dimanche, 22 novembre 2009

Le Christ Roi de l'Univers

34e dim B - 22 novembre 09 - Le Christ Roi de l'Univers - cf. Dn 7,13-14 ; Ap 1,5-8 ; Jn 18,33-37

1-         En ce dernier dimanche de l'année liturgique, comme en une conclusion très étrange, nous est présentée la figure du Christ comme roi. Dans notre très républicain pays, on n'aime pas les rois !, même si on les envie, même si une certaine monarchie n'avait pas disparu. Le pouvoir apparaît alors comme une revanche sur l'état ancien d'une impuissance. Celui qui n'a rien, sauf l'ambition, devient potentat dès qu'il a une parcelle de pouvoir. Les rigidités qu'on déplore dans les entreprises l'illustrent. Les religions elles-mêmes sont décriées puisqu'elles veulent dominer et régenter, causant, dit-on, les guerres qui affligent l'humanité. Peut-on dès lors, espérer quelque chose d'autre ? peut-on souhaiter que l'humanité soit gouvernée pacifiquement ? la Bible nous enseigne en ce sens.

2-         Au cœur des persécutions et des injustices provoquées par l'excès du pouvoir, c'est le Livre de Daniel qui met en oeuvre une autre Royauté : celle d'un être qui vient de « là-haut », avec les attributs de la puissance, qui ne sont pas ceux des puissances terrestres. Et identiquement dans le Livre de l'Apocalypse de St Jean. Celui qui vient « dans les nuées » n'a pas les manières dont se sont habillés les rois de la terre. Il tient de par lui-même dans cette souveraineté. Il n'a rien à se prouver ni à prouver. Il est simplement celui qui vient. Et il peut montrer sa toute puissance, comme une puissance d'amour, une puissance qui n'est pas dominatrice, comme une faiblesse consentie par amour. Et c'est bien sûr en Jésus, que s'est révélée cette manière extraordinaire de manifester l'autorité et la puissance. Au cours de toute sa vie, selon les Evangiles, il n'a rien exprimé d'autre qu'une attitude d'amour, c'est à dire le respect absolu de la liberté de l'autre, permettant à l'autre de croître en liberté, c'est à dire ce service le plus absolu qui autorise la responsabilité d'autrui. Et on peut se demander pourquoi il a ce comportement si différent du comportement ordinaire des hommes puissants. Parce qu'il a un fondement qui n'est pas construit sur la réalisation de soi ou de ses œuvres propres, mais dans l'accueil permanent du don du Père, ne gardant rien pour soi-même, mais le remettant toujours à l'auteur de tout don, et donc de toute puissance. Cette vérité éclate au cours du procès de Jésus devant Pilate. Lorsque le débat porte sur l'origine et le sens de sa royauté. Non sur le faire, mais sur l'être, comme un témoignage de la vérité qu'on porte en soi même. La vérité ne nécessite pas de s'imposer par des artifices de puissance. La vérité se laisse voir à mesure où on entre en elle, où on se laisse habiter par elle, non comme un trophée qu'on conquiert ou qu'on porte en bandoulière, mais comme un don qu'on accueille et qui fait grandir en humanité, en amour, en harmonie intérieure. Ainsi, ceux qui cherchent cette vérité découvrent l'humilité de la vérité, sa simplicité, sa petitesse, et ne peuvent qu'être attirés par elle et vivre au mieux en sa compagnie, quoiqu'il en coûte, car on y aura trouvé la pierre précieuse de la vie.

3-         Qu'est-ce que cela veut-il nous dire pour notre aujourd'hui ?

Tout d'abord, entrer dans une perception de la puissance qui soit autre que celle que le monde ou la culture nous offrent. Car on est traversé par ces images de toute-puissance. Etant peut-être dans cette illusion de la toute-puissance. Il convient dès lors, de se laisser atteindre par ces images et les considérer comme faussées, empêchant l'épanouissement de la personne.

Ensuite, se laisser habiter par la forme de la puissance toute de faiblesse et d'amour que présente Jésus. Se laisser toucher par des figures de personnes qui se sont laissées habiter par Jésus, qui n'ont rien gardé pour elles mais tout donné. Par amour.

Enfin, là où je suis, agir pour l'être de la vérité plus que pour le faire de la puissance. Egalement, pour l'Eglise, lui permettre d'être heureuse de sa non-puissance, comme un message d'amour adressé au monde, pour que les hommes vivent non écrasés mais libérés.

Demandons à Dieu, qui est l'amour, qui est la vérité qui ne s'impose pas, d'éclairer nos comportements et nos vies, pour que nous rendions témoignage au milieu du monde.

 

 

Semaine du 16 au 22 novembre 2009

Chers amis,

Au cours de la semaine écoulée, des rencontres très diverses et stimulantes, groupe d'évangile, rencontre avec les pélerins limousins de terre sainte, préparations, rencontres de catéchistes, d'accompagnateurs d'aumonerie, visite à la retraite diocésaine.

Réunion CMR à La Souterraine, rencontre de travail théologique à Ajain, participation aux Semaines Sociales de France à Villepinte qui a rassemble beaucoup de monde sur le thème des solidarités nouvelles, Journée et Messe de la Sainte Cécile à Eymoutiers avec Lou Rossigno do Limouzi.

Je vous dis toute mes amitiés.

Jean-Michel Bortheirie

 

dimanche, 15 novembre 2009

Mes paroles ne passeront pas

33e dim B - 15 novembre 09- Mes paroles ne passeront pas -cf. Dn 12,1-3;He 10,11-18;Mc 13,24-32

1-         Dans les temps qui sont les nôtres, beaucoup de discours viennent nous interpeller avec leur allure catastrophique, offrant un espoir pour quelques uns seulement, pas pour tous. Le contexte de crise, avec la conjonction des différentes crises climatiques, économiques et autres, est un terrain tout trouvé pour tous les vendeurs de sens, qu'ils soient politiques ou religieux. Certains parmi nous reçoivent même chez eux des courriers des Témoins de Jéhovah annonçant les pires épreuves à ceux qui ne suivront pas leur chapelle. Souvent, on se risque à manipuler la Bible pour donner des révélations à ceux qui cherchent. Mais qu'en est-il vraiment dans ces passages de la Bible que l'Eglise propose à notre réflexion pendant tous ces jours de fin d'année liturgique ?

2-         Parmi les grands types d'écrits bibliques, il est un genre qu'on appelle « apocalyptique », mot savant qui désigne non comme on le croit, ce qui est effroyable, terrible, ou grandiose, mais ce qui est révélé par Dieu pour vivre des temps difficiles. En gros, ces textes peuvent être datés de la période qui va de - 400 à + 200, c'est à dire à des moments difficiles de l'histoire du peuple de Dieu, avec des persécutions religieuses produisant des révoltes ou des ralliements à la puissance supérieure. Ainsi, le Livre de Daniel rappelle ici la destinée de ceux qui vont résister jusqu'au bout de leur foi. Avec la confiance d'être soutenus par Dieu dans leur épreuve, ils découvrent que la mort n'est pas la signature ultime de la vie mais l'entrée dans l'immortalité. On saisira que la figure ancienne du monde disparaît pour entrer dans un monde nouveau. Cette écriture influencera aussi fortement les premières générations de chrétiens persécutés tant par leurs frères juifs que par les païens. Ainsi, les évangiles comportent-ils des discours de fin des temps qui méritent d'être regardés de près. Car la fin d'un monde ne signifie pas la fin du monde. Des images très fortes sont employées car elles étaient connues des lecteurs. On assiste comme à une dé-création de ce qui a été créé. Et qu'est-ce qui a été créé ? la terre et le ciel. Et comment ? par la Parole. Cette Parole étant devenue Homme pour sauver tout ce qui conduit au mal, il devient normal que terre et ciel soient chamboulés pour que la Parole devienne première dans le monde. Finalement, les révélations à première vue catastrophiques de notre évangile sont en fait des révélations de salut. Seulement, c'est un salut qui, pour surmonter nos ténèbres, notre violence, notre péché, les traverse. Deux mots clefs du chapitre 13 de Marc doivent retenir notre attention : ils encadrent notre texte d'aujourd'hui : «Ne craignez pas » (v. 7 et 11) et « Soyez sur vos gardes, veillez » (v. 33-37). « Veillez », cela veut dire : ne vous laissez pas tromper par les apparences, c'est bien Dieu qui vient. Sa parole demeure toujours.

3-         Qu'est-ce que cela veut-il nous dire pour aujourd'hui ?

Tout d'abord, les interrogations de chacun demeurent. Où va le monde ? où allons-nous nous mêmes ? d'autant plus que nous serions frappés d'épreuves personnelles et collectives. A l'annonce d'une maladie incurable le monde s'effondre. Quand tout ce qu'on a construit disparaît, on peut perdre ses repères. On a besoin de trouver du sens à ce qui arrive.

Ensuite, l'épreuve nous change. Elle révèle les personnalités, la vérité de ce qu'on porte enfoui en soi, entraînant une modification de la perception des choses et de la foi. On ne croit pas pareil. Il est important que ce à quoi on a crû et qui ne nous sert plus, tombe, pour entrer dans une foi basée sur la Parole de Dieu et non sur des approximations appelées à s'effondrer.

Enfin, ne gardons rien pour soi. La Parole nous invite à la partager, à comprendre avec les autres, à nous ouvrir et construire l'Eglise. Cette Eglise pourra être message pour aujourd'hui à la mesure où elle fait confiance à la Parole de Jésus. Invitée à tenir bon dans cette Parole, elle devient chargée de sens pour ceux qui cherchent le chemin de la Vie.

Demandons à Dieu de nous rendre plus attentifs à ce qui grandit qu'à ce qui tombe, pour croître en confiance en ses Paroles qui ne passeront pas.

 

Semaine du 09 au 15 novembre 2009

Chers amis,

Le dernier weekend m'a permis de rendre une visite aux parents au Pays Basque, avec étape à Sainte Marie du Désert pour rencontrer la fraternité de Toulouse, des visites à Belloc, Baigorry et autres lieux. Puis l'équipe d'animation pastorale, le doyenné, groupe d'évangile à Eymoutiers, obsèques, diverses rencontres. La rencontre des "clubs ainés" à Linards, l'ouverture de la nouvelle expo au centre d'Art de Vassivière.

Je vous dis toutes mes amitiés.

Jean-Michel Bortheirie