dimanche, 02 août 2009
Je suis le Pain de la Vie
18e dimanche B-2 août 2009- « Je suis le Pain de la Vie » - cf. Ex 16, 2-15 ; Ep 4, 17-24 ; Jn 6, 24-35
1- D'où viendra l'espoir pour les hommes d'aujourd'hui ? comment bien vivre alors que les nuages se sont amoncelées sur les prévisions de l'année, pas seulement sur notre hémisphère, mais sur l'ensemble des pays de la planète ? quel maître suivre ? quelles solutions appliquer ? Face aux problèmes, toutes les questions posées ne trouveront de réponse qu'à condition de mettre en jeu la responsabilité humaine. Et la responsabilité humaine est souvent impuissante, sauf si elle accueille en même temps la volonté divine comme un ferment de vie, qui transforme la vision trop étroite de l'horizon humain. Ferment de vie, Pain de la Vie. C'est ce que nous inspirent les textes de ce jour.
2- Lors de la sortie d'Egypte, il y a plus de 3000 ans, les Hébreux reprirent leur nomadisme à travers le désert du Sinaï. Mais en ces lieux arides, pas de ressources à manger, sauf à imaginer ou idéaliser l'abondance des viandes et de pain qui les nourrissaient pendant leur période d'esclavage ! Et ils se révoltèrent contre Moïse et Dieu. Il est difficile de vivre l'autonomie que Dieu donne ; on préfèrerait une vie relativement facile mais servile, à une vie plus pénible mais libre ! Alors, Dieu va leur proposer une vie matérielle satisfaisante tout en demeurant libre : recueillir la nourriture que Dieu leur donne comme un don qui les invite à reconnaître derrière le don, celui qui est le Donateur. Il les prend comme des partenaires libres dans son œuvre de salut. Ainsi le pain qu'ils reçoivent sous la forme de la « manne », devient plus que du pain : une relation avec celui qui les sauve, et une vie à accueillir et transmettre.
Quand Jésus avait abondamment nourri la foule qui le suivait (les disciples avaient même ramassé 12 corbeilles en surplus), les gens en veulent davantage, mais il sait bousculer leur attente. Ce n'est pas la nourriture qui se consume qui importe, leur dit-il, car on est sans cesse à la rechercher, mais une nourriture qui demeure toujours et qui libère de la servitude de cette quête. Cette véritable nourriture de vie, n'est pas un pain matériel, mais une énergie, une relation avec Jésus lui-même, qui nourrit profondément l'esprit et satisfait tous les besoins profonds de l'homme. Cette relation « énergétique », pour exister, suppose une confiance, comme « un pain à croire », et dès lors, quotidiennement, la vie grandit dans ce cœur à cœur nourrissant entre le disciple et Jésus. Ce n'est pas une évidence pour le premier venu, comme nous montrent les discussions de Jésus avec la foule. Mais celui qui s'engage sur le chemin du croire, trouvera pour chaque jour le nécessaire pour sa vie et même au-delà, entrera avec le Christ, dans un chemin ouvert jusqu'en éternité. Recevoir Jésus comme le Pain de la Vie, se nourrir de lui, c'est entrer dans une communion avec toutes les énergies du cosmos, concentrées dans l'eucharistie pour ainsi, vivre régénéré par la vie du Christ.
3- Qu'est ce que cela signifie pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, l'eucharistie à laquelle nous participons n'est pas seulement un rite particulier ou une habitude ancienne. Elle est d'abord, la mémoire de l'histoire humaine. Dans sa marche, l'humanité, a besoin de se poser, de trouver des ressources durables pour continuer sa route. Comme les Hébreux dans le désert, on peut se mettre à accueillir le don inouï de Dieu.
Ensuite, c'est une invitation à croire. Beaucoup de chrétiens considèrent l'hostie consacrée comme du simple pain. Or, par la puissance de l'Esprit saint, qui est la puissance du Christ, le pain est vie éternelle qui fait entrer dans cette Vie même de Dieu, renouvelant tout l'être, avec ses faiblesses et ses manques. Par le long chemin de la foi, on entre dans ce mystère de Vie.
Enfin, avec le Pain de la Vie, on est nourri dans la responsabilité vis à vis de tout ce qui nous entoure, les personnes et les choses. Notre liberté de croire est engagée, notre responsabilité aussi, dans la mesure où nous acceptons de toujours accueillir la Vie qui vient de Dieu et de compter sur elle pour gérer le quotidien et aimer tous nos frères qui cherchent la vérité.
Demandons à Dieu d'entrer davantage dans la compréhension de sa Vie qui se donne en nourriture dans sa Parole et dans l'Eucharistie qui nous rassemble, pour chaque jour en vivre.
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Semaine du 27 juillet au 02 août 2009
Chers amis
Une semaine de grand Boum avec toutes les activités de la Pastorale d'été : randonnées, visites, découvertes (sur les chemins, les bonnes fontaines, les oratoires dans les forêts etc.) Pas mal de gens nous ont rejoints dans ces propositions. Le pélerinage à sainte Anne s'est très bien déroulé : j'y ai exprimé ce que je portais et n'avais pas encore dit publiquement. Les très nombreux pélerins ont été de toute attention.
Ce weekend, après une messe d'anniversaire de mariage à Saint Bonnet Briance, deux mariages à Eymoutiers, rencontre avec les "anciens" humanitaires au Tchad, dans le nord de la France. Nous étions réunis comme il y a deux ans à Eymoutiers : Pascal repartait ce lundi pour une courte mission au Tchad (à Koumra); Karine revenait d'une mission MSF en Irak.
Je vous dis toute mes amitiés
Jean-Michel Bortherie
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lundi, 27 juillet 2009
Les ostensions 2009 (4)
Suite des photos des ostensions d'Eymoutiers à voir en cliquant ici.
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dimanche, 26 juillet 2009
Être comblé de tout ce qui fait vivre
17e dim A - 26 juillet 09 - Être comblé de tout ce qui fait vivre - cf. 2R 4,42-44 ; Ep 4,1-6 ; Jn 6,1-15
1- Que cherchent les gens au fond d'eux-mêmes ? Le repos quand on est fatigué de l'année, la réussite dans les actions engagées, une naissance quand on n'arrive pas à avoir d'enfants, une guérison quand on est atteint d'une maladie mortelle, des amis quand on se retrouve seul, du travail quand on est au chômage, la paix intérieure quand on est perturbé ... ce serait une liste à la Prévert si derrière chaque cas ne correspondait la situation douloureuse de personnes concrètes. Et nous - mêmes, qu'est-ce que nous recherchons vraiment le plus profondément ? qu'est ce qui peut combler notre attente ? En ce temps d'été, ce pourrait être une manière pour chacun de faire un peu le point dans sa vie, par une réflexion personnelle, ou avec d'autres. Nous pourrons rejoindre ce qui nous est intime et ainsi être comblé. A la manière des textes de ce jour.
2- C'est avec le Prophète Elisée que nous sommes introduits par le premier texte. Elisée était l'homme des signes par excellence. Partout où il passait, c'était comme une grâce. Il s'est vraiment mêlé à la vie des hommes. Par la puissance de Dieu, alors qu'il vit dans un monde hostile, celui des rois d'Israël qui tyrannisent et font ce qui est mauvais aux yeux du Seigneur, le Prophète va lever la malédiction et combler les attentes : la nourriture pour une veuve, la résurrection d'un enfant, la guérison d'un lépreux, la suppression de la famine etc. Il préfigure le Christ qui vient. Justement, le récit de la foule nourrie rejoint le récit évangélique que nous avons aussi entendu, tiré de l'évangile de Jean.
Une foule très nombreuse suit Jésus parce qu'il est quelqu'un d'extraordinaire : il guérit les malades. Simplement parce que c'est quelqu'un qui porte tellement d'unité en lui-même, que sa bonne santé se communique, remettant droit ceux qui sont de travers. Ainsi les malades, ceux qui sont perturbés par les esprits mauvais, sont- ils remis dans leur vérité et guéris. La foule qui ne comprend pas tout en profondeur, se demande s'il ne pourrait pas faire davantage. Or la pédagogie de Jésus consiste à faire grandir chacun dans la pleine conscience de ce qu'il attend au fond de soi, dans une durée de vie. Chacun porte une faim intérieure qui s'exprime par une faim physique. En accueillant le désir des gens, mais aussi les capacités de ses compagnons, les disciples, les quelques nourritures d'un petit garçon, Jésus se dispose et les dispose à accueillir l'œuvre même de Dieu qui, par sa puissance, comblera chacun de manière inespérée. Tous eurent à manger (ils étaient 5 mille) il en resta 12 corbeilles que les disciples ramassèrent comme pour désigner que les dons de Dieu ne peuvent se perdre mais se multiplier. Aussi, pour ne pas se méprendre sur le sens de ce signe par lequel c'est Dieu lui-même qui est à l'œuvre, Jésus va se retirer dans le silence laissant chacun à son interrogation.
3- Cela peut-il nous dire quelque chose aujourd'hui ?
Tout d'abord, dans ce qui paraît être le désert de nos existences et de notre monde autour de nous, une attente profonde habite le cœur humain, avec un désir d'être comblé dans ses manques et son espoir. Pouvons-nous regarder cela ? Peut-être que des couches de poussières ont enfoui ce désir au fond de nous : ne craignons pas de nous l'exprimer.
Ensuite, ce désir profond, cette attente profonde peuvent être comblés autrement que par une frénésie de consommation, de raideurs internes qui ne sont que des réponses insatisfaisantes. C'est l'amour de Dieu et l'amour seul qui peut nous combler à ce niveau. Tout simplement, laisser cet amour nous habiter et guérir les blessures profondes qui s'y trouveraient.
Enfin, se mettre sur un chemin nouveau, avec d'autres. Personne ne peut être au-dessus d'un autre quand il s'agit de ce niveau de compréhension ; au contraire, nous avons à nous apprendre les uns des autres, à recueillir les bienfaits reçus par les uns et par les autres, et à les faire multiplier en en faisant profiter les autres.
Demandons à Dieu, dans un élan où nous lui disons notre désir d'être comblé et notre merci pour l'avoir été, qu'il se fasse connaître à tous ceux qui cherchent le sens vrai de leur vie.
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