dimanche, 08 novembre 2009

Donner sa vie, jusqu’où ?

32e dim B - 8 novembre 09 -Donner sa vie, jusqu'où ?-cf. 1R 17, 10-16; He 9, 24-28; Mc 12, 38-44

1-         Nous sommes habitués dans les différents moments médiatiques, d'annoncer et de voir publier les dons que font les gens à différentes œuvres. Et c'est une très bonne chose de sentir ainsi les gens être solidaires de leurs frères. Cela peut interroger mais il n'est pas possible de regretter si ce que font les gens ne vaut pas grand chose, pourvu qu'ils le fassent avec amour. Ainsi, de toutes choses. Porter les choses avec amour, voir les choses avec amour, voir les personnes avec amour. L'amour est exigeant s'il est mis en rapport avec la vérité. Et c'est peut-être ce qui nous est proposé avec les textes d'aujourd'hui.

2-         Le premier texte nous a plongé dans l'histoire particulière du Royaume d'Israël au 9ième siècle avant le Christ. Le prophète Elie, très grand prophète de la Bible, honoré aussi en Islam, doit fuir le courroux de la reine Jezabel mise en cause dans ses prophéties. Une terrible sécheresse a dévasté le pays. Il va demander l'hospitalité à une veuve, en situation très précaire dans la société. Elle n'a presque plus rien à offrir, elle est en attente de mourir d'inanition. Elie lui dit « confiance ! n'aies pas peur ! ». Il l'invite à sortir du cercle de l'horizon de la mort, en partageant tout ce qu'elle a, et faire l'expérience d'une vie qui est donnée en surabondance quand on n'a pas eu peur de la mort, qu'on l'a franchie avec amour. Elle est veuve, sans secours, elle donne tout, elle reçoit la vie.

C'est sans calcul qu'une autre veuve, celle de l'Evangile, va donner quelques centimes dans le tronc du grand Temple de Jérusalem, au milieu d'un brouhaha indescriptible qu'on a peine à imaginer. Personne ne l'a remarqué. Qui peut remarquer une petite pauvre qui donne si peu à côté des grands riches qui font sonner le cor devant leur offrande somptuaire. Seul un regard d'amour peut remarquer le geste d'amour. Ce n'est pas un superflu, ce n'est pas son épargne, ce n'est pas du nécessaire, c'est davantage, c'est son moyen de vivre qu'elle sacrifie par amour, sachant peut-être que son offrande irait dans la poche des puissants qui se partagent les ressources du Temple. Elle ne calcule pas, elle donne. Comme Jésus se donne sans calcul, jusqu'à la mort tragiquement provoquée par ces profiteurs du système religieux en place. Elle a aussi entendu la parole d'Elie adressée en son temps à la veuve de Sarepta. N'aie pas peur ! ainsi, elle est capable de surmonter la peur du manque par un geste d'amour qui la branche directement sur l'amour et la générosité de Dieu. N'hésitant pas à faire le saut qui rend libre, elle est entrée dans l'aire de la foi : elle a en quelque sorte changé d'univers. Nouvelle naissance pour une vie à l'abri de la perspective de la mort. La voici désormais en dépendance vitale d'une générosité extérieure à elle-même. Générosité des autres par laquelle passe et se révèle la générosité divine, la seule qui nous libère de la mort. Le don de sa vie devient ainsi, la vie ouverte à l'infini.

3-         Qu'est-ce que cela veut nous dire aujourd'hui ?

Tout d'abord, le don de soi, de ses biens, de ses ressources, de son temps, de ce qui est cher à chacun, ne dépend pas de son niveau de fortune. (On connaît des riches égoïstes comme il y a des riches généreux. On connaît des pauvres qui donnent leur dernière chemise, tout comme ceux qui restent avides de la plus petite ressource à accaparer). Mais de son niveau d'amour.

Ensuite, il n'est pas aisé d'évaluer le niveau d'amour. Mais ce qui est sûr, c'est la vérité intérieure qui peut être un étalon. Car la vérité intérieure chasse la fausseté, le calcul, la peur de l'image qu'on a ou qu'on donne. La vérité intérieure respecte le don d'amour.

Enfin, tout don peut être jugé par autrui. Y compris le don de sa vie qu'on accusera de fanatisme. Le seul critère alors est de se mettre sur les pas de Jésus. Qui a donné sa vie, nos par fanatisme, mais par amour. Il l'a mis en évidence non seulement sur la croix, mais à chaque instant de sa vie, à chaque rencontre, à chaque geste, au risque de demeurer incompris.

Demandons à Dieu de nous renouveler dans tous nos gestes de don, d'y insuffler son amour, de nous rendre, ensemble, ceux qui aiment et qui donnent sans compter, chrétiens vrais.

 

Semaine du 02 au 08 novembre 2009

Chers amis,

Après les célébrations de Toussaint qui ont connu un franc succès sur la paroisse (30 célébrations), le journée de fraternité à Pompadour, diverses rencontres et préparations, groupes de lecture d'évangile à Chateauneuf la foret et Neuvic Entier, messes dans les deux maisons de retraite, préparation du Loto paroissial, Journée de Formation d'automne proposée par le CMR et dans laquelle j'ai présenté l'encyclique sociale de Benoit XVI "l'amour dans la vérité". ce fut très intéressant pour la vingtaine de participants. Egalement le mois de l'économie solidaire en Creuse avec les exposés de Faux la Montagne.

Je vous dis toutes mes amitiés.

Jean-Michel Bortheirie