dimanche, 26 avril 2009
Dimanche de l'Alliance
3e dim Pâques - 26 avril 2009 - Dimanche de l'Alliance - cf. Ac 3, 13-19 ; 1 Jn 2, 1-5 ; Lc 24, 35-48
1- Dans le temps de Pâques où la nature ressuscite après un long hiver, nous sommes remis à comprendre où sont les signes de vie et de résurrection dans nos vies. Durant la semaine, deux familles ont fêté leur anniversaire de mariage. Un couple : 60 ans de mariage avec de nombreuses épreuves, ils tiennent le coup. Un couple : 40 ans de mariage. Leurs enfants leur ont offert un album photos spécialement composé d'images des grands moments de leur vie, les étapes, les réalisations, les fêtes ... en l'ouvrant, ils disent : « on ne savait pas qu'on avait vécu tout cela ; il nous a semblé que tout était passé vite et on ne savait pas qu'on avait tant fait... ». Ainsi de nos vies, qui jour après jour passent sans mesurer l'importance des moments passés. Mais quand on s'avise, qu'on s'arrête pour regarder, on se rend compte de l'immensité qui était là cachée et qui se révèle dans toute sa densité. C'est le mystère de l'Alliance vécue au jour le jour comme une vie qui, jour après jour, ressuscite. Cela vient dès lors que notre vie se décide à vivre en alliance.
2- Les textes de notre liturgie nous mettent en rapport avec cette vie d'alliance. Ainsi, ce fameux soir de Pâques où les disciples ont fait l'expérience brûlante de quelqu'un qui les accompagne sur le chemin d'Emmaüs. Ce même quelqu'un, le voilà, à présent, visible. Mais comment ? il n'est pas entré. Il était donc là. Il se laisse connaître pour ce qu'il est : amour et paix. Avons nous déjà vu entrer l'amour ? avons nous été témoins de l'arrivée de la paix ? c'est quand ils existent, par exemple entre un jeune homme et une jeune femme, qu'on se rend compte qu'ils sont là présents, et s'en apercevoir rend cet amour et cette paix présents de manière sensible, comme un étonnement. Etonnés que l'amour soit là. C'est l'expérience que nous faisons !il ne s'agit pas de l'amour passion qui dure un temps. Il s'agit de cet amour qui grandit de jour en jour. Parce qu'il traverse l'usure du temps. En quelque sorte, il s'approfondit, il se développe, il inclut de plus en plus d'éléments de notre personnalité, de notre histoire. Ce qui était caché, ou peut-être blessé, vient à la lumière de cet amour. La chaleur du feu vif qui réchauffe, modèle, mûrit, réconcilie, renouvelle sans cesse. Et c'est concret : toucher, manger, voir, tous les sens sont mis en œuvre. Par l'événement d'une présence vive, on peut relire. Relire et relier. Comme Jésus avec les apôtres réunis le soir de Pâques. Il relit avec eux les Ecritures. C'est la fonction de la parole. Les disciples, d'abord sans voix et surpris par l'événement, vont entrer dans un circuit de parole. Une nouvelle compréhension se fait jour désormais. Ce qu'on savait de l'extérieur, ce qu'on avait appris, maintenant, est intérieur parce qu'on vit l'événement au présent. Ce n'est plus une histoire pour le futur ou pour les autres ; c'est une histoire qui se joue pour moi maintenant. Et pour la comprendre, j'ai besoin de l'autre. De cette manière, je peux inclure l'histoire dramatique de la croix, la comprendre comme étape nécessaire avant la résurrection. Et je peux me risquer à annoncer cette nouvelle extraordinaire, de sorte que rien ne sera jamais plus comme avant, car ce qui était mort est rendu à la vie pour toujours.
3- Qu'est ce que nous pouvons retenir pour notre aujourd'hui ?
Tout d'abord, on entre alliance, parce qu'on le désire et cela en toute liberté. C'est la condition pour qu'elle dure toujours. Elle suppose entre les partenaires, dialogue, communication, entente, je dirais, que la parole circule. Combien d'alliances rompues après le constat que la parole était déjà rompue. Or la parole ressuscite toute relation, même malade.
Ensuite, faire alliance, c'est faire mémoire. Relire et comprendre. C'est un effort pour lequel j'ai besoin de l'autre. Pour nous faire advenir à la même compréhension et grandir ensemble.
Enfin, j'accepte de renouveler l'alliance. Il y a le passage par l'épreuve non choisie. Certaines fois, on se demande à quoi bon continuer. Au cœur de cette question, le Ressuscité vient lui-même avec ses plaies montrer le chemin d'une vie plus forte que toute épreuve.
Prions pour avoir confiance en la vie, en nous y engageant avec le meilleur de nous-mêmes.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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