dimanche, 27 septembre 2009
Naître ensemble
27e dimanche B - 27 septembre 09 - « Naître ensemble » - cf. Nb 11, 25-29 ; Jc 5, 1-6 ; Mc 9, 38-48
1- Comment s'exprime une fraternité ? Le plus souvent, on est lié aux autres de manière naturelle par les liens familiaux, y compris au sens de la famille élargie ; on peut aussi se lier par une classe d'âges, ou une même origine géographique. On peut encore s'associer d'une façon moins naturelle, par des idées communes, ce qui supposera qu'on se connaisse, ou bien par un désir d'œuvrer ensemble. Se connaître, c'est en quelque sorte, « naître ensemble ». Ainsi, on pourra grandir ensemble. On pourra construire ensemble. Toutefois, rien ne pourra s'accomplir ni s'achever, si on n'y incluait une part d'imprévu, comme un accidentel avec lequel il faut compter ; comme s'il nous fallait aussi laisser la place à un agir providentiel. On le vit dans les expériences bibliques et c'est le message des textes d'aujourd'hui.
2- Pendant la longue marche dans le désert, en quittant cette terre d'Egypte où les Hébreux étaient bien nourris mais vivaient comme des esclaves, il leur faut entrer dans un être de liberté. Le peuple doit « naître ensemble » à cette liberté ; et sans cette expérience fondatrice, il mourrait. Mais cela n'est pas évident : car les 12 tribus sont plutôt nomades, chacune avec sa personnalité. Et avec elles, se sont agglomérés des tas de gens qui en ont profité, eux aussi, pour fuir la servitude d'Egypte. Comment s'unir, comment fonder ensemble ce Peuple ? Il y a bien Moïse, le libérateur, et ses aides, mais il est limité : un homme seul, même avec l'aide de ses proches, ne suffit pas à la tâche. Alors, naît une inspiration divine : partager son Esprit, pas seulement à ceux qu'on connaît, ceux qui sont déjà intégrés, mais à d'autres, qui sont restés dans le camp des gens du dehors. Ils « prophétisent » et Moïse se met à espérer que le peuple en son entier prophétise, lui aussi, c'est à dire, naisse ensemble à cet Esprit, devienne un peuple de prophètes, sans exclus.
Les Apôtres sont remis à ce même défi du « naître ensemble » avec l'expérience de personnes qui agissent au nom de Jésus, sans faire partie du groupe des fidèles. Car on ne naît pas ensemble quand on se ressemble, mais quand on est différent. Et quand on accepte cette différence comme une manière providentielle, on découvre les richesses divines enfouies dans le cœur des hommes. Et Jésus va aller plus loin dans la proposition du « naître ensemble » : quiconque vous reconnaît comme appartenant au Christ, ne serait-ce qu'en vous offrant le café quand vous lui rendez visite, devient associé à votre ensemble. Inutile, dès lors, de s'inquiéter de savoir qui est dedans, qui est dehors, car chacun peut être le signe de cette appartenance, quelles que soient ses limites ou ses compétences. En étant ainsi associé, on donne chance à laisser surgir ce qui est de meilleur. Et si par malchance, on se laissait à provoquer le scandale, il suffira de se détourner de ces conduites mauvaises en arrachant la source de ce mal et poursuivre le chemin vers le Royaume.
3- Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, prendre conscience que « naître ensemble » suppose une décision de connaître l'autre, et se faire connaître à l'autre. C'est un effort pour se dépasser, s'ouvrir, s'accepter. On découvre ainsi les richesses qui n'étaient pas visibles à première vue. Et leur mise en commun enrichit l'ensemble de manière insoupçonnée. C'est comme un baptême.
Ensuite, découvrir qu'il y a au-delà de ce qu'on connaît, des personnes ou des groupes qui reçoivent eux aussi leur part de l'Esprit de Dieu. Il peut y avoir une difficulté à le reconnaître, mais Dieu agit toujours ainsi, en suscitant en d'autres lieux ce qui portera du fruit. C'est comme une confirmation.
Enfin, on construit ensemble ce qui est finalement l'œuvre de Dieu. Chacun a sa part. Tous en bénéficient. L'ouvrage peut paraître à son commencement. D'une manière invisible il se développe, avec aisance. On continue la construction. C'est comme une communion.
Demandons au Seigneur, pour l'année pastorale, de nous donner la grâce pour une meilleure connaissance mutuelle, ainsi pour bien construire Sa maison au milieu des hommes.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Semaine du 21 au 27 septembre 2009
Chers amis,
Après une visite familiale, la semaine a continué sa lancée : entretiens spirituels, journée sacerdotale au Foyer Jean XXIII, Carrefour de l'Église en Rural à Bourganeuf, groupe de lecture d'Evangile à Chateauneuf la Foret, mais aussi, cérémonie de remise de chèque aux bénéficiaires de Creuse et du Tchad par l'Association "les coeurs allant vers" à Guéret.
Diverses visites, dont au MRJC en Assemblée Générale à la Foret Belleville.
Dimanche, nous vivons une "Journée Intergénérations" à la Salle des fêtes d'Eymoutiers sur le thème de "Naitre ensemble", d'où le sens de l'homélie de ce jour.
Célestin Moadjidebay termine son séjour parmi nous; derniers soins et dernières visites. Participation à un spectacle burkinabe sur la Place centrale d'Eymoutiers, dans le cadre des Francophonies en Limousin.
Je vous dis toute mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 20 septembre 2009
Une ambition pour le Royaume
25e dim B -20 septembre 09- Une ambition pour le Royaume -cf.Sg 2,12-20 ;Jc 3,16-4,3 ;Mc 9,30-37
1- En cette rentrée qui s'est faite à l'école, dans les entreprises, mais aussi dans les associations, et différentes organisations, avec quelles ambitions va t-on s'engager cette année ? Ne pas perdre son travail, réussir les études, trouver sa place dans la société ? Or, le contexte de crise économique a accentué la précarité de beaucoup et on ne peut plus être sûr du lendemain : les ambitions sont revues à la baisse. Est-ce qu'on peut mesurer sur quelle valeur on pourra construire notre futur ? Car sans perspective d'avenir, on ne saurait comment se diriger. Et si on regarde la Bible, que nous dit-elle ?
2- Les Textes d'aujourd'hui nous invitent à bien comprendre quel type d'ambition anime les hommes. Les Livres de Sagesse mettent en scène les personnages du temps (ces livres furent écrits moins de 100 ans avant le Christ, influencés par les sagesses du monde antique) par exemple des justes injustement traités et des méchants ambitieux apparemment vainqueurs. Qui portera finalement l'espérance au monde ? Pour y répondre, il est nécessaire d'aller plus loin que l'apparence des choses. C'est aussi ce que Jésus va dire.
Au milieu de l'Evangile de Marc, un tournant s'est opéré. Après les chemins parcourus dans la « Galilée des Nations », Jésus s'est résolument tourné vers Jérusalem où se nouera son destin. Et dans cette marche vers Jérusalem, par trois fois, il annonce sa passion, sa mort, puis sa résurrection. Comme une dramaturgie qui verra son sommet sur le calvaire, quand le Fils de l'homme sera élevé de terre. Paradoxalement, les compagnons les plus proches de Jésus, les Douze, ne semblent pas au diapason de l'événement. Au contraire, ils n'entendent pas, ils ne comprennent pas. Que le juste soit persécuté les scandalise ; ce ne peut être appliqué à leur maître, ou bien, ils s'en amusent en jouant à celui qui sera le plus grand ! Leur ambition est bien terre à terre : sans saisir le moment pour ce qu'il est, ils veulent en créer un à leur mesure mais sans y parvenir, les discussions devenant stériles. Aussi, Jésus les interpelle-t-il doucement sur la véritable ambition, qui n'est pas dans l'ordre des priorités du monde mais qui est une parabole des valeurs du Royaume. Dans le Royaume, les plus importants sont les plus petits. Et il ne s'agit pas seulement de les imiter, il convient aussi de les accueillir, avec tout l'amour possible. Le type du petit, c'est l'enfant ; sans autonomie, mais aussi sans malice. Le reconnaître comme personne importante est comme s'engager dans une ouverture à l'autre pour le servir. A Lourdes, la petite Bernadette était vouvoyée par la Vierge, comme une grande personne et c'est cela qui l'avait d'abord vivement frappée.
3- Qu'est-ce que cela veut-il nous dire ?
Tout d'abord, nous sommes invités à rester des personnes vigilantes et actives pour ressentir les implications des temps que nous vivons. Discerner ce qui est en jeu, ce qui est en germe, ce qui tombe et ce qui croît. D'une certaine manière, la Passion de Jésus n'est pas terminée. Elle est vécue par des tas de gens proches ou lointains qui souffrent moralement ou physiquement. Dès lors, nos réactions et nos comportements ont beaucoup d'importance.
Ensuite, vérifier où se situent nos ambitions. Il y en a de saines, il y en a de malsaines. Quand elles sont tournées uniquement vers la satisfaction de mon petit moi, ou seulement étendu à mes êtres chers, elles ne peuvent être que limitées. Au contraire, quand notre ambition porte sur la réussite des autres, sur le soutien de ceux qui sont méprisés, la voie paraît meilleure.
Enfin, pour notre Eglise, pour notre communauté, un appel pressant se fait sentir concernant les relations entre tous les membres. L'accueil des petits : ce doit être une préoccupation constante. Et cela passe par de multiples formes. Le choix de la place du serviteur, non de manière superficielle ou voyante, mais profondément, par le cœur, de sorte que je prenne ma juste place et ma place de service, tout en valorisant l'autre, pour le bien de tous.
Demandons à Dieu de devenir les témoins actifs de la sollicitude de son amour envers les plus petits, lui qui a pris la dernière place pour ainsi se tenir pour le salut de tous les hommes.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Semaine du 14 au 20 septembre 2009
Chers amis,
De retour d'une retraite à la Trappe Sainte Marie du Désert près de Toulouse, je me réjouis du temps heureux passé en ces lieux dans le silence et un groupe d'une vingtaine de laïcs membres des fraternités séculières de Charles de Foucauld à qui je donnais des instructions quotidiennes pour leur retraite. En quelque sorte, des exercices spirituels nous font grandir dans la foi et notre relation au Christ, avant de reprendre le collier.
À Limoges, une conférence organisée par des chrétiens et des francs maçons sur le thème "changer de monde ou changer le monde" a fait salle comble.
Nous avons avec Célestin rendu visite à Barthélémy Binia, en pleine préparation des Ostensions à Pierre Buffière
et ce weekend, beaucoup d'occupations avec les préparations et célébrations.
Je vous dis toutes mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 13 septembre 2009
Identité profonde du Christ
24e dim B - 13 septembre 09 - Identité profonde du Christ - cf. Is 50,5-9 ; Jc 2,14-18 ; Mc 8,27-35
1- Très souvent, quand on rencontre une nouvelle personne, on a envie de savoir qui elle est : nom, prénom, âge, adresse, profession, éventuellement, la famille, célibataire, marié, nombre d'enfants. Et quand on sait tout ça, on se dit, « ça suffit, je connais son identité ». Récemment, une personne encore jeune est décédée des suites d'un cancer. Elle n'a pas voulu qu'on parle du passé mais de l'avenir. Sa maladie, et sans doute son expérience, ont révélé d'elle d'autres choses que ce que son origine ou ses qualités professionnelles avaient montré. Car, par sa manière de vivre la fin (qui a duré quelques mois), elle a révélé son dynamisme intérieur et sa foi. Et cela ne se trouvait écrit dans aucune carte d'identité. Il en est de même dans les textes bibliques de ce jour, ce qu'ils nous disent en particulier à propos de Jésus.
2- Dans le Deuxième Livre d'Isaïe, nous trouvons à quatre reprises, ce qu'on appelle « le chant du serviteur ». Israël ou un personnage mystérieux sont représentés par la figure du Serviteur de Dieu. Au retour de l'Exil, la foi d'Isaïe montre ainsi un Dieu d'amour, un Dieu sauveur parce que créateur, un Dieu universel, que l'épreuve de la déportation dans une terre étrangère mais ouverte aux croyances a révélé. Le serviteur condense en lui toute la destinée d'Israël. L'Elu, qui n'élève pas le ton, restaure les tribus dispersés, est signe de lumière pour les nations. Mais la persécution le frappe ; pourtant, sa souffrance et sa mort ont un sens dans le dessein de Dieu, puisqu'elles vont obtenir le pardon des péchés du peuple. Mais c'est à la fin que se révèlera pleinement la pleine identité de ce Serviteur, quand tout le parcours a été accompli. Et il faut le courage d'aller jusqu'au bout.
Il en est de même pour Jésus. Les premiers chrétiens avaient bien repéré dans l'image de ce serviteur souffrant de la Bible la destinée de leur maître Jésus de Nazareth. Mais comment ont-ils fait pour ne pas le comprendre tout de suite ? c'est que Jésus a voulu qu'on ne le connaisse que dans son humanité. Il est de Nazareth, charpentier, né dans une famille honorable. En se mettant en chemin avec les hommes de Galilée, il montre une autre partie de sa personnalité, il opère des guérisons et il enseigne dans les synagogues puis en plein air. Comme faisaient les prophètes, comme Jean Baptiste ou d'autres. Mais cela ne suffit pas pour connaître son identité. Car il révélera qui il est, à la fin, quand le drame de la Croix s'est profilé et qu'il donne sa vie par amour pour l'humanité. Quand Jésus pose la question de son identité, ses compagnons n'avaient pas compris ce qui adviendrait au bout de l'aventure. Seul Pierre prononce le mot de Messie (c'est à dire, Roi, Christ) pour l'identifier ; or jusque là nul n'avait utilisé ce terme pour désigner un homme particulier. C'est énorme. Mais pas suffisant, car pour connaître la véritable identité de Jésus-Christ, il faudra entrer dans sa manière de vivre le don de soi jusqu'au bout, y compris sa souffrance et sa mort. Pour entrer dans la Vie.
3- Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, accepter la durée, le temps nécessaire pour entrer dans la connaissance de celui qui est à l'essence de notre foi. Si nous voulons connaître Jésus, c'est qu'une familiarité avec sa parole, ses actes, sa vie est nécessaire, avant de parler des conséquences sur nous. Inversement, si on croit bien connaître Jésus, vérifier s'il s'agit bien de Jésus des Evangiles et non une image que nous aurions construite à partir de notre imagination.
Ensuite, ne pas craindre de souffrir et même de mourir pour Jésus. Pourvu que cela soit par amour. On n'a pas besoin de chercher loin ces lieux ou ces occasions. La vie se charge elle-même pour nous les offrir, et aussi les personnes que nous croisons ici ou là.
Enfin, trouver du sens à tout ce qu'on découvre pour aller plus loin dans le témoignage. Seul Jésus donne le véritable sens à nos vies. Seul Jésus définit notre identité. Mais cela, nous le découvrirons à la fin. Entre temps, des traces seront semées pour en témoigner à nos frères.
Demandons à Dieu de nous rendre capables de l'aimer quelques soient les circonstances de notre vie. Et ainsi, recevoir de lui ce qui nous constitue profondément, être sauvé du mal.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Semaine du 07 au 13 septembre 2009
Chers amis
La semaine de rentrée avec une session de l'AEP, préparation du Conseil Pastoral, la préparation du Dimanche Inter générations, et diverses rencontres du même type s'est bien passée.
Mardi 8 septembre, j'ai préché au pélerinage de Corrèze (en Corrèze, bien sûr)
groupes d'évangile à Chateauneuf la foret, Saint Méard et Domps, obsèques à Faux la montagne et Chateauneuf, coopération missionnaire ainsi que Conseil pastoral diocésain sortant à Limoges.
Samedi, descente du drapeau des Ostensions à Chateauneuf (j'ai pu rencontrer le maire pour les prévisions pour 1009-2011) suivi du repas convivial du Comité d'organisation des Ostensions qui a pu montrer de très belles images de ces fêtes vécues à Eymoutiers après 70 ans d'absence.
Ce dimanche, journée africaine avec l'accueil des chorales africaines de Limoges à Eymoutiers.
La semaine prochaine, je prèche une retraite à la Trappe de Sainte Marie du Désert près de Toulouse.
Dominique est reparti au Burkina; Célestin reste avec nous encore quelques jours
Je vous dis toute mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 09 septembre 2009
Échos de l'atape N°5 sur le chemin de Compostelle
19-29 AOUT 2009
Pour la deuxième année, le car corrézien piloté par Gilles a acheminé le groupe depuis Eymoutiers jusqu'à Villava, récupérant au passage à Bidart, Roland Doriol et sa cousine Josette. Les voitures d'accompagnement, l'équipe de Gene la logisticienne, les Basques qui nous ont rejoints en 2008, tous se retrouvent pour une première soirée en camping avant de démarrer le 20 au matin la première étape. Nous sommes 50 âgés de 9 à 75 ans, dont 15 de moins de 16 ans. Visite et traversée de Pamplona, ensuite, de toute la Navarra jusqu'à l'Ebre, puis toute la Rioja de Logrono à Santo Domingo de la Calzada, enfin, la province de Castilla y Leon. Le « Camino de Santiago » balisé, aménagé, accueille les pélerins et les randonneurs chargés de leur sac à dos ; on est dans un monde véritablement autre mais pas « ailleurs ».
- Les paysages s'égrainent lentement
La Navarre est verdoyante puis plus sèche, avec ses grandes étendues de céréales. La moisson a déjà eu lieu. On verra de-ci de-là des troupeaux ovins glaner les espaces. Les reliefs invitent à la modération. Le chaud soleil nous a obligés à modifier les horaires de la marche : on se lève à 5h30, on plie les tentes, petit déjeuner à la lampe électrique, prière et départ à 7h00. On peut marcher jusqu'à 13h-14h avec des arrêts pour repos ou repas. Sur le Mont Pardon, pas loin des éoliennes, le défilé ferré des pèlerins vaut quelques photos. Villages navarrais jusqu'à Logrono, en Rioja. Les vignes sur les coteaux, polyculture et céréales sur pentes douces, on déguste les jolis points de vue et les bourgs blottis autour de leur église aux retables dorés. Le paysage s'élargit dès qu'on entre en Castille. La route des pèlerins, chemin rural, longe parfois une autoroute ou traverse une ville. On est alors catapultés dans la fébrilité des humains qu'on avait tendance à oublier. Sur le pas tranquille du marcheur se joint le bruit du monde. Et parfois les remous de la crise dont témoignent les nombreux chantiers arrêtés et les logements invendus.
2. Les traces d'hier et d'aujourd'hui
C'est un grand mouvement qui nous enveloppe. Avant nous, depuis plus d'un millénaire, de toutes les régions d'Europe, se pressaient des pèlerins sur des routes difficiles. Aujourd'hui, chaque année, venant du monde entier quelques centaines de milliers font tout ou partie du Chemin. Traces de l'histoire : des ruines des antiques Hôpitaux, fondés par les Chevaliers, des églises romanes émaillant les routes, des bourgs directement liés au passage, des ermitages, des monastères. Des anecdotes qui ont perduré dans la mémoire, comme les gallinacés de la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, ou les passages des ponts. Des traces plus fragiles : on a ajouté sa pierre sur un monticule multiplié sur les roches ou les balises, on a composé une croix sur un grillage et il y en a des milliers, on a griffonné un message sous un pont, parfois, la mémoire funèbre d'un pèlerin tombé sur le chemin. Et puis, les auberges, les débits de boisson, toute l'économie qui s'est développée autour du Chemin. Devant nous, avant nous, derrière nous, après nous ... nous sommes un simple maillon d'une grande Histoire.
3. Toujours des rencontres
Le groupe des cinquante de toutes les générations approfondit ses échanges, gagne en convivialité, devient plus uni. Chaque année, des têtes nouvelles se moulent dans le climat très amical de l'ensemble. Mais aussi, des rencontres inattendues. C'est Bernard, un prêtre Mosellan de 71 ans qui marche seul, Miguel, de l'ile d'Ibiza avec ses amies, Janesh de Varsovie avec son neveu : nous avons concélébré à l'une ou autre étape. Un groupe de limougeauds qui parcourt une étape semblable à la nôtre. Daniela, équatorienne et son fiancé californien Erik profitent de leur séjour à Madrid pour suivre le Camino. Katy et Tia, jeunes hongroises qu'on suit sur plusieurs jours. Michael et Thomasek, jeunes saltimbanques tchèques, Marc, flamand de Belgique qui a opté un chemin de pauvreté franciscaine, Nicolas, jeune allemand à qui on a dérobé son bâton, des australiens, des argentins et aussi ce papa catalan qui emmène son fils de 13 ans sur un trajet de 100kms pour le sortir de son enfermement cybernétique. Il faut savoir parler les langues car les français sont rares à ce moment, mais quelle simplicité dans les échanges !
4. Désir de continuer
Dans un court bilan effectué sur un camping, presque tous ont souhaité continuer jusqu'en 2012. Ce sera l'étape ultime pour rejoindre le Tombeau de l'Apôtre St Jacques, en l'honneur du Millenium de la Collégiale d'Eymoutiers. Une restitution filmée de cette étape 2009 vous est proposée dimanche 6 décembre à la Salle de Cinéma d'Eymoutiers. Nous vous y attendons.
00:00 Publié dans Carnets de voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 06 septembre 2009
Semaine du 31 août au 06 septmbre 2009
Chers amis,
Après notre marche, 5e étape vers Compostelle (entre Pamplona et Burgos en Espagne), où les 50 participants sont revenus assez fatigués mais très contents, la semaine de rentrée s'est profilée. Préparation du journal Montagne Limousine, préparation de la session du CMR sur l'encyclique sociale de Benoit XVI, groupes d'évangile à Saint martin Chateau, groupe de réflexion de couples à Peyrat le Chateau, divers rendez-vous, des obsèques d'un père et de son fils à Linards, baptême.
Dominique Sawadogo nous quitte pour le Burkina Faso, après deux mois passés à la Paroisse.
Je vous dis toutes mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ne craignez pas, voici votre Dieu
23e dim B - 6 septembre 09 - Ne craignez pas, voici votre Dieu -cf. Is 35,4-7 ;Jc 2,1-5 ;Mc 7,31-37
1- Au cours de l'étape sur le Chemin de Compostelle vécue à la fin août par un bon groupe de paroissiens, il leur a été donné de voir, dans la plus grande simplicité, comme une présence de ce que nous appelons « Dieu ». A travers des rencontres, par exemple, et en écoutant des récits, sans s'en douter, Dieu parle au cœur. Dans la vie quotidienne, quand il faut assumer les divers services pour le bien-être de tous, Dieu se rend présent incognito. Dans la prière quotidienne ou la célébration, il se fait entendre dans une invitation à prendre du recul, à approfondir une réflexion, ou inciter à l'action. Des guérisons intérieures se manifestent quand on voit des jeunes enfermés sur eux-mêmes s'ouvrir aux autres ou des adultes fatigués retrouver un air de jeunesse. Ainsi, pas à pas, une présence vive se laisse sentir, pourvu qu'on ait des yeux pour le voir, ou se laisse entendre dans la musique de la vie.
Cela nous ramène aux Textes proposés aujourd'hui par la liturgie.
2- Le premier Livre d'Isaïe compile des paroles du 8ième siècle avant le Christ, quand l'Assyrie monte en puissance jusqu'à détruire le Royaume d'Israël du Nord en 721. Dans ce quotidien de combat incertain, ce sont les cœurs qui sont interpellés, pour bien saisir combien la présence de Dieu n'est pas apparente ; elle se fait visible en espérance. Les promesses de restauration de tout ce qui tournait mal, physiquement, moralement, ou politiquement, s'accompliront si le peuple prend confiance et courage dans l'adversité. C'est lorsque apparemment les conditions de vie deviennent intenables, qu'une chance est donnée à l'action providentielle, à condition que les hommes l'acceptent et la lisent comme telle.
Un effort semblable attend les contemporains de Jésus. En plein pays païen, dans un contexte où le juif Jésus peut se sentir libre, on l'interpelle pour guérir un sourd muet, c'est à dire quelqu'un qui est enfermé sur lui-même, qui ne peut communiquer avec personne. En désespoir de cause, ce Jésus qui passe, pourrait-il faire quelque chose ? Mais sait-on qui il est vraiment ? Jésus ne veut pas de manifestation voyante ou extérieure. Toute son attitude, prenant le sourd muet à part, lui communiquant par ses doigts et sa salive toute sa force intérieure, l'interpellant comme dans une prière « ouvre-toi ! », est de restaurer l'homme enfermé, dans une communication avec le monde et donc avec Dieu. Comme s'il appelait à la confiance et aussi au courage de sortir de son enfermement. Ce n'est qu'après coup que le cri d'admiration peut surgir des lèvres, comme pour dire que Dieu est passé par là sous la figure d'un homme simple qui s'est laissé interpeller et qui a donné ce qu'il était. La guérison visible, un muet qui parle, un sourd qui entend, manifeste une guérison plus profonde : l'intégrité humaine restaurée et une réinsertion sociale dans le monde dans lequel il lui faudra habiter désormais. Ainsi, très simplement, Dieu est passé, on l'a saisi, la vie s'est transformée.
3- Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, comprendre que la vie n'est pas seulement horizontale, d'ordre uniquement matériel ; à tout moment, on peut être sensible à une autre dimension qui transcende le quotidien. Ainsi, on peut apprendre à y être attentif dans les rencontres, les paroles entendues, les événements imprévus.
Ensuite, ce qu'on peut appeler l'intervention de Dieu n'est pas forcément exceptionnelle ou étrange. C'est dans la trame de la vie que nous sommes visités par cette présence qui nous invite toujours à sortir de ce qui nous enferme. Une parole nous sortira, nous orientera, accepterons-nous de l'entendre ou bien préférerons-nous rester enfermés ?
Enfin, on peut être vecteur pour les autres de cette présence divine qui libère. A aucun moment nous ne pouvons nous désintéresser du sort de nos frères. Pourrons-nous engager, avec la force du Christ, ce qui permettra à un autre, à une autre, de grandir et d'espérer ?
Demandons à Dieu, de ne jamais désespérer nous mêmes, mais aussi de nous orienter dans l'élan qu'il nous offre et, avec Lui, avec la communauté, rendre visible sa présence vive.
10:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




