dimanche, 04 octobre 2009

Semaine du 28 septembre au 03 octobre 2009

 

Chers amis

Après un "Dimanche Intergénérations" à la Salle des Fêtes à Eymoutiers qui a connu un franc succès avec notamment des inscriptions de jeunes à la confirmation et d'une adulte au baptême, la journée de Fraternité Jesus Caritas en Corrèze (je fais partie de cette fraternité depuis 22 ans et nous nous retrouvons tous les mois), la rencontre mensuelle à Viam pour préparer le Journal Montagne Limousine, le Conseil pastoral paroissial, la rencontre de Doyenné à St léonard, la réunion des Modérateurs de paroisses à Bellac, une rencontre pour tous les acteurs de la liturgie sur la paroisse (très fructueuse), la rencontre de l'Aumônerie diversifiée du MRJC, et aussi diverses rencontres et préparations, obsèques etc.

Ce dimanche 4, 22e anniversaire de mon ordinatio à Guéret, nous nous envolons, tout un groupe (40 personnes ) pour un pélerinage qui  nous mènera en Jordanie et Israël. retour le 15 octobre. Il n'y aura donc pas d'envoi pour le 11 octobre qui est l'ouverture de la Semaine Missionnaire Mondiale.

C'est le Père Jean marie Konkobo qui tient la permanence à la paroisse.

Je vous dis toute mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 27 septembre 2009

Naître ensemble

27e dimanche B - 27 septembre 09 - « Naître ensemble » - cf. Nb 11, 25-29 ; Jc 5, 1-6 ; Mc 9, 38-48

1-         Comment s'exprime une fraternité ? Le plus souvent, on est lié aux autres de manière naturelle par les liens familiaux, y compris au sens de la famille élargie ; on peut aussi se lier par une classe d'âges, ou une même origine géographique. On peut encore s'associer d'une façon moins naturelle, par des idées communes, ce qui supposera qu'on se connaisse, ou bien par un désir d'œuvrer ensemble. Se connaître, c'est en quelque sorte, « naître ensemble ». Ainsi, on pourra grandir ensemble. On pourra construire ensemble. Toutefois, rien ne pourra s'accomplir ni s'achever, si on n'y incluait une part d'imprévu, comme un accidentel avec lequel il faut compter ; comme s'il nous fallait aussi laisser la place à un agir providentiel. On le vit dans les expériences bibliques et c'est le message des textes d'aujourd'hui.

2-         Pendant la longue marche dans le désert, en quittant cette terre d'Egypte où les Hébreux étaient bien nourris mais vivaient comme des esclaves, il leur faut entrer dans un être de liberté. Le peuple doit « naître ensemble » à cette liberté ; et sans cette expérience fondatrice,  il mourrait. Mais cela n'est pas évident : car les 12 tribus sont plutôt nomades, chacune avec sa personnalité. Et avec elles, se sont agglomérés des tas de gens qui en ont profité, eux aussi, pour fuir la servitude d'Egypte. Comment s'unir, comment fonder ensemble ce Peuple ? Il y a bien Moïse, le libérateur, et ses aides, mais il est limité : un homme seul, même avec l'aide de ses proches, ne suffit pas à la tâche. Alors, naît une inspiration divine : partager son Esprit, pas seulement à ceux qu'on connaît, ceux qui sont déjà intégrés, mais à d'autres, qui sont restés dans le camp des gens du dehors. Ils « prophétisent » et Moïse se met à espérer que le peuple en son entier prophétise, lui aussi, c'est à dire, naisse ensemble à cet Esprit, devienne un peuple de prophètes, sans exclus.

Les Apôtres sont remis à ce même défi du « naître ensemble » avec l'expérience de personnes qui agissent au nom de Jésus, sans faire partie du groupe des fidèles. Car on ne naît pas ensemble quand on se ressemble, mais quand on est différent. Et quand on accepte cette différence comme une manière providentielle, on découvre les richesses divines enfouies dans le cœur des hommes. Et Jésus va aller plus loin dans la proposition du « naître ensemble » : quiconque vous reconnaît comme appartenant au Christ, ne serait-ce qu'en vous offrant le café quand vous lui rendez visite, devient associé à votre ensemble. Inutile, dès lors, de s'inquiéter de savoir qui est dedans, qui est dehors, car chacun peut être le signe de cette appartenance, quelles que soient ses limites ou ses compétences. En étant ainsi associé, on donne chance à laisser surgir ce qui est de meilleur. Et si par malchance, on se laissait à provoquer le scandale, il suffira de se détourner de ces conduites mauvaises en arrachant la source de ce mal et poursuivre le chemin vers le Royaume.

3-         Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?

Tout d'abord, prendre conscience que « naître ensemble » suppose une décision de connaître l'autre, et se faire connaître à l'autre. C'est un effort pour se dépasser, s'ouvrir, s'accepter. On découvre ainsi les richesses qui n'étaient pas visibles à première vue. Et leur mise en commun enrichit l'ensemble de manière insoupçonnée. C'est comme un baptême.

Ensuite, découvrir qu'il y a au-delà de ce qu'on connaît, des personnes ou des groupes qui reçoivent eux aussi leur part de l'Esprit de Dieu. Il peut y avoir une difficulté à le reconnaître, mais Dieu agit toujours ainsi, en suscitant en d'autres lieux ce qui portera du fruit. C'est comme une confirmation.

Enfin, on construit ensemble ce qui est finalement l'œuvre de Dieu. Chacun a sa part. Tous en bénéficient. L'ouvrage peut paraître à son commencement. D'une manière invisible il se développe, avec aisance. On continue la construction. C'est comme une communion.

Demandons au Seigneur, pour l'année pastorale, de nous donner la grâce pour une meilleure connaissance mutuelle, ainsi pour bien construire Sa maison au milieu des hommes.

 

Semaine du 21 au 27 septembre 2009

Chers amis,

Après une visite familiale, la semaine a continué sa lancée : entretiens spirituels, journée sacerdotale au Foyer Jean XXIII, Carrefour de l'Église en Rural à Bourganeuf, groupe de lecture d'Evangile à Chateauneuf la Foret, mais aussi, cérémonie de remise de chèque aux bénéficiaires de Creuse et du Tchad par l'Association "les coeurs allant vers" à Guéret.

Diverses visites, dont au MRJC en Assemblée Générale à la Foret Belleville.

Dimanche, nous vivons une "Journée Intergénérations" à la Salle des fêtes d'Eymoutiers sur le thème de "Naitre ensemble", d'où le sens de l'homélie de ce jour.

Célestin Moadjidebay termine son séjour parmi nous; derniers soins et dernières visites. Participation à un spectacle burkinabe sur la Place centrale d'Eymoutiers, dans le cadre des Francophonies en Limousin.

Je vous dis toute mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 20 septembre 2009

Une ambition pour le Royaume

25e dim B -20 septembre 09- Une ambition pour le Royaume -cf.Sg 2,12-20 ;Jc 3,16-4,3 ;Mc 9,30-37

1-         En cette rentrée qui s'est faite à l'école, dans les entreprises, mais aussi dans les associations, et différentes organisations, avec quelles ambitions va t-on s'engager cette année ? Ne pas perdre son travail, réussir les études, trouver sa place dans la société ? Or, le contexte de crise économique a accentué la précarité de beaucoup et on ne peut plus être sûr du lendemain : les ambitions sont revues à la baisse. Est-ce qu'on peut mesurer sur quelle valeur on pourra construire notre futur ? Car sans perspective d'avenir, on ne saurait comment se diriger. Et si on regarde la Bible, que nous dit-elle ?

2-         Les Textes d'aujourd'hui nous invitent à bien comprendre quel type d'ambition anime les hommes. Les Livres de Sagesse mettent en scène les personnages du temps (ces livres furent écrits moins de 100 ans avant le Christ, influencés par les sagesses du monde antique) par exemple des justes injustement traités et des méchants ambitieux apparemment vainqueurs. Qui portera finalement l'espérance au monde ? Pour y répondre, il est nécessaire d'aller plus loin que l'apparence des choses. C'est aussi ce que Jésus va dire.

Au milieu de l'Evangile de Marc, un tournant s'est opéré. Après les chemins parcourus dans la « Galilée des Nations », Jésus s'est résolument tourné vers Jérusalem où se nouera son destin. Et dans cette marche vers Jérusalem, par trois fois, il annonce sa passion, sa mort, puis sa résurrection. Comme une dramaturgie qui verra son sommet sur le calvaire, quand le Fils de l'homme sera élevé de terre. Paradoxalement, les compagnons les plus proches de Jésus, les Douze, ne semblent pas au diapason de l'événement. Au contraire, ils n'entendent pas, ils ne comprennent pas. Que le juste soit persécuté les scandalise ; ce ne peut être appliqué à leur maître, ou bien, ils s'en amusent en jouant à celui qui sera le plus grand ! Leur ambition est bien terre à terre : sans saisir le moment pour ce qu'il est, ils veulent en créer un à leur mesure mais sans y parvenir, les discussions devenant stériles. Aussi, Jésus les interpelle-t-il doucement sur la véritable ambition, qui n'est pas dans l'ordre des priorités du monde mais qui est une parabole des valeurs du Royaume. Dans le Royaume, les plus importants sont les plus petits. Et il ne s'agit pas seulement de les imiter, il convient aussi de les accueillir, avec tout l'amour possible. Le type du petit, c'est l'enfant ; sans autonomie, mais aussi sans malice. Le reconnaître comme personne importante est comme s'engager dans une ouverture à l'autre pour le servir. A Lourdes, la petite Bernadette était vouvoyée par la Vierge, comme une grande personne et c'est cela qui l'avait d'abord vivement frappée.

3-         Qu'est-ce que cela veut-il nous dire ?

Tout d'abord, nous sommes invités à rester des personnes vigilantes et actives pour ressentir les implications des temps que nous vivons. Discerner ce qui est en jeu, ce qui est en germe, ce qui tombe et ce qui croît. D'une certaine manière, la Passion de Jésus n'est pas terminée. Elle est vécue par des tas de gens proches ou lointains qui souffrent moralement ou physiquement. Dès lors, nos réactions et nos comportements ont  beaucoup d'importance.

Ensuite, vérifier où se situent nos ambitions. Il y en a de saines, il y en a de malsaines. Quand elles sont tournées uniquement vers la satisfaction de mon petit moi, ou seulement étendu à mes êtres chers, elles ne peuvent être que limitées. Au contraire, quand notre ambition porte sur la réussite des autres, sur le soutien de ceux qui sont méprisés, la voie paraît meilleure.

Enfin, pour notre Eglise, pour notre communauté, un appel pressant se fait sentir concernant les relations entre tous les membres. L'accueil des petits : ce doit être une préoccupation constante. Et cela passe par de multiples formes. Le choix de la place du serviteur, non de manière superficielle ou voyante, mais profondément, par le cœur, de sorte que je prenne ma juste place et ma place de service, tout en valorisant l'autre, pour le bien de tous.

Demandons à Dieu de devenir les témoins actifs de la sollicitude de son amour envers les plus petits, lui qui a pris la dernière place pour ainsi se tenir pour le salut de tous les hommes.