dimanche, 14 juin 2009
Préparer le Repas
14 juin 09 - Fête du St Sacrement B - Préparer le Repas - cf. Ex 24,3-8 ; He 9, 11-15 ; Mc 14, 12..26
1- Comment participer à une fête sans en recevoir une invitation, ou une information précise ; comment vivre une fête si elle n'était pas préparée ? Par exemple, les fêtes des Ostensions que nous vivons en ce moment en Limousin, ont été longuement préparées, souvent dans l'ombre, dans les maisons, dans les rues, dans les conversations, dans les travaux d'aménagement, de couture, pour fabriquer des fleurs, prévoir les participants aux différents défilés, toute la logistique, les personnes, orner les rues etc. Et pour un baptême, une cérémonie de mariage et tout autre événement familial, il en est de même : l'importance des préparatifs pour un résultat réussi. Aujourd'hui, les textes nous invitent à y réfléchir.
2- Il existait dans les temps de l'Ancien Israël de nombreux rituels, rites, ou codifications dont la Bible se fait l'écho. Le repas rituel de l'agneau immolé au moment de Pâques en est un exemple, qui rappelle l'intervention de Dieu en faveur de son peuple. En quittant la maison de l'esclavage en Egypte, derrière Moïse, le peuple vivait un exode ; la vraie liberté sera longue à construire. Mais elle émerge par la commémoration de ce moment fondateur. A chaque Pâque, la question est posée : où en est-on de la libération vécue ? est-ce que ce qu'on a vécu dans le passé a encore du sens s'il n'est pas vécu dans un 'aujourd'hui' ? Ainsi, l'acte de libération se renouvelle aujourd'hui et on peut en avoir pleine conscience. Jésus veut le signifier à ses disciples envoyés faire les préparatifs du repas de la Pâque. Mais au cœur d'un rituel bien rodé, une nouveauté inouïe : Jésus prend le pain et dit « c'est mon corps » ; prend le vin et dit « c'est mon sang ». L'acte de libération du passé s'actualise dans ce don que Jésus fait de lui-même à ses disciples. Et ce don de sa vie, est réalisé par un vivant. Or, ce don était préparé par tous les actes de son existence. Jésus vivait tout le temps à la manière d'un don de lui-même fait aux autres, par sa parole, ses gestes, ses relations, son amour infini pour chacun et spécialement les plus pauvres et les pécheurs. On peut le vérifier en lisant l'Evangile. Le don ultime fait au dernier repas est la signature de sa vie. Tout a été préparé et tout peut être dit à présent. A cause de l'amour qui va jusqu'au bout, le geste de ce don ultime fait entrer chacun dans son sillage et sauve tous les hommes. Il est re-vécu à chaque fois que les disciples commémorent cet événement pascal. Désormais, l'acte de libération n'est plus réservé à un peuple ou à des gens privilégiés ; par Jésus, il est offert à tous les hommes de tous les temps qui veulent entrer dans l'Alliance avec un Dieu sauveur. C'est pourquoi, l'acte du dernier repas de Jésus commémoré à chaque messe ne peut pas être un rite, mais un acte qui sauve en l'accueillant comme tel et en nous invitant à faire de même.
3- Qu'est ce que ça peut nous signifier aujourd'hui ?
Tout d'abord, prendre conscience de ce que fait Jésus, c'est prendre conscience de sa manière de vivre toute donnée et uniquement donnée aux autres. C'est une invitation à se nourrir de la Parole de Dieu. En elle nous apprenons comment nous conduire pour réussir notre vie, en donnant du sens à notre existence, en faisant profiter les autres des dons que le Seigneur nous donne en abondance.
Ensuite, prendre conscience que participer au repas du Seigneur, ça se prépare. Si Jésus se donne, c'est sa vie qu'il donne, pour que nous puissions vivre de sa vie. Comme une nourriture qui renouvèle la vie de l'Esprit que nous avons reçu au baptême. Et faire de nous, à l'image des disciples, d'autres Christ qui vont donner leur vie pour leurs frères.
Enfin, Jésus ne dit pas « prends », il dit « prenez » ; il ne dit pas « mange, bois », il dit « mangez, buvez ». Il s'adresse à des personnes qui sont ensemble, en communauté. Nous ne pourrons vivre comme Jésus nous le demande que si nous acceptons les autres comme des frères avec qui je peux faire un chemin. Ce chemin avec d'autres transforme et libère.
Demandons au Christ, notre frère et notre guide, de pouvoir entrer davantage dans le chemin qu'il nous propose à l'eucharistie pour en vivre tous les jours et témoigner autour de nous.
11:59 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





Ecrire un commentaire