dimanche, 21 juin 2009
Passons sur l'autre rive
12e dim B - 21 juin 2009 - Passons sur l'autre rive - cf. Job 38 1..11 ; 2 Cor 5, 14-17 ; Mc 4, 35-41
1- En cette période d'examens, de BAC à passer, quels sont les sentiments de jeunes qui sont au seuil de ce passage. Confiance ? crainte ? Dans nos vies, très fréquemment, il nous arrive de vivre des moments de passage et d'être saisi par une crainte : saura t-on passer le cap ? Une personne malade d'un cancer, une famille éprouvée par un deuil, un examen à passer, un engagement à prendre, une décision à accepter. Or, on s'avise que pour passer, nous avons besoin d'être accompagné, ce qui donnera finalement confiance pour la traversée. C'est aussi en quelque sorte l'expérience des disciples du Christ invités à une traversée.
2- Les tempêtes dans la Bible sont un phénomène moins naturel qu'on le penserait : elles ont rapport avec un message spirituel. De grands séismes accompagnent les apparitions de Dieu, au Sinaï, avec Job, lors de la mort du Christ ... et la mer est le lieu des forces maléfiques, selon la croyance juive. Aussi, lorsque Jésus a annoncé en paraboles le Royaume de Dieu, il quitte la foule pour effectuer une traversée du lac de Galilée avec ses disciples : Passons sur l'autre rive. Il fait nuit et la tempête se lève faisant chavirer les frêles barques. Or Jésus est en train de dormir ! une traversée où le grand « présent » qui rend présent le Royaume de Dieu paraît absent ! les disciples se découvrent seuls à devoir résoudre un problème vital ; ils sont du métier, certes, mais leurs forces leur manquent soudain et ils appellent au secours, un secours qui ne vient pas. Dans cette profonde traversée qui n'est pas seulement géographique, ils vont expérimenter la puissance confiante de celui qui traverse même la mort : le Christ. Debout, ressuscité, il rend les choses à leur calme, et donc les cœurs et les esprits. Avec une question : pourquoi avoir peur ?comment se fait-il que vous n'avez pas la foi ? La proximité avec le Maître est la foi. La foi devient opposée à la peur. Ou plutôt la confiance remplace la peur quand on laisse grandir en soi une disposition qui accepte les événements tels qu'ils surviennent. Mais aussi quand on se laisse porter par d'autres, dans la prière, la pensée, l'amitié, l'amour. Et quand on accepte aussi de porter les autres. Nul ne peut s'en sortir seul. Le Seigneur vient s'intégrer et renforcer tous ces liens qui permettent la confiance et aident chacun à survivre dans une traversée difficile. Une certitude émerge : sa présence, même silencieuse, invite toutes les forces intérieures à se mettre en mouvement provoquant un apaisement de l'esprit dépassant toute crainte, surtout quand on se croit dans une impasse. Ainsi, la foi qui est non - peur, est surtout une confiance en quelqu'un qui jamais ne nous abandonnera.
3- En quoi cela peut-il nous aider dans notre aujourd'hui ?
Tout d'abord, prendre conscience des traversées que nous sommes appelés à vivre. Certaines nous sont imposées par la vie, d'autres viennent de nos décisions. A chaque fois, nous sommes remis à la vérité de notre être profond. Et à une invitation à vivre en confiance ces moments décisifs. Il arrive aussi que ces moments soient traversés par des vents contraires qui risquent de nous faire chavirer. Peut-on alors, nous remettre dans le cœur de la décision initiale et comprendre ce qui nous arrive.
Ensuite, à certaines conditions, nos traversées ne sont pas heureuses. C'est le moment de comprendre qu'il ne dépend pas de nous qu'elles soient réussies. Si nous nous croyons trop forts, alors, nous coulons. Si nous nous remettons à la puissance du Seigneur qui sauve tout homme en détresse, alors, nous devenons prêts à entrer dans sa perspective à lui.
Enfin, rien ne nous séparera de l'amour du Christ, si nous avançons sans peur et avec confiance. Pour cela, la présence et l'affection des frères et sœurs devient primordiale. En Eglise, on devient capables de nous porter les uns les autres dans la traversée à nous offerte.
Demandons à Dieu, de nous rendre plus attentifs non seulement à nos traversées mais aux traversées de nos frères qui souffrent et qui espèrent. Beaucoup ne comprennent pas ce qui leur arrive ; trouvons avec eux un chemin qui donne goût et saveur pour le monde.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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