dimanche, 20 septembre 2009

Semaine du 14 au 20 septembre 2009

Chers amis,

De retour d'une retraite à la Trappe Sainte Marie du Désert près de Toulouse, je me réjouis du temps heureux passé en ces lieux dans le silence et un groupe d'une vingtaine de laïcs membres des fraternités séculières de Charles de Foucauld à qui je donnais des instructions quotidiennes pour leur retraite. En quelque sorte, des exercices spirituels nous font grandir dans la foi et notre relation au Christ, avant de reprendre le collier.

À Limoges, une conférence organisée par des chrétiens et des francs maçons sur le thème "changer de monde ou changer le monde" a fait salle comble.

Nous avons avec Célestin rendu visite à Barthélémy Binia, en pleine préparation des Ostensions à Pierre Buffière

et ce weekend, beaucoup d'occupations avec les préparations et célébrations.

Je vous dis toutes mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 13 septembre 2009

Identité profonde du Christ

24e dim B - 13 septembre 09 - Identité profonde du Christ - cf. Is 50,5-9 ; Jc 2,14-18 ; Mc 8,27-35

1-         Très souvent, quand on rencontre une nouvelle personne, on a envie de savoir qui elle est : nom, prénom, âge, adresse, profession, éventuellement, la famille, célibataire, marié, nombre d'enfants. Et quand on sait tout ça, on se dit, « ça suffit, je connais son identité ». Récemment, une personne encore jeune est décédée des suites d'un cancer. Elle n'a pas voulu qu'on parle du passé mais de l'avenir. Sa maladie, et sans doute son expérience, ont révélé d'elle d'autres choses que ce que son origine ou ses qualités professionnelles avaient montré. Car, par sa manière de vivre la fin (qui a duré quelques mois), elle a révélé son dynamisme intérieur et sa foi. Et cela ne se trouvait écrit dans aucune carte d'identité. Il en est de même dans les textes bibliques de ce jour, ce qu'ils nous disent en particulier à propos de Jésus.

2-         Dans le Deuxième Livre d'Isaïe, nous trouvons à quatre reprises, ce qu'on appelle « le chant du serviteur ». Israël ou un personnage mystérieux sont représentés par la figure du Serviteur de Dieu. Au retour de l'Exil, la foi d'Isaïe montre ainsi un Dieu d'amour, un Dieu sauveur parce que créateur, un Dieu universel, que l'épreuve de la déportation dans une terre étrangère mais ouverte aux croyances a révélé. Le serviteur condense en lui toute la destinée d'Israël. L'Elu, qui n'élève pas le ton, restaure les tribus dispersés, est signe de lumière pour les nations. Mais la persécution le frappe ; pourtant, sa souffrance et sa mort ont un sens dans le dessein de Dieu, puisqu'elles vont obtenir le pardon des péchés du peuple. Mais c'est à la fin que se révèlera pleinement la pleine identité de ce Serviteur, quand tout le parcours a été accompli. Et il faut le courage d'aller jusqu'au bout.

Il en est de même pour Jésus. Les premiers chrétiens avaient bien repéré dans l'image de ce serviteur souffrant de la Bible la destinée de leur maître Jésus de Nazareth. Mais comment ont-ils fait pour ne pas le comprendre tout de suite ? c'est que Jésus a voulu qu'on ne le connaisse que dans son humanité. Il est de Nazareth, charpentier, né dans une famille honorable. En se mettant en chemin avec les hommes de Galilée, il montre une autre partie de sa personnalité, il opère des guérisons et il enseigne dans les synagogues puis en plein air. Comme faisaient les prophètes, comme Jean Baptiste ou d'autres. Mais cela ne suffit pas pour connaître son identité. Car il révélera qui il est, à la fin, quand le drame de la Croix s'est profilé et qu'il donne sa vie par amour pour l'humanité. Quand Jésus pose la question de son identité, ses compagnons n'avaient pas compris ce qui adviendrait au bout de l'aventure. Seul Pierre prononce le mot de Messie (c'est à dire, Roi, Christ) pour l'identifier ; or jusque là nul n'avait utilisé ce terme pour désigner un homme particulier. C'est énorme. Mais pas suffisant, car pour connaître la véritable identité de Jésus-Christ, il faudra entrer dans sa manière de vivre le don de soi jusqu'au bout, y compris sa souffrance et sa mort. Pour entrer dans la Vie.

3-         Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?

Tout d'abord, accepter la durée, le temps nécessaire pour entrer dans la connaissance de celui qui est à l'essence de notre foi. Si nous voulons connaître Jésus, c'est qu'une familiarité avec sa parole, ses actes, sa vie est nécessaire, avant de parler des conséquences sur nous. Inversement, si on croit bien connaître Jésus, vérifier s'il s'agit bien de Jésus des Evangiles et non une image que nous aurions construite à partir de notre imagination.

Ensuite, ne pas craindre de souffrir et même de mourir pour Jésus. Pourvu que cela soit par amour. On n'a pas besoin de chercher loin ces lieux ou ces occasions. La vie se charge elle-même pour nous les offrir, et aussi les personnes que nous croisons ici ou là.

Enfin, trouver du sens à tout ce qu'on découvre pour aller plus loin dans le témoignage. Seul Jésus donne le véritable sens à nos vies. Seul Jésus définit notre identité. Mais cela, nous le découvrirons à la fin. Entre temps, des traces seront semées pour en témoigner à nos frères.

Demandons à Dieu de nous rendre capables de l'aimer quelques soient les circonstances de notre vie. Et ainsi, recevoir de lui ce qui nous constitue profondément, être sauvé du mal.

 

Semaine du 07 au 13 septembre 2009

Chers amis

La semaine de rentrée avec une session de l'AEP, préparation du Conseil Pastoral, la préparation du Dimanche Inter générations, et diverses rencontres du même type s'est bien passée.

Mardi 8 septembre, j'ai préché au pélerinage de Corrèze (en Corrèze, bien sûr)

groupes d'évangile à Chateauneuf la foret, Saint Méard et Domps, obsèques à Faux la montagne et Chateauneuf, coopération missionnaire ainsi que Conseil pastoral diocésain sortant à Limoges.

 

Samedi, descente du drapeau des Ostensions à Chateauneuf (j'ai pu rencontrer le maire pour les prévisions pour 1009-2011) suivi du repas convivial du Comité d'organisation des Ostensions qui a pu montrer de très belles images de ces fêtes vécues à Eymoutiers après 70 ans d'absence.

 

Ce dimanche, journée africaine avec l'accueil des chorales africaines de Limoges à Eymoutiers.

La semaine prochaine, je prèche une retraite à la Trappe de Sainte Marie du Désert près de Toulouse.

Dominique est reparti au Burkina; Célestin reste avec nous encore quelques jours

Je vous dis toute mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

mercredi, 09 septembre 2009

Échos de l'atape N°5 sur le chemin de Compostelle

19-29 AOUT 2009

Pour la deuxième année, le car corrézien piloté par Gilles a acheminé le groupe depuis Eymoutiers jusqu'à Villava, récupérant au passage à Bidart, Roland Doriol et sa cousine Josette. Les voitures d'accompagnement, l'équipe de Gene la logisticienne, les Basques qui nous ont rejoints en 2008, tous se retrouvent pour une première soirée en camping avant de démarrer le 20 au matin la première étape. Nous sommes 50 âgés de 9 à 75 ans, dont 15 de moins de 16 ans. Visite et traversée de Pamplona, ensuite, de toute la Navarra jusqu'à l'Ebre, puis toute la Rioja de Logrono à Santo Domingo de la Calzada, enfin, la province de Castilla y Leon. Le « Camino de Santiago » balisé, aménagé, accueille les pélerins et les randonneurs chargés de leur sac à dos ; on est dans  un  monde véritablement autre mais  pas « ailleurs ».

  1. Les paysages s'égrainent lentement

La Navarre est verdoyante puis plus sèche, avec ses grandes étendues de céréales. La moisson a déjà eu lieu. On verra de-ci de-là des troupeaux ovins glaner les espaces. Les reliefs invitent à la modération. Le chaud soleil nous a obligés à modifier les horaires de la marche : on se lève à 5h30, on plie les tentes, petit déjeuner à la lampe électrique, prière et départ à 7h00. On peut marcher jusqu'à 13h-14h avec des arrêts pour repos ou repas. Sur le Mont Pardon, pas loin des éoliennes, le défilé ferré des pèlerins vaut quelques photos. Villages navarrais jusqu'à Logrono, en Rioja. Les vignes sur les coteaux, polyculture et céréales sur pentes douces, on déguste les jolis points de vue et les bourgs blottis autour de leur église aux retables dorés. Le paysage s'élargit dès qu'on entre en Castille. La route des pèlerins, chemin rural, longe parfois une autoroute ou traverse une ville. On est alors catapultés dans la fébrilité des humains qu'on avait tendance à oublier. Sur le pas tranquille du marcheur se joint le bruit du monde. Et parfois les remous de la crise dont témoignent les nombreux chantiers arrêtés et les logements invendus.

2. Les traces d'hier et d'aujourd'hui

C'est un grand mouvement qui nous enveloppe. Avant nous, depuis plus d'un millénaire, de toutes les régions d'Europe, se pressaient des pèlerins sur des routes difficiles. Aujourd'hui, chaque année, venant du monde entier quelques centaines de milliers font tout ou partie du Chemin. Traces de l'histoire : des ruines des antiques Hôpitaux, fondés par les Chevaliers, des églises romanes émaillant les routes, des bourgs directement liés au passage, des ermitages, des monastères. Des anecdotes qui ont perduré dans la mémoire, comme les gallinacés de la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, ou les passages des ponts. Des traces plus fragiles : on a ajouté sa pierre sur un monticule multiplié sur les roches ou les balises, on a composé une croix sur un grillage et il y en a des milliers, on a griffonné un message sous un pont, parfois, la mémoire funèbre d'un pèlerin tombé sur le chemin. Et puis, les auberges, les débits de boisson, toute l'économie qui s'est développée autour du Chemin. Devant nous, avant nous, derrière nous, après nous ... nous sommes un simple maillon d'une grande Histoire.

3. Toujours des rencontres

Le groupe des cinquante de toutes les générations approfondit ses échanges, gagne en convivialité, devient plus uni. Chaque année, des têtes nouvelles se moulent dans le climat très amical de l'ensemble. Mais aussi, des rencontres inattendues. C'est Bernard, un prêtre Mosellan de 71 ans qui marche seul, Miguel, de l'ile d'Ibiza avec ses amies, Janesh de Varsovie avec son neveu : nous avons concélébré à l'une ou autre étape. Un groupe de limougeauds qui parcourt une étape semblable à la nôtre. Daniela, équatorienne et son fiancé californien Erik profitent de leur séjour à Madrid pour suivre le Camino. Katy et Tia, jeunes hongroises qu'on suit sur plusieurs jours. Michael et Thomasek, jeunes saltimbanques tchèques, Marc, flamand de Belgique qui a opté un chemin de pauvreté franciscaine, Nicolas, jeune allemand à qui on a dérobé son bâton, des australiens, des argentins et aussi ce papa catalan qui emmène son fils de 13 ans sur un trajet de 100kms pour le sortir de son enfermement cybernétique. Il faut savoir parler les langues car les français sont rares à ce moment, mais quelle simplicité dans les échanges !

4. Désir de continuer

Dans un court bilan effectué sur un camping, presque tous ont souhaité continuer jusqu'en 2012. Ce sera l'étape ultime pour rejoindre le Tombeau de l'Apôtre St Jacques, en l'honneur du Millenium de la Collégiale d'Eymoutiers. Une restitution filmée de cette étape 2009 vous est proposée dimanche 6 décembre à la Salle de Cinéma d'Eymoutiers. Nous vous y attendons.