dimanche, 13 septembre 2009

Semaine du 07 au 13 septembre 2009

Chers amis

La semaine de rentrée avec une session de l'AEP, préparation du Conseil Pastoral, la préparation du Dimanche Inter générations, et diverses rencontres du même type s'est bien passée.

Mardi 8 septembre, j'ai préché au pélerinage de Corrèze (en Corrèze, bien sûr)

groupes d'évangile à Chateauneuf la foret, Saint Méard et Domps, obsèques à Faux la montagne et Chateauneuf, coopération missionnaire ainsi que Conseil pastoral diocésain sortant à Limoges.

 

Samedi, descente du drapeau des Ostensions à Chateauneuf (j'ai pu rencontrer le maire pour les prévisions pour 1009-2011) suivi du repas convivial du Comité d'organisation des Ostensions qui a pu montrer de très belles images de ces fêtes vécues à Eymoutiers après 70 ans d'absence.

 

Ce dimanche, journée africaine avec l'accueil des chorales africaines de Limoges à Eymoutiers.

La semaine prochaine, je prèche une retraite à la Trappe de Sainte Marie du Désert près de Toulouse.

Dominique est reparti au Burkina; Célestin reste avec nous encore quelques jours

Je vous dis toute mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

mercredi, 09 septembre 2009

Échos de l'atape N°5 sur le chemin de Compostelle

19-29 AOUT 2009

Pour la deuxième année, le car corrézien piloté par Gilles a acheminé le groupe depuis Eymoutiers jusqu'à Villava, récupérant au passage à Bidart, Roland Doriol et sa cousine Josette. Les voitures d'accompagnement, l'équipe de Gene la logisticienne, les Basques qui nous ont rejoints en 2008, tous se retrouvent pour une première soirée en camping avant de démarrer le 20 au matin la première étape. Nous sommes 50 âgés de 9 à 75 ans, dont 15 de moins de 16 ans. Visite et traversée de Pamplona, ensuite, de toute la Navarra jusqu'à l'Ebre, puis toute la Rioja de Logrono à Santo Domingo de la Calzada, enfin, la province de Castilla y Leon. Le « Camino de Santiago » balisé, aménagé, accueille les pélerins et les randonneurs chargés de leur sac à dos ; on est dans  un  monde véritablement autre mais  pas « ailleurs ».

  1. Les paysages s'égrainent lentement

La Navarre est verdoyante puis plus sèche, avec ses grandes étendues de céréales. La moisson a déjà eu lieu. On verra de-ci de-là des troupeaux ovins glaner les espaces. Les reliefs invitent à la modération. Le chaud soleil nous a obligés à modifier les horaires de la marche : on se lève à 5h30, on plie les tentes, petit déjeuner à la lampe électrique, prière et départ à 7h00. On peut marcher jusqu'à 13h-14h avec des arrêts pour repos ou repas. Sur le Mont Pardon, pas loin des éoliennes, le défilé ferré des pèlerins vaut quelques photos. Villages navarrais jusqu'à Logrono, en Rioja. Les vignes sur les coteaux, polyculture et céréales sur pentes douces, on déguste les jolis points de vue et les bourgs blottis autour de leur église aux retables dorés. Le paysage s'élargit dès qu'on entre en Castille. La route des pèlerins, chemin rural, longe parfois une autoroute ou traverse une ville. On est alors catapultés dans la fébrilité des humains qu'on avait tendance à oublier. Sur le pas tranquille du marcheur se joint le bruit du monde. Et parfois les remous de la crise dont témoignent les nombreux chantiers arrêtés et les logements invendus.

2. Les traces d'hier et d'aujourd'hui

C'est un grand mouvement qui nous enveloppe. Avant nous, depuis plus d'un millénaire, de toutes les régions d'Europe, se pressaient des pèlerins sur des routes difficiles. Aujourd'hui, chaque année, venant du monde entier quelques centaines de milliers font tout ou partie du Chemin. Traces de l'histoire : des ruines des antiques Hôpitaux, fondés par les Chevaliers, des églises romanes émaillant les routes, des bourgs directement liés au passage, des ermitages, des monastères. Des anecdotes qui ont perduré dans la mémoire, comme les gallinacés de la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, ou les passages des ponts. Des traces plus fragiles : on a ajouté sa pierre sur un monticule multiplié sur les roches ou les balises, on a composé une croix sur un grillage et il y en a des milliers, on a griffonné un message sous un pont, parfois, la mémoire funèbre d'un pèlerin tombé sur le chemin. Et puis, les auberges, les débits de boisson, toute l'économie qui s'est développée autour du Chemin. Devant nous, avant nous, derrière nous, après nous ... nous sommes un simple maillon d'une grande Histoire.

3. Toujours des rencontres

Le groupe des cinquante de toutes les générations approfondit ses échanges, gagne en convivialité, devient plus uni. Chaque année, des têtes nouvelles se moulent dans le climat très amical de l'ensemble. Mais aussi, des rencontres inattendues. C'est Bernard, un prêtre Mosellan de 71 ans qui marche seul, Miguel, de l'ile d'Ibiza avec ses amies, Janesh de Varsovie avec son neveu : nous avons concélébré à l'une ou autre étape. Un groupe de limougeauds qui parcourt une étape semblable à la nôtre. Daniela, équatorienne et son fiancé californien Erik profitent de leur séjour à Madrid pour suivre le Camino. Katy et Tia, jeunes hongroises qu'on suit sur plusieurs jours. Michael et Thomasek, jeunes saltimbanques tchèques, Marc, flamand de Belgique qui a opté un chemin de pauvreté franciscaine, Nicolas, jeune allemand à qui on a dérobé son bâton, des australiens, des argentins et aussi ce papa catalan qui emmène son fils de 13 ans sur un trajet de 100kms pour le sortir de son enfermement cybernétique. Il faut savoir parler les langues car les français sont rares à ce moment, mais quelle simplicité dans les échanges !

4. Désir de continuer

Dans un court bilan effectué sur un camping, presque tous ont souhaité continuer jusqu'en 2012. Ce sera l'étape ultime pour rejoindre le Tombeau de l'Apôtre St Jacques, en l'honneur du Millenium de la Collégiale d'Eymoutiers. Une restitution filmée de cette étape 2009 vous est proposée dimanche 6 décembre à la Salle de Cinéma d'Eymoutiers. Nous vous y attendons.

 

dimanche, 06 septembre 2009

Semaine du 31 août au 06 septmbre 2009

Chers amis,

Après notre marche, 5e étape vers Compostelle (entre Pamplona et Burgos en Espagne), où les 50 participants sont revenus assez fatigués mais très contents, la semaine de rentrée s'est profilée. Préparation du journal Montagne Limousine, préparation de la session du CMR sur l'encyclique sociale de Benoit XVI, groupes d'évangile à Saint martin Chateau, groupe de réflexion de couples à Peyrat le Chateau, divers rendez-vous, des obsèques d'un père et de son fils à Linards, baptême.

Dominique Sawadogo nous quitte pour le Burkina Faso, après deux mois passés à la Paroisse.

Je vous dis toutes mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

Ne craignez pas, voici votre Dieu

23e dim B - 6 septembre 09 - Ne craignez pas, voici votre Dieu -cf. Is 35,4-7 ;Jc 2,1-5 ;Mc 7,31-37

1-         Au cours de l'étape sur le Chemin de Compostelle vécue à la fin août par un bon groupe de paroissiens, il leur a été donné de voir, dans la plus grande simplicité, comme une présence de ce que nous appelons « Dieu ». A travers des rencontres, par exemple, et en écoutant des récits, sans s'en douter, Dieu parle au cœur. Dans la vie quotidienne, quand il faut assumer les divers services pour le bien-être de tous, Dieu se rend présent incognito. Dans la prière quotidienne ou la célébration, il se fait entendre dans une invitation à prendre du recul, à approfondir une réflexion, ou inciter à l'action. Des guérisons intérieures se manifestent quand on voit des jeunes enfermés sur eux-mêmes s'ouvrir aux autres ou des adultes fatigués retrouver un air de jeunesse. Ainsi, pas à pas, une présence vive se laisse sentir, pourvu qu'on ait des yeux pour le voir, ou se laisse entendre dans la musique de la vie.

Cela nous ramène aux Textes proposés aujourd'hui par la liturgie.

2-         Le premier Livre d'Isaïe compile des paroles du 8ième siècle avant le Christ, quand  l'Assyrie monte en puissance jusqu'à détruire le Royaume d'Israël du Nord en 721. Dans ce quotidien de combat incertain, ce sont les cœurs qui sont interpellés, pour bien saisir combien la présence de Dieu n'est pas apparente ; elle se fait visible en espérance. Les promesses de restauration de tout ce qui tournait mal, physiquement, moralement, ou politiquement, s'accompliront si le peuple prend confiance et courage dans l'adversité. C'est lorsque apparemment les conditions de vie deviennent intenables, qu'une chance est donnée à l'action providentielle, à condition que les hommes l'acceptent et la lisent comme telle.

Un effort semblable attend les contemporains de Jésus. En plein pays païen, dans un contexte où le juif Jésus peut se sentir libre, on l'interpelle pour guérir un sourd muet, c'est à dire quelqu'un qui est enfermé sur lui-même, qui ne peut communiquer avec personne. En désespoir de cause, ce Jésus qui passe, pourrait-il faire quelque chose ? Mais sait-on qui il est vraiment ? Jésus ne veut pas de manifestation voyante ou extérieure. Toute son attitude, prenant le sourd muet à part, lui communiquant par ses doigts et sa salive toute sa force intérieure, l'interpellant comme dans une prière « ouvre-toi ! », est de restaurer l'homme enfermé, dans une communication avec le monde et donc avec Dieu. Comme s'il appelait à la confiance et aussi au courage de sortir de son enfermement. Ce n'est qu'après coup que le cri d'admiration peut surgir des lèvres, comme pour dire que Dieu est passé par là sous la figure d'un homme simple qui s'est laissé interpeller et qui a donné ce qu'il était. La guérison visible, un muet qui parle, un sourd qui entend, manifeste une guérison plus profonde : l'intégrité humaine restaurée et une réinsertion sociale dans le monde dans lequel il lui faudra habiter désormais. Ainsi, très simplement, Dieu est passé, on l'a saisi, la vie s'est transformée.

3-         Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?

Tout d'abord, comprendre que la vie n'est pas seulement horizontale, d'ordre uniquement matériel ; à tout moment, on peut être sensible à une autre dimension qui transcende le quotidien. Ainsi, on peut apprendre à y être attentif dans les rencontres, les paroles entendues, les événements imprévus.

Ensuite, ce qu'on peut appeler l'intervention de Dieu n'est pas forcément exceptionnelle ou étrange. C'est dans la trame de la vie que nous sommes visités par cette présence qui nous invite toujours à sortir de ce qui nous enferme. Une parole nous sortira, nous orientera, accepterons-nous de l'entendre ou bien préférerons-nous rester enfermés ?

Enfin, on peut être vecteur pour les autres de cette présence divine qui libère. A aucun moment nous ne pouvons nous désintéresser du sort de nos frères. Pourrons-nous engager, avec la force du Christ, ce qui permettra à un autre, à une autre, de grandir et d'espérer ?

Demandons à Dieu, de ne jamais désespérer nous mêmes, mais aussi de nous orienter dans l'élan qu'il nous offre et, avec Lui, avec la communauté, rendre visible sa présence vive.