivés. Les rencontres de parents qui préparent les baptêmes, communautaires pour associer les familles.

Habiter les relations. « vous ne pouvez venir à l’église, dis-je aux gens, alors, c’est l’église qui vient chez vous ». A présent, 6 groupes de lectures d’évangile se retrouvent dans les maisons des uns et des autres. 3 autres groupes sont en gestation. Un nouveau groupe de réflexion (genre CMR :Chrétiens en Monde Rural) a débuté avec des couples jeunes. Une fraternité autour de la spiritualité de Charles de Foucauld se retrouve tous les mois.

Habiter des activités ensemble. Outre la traditionnelle kermesse paroissiale d’été à Eymoutiers, nous avons initié avec succès un loto paroissial d’hiver à Châteauneuf la forêt. Nous avons arpenté pour la troisième année les chemins de St Jacques de Compostelle : 40 personnes pendant 10 jours à travers Gers et Béarn. Nous étions allés 18 de la paroisse (fin 2006) en Terre sainte. Nous sommes allés à Taizé (en mai) et Lourdes (en octobre : pèlerinage des agriculteurs).

Habiter le monde. Début août, nombreux anciens compagnons de l’humanitaire (MSF, Orphelinat de Koumra, etc.) venus de 6 pays d’Europe et du Tchad, nous nous sommes retrouvés à Eymoutiers ; de nombreux habitants se sont joints à nous pour partager cette rencontre. En janvier, je me suis rendu dans un « squatter area » de la périphérie de Manille aux Philippines pour un temps de partage avec les Fils de la Charité. En novembre, je suis allé au Burkina Faso, retrouver les compagnons burkinabe de Sapone, Seguenega et Ouahigouya. La venue des prêtres d’Afrique (Tchad, Burkina) est l’occasion pour la communauté d’exprimer sa solidarité avec leurs Eglises.

Habiter l’histoire. Le 4 octobre, j’ai célébré l’anniversaire de mes 20 ans d’ordination presbytérale, à la Collégiale d’Eymoutiers, entouré de mon évêque Christophe Dufour, et de nombreux amis. Je participe aussi à de nombreuses instances du diocèse (modérateur du Conseil Presbytéral, aumônier de la Past. Rurale etc). Chaque semaine 200 personnes reçoivent mon homélie du dimanche (par la Poste ou par Internet). Enfin, je m’échappe de temps en temps au Pays Basque pour y revoir parents et amis.

jeudi, 18 octobre 2007

Visite d'une jeune musulmane

Deux dames demandent à entrer : l'une dit
"j'ai appris que vous connaissez les musulmans".
"J'ai beaucoup vécu avec eux" lui répondis-je.
S'étant assise elle dit :
"je n'arrive plus à prier ni à faire le Ramadam". L'écoutant davantage, elle ajoute :
"j'ai perdu mon père il y a deux ans et mon petit garçon de 3 ans il y a 7 mois. J'ai tellement prié pour leur guérison et je n'ai pas été exaucée. Je ne comprends pas pourquoi. Et je ne peux pas parler avec mon entourage qui me rejette."
En effet, la communication est rompue avec son mari ainsi qu'avec ses trois autres enfants. Même sa mère lui dit de ne plus penser à son enfant qui est parti.
"Si vous ne pouvez parler à vos familiers, parlez à vos pains".
En effet cette jeune dame est expérte dans la fabrication du pain.
"c'est ce que je fais : au moins eux, m'écoutent".
"Vous devez croire en la vie ; d'ailleurs, vous ne vous êtes pas suicidée".
"Peut-on se suicider ?"
"oui, quand la détresse est trop grande".
"je veux me suicider tous les jours ; c'est la présence des enfants qui m'en empêche"
"Mais vous n'êtes pas responsable de la mort de votre enfant. Vous avez tout fait pour lui. Il n'est pas perdu ; il est avec Dieu"
"j'ai de la haine"
"ce n'est pas de la haine; c'est de la révolte. C'est normal. Il faut le temps du deuil."
"donc je ne suis pas punie de la mort de mon enfant ?"
Je lui fais un grand signe de la tête pour exprimer NON.
après un silence,
"je vais repartir avec de la paix dans le coeur"
Et elle partit.

jeudi, 11 octobre 2007

20 ans d’ordination

C'était il y a une semaine...

 

4 octobre 1987 - 4 octobre 2007

 

 

 

Un dimanche, un paroissien à la fin de la messe s'est trouvé pris par une émotion intense. « Nous sommes si peu à la messe me dit il, pour une ville comme Eymoutiers ! » j'avais en effet compté une 30 aine de personnes venant souvent de villages éloignés.  « Monsieur, lui dis-je , nous sommes des chrétiens et pour les chrétiens il y a ce qui est visible et ce qui est invisible. Et nous sommes pour ce qui est invisible : en leur nom, nous nous trouvons à la célébration du dimanche. »

Il y a trois jours, je me trouvais à Lisieux, sur les lieux-mêmes où vécut Ste Thérèse. C'était au cours du rassemblement de près de 300 prêtres Fidei Donum réunis à l'occasion du 50ème anniversaire de l'Encyclique de Pie XII qui a ouvert le champ missionnaire à tous ceux qui, de bonne volonté, ont voulu partir loin de chez eux partager le don de la foi reçu. Thérèse, le petite, la cachée dans son Carmel, est la Patronne des Missionnaires, la patronne de la Mission Universelle de l'Eglise.

Les grandes oeuvres sont paradoxalement portées par ce qui est invisible aux yeux des humains (nous savons tant que les valeurs que promeut le monde sont inverses de l'Evangile) Portés par le souffle de l'Esprit auquel ils consentissent dans la simplicité, l'humilité, même, de pauvres gens, qui sont peu de choses, acceptent qu'à travers leur faiblesse, c'est la puissance de Dieu qui soit à l’œuvre !

C'est cette expérience dont je peux témoigner alors que je célèbre 20 ans d'ordination presbytérale et je voudrais avec vous, en rendre grâces au Seigneur de toutes mes forces et de tout mon amour.

Je rends grâce pour tous les dons reçus et je ne voudrais jamais cesser de chanter ma louange au Seigneur. Lui seul, compte, Lui seul a de l'importance, Lui seul permet la vie, la croissance et l'être. Sans Lui, tout se perd dans l'absurde et le néant. Je rends grâce car il a voulu choisir, appeler, envoyer des personnes sans importance dans le champ apostolique. Il a voulu dans toutes circonstances, à travers difficultés et tribulations, être présent avec eux, portant ce qui est à porter, faisant germer les semences, les faisant mûrir et donnant 100 pour 1. Oui, je peux témoigner de ces merveilles, portées à plusieurs, quand l'Evangile travaille les consciences et ouvre des perspectives neuves qui rendent joyeuse et légère le ministère quotidien, le service des hommes et des communautés.

Au cours de ces 20 ans, après mon arrivée en Creuse comme diacre, c'est à dire, comme serviteur de Jésus, j'ai pu exercer le ministère pendant 8 ans à Guéret - un temps de fondation, d'expérimentation, de consolidation. C'était la paroisse la plus peuplée du diocèse. - merci mes amis de Guéret, de St Pardoux d'être là ce soir : nos liens spirituels et amicaux sont étroits et anciens. Puis, je fus envoyé un peu plus de 2 ans en Hte Marche à Aubusson et les villages de la paroisse la plus étendue du diocèse. Un temps d'épanouissement, d'élargissement. Merci aussi, d'être là ce soir. Ce que nous avons vécu en ces temps, demeure encore. Ce fut un ministère missionnaire en Creuse, lié à plusieurs associations laïques qui m'ont toujours soutenu, et un travail professionnel à mi temps dans une institution publique de formation, au Lycée Agricole d'Ahun et son antenne de Dun Le Palestel. Je rends grâce au Seigneur pour ces années pleines d’avancées, de dialogues, de respect, de la connaissance et de l'enracinement dans un terroir. Le terroir creusois bien aimé, si différent de ma terre basque d'origine mais si profond, terre secrètement ouverte et généreuse, fidèle par dessus tout. Nous avons appris à dire Dieu sans le nommer, à le vivre en fraternité, à l'aimer profondément jusqu'à éprouver en ses amis, sa présence tangible et vive. J'en rends grâce par dessus tout.

C'est, vous le savez, une nouvelle période qui s'ouvre ensuite avec le départ en mission comme prêtre Fidei Donum au Tchad. Vous êtes nombreux à avoir franchi les distances, mers et déserts, pour venir me voir et vous avez été transformés. comme je l'ai été moi même. C'est une grâce insigne que le Seigneur m'a accordée pour retourner vivre dans ces régions connues quelques années auparavant en coopération et partager l'essentiel de ce qui fait ma vie : l'Evangile, pour, recevoir au centuple, grandir dans le chemin de la simplicité et du partage, vivre un certain dépouillement, apprendre langue, culture, façon d'exprimer la foi, croire en la vie. 9 Années merveilleuses, 6 ans à Koumra, la paroisse la plus grande du diocèse de Sarh qu'il m'a été donné de servir; je crois qu'il est impossible de décrire la somme d'activités que nous y avons mené, tchadiens et expatriés ensemble. Certaines années j'ai baptisé à Pâques 650 catéchumènes adultes qui avaient vécu 4 années de catéchuménat. Puis 3 années à Koumogo, la plus petite des paroisses du diocèse, sans prêtre depuis 4 ans (mais tout de même 65 communautés qui se rassemblent chaque dimanche, en l'absence de prêtre) où tout le monde me connaissait, même si la moitié de la population était née après ces temps de guerre civile que j'avais vécus avec eux durant 3 ans (de 1978 à 1981). La foi n'a de sens que dans une transformation de l'existence dans toutes ses dimensions, économiques, politiques, culturelles, spirituelles ou humanitaire.

Je rends grâce au Seigneur pour l'ouverture internationale, qui m'a permis de partager avec des peuples et des continents si différents, la communion ecclésiale dans de multiples langues et cultures. Depuis ce premier séjour en Côte d'Ivoire à l'âge de 19 ans, avec mon compagnon Begnate ici présent , je crois que j'ai visité plus de 35 pays et à chaque fois, la rencontre des hommes croyants de différentes religions, la rencontre des missionnaires, celle des Eglises, et des communautés m'a formidablement renforcé ainsi que, réciproquement, les compagnons de la rencontre; grandissant mutuellement par l'accueil et le don de cet essentiel qui nous fait vivre : le Christ.

Le Père Dufour, mon évêque, m'avait laissé le choix complet de rester ou de rentrer. Vers l'âge de 50 ans, il fallait choisir. Et c'est ainsi, qu'il y a 3 ans, et sans transition, j'ai été nommé parmi vous à Eymoutiers, pour le service de la paroisse sainte Anne, sans doute, la paroisse la plus difficile du diocèse. Je rends grâce au Seigneur des choses merveilleuses que nous avons engagées ensemble. Comme dit l'Apôtre, l'un sème ou plante, l'autre arrose, le troisième récolte mais c'est toujours le même Seigneur qui agit. Lui seul est le maître de la moisson et j'ai toujours eu conscience que ce ministère presbytéral et missionnaire que je vis, se situe dans une continuité, entre des prédécesseurs et des successeurs et que rien ne peut être imputé à l'un ou à l'autre, tous contribuant à ce que l'Esprit fasse son oeuvre dans les cœurs.

 

Je rends grâce de ce que toujours, il ait confié la tâche apostolique et missionnaire à des personnes qui deviennent des collaborateurs, pour que unis ensemble en Lui, nous continuons à porter des fruits et par l'Esprit du Seigneur, un fruit qui demeure.

 

 

mercredi, 25 juillet 2007

Vies de femmes (3)

J'ai eu beaucoup de mal à joindre leur maison dans une forêt au bout et en contre-bas d'une petite route, au fin fond d'un village de S. Elles sont deux soeurs âgées, avec leur chien, habitant une maison toute noircie par les fumées de l'âtre. Elles veulent savoir ce qu'elles ont fait de mal pour mériter un tel sort.
Leurs parents étaient des métayers qui travaillaient des fermes, à mesure de ce qu'il leur était possible, gagnant peu. La plus jeune des deux a eu la méningite à l'âge de deux ans et il en reste des séquelles. L'autre s'est mariée. Son premier fils très intelligent à l'école, a attrapé lui aussi une méningite sur une rougeole à l'âge de 5 ans et demie. Il est décédé à l'âge de 46 ans. Son autre fille, vient d'attraper la méningite et est hospitalisée à Limoges. Elle a 49 ans.
Sa petite fille qui vient de se marier est diabétique; il ne lui faut pas de stress.

Pourtant, disent-elles, elles n'ont rien fait de mal. Nous causons; je les écoute surtout. Elles me disent que si je les guérissais, elles m'en sauront gré. En partant, elles insistent pour que j'emporte une bouteille de liqueur de cassis.

mercredi, 04 juillet 2007

Vies de femmes (2)

Je suis allé voir Anna au funérarium où elle repose. 98 ans : son visage sans ride d'une étonnante beauté me surprend. Anna était modiste dans son bourg natal. Puis elle était montée à Paris où elle fit une carrière de vendeuse au Printemps. C'est à l'âge de 75 ans qu'elle épousa un parisien (sa famille me dit que c'était un juif) et vécurent ensemble pendant 20 ans, jusqu'à la mort de ce dernier. Pas d'enfant, bien sûr. C'est sa nièce, directrice d'une maison de retraite, qui la recueille et s'en occupe jusqu'à la fin. Tout dernièrement Anna a exprimé le désir d'une cérémonie à l'église de son village natal, au grand étonnement de ses soeurs, car non croyante. Nous avons choisi un texte qui pouvait lui convenir et qui a plu à sa famille.
En sortant de la cérémonie, un monsieur me tire par le bras; il est instituteur à la retraite et a été frappé de ma conférence au Cercle Condorcet sur la Laïcité. Il me confie qu'après 42 ans de mariage, son épouse l'a mis dehors et le menace de l'enfermer à l'asile. Il s'est réfugié chez sa mère.

mercredi, 27 juin 2007

Vies de femmes (1)

Je l'ai souvent croisée dans diverses manifestations. Elle m'annonce qu'elle a 75 ans; je lui en donnais 60. Jacqueline est adjointe au maire de sa commune et c'est son troisième mandat. Elle va sans doute arrêter aux prochains votes.
Son papa était communiste et avait été maire pendant une année. Elle le savait athée. Mais à force de fréquenter le curé de l'époque (qui était prêtre-ouvrier), il avait fini par dire que "Jésus était le plus grand communiste de l'histoire" !
Jacqueline était arrivée dans sa bourgade il y a 40 ans. Venant de Paris, elle avait ouvert un bistrot avec une partie commerciale importante. Elle aimait porter jupe courte et talons hauts. Mais dans cette bourgade rurale, on n'était pas habitué. Aussi, c'est quand elle s'acheta une blouse pour l'enfiler dorénavant, qu'elle fut bien adoptée.
Elle a eu trois enfants. Mais perdit son mari jeune. Beaucoup de travail fourni. Elle a plus ou moins refait sa vie depuis.
Elle n'a pas été baptisée, n'a pas de religion, elle me dit être croyante à cause de la vie
(au contraire de ses copines d'enfance qui avaient fait leur communion et qui, depuis, ont abandonné toute foi) 
C'est la seule personne de son quartier qui m'a ouvert sa porte de bon coeur et accueilli.

mercredi, 20 juin 2007

Portes ouvertes

Dans un village éloigné de N. je rentre chez Jeannette et Santiago. Il est l'heure de midi, ils n'ont pas bien compris de quoi il s'agissait ; Jeannette dit : "mais c'est le curé du Cercle Condorcet !". Elle a en effet entendu parler de la conférence que nous avions organisée à Eymoutiers sur le thème de la laïcité, à laquelle elle même n'avait pas pu participer. Jeune retraitée de la Poste, elle vient de l'Ardèche tandis que Santiago vient de terminer son temps à la SNCF comme conducteur de train. Il est limousin, mais pas du coin. Cela fait 20 ans qu'ils sont dans ce village et on les considère toujours comme des étrangers.
 
L'accueil est bon. Ils sont d'origine catholique, mais se sont libérés des manières de croire. Athées en quelque sorte. Nous avons un bon débat concordant sur les limites du matérialisme et sur la nécessité de la cohésion sociale. Il y a là aussi de passage Christophe, un voisin qui a quelques difficultés suite à une opération. Nous échangeons simplement et amicalement. On aura envie de se revoir.

mercredi, 06 juin 2007

Vies d'hommes (8)

Xavier a 54 ans. Il me demande, je suis surpris, mon pedigree : sont déjà passés récemment des Mormons, des Témoins de Jéhovah...
Sa première femme l'a quitté pour un autre emmenant avec elle leurs deux ainées. Lui, il a épousé une compagne amie depuis longtemps et ont un enfant de 14 ans. Il ne sait pas toujours comment s'y prendre avec son fils. Il travaille pour une société et livre des bureaux aux clients. Travail physique parfois fatigant. Un équipement moyen dans ce genre de livraison, équivaut à 1000 €.
 
Nous prenons un apéritif dans le jardin et me fait visiter la maison. Bricoleur, il a beaucoup fait par lui-même. Très content de notre rencontre, il me demande de repasser. Je le charge de saluer et sa famille et ses amis du bout du village absents à cette heure.

mercredi, 30 mai 2007

Vies d'hommes (7)

Alain me reçoit à la porte. Il a environ 35 ans. Sa femme est en congé parental. Ils ont deux enfants encore petits. Venus de Paris, puis Lyon, ils apprécient de vivre à la campagne, surtout pour la sécurité des enfants. Le loyer de la maison (700 € par mois) ne leur parait pas élevé. Les deux voitures garées devant la porte sont immatriculées dans le Rhone. Il travaille à Limoges dans une start up d' informatique: 3 employés il y a un an, 11 aujourd'hui. Leur projet, avec cette boite en développement : concurrencer La Poste pour les envois d'objets et de courriers recommandés. Il pense qu'ils vont réussir car ils s'entendent bien au boulot.

mardi, 22 mai 2007

Vies d'hommes (6)

Une maisonnette en plein travaux. Deux hommes sont affairés à installer un carrelage; ils m'indiquent une pièce voisine où travaille Bernard qui, le sourire aux lêvres, me fait visiter les pièces en réfection. Il est jeune retraité, après avoir été pendant 32 ans chauffeur d'hommes politiques à Paris. Un métier où il s'est donné à fond, mais en gardant la maîtrise de sa vie personnelle. "le samedi, disait-il quand on lui demandait de conduire, je vais à la pêche et je me détends. Le dimanche, c'est le jour du Seigneur."
 
Ainsi, ces hommes politiques l'ont toujours bien respecté. Maintenant, il amènage des maisons avec son frère et son neveu. Et apprécie d'être revenu en Limousin. Il me demande de revenir, quand la maison sera complètement rénovée.

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