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<title>Vie spirituelle à Eymoutiers (87) - homelies</title>
<description>Amis et proches de Jean-Michel Bortheirie</description>
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<lastBuildDate>Sun, 27 Dec 2009 14:52:01 +0100</lastBuildDate>
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<title>La lumière luit dans les ténèbres</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/12/25/la-lumiere-luit-dans-les-tenebres.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Fri, 25 Dec 2009 00:00:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Noël 24/25 décembre 09-&lt;i&gt;« La lumière luit dans les ténèbres »-&lt;/i&gt;cf. Is 9,1-6 et 52,7-10; Lc 2,1-14 /Jn 1,1-18&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Veilleurs, où en est la nuit&lt;/b&gt; &lt;b&gt;?&lt;/b&gt; Ainsi s'énonce un appel du prophète Isaïe, le grand visionnaire des temps troublés, prophète de Dieu. Car la nuit, chez lui, est la promesse de l'aurore. La nuit fut créée par Dieu en même temps que le jour. Nuit et jour en alternance pour la vie. Respiration sans laquelle rien ne pourrait résister. N'y a t-il pas comme une clarté dans la nuit habitée d'étoiles&amp;nbsp;? Ainsi la nuit évoque-t-elle le jour qui nécessairement viendra. C'est en pleine nuit que le Seigneur est né. En pleine nuit qu'il est ressuscité. En pleine nuit qu'à nouveau, il viendra. Nuit chargée de vie, nuit capable d'accueillir la vie, nuit qui transforme la vie. Nous accueillons ce soir cette vie, nocturne, qui a bouleversé la destinée de l'humanité. Simple et sûre, humble et douce, elle annonce la Paix, elle fait jaillir dans le cœur la joie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Veilleurs,&lt;/b&gt; &lt;b&gt;comment est née la nuit&amp;nbsp;?&lt;/b&gt; Par une parole, la Parole originelle qui a retenti, expression du Père, «&amp;nbsp;Que la lumière soit&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Par une parole qui a porté la lumière. Une parole qui résonne doucement comme les rayons de la lumière caressant l'univers. Parce que cette Parole est la vraie lumière qui vient dans le monde. Cette Parole est allée au bout d'elle même, comme la lumière va au bout, sans s'éteindre. La parole, pas seulement une voix, pas seulement un écrit, la Parole comme vie humaine, s'inscrivant dans des paroles et des actes, dans des relations, dans un coude à coude avec le destin de l'humanité. Parole qui, avant de venir au jour, s'est longuement inscrite dans l'épaisseur de l'existence humaine, prenant le risque de la liberté, mais porteuse d'une espérance infinie&amp;nbsp;: Jésus, c'est à dire, «&amp;nbsp;Dieu sauve&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Veilleurs, mais, qu'y a-t-il avant la lumière&amp;nbsp;?&lt;/b&gt; Avant, ce sont les ténèbres, le tohu-bohu, l'informe. Ce n'est pas le rien. C'est plutôt un immense obstacle. Comme un déjà là qui étouffe, qui empêche, qui ne veut rien laisser percer. Les ténèbres demeurent, pourtant elles n'ont pas réussi à étouffer la lumière. La lumière a lui, elle a vaincu cette obscurité sans clarté, elle a percé, elle a tout changé. Lumière fragile toujours menacée par les ténèbres, mais qui n'a pas été engloutie. Elle continue son chemin, cheminant des uns aux autres, réchauffant un cœur puis l'autre, illuminant l'un, vitalisant l'autre, transformant ceux et celles qui l'accueillent en fils et filles de la lumière. La lumière a vaincu le désespoir du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Veilleurs, aujourd'hui, et pour demain, qu'y a-t-il&amp;nbsp;vraiment ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a toujours les ténèbres. Il y a toujours la nuit. Mais s'il y a la nuit, il y a le jour. Il y a toujours la nuit qui espère le jour. Il y a toujours le combat contre les ténèbres qui menacent d'engloutir la lumière de la vie. Prenons garde de ne pas laisser prise aux ténèbres, car elles font entendre leur rumeur aujourd'hui plus qu'hier, peut-être. Les ténèbres sont contre la vie, sont contre l'entente, sont contre la foi. Elles s'opposent au Royaume de Dieu inauguré par Jésus. Elles sont présentes dans le cœur des hommes qui se laissent aller à leurs instincts, qui érigent des barrières, qui se ferment à la vie de leurs frères. Quand on force sur «&amp;nbsp;l'identité nationale&amp;nbsp;», quand on mise sur «&amp;nbsp;l'argent&amp;nbsp;», quand on ruse pour ne pas secourir les faibles, on laisse gronder les ténèbres en nous. Quand on ne saisit pas les moyens que notre conscience nous enjoint de prendre, pour modifier nos modes de vie, pour plus de simplicité matérielle, pour moins de consommation énergétique, comme si la planète créée par Dieu pouvait le supporter longtemps, nous prenons le risque immense de donner la victoire aux ténèbres. Or Dieu est toujours en création. Risquerions nous de devenir des dé-créateurs&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, ne confondons pas les ténèbres avec nos nuits. La nuit, elle nous est présente, quand on est touché par la maladie, la pauvreté, la faillite de l'amour. Mais cette nuit est portée par la clarté de l'espérance. A chaque instant, la foi nous pousse à espérer, à recueillir la clarté qui vient. Il n'y a jamais de situation qui soit désespérée. C'est le symbole de Noël. Qui aurait pu croire qu'un jour, il y a plus de 2000 ans, dans une grotte retirée des business, des puissances, des grandes organisations y compris religieuses, naissait (au milieu des plus simples qui soient, les pauvres de Dieu, Marie, Joseph, les bergers) le Sauveur du monde&amp;nbsp;! Aujourd'hui, c'est dans notre cœur que le Sauveur veut naître. Au cœur de notre nuit, il vient et nous apporte sa Paix, sa Joie. Pour lutter vaillamment avec lui et espérer toujours.&lt;/p&gt;
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<title>Comme une visitation</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/12/20/comme-une-visitation.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 20 Dec 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;4&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dim Avent C - 20 décembre 09 - &lt;i&gt;Comme une visitation -&lt;/i&gt; cf. Mi 5, 1-4&amp;nbsp;; He 10, 5-10&amp;nbsp;; Lc 1, 39-45&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; La neige, nous visitant ces derniers jours est comme venue nous rappeler la fragilité de notre puissance, modifiant nos programmations et nous obligeant à plus de relations entre nous. Cette offensive du froid, paradoxalement, correspondait aux derniers moments d'une conférence cruciale sur le réchauffement climatique à Copenhague, où les chefs d'Etat de la planète, comme des visiteurs sans force, n'ont pas réussi à engager d'accord ambitieux, à la mesure des enjeux posés à l'avenir de notre humanité. Etre visité par les événements ou faire une visite, c'est toujours inclure une part de liberté pour accepter ce qui vient et se laisser transformer. Cela peut être une leçon&amp;nbsp;: à quelques jours de Noël, ne recevons-nous pas comme une invitation à nous laisser visiter, et nous laisser transformer par le Seigneur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; A un seul endroit de la Bible, on précise que le Messie allait naître à Bethléem. C'est le prophète Michée qui l'annonce, lors de son enseignement environ 700 ans avant JC. Michée est contemporain d'Isaïe et d'Osée, et présente Dieu venant consulter son peuple, l'invitant à la miséricorde et à la justice. Celui qui viendra, le Messie, tel un berger, rassemblera les frères dispersés. Pacifique, il conduira le peuple vers la sécurité car il est la Paix personnifiée. Mais il viendra, nous dit l'épître aux Hébreux, non comme un puissant dominateur, mais comme un humble qui accepte de faire la volonté de Dieu. Ainsi, il peut montrer une manière nouvelle d'être en relation avec Dieu, non pas exhibant des formes extérieures du culte, mais développant une attitude intérieure conforme à l'humilité de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'évangile nous donne à voir ce que peut être cette attitude intérieure conforme à l'humilité de Dieu, dans la scène de la Visitation. Marie qui vient d'accueillir la nouvelle qu'elle serait mère du Sauveur, court chez sa cousine Elisabeth. Le trajet est long. Le temps laisse mûrir intérieurement le mystère qui habite désormais la jeune femme de Nazareth. Cette visite n'est pas calculée. Elle est suite logique des événements accueillis dans la foi. Se laissant habiter par le Prince de la paix annoncé par Michée, et se laissant aussi transformer par la manière humble qui accueille la volonté du Père, elle est disponible à la rencontre. L'Esprit la travaille et c'est moins ses capacités humaines qui se manifestent dans la rencontre, que l'action de Dieu qu'elle laisse transparaître. Elisabeth vibre à cette rencontre si pleine de respect et de vérité. Comme si le simple mot de Marie la touchait, comme étant une parole venant de Dieu lui même, résonnant profondément dans être profond. Une résonance telle que c'est une allégresse qui jaillit. Allégresse de l'Esprit parce que la foi, relation confiante au Seigneur, accomplit des merveilles. Celle qui était stérile est comblée par sa maternité&amp;nbsp;; celle qui était simplement promise à un homme devient mère de l'humanité. Et cela se dit au cours d'une simple visitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'est ce que ça veut nous dire pour notre aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; l'importance des «&amp;nbsp;visitations&amp;nbsp;». La visite que nous pouvons faire à quelqu'un est toujours une source de joie partagée. Et ses effets peuvent se prolonger, surtout quand celui ou celle à qui on rend visite est en attente, en situation précaire, isolé ou malade. En le vivant humblement, à la mesure de ce qu'on peut, en étant signe de Celui qui nous habite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; l'importance d'être soi-même «&amp;nbsp;visité&amp;nbsp;» par la Parole. C'est en méditant la Parole de Dieu, que nous en devenons plus familiers, plus sensibles au sens de la vie, plus proches de la manière humble de Dieu qui vient habiter les personnes. Peu à peu, on se comprend comme dépendants de cette Parole d'amour et non prétentieusement placés au centre du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; ces expériences de visiter ou d'être visité prennent toute leur dimension quand elles sont vécues en communauté. La communauté est le lieu par excellence de la communication et du partage. Apprenons à le vivre et encourageons-nous mutuellement à la «&amp;nbsp;visitation&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu,&lt;/b&gt; dans cette dernière ligne droite avant Noël, que nous découvrions le vrai sens de cette fête, «&amp;nbsp;visitation&amp;nbsp;», et oser le partager à d'autres qui ne croient pas comme nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Entrer dans la joie de l'attente</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/12/13/entrer-dans-la-joie-de-l-attente.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dim Avent C-13 décembre 09-&amp;nbsp;&lt;i&gt;Entrer dans la joie de l'attente&lt;/i&gt;&lt;i&gt;-&lt;/i&gt; cf. So 3,14-18;Ph 4,4-7;Lc 3,10-18&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour qui a éprouvé la joie d'attendre un événement heureux, comme d'être enfin enceinte, de décrocher son premier emploi, le retour d'un ami, etc... cette joie, c'est comme l'accomplissement d'un désir, porté jusqu'à son terme. Cet accomplissement nous fait oublier la souffrance de l'attente précédente, même si la joie est souvent accompagnée de douleur. &lt;i&gt;Je connais une jeune maman actuellement enceinte du second : tout à la joie d'annoncer l'événement à sa meilleure amie, celle-ci, au lieu de la féliciter, a laissé éclater sa jalousie (pour une fausse couche mal supportée). Résultat, leurs relations sont rompues.&lt;/i&gt; Alors que la célébration de Noël approche, et que les événements nous offrent bien des raisons de ne pas nous réjouir, laissons-nous toucher par l'appel de la Parole à découvrir la vraie joie de l'attente du Sauveur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Livre du prophète Sophonie a été écrit à une époque de transition (vers 630 av JC) où l'injustice et l'idolâtrie règnent dans la ville sainte, pour avertir d'un châtiment qui anéantira Jérusalem. Il annonce cependant, que l'espérance n'est pas morte, qu'un reste subsistera et que les nations païennes participeront au bonheur de ces humbles. Douleur de l'épreuve mais aussi joie intense d'une espérance en acte. Car Dieu vient lui-même imprimer de sa présence et renouveler ceux qui se disposent à l'accueillir. Saint Paul, aussi, invitera les Philippiens à expérimenter la vraie joie, au milieu des tribulations de leur temps. En se laissant pleinement habiter par le Seigneur, ils n'éprouveront aucune inquiétude mais certainement la paix et la joie qui viennent vraiment de lui. Quant à l'évangile, on voit en scène Jean Baptiste annonçant à ses contemporains la venue prochaine du Sauveur. Cette seule annonce devrait provoquer la joie. Or, l'état des auditeurs est tel que l'inquiétude prévaut&amp;nbsp;: quoi faire pour être en accord avec la vie nouvelle demandée par le baptême&amp;nbsp;? Les foules, celles qui bientôt vont entendre la prédication de Jésus, les collecteurs d'impôts, ces pécheurs qui seront rejoints par la miséricorde de Jésus, les soldats, ces étrangers qui seront atteints par le salut universel apporté par le Christ, tous demandent quoi faire&amp;nbsp;? Rien d'autre que ce minimum à la portée de chacun&amp;nbsp;: partager, ne pas exiger, se contenter de ce que l'on a. Ainsi, se trouve le chemin de la vraie joie, celle où on se libère des servitudes de l'&amp;nbsp;«&amp;nbsp;avoir plus&amp;nbsp;», ou «&amp;nbsp;gagner plus&amp;nbsp;» en trouvant sens dans l'attente du Sauveur. Lequel n'est pas aisé à discerner (on le confond avec Jean), mais qui donne en abondance l'Esprit Saint pour que chacun réalise dans sa vie ces éléments de conduite qui donneront la joie intérieure. Cela n'évite pas les conditions difficiles de la vie (Jean Baptiste sera emprisonné) mais ces conditions ne sont jamais à un niveau tel, qu'elles empêcheraient de changer sa propre manière de voir ou de trouver sa joie dans une conduite différente de ce qui précédait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comment cela peut-il s'appliquer aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; en nous interrogeant sur ce qui nous donne de la joie. La joie est plus profonde que le plaisir. Plus durable aussi. Ce n'est pas dans les choses matérielles que nous éprouvons la vraie joie, mais dans une manière d'être en relations. Avec les autres ou avec Dieu. Et cette joie nous enlève l'inquiétude, du présent comme de l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; la joie du cœur n'annule pas les difficultés de la vie. Mais elle permet peut-être de mieux les porter. Elle permet aussi de s'approcher de tous ceux qui souffrent, l'esprit paisible, de les écouter, et peut-être leur communiquer la paix qui console. Cela peut se vivre avec des tas de gens qui sont autour de nous, car ils sont nombreux ceux qui souffrent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; en ce temps de l'Avent, nous sommes invités à porter cette joie de l'attente en communauté. En resserrant les liens communautaires, c'est un surplus de joie que nous expérimenterons. L'affection mutuelle, l'attention à l'autre, c'est encore une manière de vivre l'attente du Sauveur. Et chacun peut trouver ce qui conviendra au mieux à sa situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu&lt;/b&gt; de découvrir un peu mieux cet appel à la joie intense que les textes nous proposent aujourd'hui, sans nous distraire de l'aide à notre prochain qui est dans le besoin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Préparez le chemin du Seigneur</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/12/06/preparez-le-chemin-du-seigneur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dim Avent -6 décembre 09 - &lt;i&gt;Préparez le chemin du Seigneur -&lt;/i&gt; cf. Ba 5,1-9&amp;nbsp;;Ph 1,4-11&amp;nbsp;;Lc 3,1-6&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Autour de nous, qui parle et qui prend la parole&amp;nbsp;? Ce ne sont pas les situations difficiles qui manquent pourtant, ce ne sont pas les occasions de prise de parole qui font défaut. Au cours de Semaines Sociales de France, qui portaient sur le thème des solidarités nouvelles, les membres d'ATD Quart Monde nous ont interpellé&amp;nbsp;: on parle &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; pauvres, on parle &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; la pauvreté, mais on ne laisse pas parler &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; pauvres&amp;nbsp;! Combien de discours de circonstance sont-ils inopérants, parce qu'ils ne proviennent pas de la profondeur de l'être et ne sont pas suivis d'actes. Ainsi les puissants qui les portent se trouvent-ils sans force, car la parole n'a d'effet que quand elle est portée par des êtres de vérité. Ainsi, en ce chemin de l'Avent, la parole nous rejoint car elle prend chair dans notre humanité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En 1&lt;sup&gt;ière&lt;/sup&gt; lecture, le prophète Baruch, dont le Livre ne se trouve pas dans la Bible hébraïque mais dans la Septante, écrit, un siècle avant le Christ, l'espérance du rétablissement de la Gloire de Dieu manifestée au milieu de son peuple éprouvé et dispersé. Aujourd'hui, c'est une ode à la Jérusalem nouvelle qui chante et crie de joie, à la vue de ses fils dispersés et exilés retournant vers elle à travers les chemins merveilleux d'un désert verdoyant. S'agit-il d'une parole de consolation pour faire patienter les éprouvés&amp;nbsp;? une parole de fausse promesse qui n'engagerait que ceux qui l'écoutent&amp;nbsp;? ou bien une vraie parole qui sera suivie d'effets parce qu'elle vient de Dieu et que Dieu tient toujours ses promesses&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La réponse est donnée dans le passage d'évangile. Au cœur d'une actualité chargée, avec en panorama la description précise des tenants de tous les pouvoirs religieux, politiques, mondiaux de l'époque (grands prêtres, rois, gouverneur et empereur), la parole n'est pas adressée aux tenants de la parole officielle. Mais à un frêle jeune homme dans le désert, Jean, fils de Zacharie, un pauvre de Dieu. Et cette parole qu'on devine d'origine divine ne va pas s'adresser sous le mode ordinaire d'un message publicitaire. Mais comme un appel à la conversion, c'est à dire, un changement d'orientation du regard qui va renouveler de fond en comble le cours de la vie de ceux qui mettent en pratique cette parole. C'est le sens du baptême de conversion, aplanissant les creux et les bosses du cœur, remettant droit toutes les vanités et faussetés qui encombrent l'esprit et empêchent d'entendre vraiment cette parole qui fait vivre. Non dans un sens personnel ou individuel mais dans un sens communautaire. Ce ne sont pas des individus qui sont invités à changer, c'est une communauté humaine, solidaire de ses actes qui est invitée à préparer le chemin de Celui qui va venir, et on comprend qu'il s'agit de Dieu en personne. Dieu va s'exprimer avec puissance à travers la bouche des faibles qui ont laissé place entière à sa Parole. Pas n'importe quelle parole qu'on baptiserait trop vite «&amp;nbsp;parole de Dieu&amp;nbsp;». Mais une parole de vérité portée par des êtres de vérité habités de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; se laisser imprégner par cette parole qui vient de Dieu, c'est prendre au sérieux ce qui vient d'ailleurs et qui n'est pas l'émanation de soi-même. Cela nous invite à nous laisser atteindre par l'humilité de cette parole qui vient de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; lui laisser toute la place, c'est un peu s'oublier soi-même, c'est ne pas se prendre pour le critère ou le modèle de ce qu'il faut dire, penser ou faire&amp;nbsp;! mais rechercher et écouter l'appel permanent à changer de regard, d'attitude, de manière de faire. Aplanir les creux et les bosses de son cœur, c'est accepter de vivre dans une dépendance spirituelle de la Parole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; cela devra se voir. La Parole de Dieu accueillie transforme le monde&amp;nbsp;: on devient moins conditionné, on s'ouvre de plus en plus aux autres, et même, peu à peu c'est toute la forme du monde qui est renversée. Les pauvres deviennent premiers et la valeur humaine est au premier plan. Ainsi se prépare la venue du Seigneur pauvre et humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu,&lt;/b&gt; dans un élan nouveau, au milieu des morosités et des multiples raisons de désespérer, que nous sachions élever nos cœurs, pour accueillir ensemble Celui qui vient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Promesse de bonheur</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; dim Avent C - 29 novembre 09 - &lt;i&gt;Promesse de bonheur -&lt;/i&gt; cf. Jr 33, 14-16;1Tess 3,12-4,2; Lc 21, 25-36&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au commencement de ce nouvel Avent, nous voici ramenés à l'essentiel, l'attente du retour du Christ. Or aucun organe de presse n'en parle&amp;nbsp;! Cela paraîtrait irréel tant nous sommes marqués par l'aspect médiatique des choses. Aujourd'hui, ce qui n'apparaît pas dans les médias est non-événement. Par contre ce qui remplit les médias a de l'importance. Et qu'est-ce qui a de l'importance&amp;nbsp;? la grippe, la disparition d'un artiste, les aventures des pipoles&amp;nbsp;? Est-on sûr que là soit l'important&amp;nbsp;? n'y a - t - il pas la vie des personnes à travers le monde, leurs joies, leurs peines, leurs espoirs, leurs solidarités, le courage, l'énergie, tout ce qui constitue la trame des jours où s'écrit en lettres de vie l'avenir de l'humanité&amp;nbsp;? Comme si une promesse nous était faite, un bonheur qui vient et qui porte le nom de l'avenir&amp;nbsp;: le Christ&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au cœur d'une situation désespérée, dans la Bible, voici le prophète Jérémie qui vient réveiller l'espoir du peuple. Non comme une espérance factice, celle qui endort les consciences, mais qui invite à voir au-delà des apparences, ce qui vient. En apparence, les troubles, les menaces militaires, les déportations, mais au travers de tout cela, une alliance nouvelle est en train de naître&amp;nbsp;: l'alliance d'amour qui est dans le cœur de Dieu et qui rejoint le cœur des hommes. Et les hommes, dès lors, deviennent capables de construire une nouvelle ère de sécurité parce qu'ils ont reçu dans leur esprit cette capacité inouïe venant de Dieu, la venue du Messie qui sauve et qui fait régner toute justice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Évangile rappelle cette alliance, en actes. Non seulement le Messie est venu, mais ses traces restent vives dans la vie des hommes qui ont été traversés par son passage. Ses actes de puissance, guérissant et renouvelant toute la vie, ses paroles habitées de force et de joie, ont transformé les disciples. Mais les oppositions furent tout aussi sévères et le règne de justice espéré ne s'est pas alors réalisé dans les formes attendues. Tout n'avait pas encore été renouvelé. Dans la trame de l'histoire, se réalise peu à peu cette transformation qui apparaît dans les bouleversements cosmiques qui font peur à beaucoup. En ces moments de troubles, le Christ donne une ligne de conduite d'éveil et de prière qui est une forme de l'éveil. Car son retour est un événement heureux, où toutes choses sont remises à l'auteur de toute vie. S'engourdir c'est rater l'événement et finalement disparaître. Etre en éveil permet l'attention à toutes choses, et comprendre ce qui vient. On peut être attiré par toutes sortes de distractions, on peut aussi à tout moment être mis dans un chemin de compréhension nouveau et radical qu'on peut appeler «&amp;nbsp;conversion&amp;nbsp;». Dans cette conversion de l'intelligence une relation nouvelle prend la place de l'ancienne. La relation au Christ qui vient à nouveau, donne un sens qui était inconnu à la vie menée jusque là&amp;nbsp;: une préparation à rencontrer debout, vivant, l'Amour personnifié.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En quoi cela nous importe-t-il dans notre aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; comprendre que les événements du monde qui peuvent nous troubler sont à accueillir de manière active et non passive. On ne peut rester inactif. Pourtant, la plus petite des actions bonne contribue à grandir la responsabilité de l'humanité dans ce qui l'environne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; comprendre que toute action portera du fruit si elle prend sens dans nos capacités d'éveil et de prière. Trop d'actions sont sous-tendues par le calcul et la comparaison, elles ne sont pas généreuses, elles sont comme enfermées sur soi. La prière et l'éveil sous-tend les actions qui portent du fruit, parce qu'elles nous sont offertes par celui qu'on nomme Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; l'avenir n'appartient qu'à Dieu, et c'est l'appel à la foi. La foi encourage nos énergies à se disposer avec, en perspective, le bonheur du retour du Christ. Ainsi, toutes nos actions sont embellies, deviennent légères, nous préparent intérieurement à nous tenir debout pour le Jour qui vient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu&lt;/b&gt; la foi qui chasse la peur grâce à sa présence au cœur de nos journées, pendant tout ce temps de l'Avent, le temps d'attente, le temps de la promesse du vrai bonheur.&lt;/p&gt;
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<title>Le Christ Roi de l'Univers</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/11/22/le-christ-roi-de-l-univers.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;34&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dim B - 22 novembre 09 - &lt;i&gt;Le Christ Roi de l'Univers&lt;/i&gt; - cf. Dn 7,13-14&amp;nbsp;; Ap 1,5-8&amp;nbsp;; Jn 18,33-37&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En ce dernier dimanche de l'année liturgique, comme en une conclusion très étrange, nous est présentée la figure du Christ comme roi. Dans notre très républicain pays, on n'aime pas les rois&amp;nbsp;!, même si on les envie, même si une certaine monarchie n'avait pas disparu. Le pouvoir apparaît alors comme une revanche sur l'état ancien d'une impuissance. Celui qui n'a rien, sauf l'ambition, devient potentat dès qu'il a une parcelle de pouvoir. Les rigidités qu'on déplore dans les entreprises l'illustrent. Les religions elles-mêmes sont décriées puisqu'elles veulent dominer et régenter, causant, dit-on, les guerres qui affligent l'humanité. Peut-on dès lors, espérer quelque chose d'autre&amp;nbsp;? peut-on souhaiter que l'humanité soit gouvernée pacifiquement&amp;nbsp;? la Bible nous enseigne en ce sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au cœur des persécutions et des injustices provoquées par l'excès du pouvoir, c'est le Livre de Daniel qui met en oeuvre une autre Royauté&amp;nbsp;: celle d'un être qui vient de «&amp;nbsp;là-haut&amp;nbsp;», avec les attributs de la puissance, qui ne sont pas ceux des puissances terrestres. Et identiquement dans le Livre de l'Apocalypse de St Jean. Celui qui vient «&amp;nbsp;dans les nuées&amp;nbsp;» n'a pas les manières dont se sont habillés les rois de la terre. Il tient de par lui-même dans cette souveraineté. Il n'a rien à se prouver ni à prouver. Il est simplement celui qui vient. Et il peut montrer sa toute puissance, comme une puissance d'amour, une puissance qui n'est pas dominatrice, comme une faiblesse consentie par amour. Et c'est bien sûr en Jésus, que s'est révélée cette manière extraordinaire de manifester l'autorité et la puissance. Au cours de toute sa vie, selon les Evangiles, il n'a rien exprimé d'autre qu'une attitude d'amour, c'est à dire le respect absolu de la liberté de l'autre, permettant à l'autre de croître en liberté, c'est à dire ce service le plus absolu qui autorise la responsabilité d'autrui.&amp;nbsp;Et on peut se demander pourquoi il a ce comportement si différent du comportement ordinaire des hommes puissants. Parce qu'il a un fondement qui n'est pas construit sur la réalisation de soi ou de ses œuvres propres, mais dans l'accueil permanent du don du Père, ne gardant rien pour soi-même, mais le remettant toujours à l'auteur de tout don, et donc de toute puissance. Cette vérité éclate au cours du procès de Jésus devant Pilate. Lorsque le débat porte sur l'origine et le sens de sa royauté. Non sur le faire, mais sur l'être, comme un témoignage de la vérité qu'on porte en soi même. La vérité ne nécessite pas de s'imposer par des artifices de puissance. La vérité se laisse voir à mesure où on entre en elle, où on se laisse habiter par elle, non comme un trophée qu'on conquiert ou qu'on porte en bandoulière, mais comme un don qu'on accueille et qui fait grandir en humanité, en amour, en harmonie intérieure. Ainsi, ceux qui cherchent cette vérité découvrent l'humilité de la vérité, sa simplicité, sa petitesse, et ne peuvent qu'être attirés par elle et vivre au mieux en sa compagnie, quoiqu'il en coûte, car on y aura trouvé la pierre précieuse de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'est-ce que cela veut-il nous dire pour notre aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; entrer dans une perception de la puissance qui soit autre que celle que le monde ou la culture nous offrent. Car on est traversé par ces images de toute-puissance. Etant peut-être dans cette illusion de la toute-puissance. Il convient dès lors, de se laisser atteindre par ces images et les considérer comme faussées, empêchant l'épanouissement de la personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; se laisser habiter par la forme de la puissance toute de faiblesse et d'amour que présente Jésus. Se laisser toucher par des figures de personnes qui se sont laissées habiter par Jésus, qui n'ont rien gardé pour elles mais tout donné. Par amour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; là où je suis, agir pour l'être de la vérité plus que pour le faire de la puissance. Egalement, pour l'Eglise, lui permettre d'être heureuse de sa non-puissance, comme un message d'amour adressé au monde, pour que les hommes vivent non écrasés mais libérés.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu,&lt;/b&gt; qui est l'amour, qui est la vérité qui ne s'impose pas, d'éclairer nos comportements et nos vies, pour que nous rendions témoignage au milieu du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Mes paroles ne passeront pas</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/11/15/mes-paroles-ne-passeront-pas.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;33&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dim B - 15 novembre 09- &lt;i&gt;Mes paroles ne passeront pas&lt;/i&gt; -cf. Dn 12,1-3;He 10,11-18;Mc 13,24-32&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans les temps qui sont les nôtres, beaucoup de discours viennent nous interpeller avec leur allure catastrophique, offrant un espoir pour quelques uns seulement, pas pour tous. Le contexte de crise, avec la conjonction des différentes crises climatiques, économiques et autres, est un terrain tout trouvé pour tous les vendeurs de sens, qu'ils soient politiques ou religieux. Certains parmi nous reçoivent même chez eux des courriers des Témoins de Jéhovah annonçant les pires épreuves à ceux qui ne suivront pas leur chapelle. Souvent, on se risque à manipuler la Bible pour donner des révélations à ceux qui cherchent. Mais qu'en est-il vraiment dans ces passages de la Bible que l'Eglise propose à notre réflexion pendant tous ces jours de fin d'année liturgique&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Parmi les grands types d'écrits bibliques, il est un genre qu'on appelle «&amp;nbsp;apocalyptique&amp;nbsp;», mot savant qui désigne non comme on le croit, ce qui est effroyable, terrible, ou grandiose, mais ce qui est révélé par Dieu pour vivre des temps difficiles. En gros, ces textes peuvent être datés de la période qui va de - 400 à + 200, c'est à dire à des moments difficiles de l'histoire du peuple de Dieu, avec des persécutions religieuses produisant des révoltes ou des ralliements à la puissance supérieure. Ainsi, le Livre de Daniel rappelle ici la destinée de ceux qui vont résister jusqu'au bout de leur foi. Avec la confiance d'être soutenus par Dieu dans leur épreuve, ils découvrent que la mort n'est pas la signature ultime de la vie mais l'entrée dans l'immortalité. On saisira que la figure ancienne du monde disparaît pour entrer&amp;nbsp;dans un monde nouveau. Cette écriture influencera aussi fortement les premières générations de chrétiens persécutés tant par leurs frères juifs que par les païens. Ainsi, les évangiles comportent-ils des discours de fin des temps qui méritent d'être regardés de près. Car la fin &lt;i&gt;d'un&lt;/i&gt; monde ne signifie pas la fin &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; monde. Des images très fortes sont employées car elles étaient connues des lecteurs. On assiste comme à une dé-création de ce qui a été créé. Et qu'est-ce qui a été créé&amp;nbsp;? la terre et le ciel. Et comment&amp;nbsp;? par la Parole.&amp;nbsp;Cette Parole étant devenue Homme pour sauver tout ce qui conduit au mal, il devient normal que terre et ciel soient chamboulés pour que la Parole devienne première dans le monde. Finalement, les révélations à première vue catastrophiques de notre évangile sont en fait des révélations de salut. Seulement, c'est un salut qui, pour surmonter nos ténèbres, notre violence, notre péché, les traverse. Deux mots clefs du chapitre 13 de Marc doivent retenir notre attention : ils encadrent notre texte d'aujourd'hui&amp;nbsp;: «Ne craignez pas » (v. 7 et 11) et « Soyez sur vos gardes, veillez » (v. 33-37). « Veillez », cela veut dire : ne vous laissez pas tromper par les apparences, c'est bien Dieu qui vient. Sa parole demeure toujours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'est-ce que cela veut-il nous dire pour aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; les interrogations de chacun demeurent. Où va le monde&amp;nbsp;? où allons-nous nous mêmes&amp;nbsp;? d'autant plus que nous serions frappés d'épreuves personnelles et collectives. A l'annonce d'une maladie incurable le monde s'effondre. Quand tout ce qu'on a construit disparaît, on peut perdre ses repères. On a besoin de trouver du sens à ce qui arrive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; l'épreuve nous change. Elle révèle les personnalités, la vérité de ce qu'on porte enfoui en soi, entraînant une modification de la perception des choses et de la foi. On ne croit pas pareil. Il est important que ce à quoi on a crû et qui ne nous sert plus, tombe, pour entrer dans une foi basée sur la Parole de Dieu et non sur des approximations appelées à s'effondrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; ne gardons rien pour soi. La Parole nous invite à la partager, à comprendre avec les autres, à nous ouvrir et construire l'Eglise. Cette Eglise pourra être message pour aujourd'hui à la mesure où elle fait confiance à la Parole de Jésus. Invitée à tenir bon dans cette Parole, elle devient chargée de sens pour ceux qui cherchent le chemin de la Vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu&lt;/b&gt; de nous rendre plus attentifs à ce qui grandit qu'à ce qui tombe, pour croître en confiance en ses Paroles qui ne passeront pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Donner sa vie, jusqu’où ?</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/11/08/donner-sa-vie-jusqu-ou.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;32&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dim B - 8 novembre 09 -&lt;i&gt;Donner sa vie, jusqu'où&amp;nbsp;?-&lt;/i&gt;cf. 1R 17, 10-16; He 9, 24-28; Mc 12, 38-44&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Nous sommes habitués dans les différents moments médiatiques, d'annoncer et de voir publier les dons que font les gens à différentes œuvres. Et c'est une très bonne chose de sentir ainsi les gens être solidaires de leurs frères. Cela peut interroger mais il n'est pas possible de regretter si ce que font les gens ne vaut pas grand chose, pourvu qu'ils le fassent avec amour. Ainsi, de toutes choses. Porter les choses avec amour, voir les choses avec amour, voir les personnes avec amour. L'amour est exigeant s'il est mis en rapport avec la vérité. Et c'est peut-être ce qui nous est proposé avec les textes d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le premier texte nous a plongé dans l'histoire particulière du Royaume d'Israël au 9&lt;sup&gt;ième&lt;/sup&gt; siècle avant le Christ. Le prophète Elie, très grand prophète de la Bible, honoré aussi en Islam, doit fuir le courroux de la reine Jezabel mise en cause dans ses prophéties. Une terrible sécheresse a dévasté le pays. Il va demander l'hospitalité à une veuve, en situation très précaire dans la société. Elle n'a presque plus rien à offrir, elle est en attente de mourir d'inanition. Elie lui dit «&amp;nbsp;confiance&amp;nbsp;! n'aies pas peur&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Il l'invite à sortir du cercle de l'horizon de la mort, en partageant tout ce qu'elle a, et faire l'expérience d'une vie qui est donnée en surabondance quand on n'a pas eu peur de la mort, qu'on l'a franchie avec amour. Elle est veuve, sans secours, elle donne tout, elle reçoit la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est sans calcul qu'une autre veuve, celle de l'Evangile, va donner quelques centimes dans le tronc du grand Temple de Jérusalem, au milieu d'un brouhaha indescriptible qu'on a peine à imaginer. Personne ne l'a remarqué. Qui peut remarquer une petite pauvre qui donne si peu à côté des grands riches qui font sonner le cor devant leur offrande somptuaire. Seul un regard d'amour peut remarquer le geste d'amour. Ce n'est pas un superflu, ce n'est pas son épargne, ce n'est pas du nécessaire, c'est davantage, c'est son moyen de vivre qu'elle sacrifie par amour, sachant peut-être que son offrande irait dans la poche des puissants qui se partagent les ressources du Temple. Elle ne calcule pas, elle donne. Comme Jésus se donne sans calcul, jusqu'à la mort tragiquement provoquée par ces profiteurs du système religieux en place. Elle a aussi entendu la parole d'Elie adressée en son temps à la veuve de Sarepta. N'aie pas peur&amp;nbsp;! ainsi, elle est capable de surmonter la peur du manque par un geste d'amour qui la branche directement sur l'amour et la générosité de Dieu. N'hésitant pas à faire le saut qui rend libre, elle est entrée dans l'aire de la foi : elle a en quelque sorte changé d'univers. Nouvelle naissance pour une vie à l'abri de la perspective de la mort. La voici désormais en dépendance vitale d'une générosité extérieure à elle-même. Générosité des autres par laquelle passe et se révèle la générosité divine, la seule qui nous libère de la mort. Le don de sa vie devient ainsi, la vie ouverte à l'infini.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'est-ce que cela veut nous dire aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; le don de soi, de ses biens, de ses ressources, de son temps, de ce qui est cher à chacun, ne dépend pas de son niveau de fortune. (On connaît des riches égoïstes comme il y a des riches généreux. On connaît des pauvres qui donnent leur dernière chemise, tout comme ceux qui restent avides de la plus petite ressource à accaparer). Mais de son niveau d'amour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; il n'est pas aisé d'évaluer le niveau d'amour. Mais ce qui est sûr, c'est la vérité intérieure qui peut être un étalon. Car la vérité intérieure chasse la fausseté, le calcul, la peur de l'image qu'on a ou qu'on donne. La vérité intérieure respecte le don d'amour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; tout don peut être jugé par autrui. Y compris le don de sa vie qu'on accusera de fanatisme. Le seul critère alors est de se mettre sur les pas de Jésus. Qui a donné sa vie, nos par fanatisme, mais par amour. Il l'a mis en évidence non seulement sur la croix, mais à chaque instant de sa vie, à chaque rencontre, à chaque geste, au risque de demeurer incompris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu&lt;/b&gt; de nous renouveler dans tous nos gestes de don, d'y insuffler son amour, de nous rendre, ensemble, ceux qui aiment et qui donnent sans compter, chrétiens vrais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Toussaint, Fête de tous les saints</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/11/01/toussaint-fete-de-tous-les-saints.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 2009 - Toussaint, Fête de tous les saints - cf. Ap 7,2-4.9-14&amp;nbsp;; 1Jn 3, 1-3&amp;nbsp;; Mt 5, 1-12&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En ce jour si particulier où nous commémorons tous ceux qui nous ont précédé dans le Royaume de Dieu, je ne peux pas ne pas penser au Père Louis Jousseaume, curé d'Egletons, dont nous avons célébré les obsèques hier. C'était un homme aimé de tous, tellement que pendant la cérémonie, les commerçants de la ville avaient leur rideau baissé. Quelqu'un qui portait la joie, ouvert, bon, proche de tous. Quelqu'un qui invitait au témoignage de la foi, un homme pétri de l'évangile. Il a été sauvagement tué dans son presbytère par un déséquilibré. Lors de ses obsèques le P Charrier, évêque de Tulle, a mis en lien sa vie et sa mort avec celles de Christian de Chergé et de ses compagnons moines-martyrs de Tibhirrine, des hommes de bonté assassinés en Algérie en 1996. Et avec eux, combien de témoins de toutes origines ont-ils quitté cette terre de manière violente pour entrer dans le Royaume de Dieu&amp;nbsp;? Leur vie s'inscrit dans la destinée de Jésus lui-même, le Saint par excellence et aujourd'hui, ils sont dans notre horizon de fête.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tout comme ces foules immenses dont parle le Livre de l'Apocalypse dont nous avons écouté un extrait. Une immense liturgie, c'est à dire une action de Dieu, dans laquelle les témoins de l'amour, vivants, louent et adorent Celui qui est l'auteur de toutes choses, maître de l'histoire. Ils ont traversé les tribulations et les supplices produits par les puissances terrestres qui s'opposent à l'amour. Ils ont reçu d'être restaurés dans la lumière de Dieu, par le sacrifice de l'agneau, Jésus, qui s'est donné par amour jusqu'au bout. Ils entrent dans la joie de leur maître par un chemin inauguré par Jésus sur le mont des Béatitudes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'évangile nous donne quelques clés pour comprendre et accepter la destinée humaine qui devient capable de ce don de soi qui donne vie aux autres. La première chose que nous annonce Jésus est le bonheur, un bonheur qui n'est pas l'objet d'une conquête mais qui est un don. Un don qui ne fait qu'un avec la sainteté que nous fêtons aujourd'hui. Contrairement à d'autres textes, les Béatitudes ne sont pas à l'impératif : il n'est pas dit : « Soyez pauvres... Recherchez la justice etc. » Il ne s'agit pas d'une sorte de traité de morale mais d'une constatation, d'une révélation. Les Béatitudes, qui résument pourtant tout le message évangélique, ne prescrivent aucun devoir envers Dieu ou le Christ. Nulle part il n'est dit dans ce texte « Bienheureux ceux qui aiment Dieu par-dessus tout » ou « Bienheureux ceux qui suivent le Christ ». On retrouve ici quelque chose qui rappelle Matthieu 25,31-46, où Jésus révèle que ceux qui ont nourri leur prochain l'ont nourri lui-même. À leur insu. Ainsi les destinataires des Béatitudes, les déclarés bienheureux, peuvent être aussi bien des musulmans, des bouddhistes, voire des athées. L'Église n'a pas le monopole de la sainteté, mais le peuple des croyants au Christ sait et proclame que tous ceux qui n'adorent pas la richesse, qui souffrent, qui cherchent la justice, qui pardonnent... sont animés par ce Verbe qui fonde toute existence et toute vérité, et qui a pris visage humain dans le Christ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En quoi cela peut-il nous aider dans notre «&amp;nbsp;aujourd'hui&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; désirons cette sainteté, très fort, non trophée à conquérir mais grâce à accueillir. Le cœur humble en est le chemin. Il se vérifie dans le rapport qu'on a avec les autres, attitudes de compassion et de pardon, mais aussi de simplicité, de joie et d'attention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; la sainteté ne se vit pas tout seul, c'est dans une communion des saints que nous recevons cette sainteté qui vient de Dieu. Et cette communion se vit avec tous les autres frères de l'Eglise qui transcende toute «&amp;nbsp;chapelle&amp;nbsp;» ou toute limitation humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; nous devons savoir que sur ce chemin nous rencontrons nécessairement des forces qui chercheront à annihiler les efforts pour inscrire l'évangile dans nos vies. Le don de soi vécu au jour le jour devient alors le don de sa vie, offerte et mêlée au sacrifice du Christ, le Béni.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu&lt;/b&gt; de recevoir l'honneur d'être compté parmi ses saints, dans ce quotidien parfois tumultueux, difficile aussi, mais transformé par le don de son amour pour chaque jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Recevoir l'illumination</title>
<link>http://eymoutiers.hautetfort.com/archive/2009/10/25/recevoir-l-illumination.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (eymoutiers)</author>
<category>Homélies</category>
<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 11:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;30&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; dim B - 25 octobre 2009 - &lt;i&gt;Recevoir l'illumination -&lt;/i&gt; cf. Jr 31, 7-9&amp;nbsp;; He 5, 1-6&amp;nbsp;; Mc 10, 46-52&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une famille a vu sa vie bouleversée par un accident de voiture qui a gravement blessé la maman. Elle est restée entre la vie et la mort plusieurs jours. Puis se remet peu à peu de ses blessures. Une somme de prières, de pensées, «&amp;nbsp;quelque chose nous a gardé&amp;nbsp;» disent-ils. Dans ce passage que tous effectuent dans la famille, on ressent que tout ne sera plus comme avant et surtout que quelque chose s'est dévoilé, qui était là mais qu'on n'avait pas ressenti, ni vu&amp;nbsp;: une présence de vie. Et chacun de recevoir, à sa manière, une illumination qui modifie le sens de sa vie. Point n'est besoin de théoriser, c'est expérimental, comme si on entrait dans un mouvement qui porte au-delà de soi même. Ainsi l'expérience de l'illumination dans la Bible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Prophète Jérémie, né vers 650 av JC, fut l'homme des situations difficiles, témoin des différentes invasions militaires qui chamboulent l'état du Moyen Orient Ancien. Jérusalem sera mis à sac par Nabuchodonosor, sa population déportée par deux fois. Lui-même finira sa vie sans doute exilé en Egypte. Pourtant, il est l'homme qui voit autre chose, qui voit plus loin. Il a reçu l'illumination intérieure en traversant d'innombrables épreuves, personnelles et collectives, il a pratiqué une religion intérieure et cordiale avant de la formuler dans l'annonce de l'Alliance nouvelle. Ainsi, ce qu'il a vu de l'intérieur l'a transformé de plus en plus, pour s'en faire le témoin auprès de tous ceux qui doutent, leur communiquant une espérance qui ne déçoit pas. Le Prophète Jérémie a préparé dans les cœurs le chemin de Jésus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est à la fin d'un long parcours que Jésus est arrivé à Jéricho. Il s'apprête à entrer solennellement à Jérusalem. D'ailleurs, la foule qui l'accompagne est encore pleine d'illusions sur lui et sur ce qui lui arrivera. Le parcours effectué en Galilée, autour du Lac jusqu'aux zones païennes, avait mené ses disciples à épurer leur opinion sur lui mais avaient-ils bien vu qui il est&amp;nbsp;? Les nombreuses personnes guéries, aveugles, sourds, muets, paralysés, ont-elles saisi l'origine de leur guérison&amp;nbsp;? Est-il un guérisseur, thaumaturge, comme il y en avait tant à cette époque, ou bien est-il autre chose&amp;nbsp;? Questions sans réponse, ce qui veut dire, pas de réponse positive. Sauf pour l'un, l'aveugle de Jéricho, assis au bord du chemin. Il est aveugle mais non sourd. Il entend. Et c'est son oreille, symbole de l'oreille du cœur, qui le met en mouvement. D'abord une interrogation&amp;nbsp;: qui est celui qui passe&amp;nbsp;? La réponse de la foule «&amp;nbsp;Jésus de Nazareth&amp;nbsp;», il l'approprie en lui donnant une dimension nouvelle, royale, messianique «&amp;nbsp;fils de David&amp;nbsp;», il est illuminé de l'intérieur, bondissant comme une biche, se défaisant de tout son passé alourdi par les nuits de désespoir, il court vers le Christ, lui demandant une chose, «&amp;nbsp;voir davantage&amp;nbsp;». Et c'est par la foi, comme par un capital de confiance qui s'est multiplié et reconnu par Jésus, que l'aveugle, désormais voyant, change le sens de sa vie, marchant à la suite de celui qu'il a découvert comme source de l'illumination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'est-ce que cela peut nous signifier pour notre aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout d'abord,&lt;/b&gt; nous avons peut-être vécu des expériences profondes qui nous ont interrogé, mis en chemin, au-delà de nos questionnements pour nous remettre dans cet élan divin. Ou bien, ces expériences se sont-elles appesanties, enfouies dans notre mémoire&amp;nbsp;? Il est bon de les faire re-émerger, de les réactualiser, car elles sont expériences-sources irriguant notre vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ensuite,&lt;/b&gt; nous rencontrons beaucoup d'obstacles qui nous rendent aveugles intérieurement, notre subjectivité, notre psychologie, des déceptions, des échecs, des souffrances, des haines aussi, haine de soi et des autres. Seule la mise à nu de ces supplices internes devant la source de lumière qu'est le Christ peut nous guérir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Enfin,&lt;/b&gt; rien ni personne ne peut nous désespérer. Au cœur des plus grandes épreuves, l'illumination reçue continue à nous affermir. Ceux qui voient plus loin conduisent leurs frères sur un chemin qui rend libre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Demandons à Dieu,&lt;/b&gt; d'être au cœur des préoccupations et graves soucis du monde, de ceux qui accueillent en eux la grâce de l'illumination, par la présence guérissante de Jésus vivant.&lt;/p&gt;
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