dimanche, 04 octobre 2009
Un appel, de deux faire un
27e dim B - 4 Octobre 2009 - Un appel, de deux faire un - cf. Gn 2, 18-24 ; He 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16
1- Parfois, les chroniqueurs nous font la description de célébrités rompant leur union. Le plus souvent, cela se trouve tout proche de nous quand, dans notre propre famille, les séparations se font jour, ou bien quand on divorce soi-même. Un couple aujourd'hui dans notre société, a statistiquement cinquante chances sur cent de rompre. Une chose est l'accepter, autre chose est comprendre. Une troisième chose est engager un processus pour qu'il en soit autrement. Les textes présentés aujourd'hui nous mettent en plein dans le sujet.
2- Nous en avons un exemple avec l'évangile de Marc. Dans le contexte dramatique de la montée vers Jérusalem, où Jésus scande les annonces de sa Passion à venir, les adversaires s'acharnent à le mettre en demeure de répondre. Comme ce type de questions qu'on pose non pour se renseigner ou obtenir une réponse, mais pour mettre en difficulté l'interlocuteur. Ici, il s'agit du problème de la fidélité conjugale. La question ne dit pas « comment rester en couple tout le temps » mais « a t-on le droit se séparer de son conjoint ». Et c'est encore plus insidieux : dans un contexte culturel qui rabaissait le statut de la femme à un niveau inférieur à l'homme, on pose la question du droit du mari à répudier sa femme. Un contexte où la femme n'a pas de droits sauf ceux octroyés par l'homme. Si ce type de société n'a pas encore totalement disparu aujourd'hui sous sa forme externe, le rapport interne homme-femme demeurera toujours déséquilibré si on ne comprend pas le sens profond de l'union. Ainsi, Jésus ne va se laisser enfermer dans une logique binaire du oui/non, mais va ouvrir la question selon deux significations. Premièrement, il s'agit d'aller à la signification de l'origine, en reprenant le texte de la Genèse, à l'acte premier du Créateur pour en comprendre le sens. On découvre dès lors, que la Création est bonne, qu'elle n'a pas institué de hiérarchie entre l'homme et la femme, que leur mission ce n'est pas de rester enfermé sur soi-même mais d'être toujours tourné vers la vie, que cette manière d'être permet d'être complémentaire l'un de l'autre. L'être humain, s'il est seul, demeure incomplet et son incomplétude est transformée par l'offrande de l'autre et réciproquement, pour s'unir profondément, et désormais demeurer toujours dans cette union. Cependant, l'union n'est réalisable que s'il y a au préalable séparation : « l'homme quittera son père et sa mère ... ». De deux ne faire qu'un, de manière définitive, appartient à l'homme, être de liberté et être de relation, habité de Dieu.
Deuxième signification de la réponse de Jésus, elle tient en l'usage des textes sacrés de la Bible et par extension des autres traditions religieuses. Quand on retire de son contexte un mot ou une phrase, on le manipule et on s'en sert toujours dans le sens d'un asservissement de la personne humaine. C'est au contraire, en regardant le projet global de Dieu pour l'homme qu'une expression peut être comprise pour ce qu'elle est et donner un sens qui soit vraiment libérateur. Toutefois, le sens dernier restera toujours au-delà des compréhensions immédiates et désignera l'orientation ultime vers laquelle s'avance l'homme créé à l'image de Dieu.
3- Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, la question posée concernant l'union de l'homme et de la femme est toujours valable. Mais elle nous interroge sur le sens de nos fidélités, de nos engagements, finalement, de l'amour que nous portons, de la qualité de l'amour conjugal pour un équilibre harmonieux.
Ensuite, la nécessité de deux facteurs pour réussir cette harmonie : la vérité. On ne demande pas à quelqu'un d'être parfait mais d'être vrai. Est-ce que nos rapports homme-femme, nos rapports dans les couples sont construits sur cette vérité ? l'autre facteur est le temps, la durée.
Enfin, revenir à la source. C'est dans les commencements, au cœur de la décision, que se trouve le secret de la fidélité et de la longévité dans l'alliance. Cela suppose qu'on ne peut grandir en amour que si on veut que l'amour dure et se développe dans le respect de l'autre.
Demandons à Dieu, au cœur des chamboulements de la société actuelle, de réentendre son appel et de nous rendre signes de sa tendresse et de sa vérité.
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Semaine du 28 septembre au 03 octobre 2009
Chers amis
Après un "Dimanche Intergénérations" à la Salle des Fêtes à Eymoutiers qui a connu un franc succès avec notamment des inscriptions de jeunes à la confirmation et d'une adulte au baptême, la journée de Fraternité Jesus Caritas en Corrèze (je fais partie de cette fraternité depuis 22 ans et nous nous retrouvons tous les mois), la rencontre mensuelle à Viam pour préparer le Journal Montagne Limousine, le Conseil pastoral paroissial, la rencontre de Doyenné à St léonard, la réunion des Modérateurs de paroisses à Bellac, une rencontre pour tous les acteurs de la liturgie sur la paroisse (très fructueuse), la rencontre de l'Aumônerie diversifiée du MRJC, et aussi diverses rencontres et préparations, obsèques etc.
Ce dimanche 4, 22e anniversaire de mon ordinatio à Guéret, nous nous envolons, tout un groupe (40 personnes ) pour un pélerinage qui nous mènera en Jordanie et Israël. retour le 15 octobre. Il n'y aura donc pas d'envoi pour le 11 octobre qui est l'ouverture de la Semaine Missionnaire Mondiale.
C'est le Père Jean marie Konkobo qui tient la permanence à la paroisse.
Je vous dis toute mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
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dimanche, 27 septembre 2009
Naître ensemble
27e dimanche B - 27 septembre 09 - « Naître ensemble » - cf. Nb 11, 25-29 ; Jc 5, 1-6 ; Mc 9, 38-48
1- Comment s'exprime une fraternité ? Le plus souvent, on est lié aux autres de manière naturelle par les liens familiaux, y compris au sens de la famille élargie ; on peut aussi se lier par une classe d'âges, ou une même origine géographique. On peut encore s'associer d'une façon moins naturelle, par des idées communes, ce qui supposera qu'on se connaisse, ou bien par un désir d'œuvrer ensemble. Se connaître, c'est en quelque sorte, « naître ensemble ». Ainsi, on pourra grandir ensemble. On pourra construire ensemble. Toutefois, rien ne pourra s'accomplir ni s'achever, si on n'y incluait une part d'imprévu, comme un accidentel avec lequel il faut compter ; comme s'il nous fallait aussi laisser la place à un agir providentiel. On le vit dans les expériences bibliques et c'est le message des textes d'aujourd'hui.
2- Pendant la longue marche dans le désert, en quittant cette terre d'Egypte où les Hébreux étaient bien nourris mais vivaient comme des esclaves, il leur faut entrer dans un être de liberté. Le peuple doit « naître ensemble » à cette liberté ; et sans cette expérience fondatrice, il mourrait. Mais cela n'est pas évident : car les 12 tribus sont plutôt nomades, chacune avec sa personnalité. Et avec elles, se sont agglomérés des tas de gens qui en ont profité, eux aussi, pour fuir la servitude d'Egypte. Comment s'unir, comment fonder ensemble ce Peuple ? Il y a bien Moïse, le libérateur, et ses aides, mais il est limité : un homme seul, même avec l'aide de ses proches, ne suffit pas à la tâche. Alors, naît une inspiration divine : partager son Esprit, pas seulement à ceux qu'on connaît, ceux qui sont déjà intégrés, mais à d'autres, qui sont restés dans le camp des gens du dehors. Ils « prophétisent » et Moïse se met à espérer que le peuple en son entier prophétise, lui aussi, c'est à dire, naisse ensemble à cet Esprit, devienne un peuple de prophètes, sans exclus.
Les Apôtres sont remis à ce même défi du « naître ensemble » avec l'expérience de personnes qui agissent au nom de Jésus, sans faire partie du groupe des fidèles. Car on ne naît pas ensemble quand on se ressemble, mais quand on est différent. Et quand on accepte cette différence comme une manière providentielle, on découvre les richesses divines enfouies dans le cœur des hommes. Et Jésus va aller plus loin dans la proposition du « naître ensemble » : quiconque vous reconnaît comme appartenant au Christ, ne serait-ce qu'en vous offrant le café quand vous lui rendez visite, devient associé à votre ensemble. Inutile, dès lors, de s'inquiéter de savoir qui est dedans, qui est dehors, car chacun peut être le signe de cette appartenance, quelles que soient ses limites ou ses compétences. En étant ainsi associé, on donne chance à laisser surgir ce qui est de meilleur. Et si par malchance, on se laissait à provoquer le scandale, il suffira de se détourner de ces conduites mauvaises en arrachant la source de ce mal et poursuivre le chemin vers le Royaume.
3- Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, prendre conscience que « naître ensemble » suppose une décision de connaître l'autre, et se faire connaître à l'autre. C'est un effort pour se dépasser, s'ouvrir, s'accepter. On découvre ainsi les richesses qui n'étaient pas visibles à première vue. Et leur mise en commun enrichit l'ensemble de manière insoupçonnée. C'est comme un baptême.
Ensuite, découvrir qu'il y a au-delà de ce qu'on connaît, des personnes ou des groupes qui reçoivent eux aussi leur part de l'Esprit de Dieu. Il peut y avoir une difficulté à le reconnaître, mais Dieu agit toujours ainsi, en suscitant en d'autres lieux ce qui portera du fruit. C'est comme une confirmation.
Enfin, on construit ensemble ce qui est finalement l'œuvre de Dieu. Chacun a sa part. Tous en bénéficient. L'ouvrage peut paraître à son commencement. D'une manière invisible il se développe, avec aisance. On continue la construction. C'est comme une communion.
Demandons au Seigneur, pour l'année pastorale, de nous donner la grâce pour une meilleure connaissance mutuelle, ainsi pour bien construire Sa maison au milieu des hommes.
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Semaine du 21 au 27 septembre 2009
Chers amis,
Après une visite familiale, la semaine a continué sa lancée : entretiens spirituels, journée sacerdotale au Foyer Jean XXIII, Carrefour de l'Église en Rural à Bourganeuf, groupe de lecture d'Evangile à Chateauneuf la Foret, mais aussi, cérémonie de remise de chèque aux bénéficiaires de Creuse et du Tchad par l'Association "les coeurs allant vers" à Guéret.
Diverses visites, dont au MRJC en Assemblée Générale à la Foret Belleville.
Dimanche, nous vivons une "Journée Intergénérations" à la Salle des fêtes d'Eymoutiers sur le thème de "Naitre ensemble", d'où le sens de l'homélie de ce jour.
Célestin Moadjidebay termine son séjour parmi nous; derniers soins et dernières visites. Participation à un spectacle burkinabe sur la Place centrale d'Eymoutiers, dans le cadre des Francophonies en Limousin.
Je vous dis toute mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
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