dimanche, 08 novembre 2009

Semaine du 02 au 08 novembre 2009

Chers amis,

Après les célébrations de Toussaint qui ont connu un franc succès sur la paroisse (30 célébrations), le journée de fraternité à Pompadour, diverses rencontres et préparations, groupes de lecture d'évangile à Chateauneuf la foret et Neuvic Entier, messes dans les deux maisons de retraite, préparation du Loto paroissial, Journée de Formation d'automne proposée par le CMR et dans laquelle j'ai présenté l'encyclique sociale de Benoit XVI "l'amour dans la vérité". ce fut très intéressant pour la vingtaine de participants. Egalement le mois de l'économie solidaire en Creuse avec les exposés de Faux la Montagne.

Je vous dis toutes mes amitiés.

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 01 novembre 2009

Toussaint, Fête de tous les saints

1er novembre 2009 - Toussaint, Fête de tous les saints - cf. Ap 7,2-4.9-14 ; 1Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12

1-         En ce jour si particulier où nous commémorons tous ceux qui nous ont précédé dans le Royaume de Dieu, je ne peux pas ne pas penser au Père Louis Jousseaume, curé d'Egletons, dont nous avons célébré les obsèques hier. C'était un homme aimé de tous, tellement que pendant la cérémonie, les commerçants de la ville avaient leur rideau baissé. Quelqu'un qui portait la joie, ouvert, bon, proche de tous. Quelqu'un qui invitait au témoignage de la foi, un homme pétri de l'évangile. Il a été sauvagement tué dans son presbytère par un déséquilibré. Lors de ses obsèques le P Charrier, évêque de Tulle, a mis en lien sa vie et sa mort avec celles de Christian de Chergé et de ses compagnons moines-martyrs de Tibhirrine, des hommes de bonté assassinés en Algérie en 1996. Et avec eux, combien de témoins de toutes origines ont-ils quitté cette terre de manière violente pour entrer dans le Royaume de Dieu ? Leur vie s'inscrit dans la destinée de Jésus lui-même, le Saint par excellence et aujourd'hui, ils sont dans notre horizon de fête.

2-         Tout comme ces foules immenses dont parle le Livre de l'Apocalypse dont nous avons écouté un extrait. Une immense liturgie, c'est à dire une action de Dieu, dans laquelle les témoins de l'amour, vivants, louent et adorent Celui qui est l'auteur de toutes choses, maître de l'histoire. Ils ont traversé les tribulations et les supplices produits par les puissances terrestres qui s'opposent à l'amour. Ils ont reçu d'être restaurés dans la lumière de Dieu, par le sacrifice de l'agneau, Jésus, qui s'est donné par amour jusqu'au bout. Ils entrent dans la joie de leur maître par un chemin inauguré par Jésus sur le mont des Béatitudes.

L'évangile nous donne quelques clés pour comprendre et accepter la destinée humaine qui devient capable de ce don de soi qui donne vie aux autres. La première chose que nous annonce Jésus est le bonheur, un bonheur qui n'est pas l'objet d'une conquête mais qui est un don. Un don qui ne fait qu'un avec la sainteté que nous fêtons aujourd'hui. Contrairement à d'autres textes, les Béatitudes ne sont pas à l'impératif : il n'est pas dit : « Soyez pauvres... Recherchez la justice etc. » Il ne s'agit pas d'une sorte de traité de morale mais d'une constatation, d'une révélation. Les Béatitudes, qui résument pourtant tout le message évangélique, ne prescrivent aucun devoir envers Dieu ou le Christ. Nulle part il n'est dit dans ce texte « Bienheureux ceux qui aiment Dieu par-dessus tout » ou « Bienheureux ceux qui suivent le Christ ». On retrouve ici quelque chose qui rappelle Matthieu 25,31-46, où Jésus révèle que ceux qui ont nourri leur prochain l'ont nourri lui-même. À leur insu. Ainsi les destinataires des Béatitudes, les déclarés bienheureux, peuvent être aussi bien des musulmans, des bouddhistes, voire des athées. L'Église n'a pas le monopole de la sainteté, mais le peuple des croyants au Christ sait et proclame que tous ceux qui n'adorent pas la richesse, qui souffrent, qui cherchent la justice, qui pardonnent... sont animés par ce Verbe qui fonde toute existence et toute vérité, et qui a pris visage humain dans le Christ.

3-         En quoi cela peut-il nous aider dans notre « aujourd'hui » ?

Tout d'abord, désirons cette sainteté, très fort, non trophée à conquérir mais grâce à accueillir. Le cœur humble en est le chemin. Il se vérifie dans le rapport qu'on a avec les autres, attitudes de compassion et de pardon, mais aussi de simplicité, de joie et d'attention.

Ensuite, la sainteté ne se vit pas tout seul, c'est dans une communion des saints que nous recevons cette sainteté qui vient de Dieu. Et cette communion se vit avec tous les autres frères de l'Eglise qui transcende toute « chapelle » ou toute limitation humaine.

Enfin, nous devons savoir que sur ce chemin nous rencontrons nécessairement des forces qui chercheront à annihiler les efforts pour inscrire l'évangile dans nos vies. Le don de soi vécu au jour le jour devient alors le don de sa vie, offerte et mêlée au sacrifice du Christ, le Béni.

Demandons à Dieu de recevoir l'honneur d'être compté parmi ses saints, dans ce quotidien parfois tumultueux, difficile aussi, mais transformé par le don de son amour pour chaque jour.

 

Semaine du 26 octobre au 1er novembre 2009

Chers amis,

En cette semaine de "vacances" de Toussaint (en effet, pas mal de gens sont arrivés en Montagne limousine et cela est visible dans les villages) nous avons poursuivi nos activités.

Pendant deux jours, rencontre de travail avec les autres responsables régionaux de France et de Suisse de la Fraternité Jesus Caritas. Rencontre avec Renaud Hecklé qui revient d'une mission de deux ans en Indonésie. également des rencontres avec des responsables du diocèse. Diverses préparations : la journée de formation du CMR sur l'encyclique sociale "charité dans la vérité" de Benoit XVI, la journée intergénérations de novembre à Chateauneuf la Foret, baptêmes et obsèques.

Et aussi l'envoi d'une quarantaine de "missionnaires de villages" pour conduire 25 célébrations dans toutes les églises de la paroisse avec les familles qui ont connu des deuils.

Enfin, les obsèques douloureuses et pleines d'espérance de Louis Jousseaume, ce prêtre ami curé d'Egletons à 60 kms d'Eymoutiers, au milieu du peuple et du clergé corrézien, assassiné dans son presbytère lundi soir. j'en parle dans l'homélie de Toussaint.

Je vous souhaite une Bonne Fête de Toussaint et vous dis toutes mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 25 octobre 2009

Recevoir l'illumination

30e dim B - 25 octobre 2009 - Recevoir l'illumination - cf. Jr 31, 7-9 ; He 5, 1-6 ; Mc 10, 46-52

1-         Une famille a vu sa vie bouleversée par un accident de voiture qui a gravement blessé la maman. Elle est restée entre la vie et la mort plusieurs jours. Puis se remet peu à peu de ses blessures. Une somme de prières, de pensées, « quelque chose nous a gardé » disent-ils. Dans ce passage que tous effectuent dans la famille, on ressent que tout ne sera plus comme avant et surtout que quelque chose s'est dévoilé, qui était là mais qu'on n'avait pas ressenti, ni vu : une présence de vie. Et chacun de recevoir, à sa manière, une illumination qui modifie le sens de sa vie. Point n'est besoin de théoriser, c'est expérimental, comme si on entrait dans un mouvement qui porte au-delà de soi même. Ainsi l'expérience de l'illumination dans la Bible.

2-         Le Prophète Jérémie, né vers 650 av JC, fut l'homme des situations difficiles, témoin des différentes invasions militaires qui chamboulent l'état du Moyen Orient Ancien. Jérusalem sera mis à sac par Nabuchodonosor, sa population déportée par deux fois. Lui-même finira sa vie sans doute exilé en Egypte. Pourtant, il est l'homme qui voit autre chose, qui voit plus loin. Il a reçu l'illumination intérieure en traversant d'innombrables épreuves, personnelles et collectives, il a pratiqué une religion intérieure et cordiale avant de la formuler dans l'annonce de l'Alliance nouvelle. Ainsi, ce qu'il a vu de l'intérieur l'a transformé de plus en plus, pour s'en faire le témoin auprès de tous ceux qui doutent, leur communiquant une espérance qui ne déçoit pas. Le Prophète Jérémie a préparé dans les cœurs le chemin de Jésus.

C'est à la fin d'un long parcours que Jésus est arrivé à Jéricho. Il s'apprête à entrer solennellement à Jérusalem. D'ailleurs, la foule qui l'accompagne est encore pleine d'illusions sur lui et sur ce qui lui arrivera. Le parcours effectué en Galilée, autour du Lac jusqu'aux zones païennes, avait mené ses disciples à épurer leur opinion sur lui mais avaient-ils bien vu qui il est ? Les nombreuses personnes guéries, aveugles, sourds, muets, paralysés, ont-elles saisi l'origine de leur guérison ? Est-il un guérisseur, thaumaturge, comme il y en avait tant à cette époque, ou bien est-il autre chose ? Questions sans réponse, ce qui veut dire, pas de réponse positive. Sauf pour l'un, l'aveugle de Jéricho, assis au bord du chemin. Il est aveugle mais non sourd. Il entend. Et c'est son oreille, symbole de l'oreille du cœur, qui le met en mouvement. D'abord une interrogation : qui est celui qui passe ? La réponse de la foule « Jésus de Nazareth », il l'approprie en lui donnant une dimension nouvelle, royale, messianique « fils de David », il est illuminé de l'intérieur, bondissant comme une biche, se défaisant de tout son passé alourdi par les nuits de désespoir, il court vers le Christ, lui demandant une chose, « voir davantage ». Et c'est par la foi, comme par un capital de confiance qui s'est multiplié et reconnu par Jésus, que l'aveugle, désormais voyant, change le sens de sa vie, marchant à la suite de celui qu'il a découvert comme source de l'illumination.

3-         Qu'est-ce que cela peut nous signifier pour notre aujourd'hui ?

Tout d'abord, nous avons peut-être vécu des expériences profondes qui nous ont interrogé, mis en chemin, au-delà de nos questionnements pour nous remettre dans cet élan divin. Ou bien, ces expériences se sont-elles appesanties, enfouies dans notre mémoire ? Il est bon de les faire re-émerger, de les réactualiser, car elles sont expériences-sources irriguant notre vie.

Ensuite, nous rencontrons beaucoup d'obstacles qui nous rendent aveugles intérieurement, notre subjectivité, notre psychologie, des déceptions, des échecs, des souffrances, des haines aussi, haine de soi et des autres. Seule la mise à nu de ces supplices internes devant la source de lumière qu'est le Christ peut nous guérir.

Enfin, rien ni personne ne peut nous désespérer. Au cœur des plus grandes épreuves, l'illumination reçue continue à nous affermir. Ceux qui voient plus loin conduisent leurs frères sur un chemin qui rend libre.

Demandons à Dieu, d'être au cœur des préoccupations et graves soucis du monde, de ceux qui accueillent en eux la grâce de l'illumination, par la présence guérissante de Jésus vivant.