dimanche, 23 août 2009
À qui irions-nous, Seigneur ?
21e dim B - 23 août 2009 - À qui irions-nous, Seigneur ? - Jos 24, 1-18 ; Ep 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69
1- Au cours de cet été chaud et ensoleillé, coupure estivale avant la rentrée, nous avons mis entre-parenthèses la complexité du monde, et peut-être, renoué avec un mode plus simple des relations. Il ne s'agit pas pour autant de considérer ce temps comme un temps ordinaire, car se sont noués là, à l'occasion de rencontres avec des personnes nouvelles, en assistant à des événements festifs, ou simplement en profitant des moments de silence, comme des réponses à des questions qu'on porte au fond de soi. Et parmi ces questions, celle du sens : qu'est ce que je fais là ? est-ce qu'il faut continuer comme ça ? comment je peux envisager un avenir ? Ce type de questions traverse la Bible et aussi les Textes que la liturgie nous offre aujourd'hui.
2- Au sortir de la traversée du désert et l'entrée dans la Terre Promise, environ 1200 ans avant le Christ, les tribus d'Israël s'installent difficilement sur la terre de Canaan. Cette terre était habitée par des populations avec leur organisation sociale et leurs croyances propres. Les tribus doivent-elles s'assimiler ou bien garder leur spécificité ? Bien sûr, le Livre de Josué a été mis par écrit très tard, puisqu'on parle de sa rédaction finale après l'Exil à Babylone au 6ième siècle. La réponse est laissée à la liberté de chaque tribu, en fonction de l'expérience qu'elle garde de l'action de Dieu. La question de Josué devient la leur : il leur faut entrer dans un choix pour Dieu, sans forcément être sûr de tenir leur engagement dans l'Histoire. Par un regard sur ce que Dieu a fait ou dit, on devient capable d'aller un peu plus loin avec lui.
Dans l'Evangile de Jean, le discours de Jésus sur le Pain de Vie va s'achever sur des paroles que les disciples trouvent intolérables. Parce qu'ils perçoivent matériellement le « manger la chair et boire le sang » ils ne comprennent pas qu'il s'agit là de la destinée de Jésus depuis le commencement. La finale du discours dit ce qui est avant même le discours : un acte de Dieu qui vient rejoindre l'humanité pour l'habiter jusqu'au bout. Il nous habite de chair et de sang pour que nous puissions lui appartenir. L'appartenance au Christ dépasse le rite, et même la « piété », pour nous faire accéder à ce qu'ils signifient : notre conformité avec ce que le Christ a été. Plus qu'une imitation : une communion au sens premier du mot. Telle est la seule manière d'être fils, images de Dieu dans et par le Fils. Il est unique, il n'y en a qu'un. En étant un avec lui, nous pouvons faire un avec tous les humains.
A ce niveau, très peu de disciples accepteront de continuer le chemin. Jésus ne cherche pas à faire du nombre. Il désire seulement que ceux qui veulent le suivre le fassent en connaissance de cause. Même Pierre dit « à qui irions-nous, tu as les paroles de la Vie », mais il ne comprend pas encore totalement ce que cela impliquera, c'est à dire, le don de sa vie comme Jésus la donne. Il le vérifiera au moment de la Passion.
3- Qu'est-ce que cela signifie pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, nous avons à comprendre quel est le sens de notre vie. A quoi tenons-nous le plus ? sur quoi voulons nous construire notre vie. Et si on va plus loin, sur quelles valeurs spirituelles je voudrais vivre ? lesquelles je voudrais transmettre ? est-ce que je suis prêt à faire des ruptures si nécessaire ?
Ensuite, je suis libre de répondre à l'appel de Jésus. Il ne cherche pas à faire du nombre ; il demande simplement qu'on prenne le même chemin de vie et cela constitue sa joie. Même sans être entièrement sûr de mon choix, qu'est-ce que je peux mettre en route comme changement dans ma vie, pour me mettre à la suite exigeante de Jésus ?
Enfin, le témoignage ne se fait pas par des paroles, mais par le sérieux avec lequel je donne sens à ma vie, qui est de s'oublier soi-même et de se donner aux autres. Cela ne constitue pas le projet du monde qui nous entoure, certes, mais cela peut donner du sens aux autres.
Demandons à Dieu qu'il continue à nous disposer à devenir chaque jour un disciple qui a compris ce que veut dire « suivre Jésus » et qui en témoigne autour de lui.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
David, étudiant au lycée agricole d'Ahun, a obtenu en 2008 un BTS en pisciculture et aquaculture.
L' an dernier, lors du séjour des religieux vénézuéliens dans la paroisse Ste Anne (avec le père Javier Alson), il avait joyeusement accepté d' assurer les fonctions d'interprète.
Demain, 1er septembre, David entre au couvent des Carmes à Avon comme il le souhaitait depuis les JMJ de Cologne.
Prions pour que l' Esprit Saint accompagne cette toute jeune vocation.
Ecrit par : Geneviève SAUX | lundi, 31 août 2009
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