mercredi, 15 février 2012

Nouvelles d’une visite au Tchad du 10 janvier au 3 février 2012

Ce fut un retour en ce pays visité en dernier il y a trois ans, auquel j’ai consacré 12 années de ma vie. Des années extraordinaires tout en bonheur et épreuves, où ma vocation à la suite du Christ s’est affirmée et développée.

Des nouveautés…
Le pays a considérablement changé ces dernières années avec les revenus pétroliers, mal distribués, qui ont toutefois permis de nouvelles infrastructures, routes, équipements d’éducation et de santé, constructions et aménagements urbains. Les déplacements se font avec aisance et liberté : on n’est plus à la merci de ces contrôles policiers et militaires qui empoisonnaient le moindre voyage. Mais la médaille a son revers. L’accroissement important des véhicules de transport et des motos sur les routes bitumées entraîne une multiplication d’accidents mortels. De nombreuses connaissances ou amis sont ainsi décédés. La facilitation du voyage favorise un mouvement nouveau prenant de plus en plus d’ampleur, l’exode de nombreux jeunes ruraux vers la capitale N’Djamena. Ainsi, certains villages (par ex. Doguru ou Koko) voient chaque année partir une centaine de leurs jeunes gens et filles, abandonnant le collège ou le lycée pour des emplois subalternes de domesticité dans de riches familles musulmanes de la capitale. Sous-payés, ils doivent habiter des logements surpeuplés et insalubres. On se pose la question de l’intérêt de ce mode de vie, s’il n’y avait la détérioration des conditions de vie et le manque de perspectives de la vie au village.

De la pauvreté…
Dans les villages de la zone soudanienne on constate toujours la même pauvreté. Même si les paysans sont reliés par le téléphone portable, phénomène quasi généralisé, l’habitat est toujours aussi précaire et d’apparence moins esthétique. Les belles clôtures de paille tressée sont devenues rares, les toits de chaume ont une allure vieillotte. Les paysans ne trouvent plus à proximité de leur village les nombreuses espèces de paille de brousse qu’ils exploitaient pour les constructions. La multiplication des troupeaux bovins transhumants a asséché les ressources locales en espèces fourragères, conduit à la destruction systématique des cultures paysannes, colonisé les points d’eaux et les rives des rivières. Ainsi, les sociétés paysannes sédentaires, en croissance démographique sont concurrencées par l’économie de l’élevage, elle-même victime de l’assèchement du climat qui fait évoluer les troupeaux dans des zones où ils étaient traditionnellement absents. Est ainsi perceptible une profonde mutation non achevée. On craint que les zones rurales continuent à souffrir de la faiblesse des revenus et même de la famine, qu’une pluviométrie défaillante la saison dernière laisse entrevoir à partir de mai prochain… déjà, la flambée des cours des céréales alimentaires tout juste récoltées en présente un avant-goût amer.

Le front du développement…
Les structures d’accompagnement des programmes avec lesquels j’ai beaucoup travaillé spécialement pour le développement rural se sont affaiblies. La crise de la Dette en Europe provoque une diminution drastique et même la suppression des interventions des organismes de coopération des différents Etats, à commencer par la France, et on n’en connaît pas toutes les conséquences négatives. Globalement, j’ai vu l’effondrement des structures laborieusement constituées dans les années 80 et 90, telles les BELACD, organismes diocésains de développement, qui rendaient service et espoir aux populations bénéficiaires. Désormais, il n’y a plus de techniciens, ni de programmes puits, agronomie, approvisionnement en médicaments, alphabétisation etc. Un lourd constat et une grande peine, comme si les efforts consentis n’avaient pas abouti au résultat espéré.
Par contre, les coopératives d’épargne et de crédit, fournissant le micro-crédit aux producteurs, continuent sur leur lancée et sont arrivés à maturité. On pourrait en imaginer un développement croissant mais la maîtrise des données de gestion économique reste un point d’attention permanente. Les équipements que nous avions initiés en leur temps avec les populations de Koumra ou Koumogo demeurent. Le Centre Culturel de Koumogo continue sur sa lancée. Un grand affichage annonce les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations, grâce à l’équipement en matériel vidéo satellitaire. Les associations féminines, avec leurs machines à coudre réclament des constructions supplémentaires pour accueillir les stagiaires nombreuses qui se pressent. De même l’école communautaire fondée par les parents a reçu le label d’Ecole Catholique Associée et bénéficie d’un directeur nommé par le ministère de l’Education nationale. Un premier bâtiment de 2 classes sera complété par un nouvel autre qui remplacera les paillotes actuelles où les enfants suivent leurs cours. L’effectif limité à 50 élèves par classe est un objectif atteint alors qu’à l’école publique voisine, on a 100 à 150 élèves pour un seul enseignant par classe. On a ouvert un compte en banque pour favoriser les relations avec les partenaires extérieurs. De même, le projet « Apiculture » relié au projet « GAEL » de Koumra, assure de nouvelles sources de revenu aux communautés paysannes locales. Ce dernier projet, privé, a pour destination le bien-être collectif (adduction d’eau, transformation des productions primaires, artisanat, sauvegarde de l’environnement, formation à la santé etc.) et fournit des emplois à des dizaines de jeunes de la région.

La vie en Eglise…
Ma visite a concerné essentiellement les diocèses, les paroisses et les communautés ecclésiales où j’ai retrouvé beaucoup d’anciens amis et collaborateurs.
Accueillli par Rémi Galvan, du diocèse de Bayonne en mission à Kelo, je me suis rendu à Bebalem (Moundou) pour l’ordination de 3 jeunes prêtres (Anicet, Rameau, Ricain) par Mgr Joachim Kouraleyo, dans une ambiance joyeuse, au milieu d’une assistance nombreuse et la quasi totalité des prêtres du diocèse que je connais en majorité. La fête qui a suivi ne laissait pas imaginer le drame qui subviendrait seulement 9 jours plus tard ! l’un des 3, Rameau, âgé de 33 ans, s’est fait renverser par un bus roulant à vive allure, le tuant sur le coup. Joie et épreuve. L’Eglise inscrit dans sa chair le mystère pascal. J’ai pu me recueillir sur sa tombe à Moundou.

Visites des diocèses autour de Moundou
Ce fut ensuite la visite au diocèse de Goré avec Esaü, le Vicaire Général. Donia et son collège-petit séminaire, la maison-mère des Sœurs Franciscaines, célébration de la messe dominicale en français. A Goré ensuite, accueil par l’évêque Mgr Rosario Ramollo, visite aux Sœurs de la Charité. Le lendemain, visite au dispensaire où travaille Sœur Kana près de la frontière centrafricaine. Cette ville, avec ses camps de réfugiés, a été le périmètre d’intervention de nombreuses ONG humanitaires. Puis, visite à Doba où le clergé est en assemblée du Presbyterium, rencontre avec l’évêque Mgr Micchele Russo. Doba est la ville pétrolière où sont concentrés de nombreux commerces et où sont nombreux les problèmes sociaux. Ensuite, départ pour Kelo avec la visite des réalisations du diocèse, lycée technique et professionnel des Frères de La Salle, centre de formation des catéchistes, œuvres paroissiales en direction de l’enfance abandonnée. Puis, visite à Laï où j’ai retrouvé Gabriel Poryé, Directeur du Petit Séminaire de 75 élèves. Rencontre avec l’évêque Miguel Sebastian au cours d’un stage d’insertion du nouveau personnel missionnaire. Laï, chef-lieu de la Tanjile est en pleine transformation, grâce notamment aux partenariats noués par l’évêque avec des régions d’Espagne. Grande plaine rizicole, la région est abondamment pourvue en eau. Cependant, les recherches pétrolières semblent la condamner, comme ses régions voisines, à subir l’exploitation de ses ressources.

Visites autour de Koumra
Après une semaine de visites dans ces quatre diocèses, je rejoignis Koumra, lieu où j’ai été en responsabilité paroissiale pendant 6 ans. Accueil par Prosper, curé actuel, au presbytère qui a bien changé. On y prévoit la création d’un diocèse nouveau au cours de l’année 2012.
Rencontre des catéchistes, des Sœurs de la Charité, des Frères maristes, des « mamans catéchistes », de la Légion de Marie etc. Paroisse placée sous le patronage de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus –nous y avions solennisé le centenaire de sa mort, en 1997- j’ai apporté un reliquaire avec une relique de la sainte, nous l’avons exposée lors des messes dominicales. Elle sera honorée par les groupe des « kotar », dévots de Sainte Thérèse. Visite dans la deuxième paroisse de la ville, Saint François Xavier ainsi que différentes œuvres, Centre Culturel, Collège, Centre spirituel Bendoyo, l’église de Kol que j’avais construite avec le concours des communautés. Visite à des amis également, sur le marché, à l’orphelinat etc. Je célébrai les 2 messes du dimanche (7h00 en sara et 9h00 en français) y retrouvant bien des connaissances et amis ; c’était aussi le jour des votes pour les municipales qui verront la victoire du Parti au pouvoir.
Visite à Goundi où se trouve Célestin –je me suis ensablé sur la route-, célébration dans la grande église, visite de l’Hôpital qui vient d’obtenir un Prix de l’OMS. Le séminariste en stage sur la Paroisse était mon enfant de chœur à Koumra. Visite de Bedaya, le village, la paroisse, les écoles, les centres de formation.

Visites autour de Sarh
A Sarh qui vient de vivre avec beaucoup de solennité le Jubilé des 50 ans de la création du diocèse, je suis accueilli pendant une semaine à la cathédrale par Xavier et son équipe. Accueil à l’évêché par Mgr Edmond Djitangar, au Foyer Séminaire, au Grand Séminaire Saint Mbaga, à la CST (compagnie sucrière), mais aussi chez les Soeurs NDA qui ont ouvert un nouveau foyer d’accueil pour jeunes filles en études, chez les Pères Comboniens qui ont un noviciat florissant etc. La ville qui s’étire le long du fleuve Chari est transformée par le bitumage des rues et avenues et aussi, l’électricité qui fonctionne. Je retrouve avec plaisir beaucoup d’anciens amis et collaborateurs, ainsi que le Père Corti et Dr Maguy Nigri, de Bekamba, de passage à Sarh.
Bruits de bottes à la frontière distante de 100 kms. Des batailles sont engagées avec les anciens mercenaires en Libye. Des hélicoptères militaires survolent la ville ; l’un d’entre eux sera abattu en Centrafrique. On rapatrie les morts et les blessés dans les combats. Ainsi, au Tchad, la guerre n’est jamais bien loin.

Visite à Danamadji et Koumogo où j’ai travaillé en deux périodes
D’heureuses rencontres avec tous mes anciens collaborateurs et des visites des œuvres que nous y avions initiées. A Manda II, la population est rassemblée pour une messe solennelle sous les manguiers. Elle est organisée par le chef du village. Beaucoup de joie et de partage. J’ai apporté une statue de Notre Dame de Lourdes pour la communauté, tout comme j’avais remis à la communauté de Koumogo une statue de Saint Antoine de Padoue. Danses et ferveur accompagnent les échanges de cadeaux. Nous visitons le chantier de la chapelle, en panne, faute de ressources,  après un bon démarrage il y a deux ans.

Retour vers Moundou et N’Djamena
Après un arrêt au centre de Bendana dirigé par Hervé, un catéchiste que j’avais envoyé en formation pour être responsable de centre de formation, nous avons la rencontre avec Yadjingar, un ami prêtre de la première heure, que j’avais revu pour la dernière fois il y a un an, à Bangalore en Inde du Sud.
Nous nous rendons à Moundou, au Centre d’Accueil Missionnaire avec Célestin et Xavier pour une journée de méditation, de prière et de partage. C’est le noyau d’une Fraternité Jesus Caritas (spiritualité Charles de Foucauld). Nous sommes rejoints en soirée par Esaü et Martin Antcha pour continuer une deuxième journée. Ces temps de partage nous ont renforcé dans notre vocation. En projet : l’organisation d’une retraite en Août 2012 pour lancer la Fraternité au Tchad.
Il ne reste plus qu’à rejoindre N’Djamena pour préparer le départ. Arrêt pour une dernière nuit à Kelo, rencontre de Dr Joseph Mbaitoloum, Jacques, ami fidèle, et des jeunes prêtres que j’avais connus au Séminaire et qui portent aujourd’hui de lourdes responsabilités.

Un voyage qui ne finit jamais
Le séjour, fructueux, m’a conduit à parcourir 2500 kms de pistes ou de routes sur 6 diocèses. Partout très bien accueilli, la familiarité des lieux, des personnes et des communautés m’a laissé un goût d’appartenance spirituelle à cette contrée et à cette Eglise. C’était une replongée mais aussi un temps d’écoute et de partage avec les chrétiens, avec les prêtres, avec les évêques. Il y a eu tant de changements depuis dix ans, mais les orientations pastorales demeurent et j’ai entendu bien des appels. Une promesse aussi, celle de prier intensément et quotidiennement pour ces communautés, qui témoignent de leur foi au milieu des tribulations du monde.

mercredi, 08 juin 2011

Visites à Chennai (Madras) et ses environs

Nous quittons le train à 6h00. La gare de Chennai paraît moins grande que les autres gares indiennes déjà fréquentées. Mais beaucoup de monde comme toujours, avec le ballet incessant des arrivants et des partants en rickcsau. Chennai, une très grande ville est taversée par un grand axe autoroutier qui nous conduit jusqu’au Grand Séminaire du sacré cœur à 25 kms sur la route de Bangalore. 170 étudiants et 20 professeurs nous y accueillent. Christopher nous a organisé le séjour. Nous nous rendons de nuit à Vailankani, sanctuaire marial à 350 kms sur la cote sud, 7 heures de voyage dans un trafic intense. Nous sommes merveilleusement bien accueillis et nous y séjournerons deux jours au milieu de très nombreux pélerins avant de faire quelques visites : Pondichéry, Mahabalipuram. Le Tamil Nadu est un jardin cultivé, aux nombreuses rizières. La mer du Bengale que nous longeons en certains endroits est toujours en mouvement, difficile de s’y baigner. Nous réussissons à rendre visite au P Ceyrac, jésuite d’origine correzienne qui y a mené une très grande action de promotion pour les jeunes et les pauvres. Il est actuellement chez les Petites soeurs des pauvres. Visite également du monument commémoratif de Rajiv Gandhi, assassiné alors qu’il était en campagne électorale pour le renouvellement de son mandat de premier ministre.

Chennai également appelé sous son ancien nom Madras, est la capitale de l'État du Tamil Nadu dans l'Inde du Sud. Le nom de « Madras » venait d'un important institut musulman ou médersa (arabe madrasa). Il est à l'origine du madras, un tissu fabriqué localement.

Chennai est la cinquième plus grande ville de l'Inde, elle comptait 4,2 millions d’habitants au recensement de 2001 et dépasse les 6 millions aujourd'hui. Elle possède un grand port et la seconde plus longue plage du monde, Marina Beach (après Miami) ce dont les madrasins sont très fiers. Elle est le siège de nombreuses entreprises, en particulier manufacturières et de construction automobile ; elle accueille par ailleurs de nombreuses entreprises informatiques. Chennai est bien reliée à la plupart des villes indiennes par route, rail et avion. Nous avons rayonné à partir de Chennai par le train et en automobile (avec chauffeur car la conduite indienne n’est pas aisée pour nous les occidentaux !).

Chennai fut l'un des premiers avant-postes de la British East India Company. La ville est fondée en 1639 lorsque la compagnie choisit Madraspattinam, un petit village de pêche, pour s'y installer. Le fort Saint-George, construit par les Anglais, est aujourd'hui le siège législatif et administratif officiel de l'État. Le port est un enjeu important de la rivalité franco-anglaise pour la domination de l'Inde au XVIIIème siècle lors de la Guerre de Succession d'Autriche et de Sept Ans. En 1746 la place est prise presque sans combat après une brève bataille navale et un débarquement du gouverneur de l'île-de-France, La Bourdonnais. Dupleix, le gouverneur de Pondichéry fait raser la ville qui est cependant rendue à l'Angleterre en 1748. En 1758, elle est de nouveau attaquée par les Français, mais résiste au siège des troupes de Lally-Tollendal. Après la défaite de la France en 1761 et la destruction de la ville rivale de Pondichéry, George Town s'est développée peu à peu, devenant la ville moderne de Madras, absorbant plusieurs bourgs voisins. En 1996, le gouvernement a renommé la ville de Madras en Chennai.

Thomas, l'un des douze apôtres, est associé à Chennai. Selon les chrétiens locaux, il serait venu en Inde pour évangéliser la colonie juive qui y était installée depuis le VIIe siècle avant notre ère. Il serait mort martyr à Chennai en l'an 72, transpercé par une lance. Les noms de deux banlieues de Chennai, Santhome (à Mylapore) et St. Thomas Mount, en gardent la référence.

mercredi, 01 juin 2011

Visite à Madurai dans le Tamil Nadu

Nous sortons du train à 5h30. Des foules et le nettoyage de la gare en même temps. Jesu Ratnan nous récupère grâce au chauffeur du P Francis Jeyabathi, directeur de l’orphelinat, qui nous conduit à vive allure jusqu’à SIVAGANGAY, centre du diocèse. Puis, long voyage avec des arrêts sur le site d’un saint martyr jésuite portugais Jean de Britto, missionnaire à Ceylan. A PAMBAN, chez le P Jessu Vedam, visite de l’église, du quartier et de l’école de la paroisse pour les enfants pauvres. Nous sommes sur une île en face de Ceylan, relié au continent par un pont de 4,8 kms.  A RAMESWARAM, où selon la mythologie, Rama est allé chercher sa femme, visite de temples et dévotions au bord de l’eau. Nous passons la nuit à l’orphelinat où les enfants nous font la fête.

Visite à la famille de Jesu, ses parents et sa grand mère, et rencontre de l’évèque et de son staf à Sivagangay. Nous visitons le sanctuaire du sacré-cœur, réplique en rouge et blanc de la cathédrale de Reims ! après le repas au Grand séminaire, nous visitons les temples de Madurai.

Madurai est la seconde ville la plus importante et la capitale culturelle de l'État du Tamil Nadu, situé sur les rives du fleuve Vaigai en Inde du Sud. Sa population dépasse 1,3 million d'habitants et elle est connue entre autres pour le temple de Mînâkshî situé au cœur de la ville et qui attire des milliers de touristes et de pélerins. Capitale des Pândya, Madurai a une histoire de quelque 2500 ans et était un centre commercial que connaissaient les Romains.

La légende raconte que le jour où la ville devait recevoir son nom, tandis que le dieu Shiva bénissait sa terre et ses habitants, le nectar divin (madhu) se mit à pleuvoir depuis sa chevelure, ce qui fit que la ville reçut le nom de Madhurapuri. En fait, Madurai est plus probablement la déformation du mot tamoul marudhai qui signifie « région agricole fertile avec le sol alluvial ». On la qualifie aussi parfois d'Athènes de l'Orient du fait de sa richesse architecturale en temples. Elle est aussi célèbre pour ses fleurs de jasmin que les femmes tamoules entremêlent dans leur coiffure.

Madurai est une des villes les plus anciennes de l'Inde, elle était un grand centre littéraire durant les trois premiers siècles de l'ère chrétienne, au cours de la période des « académies » ou Shangam, dont la ville était le siège, période considérée comme l'âge d'or de la langue tamoule. Marco Polo y aurait résidé de 1288 à 1293.

Mais, en avril 1311, Mâlik Kâfur, un général d'Alâ ud-Dîn Khaljî qui règne à Delhi, atteint Madurai et la pille, s'emparant de toutes les pierres précieuses, bijoux et autres trésors rares qu'il trouve dans la ville. Ce ne sera que la première des incursions que feront régulièrement les sultans musulmans et qui entraîneront la chute du royaume pândya et son intégration, en 1323, dans l'empire des Tughlûq qui règne depuis Delhi.

 

mardi, 24 mai 2011

Visite à Kochi (ou Cochin)

Cochin, également appelé sous son nom local Kochi est la ville la plus peuplée de l'État du Kérala en Inde et son port principal, située à 200 km au nord de sa capitale Thiruvananthapuram où nous résidions pendant quelques jours chez Laurence Culas. Nous avons pris le train pour Ernakulam, toujours, dans des wagons bien pleins et confortables. Il faut réserver sa place et on est servi par des stewards. Nous avons rencontré une population très accueillante et sympathique, dans les rues et les commerces. Nous avons fait du bateau de plaisance, du ferry, du bus avant de reprendre le train, comblés par cette visite.

La ville est composée de trois parties principales :

  • la péninsule de Mattancheri, appelé communément "Fort Cochin", face au large, où se trouvent les zones les plus anciennes de la ville, où nous avons pu déambuler dans des rues typiques et des commerces agréables. Le quartier juif contient sa synagogue ouverte de temps en temps.
  • l'île artificielle de Willington, construite dans les années 1920 avec les produits du dragage de la baie qui a vu sa profondeur ainsi augmentée, que nous avons contournée en bateau de promenade.
  • Ernakulam, la partie de la ville sur la terre ferme en plein développement, avec des construction de buildings remarquables.

À côté de ces dernières, on trouve, face à Ernakulam, deux autres îles mineures, l'île de Bolghatty, où l'on trouve le Bolghatty Palace construit en 1744 par les Hollandais et transformé aujourd'hui en hôtel, et l'île de Vypin. Toutes ces zones sont reliées entre elles par ferries ou par des ponts. Nous avons visité un sanctuaire marial, basilique blanche avec une grande esplanade et des stations géantes du rosaire.

Histoire

La ville profite, au début du 15° siècle, du déclin de Cranganore et se constitue en petit royaume. Après l'arrivée de Vasco de Gama sur la côte de Malabar, les râja de Cochin, qui sont plutôt favorables aux Portugais, les autorisent à installer un comptoir. En 1530, saint François Xavier y installe une mission. La période portugaise est difficile pour les juifs installés dans la région depuis très longtemps et dans la ville depuis la catastrophe de la Cranganore. Les Hollandais arrivent dans le Malabar en 1595 et prennent le contrôle de la ville en 1663 lui apportant une nouvelle période de prospérité. Les Britanniques s'en emparent en 1795, les Pays-Bas la cèderont définitivement au Royaume-Uni par le traité britannico-hollandais de 1814 en échange de l'île de Banca.

Patrimoine

Le cœur historique de la ville se trouve dans le quartier de Fort Cochin sur la presqu'île de Mattancheri.

C'est là que l'on trouve le palais du râja, appelé Palais Hollandais. Bien que construit vers 1555 par les Portugais pour le râja Virakeralavarma, les Hollandais le réaménagent un siècle plus tard pour en faire le palais du gouverneur. Il sera rendu au râja qui le fera décorer de superbes peintures murales, admirablement conservées, représentant des scènes du Rāmāyana. En fait, nous n’avons pas pu le visiter, mais seulement admiré de l’extérieur.

Les carrelets chinois sont une attraction touristique classique, vestige probable de l'expédition chinoise de l'eunuque Zheng He qui passa par là avant l'arrivée des Européens. On trouve aussi à Fort Cochin la vieille synagogue datant de 1568 et agrandie en 1760, ainsi que la Cathédrale Santa Cruz et l'église Saint-François.