dimanche, 05 avril 2009

Méditation de Rameaux 2009

Coup sur coup, depuis le début de cette année, les médias, oubliant un instant la gravité des conséquences sociales de la crise en cours, nous ont peut-être monté en épingle quelques événements de l'Eglise bien troublants. L'affaire de la levée de l'excommunication d'un évêque intégriste négationniste en janvier, l'excommunication pour avortement des médecins et de la maman d'une enfant de 9 ans par un évêque au Brésil, des propos du Pape sur le préservatif dans l'avion qui le menait fin mars en Afrique. Et beaucoup se sont demandé : peut-on continuer à vivre et à travailler dans une Eglise apparemment peu charitable, avec ce sentiment qu'elle se trompe ? Comment rester malgré tout solidaire du Pape et de l'Eglise ? ...Tout cela nous touche en ce début de Semaine Sainte.

...

Car voici Jésus qui vient lui-même nous rejoindre sur nos interrogations et nos pourquoi. Il vient nous rejoindre comme un homme venant de Dieu. Il est totalement homme. Et toute sa vie n'a été qu'un don de lui-même aux autres. Quoi qu'il lui en ait coûté. Il a montré un chemin et devant nous il va jusqu'au bout. Toute sa vie a été don parce qu'il est lui-même le don par excellence. Il parle à notre cœur, nous demande : sais-tu donner ? sais-tu te donner ?

...

Des interrogations il en a eu lui-même ; il s'est étonné de ce que les gardiens du Temple de Jérusalem ne comprenaient pas le primat de l'amour. Il a été surpris de ce que des gens qu'il avait guéri faisaient l'inverse de ce qu'il leur commandait de faire. Il a été confronté à la dureté du cœur de l'homme. Mais il a voulu connaître ce qu'est ce cœur de l'homme. Car il n'avait qu'un but : sauver l'homme en lui montrant le chemin de l'amour.

Aujourd'hui,  il nous parle : ton cœur durci veut-il être baigné de mon amour ? Le veux-tu ?

...

Il n'a pas voulu marcher seul dans son engagement pour les hommes. Il s'est associé des compagnons, des disciples choisis au hasard, non pour leur compétence ou la valeur de leur foi, mais parce qu'ils acceptaient de faire un bout de chemin avec lui. Pour être avec lui puis être envoyés. Pas pour faire des choses merveilleuses, mais simplement porter un peu d'amour, à la manière de Jésus. Et toi, veux-tu donner un peu d'amour autour de toi ?

...

Il a pris l'humanité telle qu'elle est. Et de cette humanité faible, qui peut chuter mais capable de beaucoup, il a fait son Eglise. A l'image de ce petit âne dont on parle dans l'Evangile : couvert de manteaux, Jésus s'assoit dessus. L'Eglise est couverte de nos manteaux, comme le petit âne. Jésus est porté par l'Eglise comme par le petit âne. Comme lui, l'Eglise peut être raillée et critiquée. Mais elle porte le Seigneur. Nous portons le Seigneur avec l'Eglise. Nous sommes comme ce petit âne. Et toi, nous dit Jésus : veux tu aussi me porter ?

...

En commençant la Semaine Sainte, nous voici invités à renouveler notre foi en nous unissant à Jésus. Jésus est un humain qui a souffert jusqu'à la mort, qui est resté jusqu'au bout dans l'amour de l'homme, en portant l'espoir sur l'homme, dans la confiance de son Père. Jésus est sorti du tombeau de la mort parce que son amour était plus fort que la mort. Il est entré dans la vie et continue à nous la donner. Il fait de nous tous son Corps. Ce Corps que nous formons, l'Eglise, est entachée de la faiblesse et des erreurs des hommes, certes. Mais le Corps du Christ, l'Eglise, est plus grand que la somme des erreurs de tous les hommes. L'Eglise est habitée du Souffle du Christ, qui est l'Esprit-Saint, l'Esprit d'amour et de paix. Et cela constitue notre confiance, notre foi.

Frères et sœurs, voulez-vous renouveler aujourd'hui votre confiance en l'Eglise qui est le Corps du Christ crucifié et ressuscité ?

...

Que le Christ lui-même nous inspire la réponse d'amour que nous lui ferons.

Ecrire un commentaire