dimanche, 09 août 2009

Le Pain de vie éternelle

19e dimanche B - 9 Août 2009 - Le Pain de vie éternelle - cf. 1 R 19, 4-8 ; Ep 4, 30- 5, 2 ; Jn 6, 41-51

1-         Dans le creux de l'été, avec des températures agréables, les repas se font plus légers. Quelques uns en profitent pour reprendre leur ligne... On simplifie, on développe les relations amicales, les visites culturelles, les animations festives. Comme si la nourriture concernait autant l'esprit que le corps. Emplir la tête avec ces moments conviviaux permet de retrouver quelque chose de plus essentiel, qui permette de vivre les conditions plus stressantes de l'année, ou les à-coups que la vie réserve un jour ou l'autre à tout un chacun. Ce qu'on vit ainsi de manière presque ordinaire, pourrait être compris avec davantage de profondeur, à la mesure où notre esprit le désire. Ainsi, les textes qui nous accompagnent ce dimanche nous introduisent dans cette manière profonde qui concerne le « pain » qui donne la vie éternelle.

2-         Le premier texte, décrit le prophète Elie, que nous avons rappelé ce jour de la Transfiguration, conversant avec Jésus et Moïse, dans une phase difficile de sa vie. 9 siècles avant le Christ, en une période troublée où les rois d'Israël s'étaient tournés vers l'idolâtrie, Elie se fait défenseur de la vérité, n'hésitant pas à user parfois de violence face aux faux prophètes. Fuyant le courroux mortel de la reine, découragé par les épreuves, Elie n'en peut plus dans sa course dans le désert et désire la mort. Il ne veut pas continuer. Il veut stopper. S'il n'y avait le secours de l' « ange » du Seigneur, image pour désigner la providence, l'invitant à reprendre des forces pour continuer le long chemin. Mais il doit s'y prendre à deux fois. Cela se passe dans l'intimité d'une présence. Se nourrir, c'est accueillir quelque chose de plus que du pain, c'est reprendre vie par une relation, une espérance, et continuer sa marche.

Quand Jésus propose à son tour le sens de cette nourriture qui donne la vie, il n'est pas mieux accepté, mais il ne se dérobe pas non plus face à ses adversaires, car il a un message à faire passer qui est lui-même. Bien sûr, aux yeux des gens il est un humain comme un autre, avec des parents, un métier, une origine géographique. Mais profondément, il est un humain qui a son origine en celui qu'il appelle « le Père » et que communément on appelle « Dieu ». Seuls viennent s'attacher à lui, le reconnaître en somme, ceux qui sont attirés par le Père, c'est à dire, ceux qui acceptent de mettre leur vie dans une dimension spirituelle. N'importe qui peut s'ouvrir à cette dimension spirituelle. Pas seulement les familiers du christianisme. Tous ceux qui élèvent leur âme au-delà d'un contexte purement matérialiste. Ils sont très nombreux. Il leur est proposé de comprendre ce qui les anime, par une relation avec Jésus lui-même qui les nourrit en profondeur et leur donne les forces nécessaire pour le combat vital, sans jamais se fatiguer ni s'user. Ce quotidien permanent où l'être entier est sollicité, instruit par le Père, Jésus l'appelle « la vie éternelle » où Il est absorbé pour ne faire qu'un avec nous.

3-         En quoi cela nous concerne t-il aujourd'hui ?

Tout d'abord, comme il y a plusieurs manières de se nourrir le corps et l'esprit, il existe plusieurs manières de se nourrir du Christ. Il s'agit aussi de faire l'expérience que le Christ est vraiment « nourrissant » pas seulement quand on a besoin de ses « services » pour obtenir une grâce quelconque, mais d'une manière simple, vitale et quotidienne.

Ensuite, le Christ devient nourriture vitale quand on a une relation avec lui. C'est la seule condition : s'attacher à lui comme à un grand frère qui nous donne sa vie en permanence pour que nous puissions vivre vraiment. C'est un chemin de foi, qui nous relie à sa vie et qui porte du fruit à la mesure où on persévère dans ce chemin, par la prière et l'accueil de sa Parole.

Enfin, on peut s'associer à son eucharistie. Le plus souvent possible en y participant, non de manière mécanique mais comme un rendez-vous d'amour. Parfois, l'association à l'eucharistie est spirituelle, par l'adoration et la méditation, parfois, elle est relationnelle, en reconnaissant chez ses frères Jésus qui donne sa vie pour nourrir ce qui en ont besoin.

Demandons à Dieu d'entrer quotidiennement dans sa vie éternelle qu'il nous offre, en nous nourrissant par la foi en sa Parole et en son Pain.

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