dimanche, 29 mars 2009
J'attirerai à moi tous les hommes
5e dim Carême B -29 mars 09-« J'attirerai à moi tous les hommes »cf.Jr 31,31-34 ;He5,7-9 ;Jn 12,20-23
1- Dans le contexte de crise, les messages publicitaires, dit-on, jouent du registre joyeux de la dérision pour attirer les consommateurs. Ainsi est-on attiré par les choses matérielles, qui répondent à nos besoins sans nécessairement recouvrir le désir. On peut être aussi attiré par des humains : tel homme, telle femme qui dégagent un charisme, ou de manière affective, quand se manifeste l'amour, avec en jeu l'exercice de notre liberté. L'acte de liberté permet de dépasser la séduction ou la simple attraction pour entrer dans une œuvre de construction avec l'autre. L'Eglise aujourd'hui, ne se situe pas sur le registre de la séduction publicitaire, loin s'en faut, si on pense aux derniers événements polémiques. Mais elle se fait porteuse d'un message que nous livrent en particulier les textes de ce dimanche de carême.
2- Les prophètes de l'Ancien Testament annonçaient les actes du Seigneur, actes attractifs de libération et de guérison, avec aussi des conséquences que le Peuple acceptait difficilement : manifester une attraction mutuelle, en Alliance. Pour que l'Alliance dure, sont nécessaires une fidélité réciproque, un respect mutuel, à vivre chaque jour, comme dans la vie d'un couple. Or, l'Alliance avait peut-être un caractère formel, les termes étaient peut-être trop extérieurs, de surface. On célébrait de beaux sacrifices, on suivait les règles mais le cœur n'y était pas. L'Alliance s'était transformée en religion bien cadrée, au lieu de garder sa souplesse. Au lieu d'une attraction, on en était à une obligation. Comme les cœurs n'étaient plus impliqués, l'idolâtrie des représentations intéressées du bonheur, de la fortune, ou de la fécondité remplaça le culte véritable qui est tout intérieur. Pourtant Dieu fit la promesse d'une nouvelle Alliance profonde, personnelle, pour que chacun comprenne de lui-même la force du pardon et de l'amour. Alliance intérieure, mise en évidence en la personne de Jésus.
Car Jésus attire. Au cours de cette Fête de Pâques, la dernière pour lui et il le sait, on veut le voir. Les disciples ont mission, par leurs relations significatives, de le faire connaître, de faire le lien. Mais pas d'attraction véritable, s'il n'y avait pas sacrifice de soi en mourant d'amour pour les autres. C'est l'image de la semence qui, de cette manière, va donner beaucoup de fruit, sinon, il restera seul et stérile. La solitude n'attire pas. La communion, oui. Jésus attire par l'acte du don de soi jusqu'à l'extrême. Par son don d'amour et de pardon, en son agonie, il libère le monde de tout ce qui est de l'ordre du mal : l'amour est plus fort que la mort. Dans son don de soi, la résurrection est à l'œuvre ; difficile d'en mesurer toute la portée.
Si dans un premier temps, la Croix est répugnante, symbole d'une mort atroce, apparemment inutile, la contemplation de la Croix fait comprendre qu'elle signe la victoire sur le mal de manière indélébile, comme un passage qui ouvre la résurrection à tous. Jésus, par son sacrifice, permet à tous les hommes, croyants ou non, bons ou mauvais, d'être attirés par lui, ainsi, de passer vers la Vie. Car son pardon infini est offert sans exclusive pour redonner vie à ceux qui l'avaient perdue par leur comportement et leur mode d'exister.
3- Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?
D'abord, en ce temps de Carême, nous pouvons contempler la Croix, symbole d'un amour donné, symbole de vie par delà la mort. Nous ne savons plus regarder la Croix, ou bien de manière si machinale ! Pouvons nous l'intégrer profondément, dans nos pensées et le cœur ?
Ensuite, cheminer dans l'Alliance avec le Seigneur. Chacun de nous a inscrit au fond de son cœur, un projet d'amour à fructifier. C'est un projet tout simple que nous pouvons partager avec d'autres. Il se vérifie dans des actes concrets de partage, d'attention, de respect.
Enfin, la vie chrétienne nous conduit toujours plus loin. Etre attiré par Jésus, c'est accepter de vivre un peu plus comme lui. Et de trouver un bonheur d'exister dans l'approfondissement de son mode de vie, comme une semence qui accepte de mourir à sa suffisance pour donner généreusement beaucoup de fruits et des fruits qui demeurent.
Demandons à Dieu, son don de vie pour en vivre et le partager à nos frères qui l'ignorent.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





Ecrire un commentaire