lundi, 24 août 2009

Clôture des Ostensions à Eymoutiers

Chers amis paroissiens et au-delà,

Cher Père Evêque Mgr François Kalist qui êtes venu pour la première fois dans notre paroisse Sainte Anne des monts et Rivières, nous avons été très honorés de votre présence à nos côtés en ce jour si particulier,

Chers frères prêtres, chers amis délégués des paroisses voisines et de notre paroisse jumelle de Seguenega au Burkina Faso,

Chers élus de la population de nos cantons,

Chers participants à nos Ostensions,

Votre présence nous a comblés, car nous ne nous savions pas capables de vous accueillir et de faire en sorte que cette fête du 13 juin 2009 à Eymoutiers, en l'honneur de Saint Psalmet, fondateur de notre cité et de tous les saints limousins, soit si belle et si profonde.

Beaucoup a déjà été dit sur l'historique de notre manifestation que je ne m'étendrai pas sur ce point.

Par contre, je voudrais adresser une vive reconnaissance, au nom de tous ceux qui ont participé à cette fête, à tous ceux et celles, nombreux et nombreuses, qui, souvent dans l'ombre, ont contribué à sa réussite. Je ne voudrais oublier personne. Dites moi si j'en oublie. Mais je m'adresse d'abord à toutes les personnes, qui, dans les villages et les quartiers de nos 25 communes, se sont retrouvées ou bien ont pris part à la réalisation des fleurs qui ont enchanté les rues de la ville. Un immense merci à toutes vos petites mains courageuses et persévérantes qui ont accompli des merveilles. Un immense merci à toutes les couturières, et elles sont nombreuses, qui n'ont pas ménagé leur temps et leurs énergies à confectionner costumes, bannières et décors. Merci aux peintres et divers artistes qui avez montré vos talents. Un immense merci à tous les travailleurs du bois, qui ont remis en état les reliquaires, les brancards, délicatement relooké tous les objets qui ont fait notre admiration aujourd'hui. Tous ceux qui ont contribué aux embellissements des rues et des maisons, tous ceux qui ont été au four et au moulin, ceux qui se sont impliqués si généreusement, sans compter ni leur temps ni leurs forces, parfois au risque de la santé. Votre engagement commun et votre don de soi vous aura transformés et nous aura émerveillés.

Merci à vous tous et toutes qui depuis des mois prépariez ce jour et aussi vous qui avez participé, faisant le sacrifice d'un gentil week-end en famille peut-être, des soirées pour apprendre les chants, répéter les pas, nul ne saura la somme de ce que vous aurez donné pour le bonheur des autres. Vous pouvez vraiment en être fiers. C'est ensemble que se construit le vrai bonheur, chacun y mettant le meilleur de soi.

En remerciant aussi de tout cœur les membres du Comité d'Organisation des Ostensions, le Bureau, le Président, tous les bénévoles, vous avez conduit une œuvre belle et profonde.

Je terminerai par remercier nos élus, les personnels communaux, les pompiers, les bénévoles, les gendarmes et tous ceux qui se sont impliqués avec l'aide de nos élus, par votre engagement et votre proximité affective à notre grand projet commun, en prêtant les salles, en accordant un soutien matériel et au-delà, nous avons senti que nous sommes ensemble, attelés à la même tâche, mettre au cœur de notre société l'Homme dans toutes ses composantes, et pour la construction d'un monde meilleur.

Enfin, merci à Dieu. Vous avez été ses mains, ses pieds, sa tête et son cœur. Il est toujours avec nous et il veut pour nous le meilleur. Ensemble, frères et sœurs, continuons sur ce chemin.

 

dimanche, 23 août 2009

À qui irions-nous, Seigneur ?

21e dim  B - 23 août 2009 - À qui irions-nous, Seigneur ? - Jos 24, 1-18 ; Ep 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69

1-         Au cours de cet été chaud et ensoleillé, coupure estivale avant la rentrée, nous avons mis entre-parenthèses la complexité du monde, et peut-être, renoué avec un mode plus simple des relations. Il ne s'agit pas pour autant de considérer ce temps comme un temps ordinaire, car se sont noués là, à l'occasion de rencontres avec des personnes nouvelles, en assistant à des événements festifs, ou simplement en profitant des moments de silence, comme des réponses à des questions qu'on porte au fond de soi. Et parmi ces questions, celle du sens : qu'est ce que je fais là ? est-ce qu'il faut continuer comme ça ? comment je peux envisager un avenir ? Ce type de questions traverse la Bible et aussi les Textes que la liturgie nous offre aujourd'hui.

2-         Au sortir de la traversée du désert et l'entrée dans la Terre Promise, environ 1200 ans avant le Christ, les tribus d'Israël s'installent difficilement sur la terre de Canaan. Cette terre était habitée par des populations avec leur organisation sociale et leurs croyances propres. Les tribus doivent-elles s'assimiler ou bien garder leur spécificité ? Bien sûr, le Livre de Josué a été mis par écrit très tard, puisqu'on parle de sa rédaction finale après l'Exil à Babylone au 6ième siècle. La réponse est laissée à la liberté de chaque tribu, en fonction de l'expérience qu'elle garde de l'action de Dieu. La question de Josué devient la leur : il leur faut entrer dans un choix pour Dieu, sans forcément être sûr de tenir leur engagement dans l'Histoire. Par un regard sur ce que Dieu a fait ou dit, on devient capable d'aller un peu plus loin avec lui.

Dans l'Evangile de Jean, le discours de Jésus sur le Pain de Vie va s'achever sur des paroles que les disciples trouvent intolérables. Parce qu'ils perçoivent matériellement le « manger la chair et boire le sang » ils ne comprennent pas qu'il s'agit là de la destinée de Jésus depuis le commencement. La finale du discours dit ce qui est avant même le discours : un acte de Dieu qui vient rejoindre l'humanité pour l'habiter jusqu'au bout. Il nous habite de chair et de sang pour que nous puissions lui appartenir. L'appartenance au Christ dépasse le rite, et même la « piété », pour nous faire accéder à ce qu'ils signifient : notre conformité avec ce que le Christ a été. Plus qu'une imitation : une communion au sens premier du mot. Telle est la seule manière d'être fils, images de Dieu dans et par le Fils. Il est unique, il n'y en a qu'un. En étant un avec lui, nous pouvons faire un avec tous les humains.

A ce niveau, très peu de disciples accepteront de continuer le chemin. Jésus ne cherche pas à faire du nombre. Il désire seulement que ceux qui veulent le suivre le fassent en connaissance de cause. Même Pierre dit « à qui irions-nous, tu as les paroles de la Vie », mais il ne comprend pas encore totalement ce que cela impliquera, c'est à dire, le don de sa vie comme Jésus la donne. Il le vérifiera au moment de la Passion.

3-         Qu'est-ce que cela signifie pour nous aujourd'hui ?

Tout d'abord, nous avons à comprendre quel est le sens de notre vie. A quoi tenons-nous le plus ? sur quoi voulons nous construire notre vie. Et si on va plus loin, sur quelles valeurs spirituelles je voudrais vivre ? lesquelles je voudrais transmettre ? est-ce que je suis prêt à faire des ruptures si nécessaire ?

Ensuite, je suis libre de répondre à l'appel de Jésus. Il ne cherche pas à faire du nombre ; il demande simplement qu'on prenne le même chemin de vie et cela constitue sa joie. Même sans être entièrement sûr de mon choix, qu'est-ce que je peux mettre en route comme changement dans ma vie, pour me mettre à la suite exigeante de Jésus ?

Enfin, le témoignage ne se fait pas par des paroles, mais par le sérieux avec lequel je donne sens à ma vie, qui est de s'oublier soi-même et de se donner aux autres. Cela ne constitue pas le projet du monde qui nous entoure, certes, mais cela peut donner du sens aux autres.

Demandons à Dieu qu'il continue à nous disposer à devenir chaque jour un disciple qui a compris ce que veut dire « suivre Jésus » et qui en témoigne autour de lui.

 

lundi, 17 août 2009

Les tableaux des saints

Les saints de chaque église de la Paroisse ont été vénérés. Les habitants portaient des bannières toutes confectionnées par un club de Patchwork, avec les noms de leurs saints patrons ; les jeunes au cours de l'année, à l'occasion notamment des journées inter-générations ont peint des tableaux représentant ces mêmes saints, les sortant de l'oubli et les mettant dans une dynamique présente. Les saints ont été ceux qui ont conduit les gens pendant tous ces mois de préparation, immense, dans les maisons et les quartiers pour fabriquer les milliers de fleurs de papier rouge et blanc qui ont orné la ville, les costumes et les divers travaux.

À voir en cliquant ici.

dimanche, 16 août 2009

Le Pain pour la vie du monde

20e dimanche B - 16 Août 09 - Le Pain pour la vie du monde - cf. Pv 9,1-6 ; Ep 5, 15-20 ; Jn 6, 51-58

1-         Après la célébration de l'Assomption de la Vierge Marie qui a tourné nos regards vers notre perspective future, nous sommes aujourd'hui invités à regarder notre conduite de croyants dans le quotidien de cette vie-ci. Car, si rien ne distingue extérieurement un croyant d'un autre, sauf à vouloir ostensiblement marquer sa différence par son physique ou sa tenue, le fait religieux devenant de plus en plus limité (la dernière enquête sur les croyances en France donne 41% de catholiques), les croyants sont tenus à bien comprendre ce qui les anime pour pouvoir en vivre. Les textes d'aujourd'hui peuvent les y inviter.

2-         La première invitation de ces textes concerne l'accès à la Sagesse. Qu'est-ce que la sagesse ? elle est recherchée ; en même temps, elle se dérobe. La sagesse n'est pas quelque chose qu'on acquiert par imitation ou par conditionnement publicitaire. Elle est un monde dans lequel on entre et qui donne à se connaître au fur et à mesure qu'on y avance. La Sagesse est la figure divine, sagesse créatrice, qui se communique pleinement à ceux qui ouvrent leur cœur à sa présence. Tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau, la figure de la Sagesse est sollicitée pour que les hommes avancent dans la vie avec des comportements nouveaux, intelligents, réalistes, inspirés par l'Esprit Saint. Même s'ils se trouvent en porte-à-faux avec la musique du monde. Sans se retirer de leur engagement pour la conduite du monde présent, au contraire, ils donnent une note nouvelle, spirituelle, heureuse même, à leur vie et celle de leurs frères.

La raison en est le ressourcement dans la mort et la résurrection du Christ. Et c'est la deuxième invitation : cet événement mort/résurrection n'est pas un événement du passé mais une actualité permanente de la foi qui donne la ressource nécessaire pour conduire sa vie. Dans l'Evangile, Jésus parle expressément de manger sa chair, boire son sang. Bien entendu, il ne s'agit pas de manger et de boire matériellement le corps de Jésus. Les interlocuteurs de Jésus rejettent ses paroles parce qu'ils les ont prises au sens matériel. Manger la chair du Christ et boire son sang, c'est faire nôtre son humanité, sa manière d'être homme, ce qui nous conduit en fin de compte à partager sa divinité. Manger, faire nôtres, le corps et le sang du Christ signifie adopter, reproduire en nous l'amour qui l'amène à donner sa vie, l'amour tel qu'il est en Dieu et qui constitue son être. C'est croire que vivre en plénitude consiste, paradoxalement, à livrer sa vie pour faire vivre les autres. Bien sûr, ce don qui nous fait rejoindre notre vérité d'hommes ne passe pas forcément par une effusion de sang, par un supplice comparable à celui de la Croix : la vie peut se donner au jour le jour quand nous oublions ce qui nous avantage et choisissons ce qui peut mieux faire vivre d'autres humains. La célébration de l'eucharistie signifie que nous décidons d'entrer dans cette logique, de « manger de ce pain-là ». Alors, rassemblés par cet amour reçu de Dieu, nous devenons le Corps du Christ qui est l'Église, c'est-à-dire l'humanité réconciliée au-delà des violences engendrées par notre volonté de dominer. Ensemble, nous sommes la chair et le sang du Christ, aujourd'hui livrés aux hommes.

3-         Comment peut-on le mettre en pratique ?

Tout d'abord, accueillir l'invitation du Seigneur, d'une manière simple. C'est comme lui, se mettre à l'écoute de la Parole qui donne vie, et cette Parole nous surprend toujours.

Ensuite, accepter d'être dérangé dans ses certitudes, comme un chemin vers la foi, en renonçant à ce qui fait obstacle à l'amour et au don de soi. Cela conduit à une vie de témoignage qui donne du courage aux autres.

Enfin, se ressourcer dans la vie eucharistique, c'est à dire, ne pas avoir de crainte d'exprimer ce qui nous anime profondément. On n'a rien à prouver, mais on a tout pour aimer.

Demandons à Dieu, qu'en ces temps de renouvellement, notre communauté découvre davantage la sagesse de sa foi pour en vivre et la partager.