dimanche, 18 octobre 2009

Le service, valeur du Royaume

29e dim B - 18 octobre 09 - Le service, valeur du Royaume - cf. Is 53,10-11 ;He 4,14-16 ;Mc 10,35-45

1-         Presse et medias se font les rapporteurs quotidiens des diverses luttes pour la conquête du pouvoir ; sans être forcément âgé, ni très diplômé, on s'y lance volontiers. Et la crise qui a révélé les comportements dominateurs des grandes institutions financières ou autres, nous en montre la face cachée comme un tourment vécu par les plus faibles, allant jusqu'au suicide de ceux qui avaient tout sacrifié à l'entreprise. D'un côté « dominer », de l'autre « être broyé ». Cette logique du monde ressentie avec plus ou moins d'acuité peut nous enlever la capacité de réagir. C'est pourquoi elle doit être interrogée avec une grille de lecture autre. Les textes de la Bible présentés aujourd'hui peuvent nous y aider.

2-         Le Prophète Isaïe, en son second Livre, présente 4 poèmes à propos d'un mystérieux serviteur (écrits 6 ou 700 ans avant le Christ). Ce serviteur reçoit une mission de justice, de guérison, une mission universelle pour toutes les nations. Pourtant il connaît des difficultés, des souffrances, des persécutions. Mais surtout sa mission se vit à travers le sacrifice de lui-même pour son peuple, dans sa douceur, son silence,- alors qu'il porte le péché de son peuple, - son offrande de lui-même jusqu'à être rejeté, traité comme puni de Dieu, mis à mort sans qu'on se préoccupe de son sort. Mais sa glorification contre toute attente, son intercession pour les pécheurs, en font une figure énigmatique en laquelle les premiers chrétiens ont reconnu le Christ. Comme le Christ, il a été broyé ; comme lui, il a été glorifié. Mais pas à la manière du monde. Et cela ressort de tout l'enseignement de Jésus, et de ses actes.

Entouré de ses disciples qu'il avait choisis, Jésus va effectuer constamment ce passage de souffrance vers la gloire. Ayant volontairement renoncé à tout privilège, il n'est pourtant pas compris par ses amis, qui voient plutôt le succès et des miettes de gloire, de pouvoir et de revanche à récupérer. Ils réclament des places d'honneur ! Mais Jésus les prend au mot, car l'honneur, s'il y en a un, est de suivre jusqu'à la Croix le Messie martyrisé. Il ne leur fait pas la leçon, mais il les fait réfléchir sur le type d'engagement qu'on prend si on veut le suivre. Il s'agit d'acte libre et entre personnes libres, un chemin est engagé, celui de se libérer de toute domination sur l'autre. Non être servi mais servir. Ainsi libéré de ce souci aliénant qui est de vouloir toujours dominer, on peut grandir en liberté intérieure, jusqu'à devenir chemin de vie pour les autres. Lui-même, Jésus, comme en résumé de sa vie, donnera un message parlant par un geste tout de silence : cela se passera à la veille de sa mort, ayant aimé les siens jusqu'au bout, il prend un linge et lave les pieds de chacun de ses disciples. Le maître a pris la place de l'esclave et propose le même geste à effectuer comme sa mémoire vivante jusqu'à la fin. Jésus a pris la dernière place pour nous guérir de notre volonté de dominer.

3-         Qu'est ce que cela nous enseigne t-il aujourd'hui ?

Tout d'abord, les logiques du monde ne nous permettent pas de transférer immédiatement la pratique de Jésus - serviteur et de calquer notre comportement sur lui. Cependant, on peut s'essayer à intégrer patiemment quelques attitudes de service, en lieu et place des attitudes de domination qu'on aura repéré dans notre rapport aux autres.

Ensuite, la prise de conscience du changement de comportement ne peut être que l'œuvre de l'Esprit. Dans une perspective spirituelle, s'opère un renversement de valeurs. On ne recherche plus à dominer l'autre, comme attitude insatiable qui ne donne aucun bonheur qui dure. Le vrai bonheur sera de rendre heureux l'autre. Et cela est une découverte.

Enfin, ce ne sera pas dans des dogmes que se vérifie notre relation au Christ, mais dans des comportements inspirés par lui. Comme entre amis, la bonne influence jaillit davantage sur l'autre ; on se retrouve de plus en plus unis pour aussi modifier et transformer ces rapports de domination entravant le bonheur, que ce soit dans la société, la famille ou dans l'Eglise.

Demandons au Christ de nous faire goûter les vrais valeurs du Royaume, de les pratiquer, et de les partager autour de nous, comme un chemin qui donne par dessus tout la vie.

 

Commentaires

Dans le monde agricole, beaucoup ne savent plus comment réconcilier "gagner son pain"avec "travail quotidien".
C'est avec ces paroles que Claire Paternostre,présidente du GRAF en Combraille (groupement Rural Agricole Féminin) a ouvert la journée des Femmes en Milieu Rural à Chambon /Voueize. Des femmes de la Nièvre, Allier, Indre, Charentes, Creuse étaient présentes.
Lucide mais espérant en l' avenir, Claire nous a invités(es) à revisiter notre potentiel de créativité et notre imaginaire. Une invitation à devenir "actrices" de nos territoires et de nos projets de vie tout en soulignant que le GROUPE pouvait être LEVAIN de l'innovation.

Ecrit par : Geneviève SAUX | mardi, 20 octobre 2009

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