mercredi, 09 septembre 2009

Échos de l'atape N°5 sur le chemin de Compostelle

19-29 AOUT 2009

Pour la deuxième année, le car corrézien piloté par Gilles a acheminé le groupe depuis Eymoutiers jusqu'à Villava, récupérant au passage à Bidart, Roland Doriol et sa cousine Josette. Les voitures d'accompagnement, l'équipe de Gene la logisticienne, les Basques qui nous ont rejoints en 2008, tous se retrouvent pour une première soirée en camping avant de démarrer le 20 au matin la première étape. Nous sommes 50 âgés de 9 à 75 ans, dont 15 de moins de 16 ans. Visite et traversée de Pamplona, ensuite, de toute la Navarra jusqu'à l'Ebre, puis toute la Rioja de Logrono à Santo Domingo de la Calzada, enfin, la province de Castilla y Leon. Le « Camino de Santiago » balisé, aménagé, accueille les pélerins et les randonneurs chargés de leur sac à dos ; on est dans  un  monde véritablement autre mais  pas « ailleurs ».

  1. Les paysages s'égrainent lentement

La Navarre est verdoyante puis plus sèche, avec ses grandes étendues de céréales. La moisson a déjà eu lieu. On verra de-ci de-là des troupeaux ovins glaner les espaces. Les reliefs invitent à la modération. Le chaud soleil nous a obligés à modifier les horaires de la marche : on se lève à 5h30, on plie les tentes, petit déjeuner à la lampe électrique, prière et départ à 7h00. On peut marcher jusqu'à 13h-14h avec des arrêts pour repos ou repas. Sur le Mont Pardon, pas loin des éoliennes, le défilé ferré des pèlerins vaut quelques photos. Villages navarrais jusqu'à Logrono, en Rioja. Les vignes sur les coteaux, polyculture et céréales sur pentes douces, on déguste les jolis points de vue et les bourgs blottis autour de leur église aux retables dorés. Le paysage s'élargit dès qu'on entre en Castille. La route des pèlerins, chemin rural, longe parfois une autoroute ou traverse une ville. On est alors catapultés dans la fébrilité des humains qu'on avait tendance à oublier. Sur le pas tranquille du marcheur se joint le bruit du monde. Et parfois les remous de la crise dont témoignent les nombreux chantiers arrêtés et les logements invendus.

2. Les traces d'hier et d'aujourd'hui

C'est un grand mouvement qui nous enveloppe. Avant nous, depuis plus d'un millénaire, de toutes les régions d'Europe, se pressaient des pèlerins sur des routes difficiles. Aujourd'hui, chaque année, venant du monde entier quelques centaines de milliers font tout ou partie du Chemin. Traces de l'histoire : des ruines des antiques Hôpitaux, fondés par les Chevaliers, des églises romanes émaillant les routes, des bourgs directement liés au passage, des ermitages, des monastères. Des anecdotes qui ont perduré dans la mémoire, comme les gallinacés de la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, ou les passages des ponts. Des traces plus fragiles : on a ajouté sa pierre sur un monticule multiplié sur les roches ou les balises, on a composé une croix sur un grillage et il y en a des milliers, on a griffonné un message sous un pont, parfois, la mémoire funèbre d'un pèlerin tombé sur le chemin. Et puis, les auberges, les débits de boisson, toute l'économie qui s'est développée autour du Chemin. Devant nous, avant nous, derrière nous, après nous ... nous sommes un simple maillon d'une grande Histoire.

3. Toujours des rencontres

Le groupe des cinquante de toutes les générations approfondit ses échanges, gagne en convivialité, devient plus uni. Chaque année, des têtes nouvelles se moulent dans le climat très amical de l'ensemble. Mais aussi, des rencontres inattendues. C'est Bernard, un prêtre Mosellan de 71 ans qui marche seul, Miguel, de l'ile d'Ibiza avec ses amies, Janesh de Varsovie avec son neveu : nous avons concélébré à l'une ou autre étape. Un groupe de limougeauds qui parcourt une étape semblable à la nôtre. Daniela, équatorienne et son fiancé californien Erik profitent de leur séjour à Madrid pour suivre le Camino. Katy et Tia, jeunes hongroises qu'on suit sur plusieurs jours. Michael et Thomasek, jeunes saltimbanques tchèques, Marc, flamand de Belgique qui a opté un chemin de pauvreté franciscaine, Nicolas, jeune allemand à qui on a dérobé son bâton, des australiens, des argentins et aussi ce papa catalan qui emmène son fils de 13 ans sur un trajet de 100kms pour le sortir de son enfermement cybernétique. Il faut savoir parler les langues car les français sont rares à ce moment, mais quelle simplicité dans les échanges !

4. Désir de continuer

Dans un court bilan effectué sur un camping, presque tous ont souhaité continuer jusqu'en 2012. Ce sera l'étape ultime pour rejoindre le Tombeau de l'Apôtre St Jacques, en l'honneur du Millenium de la Collégiale d'Eymoutiers. Une restitution filmée de cette étape 2009 vous est proposée dimanche 6 décembre à la Salle de Cinéma d'Eymoutiers. Nous vous y attendons.

 

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