dimanche, 06 septembre 2009

Ne craignez pas, voici votre Dieu

23e dim B - 6 septembre 09 - Ne craignez pas, voici votre Dieu -cf. Is 35,4-7 ;Jc 2,1-5 ;Mc 7,31-37

1-         Au cours de l'étape sur le Chemin de Compostelle vécue à la fin août par un bon groupe de paroissiens, il leur a été donné de voir, dans la plus grande simplicité, comme une présence de ce que nous appelons « Dieu ». A travers des rencontres, par exemple, et en écoutant des récits, sans s'en douter, Dieu parle au cœur. Dans la vie quotidienne, quand il faut assumer les divers services pour le bien-être de tous, Dieu se rend présent incognito. Dans la prière quotidienne ou la célébration, il se fait entendre dans une invitation à prendre du recul, à approfondir une réflexion, ou inciter à l'action. Des guérisons intérieures se manifestent quand on voit des jeunes enfermés sur eux-mêmes s'ouvrir aux autres ou des adultes fatigués retrouver un air de jeunesse. Ainsi, pas à pas, une présence vive se laisse sentir, pourvu qu'on ait des yeux pour le voir, ou se laisse entendre dans la musique de la vie.

Cela nous ramène aux Textes proposés aujourd'hui par la liturgie.

2-         Le premier Livre d'Isaïe compile des paroles du 8ième siècle avant le Christ, quand  l'Assyrie monte en puissance jusqu'à détruire le Royaume d'Israël du Nord en 721. Dans ce quotidien de combat incertain, ce sont les cœurs qui sont interpellés, pour bien saisir combien la présence de Dieu n'est pas apparente ; elle se fait visible en espérance. Les promesses de restauration de tout ce qui tournait mal, physiquement, moralement, ou politiquement, s'accompliront si le peuple prend confiance et courage dans l'adversité. C'est lorsque apparemment les conditions de vie deviennent intenables, qu'une chance est donnée à l'action providentielle, à condition que les hommes l'acceptent et la lisent comme telle.

Un effort semblable attend les contemporains de Jésus. En plein pays païen, dans un contexte où le juif Jésus peut se sentir libre, on l'interpelle pour guérir un sourd muet, c'est à dire quelqu'un qui est enfermé sur lui-même, qui ne peut communiquer avec personne. En désespoir de cause, ce Jésus qui passe, pourrait-il faire quelque chose ? Mais sait-on qui il est vraiment ? Jésus ne veut pas de manifestation voyante ou extérieure. Toute son attitude, prenant le sourd muet à part, lui communiquant par ses doigts et sa salive toute sa force intérieure, l'interpellant comme dans une prière « ouvre-toi ! », est de restaurer l'homme enfermé, dans une communication avec le monde et donc avec Dieu. Comme s'il appelait à la confiance et aussi au courage de sortir de son enfermement. Ce n'est qu'après coup que le cri d'admiration peut surgir des lèvres, comme pour dire que Dieu est passé par là sous la figure d'un homme simple qui s'est laissé interpeller et qui a donné ce qu'il était. La guérison visible, un muet qui parle, un sourd qui entend, manifeste une guérison plus profonde : l'intégrité humaine restaurée et une réinsertion sociale dans le monde dans lequel il lui faudra habiter désormais. Ainsi, très simplement, Dieu est passé, on l'a saisi, la vie s'est transformée.

3-         Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?

Tout d'abord, comprendre que la vie n'est pas seulement horizontale, d'ordre uniquement matériel ; à tout moment, on peut être sensible à une autre dimension qui transcende le quotidien. Ainsi, on peut apprendre à y être attentif dans les rencontres, les paroles entendues, les événements imprévus.

Ensuite, ce qu'on peut appeler l'intervention de Dieu n'est pas forcément exceptionnelle ou étrange. C'est dans la trame de la vie que nous sommes visités par cette présence qui nous invite toujours à sortir de ce qui nous enferme. Une parole nous sortira, nous orientera, accepterons-nous de l'entendre ou bien préférerons-nous rester enfermés ?

Enfin, on peut être vecteur pour les autres de cette présence divine qui libère. A aucun moment nous ne pouvons nous désintéresser du sort de nos frères. Pourrons-nous engager, avec la force du Christ, ce qui permettra à un autre, à une autre, de grandir et d'espérer ?

Demandons à Dieu, de ne jamais désespérer nous mêmes, mais aussi de nous orienter dans l'élan qu'il nous offre et, avec Lui, avec la communauté, rendre visible sa présence vive.

 

Ecrire un commentaire