dimanche, 16 août 2009
Le Pain pour la vie du monde
20e dimanche B - 16 Août 09 - Le Pain pour la vie du monde - cf. Pv 9,1-6 ; Ep 5, 15-20 ; Jn 6, 51-58
1- Après la célébration de l'Assomption de la Vierge Marie qui a tourné nos regards vers notre perspective future, nous sommes aujourd'hui invités à regarder notre conduite de croyants dans le quotidien de cette vie-ci. Car, si rien ne distingue extérieurement un croyant d'un autre, sauf à vouloir ostensiblement marquer sa différence par son physique ou sa tenue, le fait religieux devenant de plus en plus limité (la dernière enquête sur les croyances en France donne 41% de catholiques), les croyants sont tenus à bien comprendre ce qui les anime pour pouvoir en vivre. Les textes d'aujourd'hui peuvent les y inviter.
2- La première invitation de ces textes concerne l'accès à la Sagesse. Qu'est-ce que la sagesse ? elle est recherchée ; en même temps, elle se dérobe. La sagesse n'est pas quelque chose qu'on acquiert par imitation ou par conditionnement publicitaire. Elle est un monde dans lequel on entre et qui donne à se connaître au fur et à mesure qu'on y avance. La Sagesse est la figure divine, sagesse créatrice, qui se communique pleinement à ceux qui ouvrent leur cœur à sa présence. Tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau, la figure de la Sagesse est sollicitée pour que les hommes avancent dans la vie avec des comportements nouveaux, intelligents, réalistes, inspirés par l'Esprit Saint. Même s'ils se trouvent en porte-à-faux avec la musique du monde. Sans se retirer de leur engagement pour la conduite du monde présent, au contraire, ils donnent une note nouvelle, spirituelle, heureuse même, à leur vie et celle de leurs frères.
La raison en est le ressourcement dans la mort et la résurrection du Christ. Et c'est la deuxième invitation : cet événement mort/résurrection n'est pas un événement du passé mais une actualité permanente de la foi qui donne la ressource nécessaire pour conduire sa vie. Dans l'Evangile, Jésus parle expressément de manger sa chair, boire son sang. Bien entendu, il ne s'agit pas de manger et de boire matériellement le corps de Jésus. Les interlocuteurs de Jésus rejettent ses paroles parce qu'ils les ont prises au sens matériel. Manger la chair du Christ et boire son sang, c'est faire nôtre son humanité, sa manière d'être homme, ce qui nous conduit en fin de compte à partager sa divinité. Manger, faire nôtres, le corps et le sang du Christ signifie adopter, reproduire en nous l'amour qui l'amène à donner sa vie, l'amour tel qu'il est en Dieu et qui constitue son être. C'est croire que vivre en plénitude consiste, paradoxalement, à livrer sa vie pour faire vivre les autres. Bien sûr, ce don qui nous fait rejoindre notre vérité d'hommes ne passe pas forcément par une effusion de sang, par un supplice comparable à celui de la Croix : la vie peut se donner au jour le jour quand nous oublions ce qui nous avantage et choisissons ce qui peut mieux faire vivre d'autres humains. La célébration de l'eucharistie signifie que nous décidons d'entrer dans cette logique, de « manger de ce pain-là ». Alors, rassemblés par cet amour reçu de Dieu, nous devenons le Corps du Christ qui est l'Église, c'est-à-dire l'humanité réconciliée au-delà des violences engendrées par notre volonté de dominer. Ensemble, nous sommes la chair et le sang du Christ, aujourd'hui livrés aux hommes.
3- Comment peut-on le mettre en pratique ?
Tout d'abord, accueillir l'invitation du Seigneur, d'une manière simple. C'est comme lui, se mettre à l'écoute de la Parole qui donne vie, et cette Parole nous surprend toujours.
Ensuite, accepter d'être dérangé dans ses certitudes, comme un chemin vers la foi, en renonçant à ce qui fait obstacle à l'amour et au don de soi. Cela conduit à une vie de témoignage qui donne du courage aux autres.
Enfin, se ressourcer dans la vie eucharistique, c'est à dire, ne pas avoir de crainte d'exprimer ce qui nous anime profondément. On n'a rien à prouver, mais on a tout pour aimer.
Demandons à Dieu, qu'en ces temps de renouvellement, notre communauté découvre davantage la sagesse de sa foi pour en vivre et la partager.
11:01 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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