dimanche, 01 mars 2009

Entrons au désert avec Jésus

1er dim Carême B - 1ier mars 09- Entrons au désert avec Jésus -cf. Gn 9,8-15 ;1Pi 3,18-22 ; Mc 1,12-15

1-         Une personne raconte : « je me trouvais à participer à une conversation qui portait sur les bienfaits du ramadam (qui pour nos frères musulmans est un temps de jeûne communautaire privilégié pour un retour à Dieu). Je me hasardais à dire que moi aussi, je suivais quelque chose de semblable qui est le carême. Oh, toi ! me répliqua t-on, toujours de l'auto-flagellation ! » Ainsi, entend-on des réflexions pas toujours agréables sur ce temps de carême oublié ou dénigré. Or le mot carême vient de quarante : les 40 jours qui nous préparent à la célébration de Pâques. Comme dans un désert où on découvre une oasis. Quarante jours où la joie grandit, portés par la force de l'Esprit, pour un changement du cœur ouvert vers l'avenir. Ainsi, peut-on aller voir dans la Bible où la parole vive de Dieu va nous transformer.

2-         Le Déluge raconté dans le livre de la Genèse dura 40 jours. Mais la baisse des eaux dura bien plus longtemps, le temps nécessaire à la compréhension de l'événement et en tirer des leçons. Au bout du terme, Noé sortira de l'arche comme d'un long désert, où avec sa famille et les couples d'animaux, il attendait l'issue favorable. Ce récit mythique se retrouve presque identique dans d'autres récits des civilisations du Proche Orient ancien. La légende de Gilgamesh par exemple. Mais avec une grande différence : la responsabilité du cataclysme revient ici aux caprices des dieux qui veulent exterminer l'humanité, le héros s'en réchappant par pure chance. La Bible, au contraire, annonce que Dieu trouvera toujours le moyen de nous sauver. Et c'est le symbole d'une espérance, au-delà de toute espérance, accueillie après un long combat marqué par ce qui pouvait entraîner la perte de tout.

Le début du ministère de Jésus est marqué lui aussi par le chiffre 40. Après son baptême, Jésus est conduit par l'Esprit au désert pendant 40 jours, nous disent les Evangiles. Ce désert, lieu du combat et de la victoire. Renouvelant l'expérience du peuple de Dieu depuis le commencement de la Bible, Jésus récapitule toute l'expérience humaine et la conduit à son achèvement. Là où le peuple avait failli, là où il était tombé, Jésus, sort victorieux. Non pas parce qu'il est un homme extraordinaire, même s'il l'est, mais parce qu'il a compris en lui ce qui pouvait faire chuter l'homme, les désirs désordonnés qui conduisent à la perte de soi, voire du monde, tels le matérialisme, la domination, ou la recherche du succès instantané. En tout, Jésus est vainqueur parce qu'il oppose la Parole de Dieu aux tentations. Sa traversée du désert est éclairée par cette Parole, comme l'étoile polaire oriente la nuit du voyageur. Et avec lui, c'est l'humanité qui reprend espoir. Et c'est sa joie avec les anges qui le servent.

3-         Cette expérience du désert nous concerne t-elle aussi ?

Tout d'abord, commençons par prendre conscience de ce temps de 40 jours qui nous est offert sur le chemin de la joie vers Pâques. La rudesse du terme et de ce que nous avons emmagasiné de triste dans la mémoire se doit d'être évacué pour nous mettre sur un chemin qui porte vers la joie. Même si les peines risquaient de nous submerger.

Ensuite, n'ayons pas peur de vivre un combat. Le temps du désert peut raviver en nous des blessures enfouies, non guéries. Mais avec la force de Jésus, nous pouvons nous mettre dans une disposition de guérison, de renouvellement de nos forces. Le passage par le désert est aussi l'assurance de la victoire par la Parole qui nourrit et qui sauve.

Enfin, le parcours du carême prend sens dans une démarche communautaire. Nous sommes un peuple. Nous sommes des frères et des sœurs en chemin. Nul ne peut traverser seul un désert car le désert est toujours habité par d'autres qui cheminent aussi. Pouvons nous renforcer nos liens ? spirituellement par la prière, affectivement par des gestes d'amitié, matériellement par un partage de nos richesses. Chacun y trouvera son amour et sa joie.

Demandons à Dieu, que renforcés par sa présence, nous sachions aussi rendre grâces pour ce temps qui nous prépare aux joies pascales et que nous puissions en témoigner autour de nous.

Commentaires

Jean - Michel merci pour les messages que tu envoie dans tes homélies . J'y passe beaucoup de temps à les méditer . Pour celui ci je viens de le tirer je n'est pas de commentaire à te faire . Si celui des photos c'est super je te sens heureux .
Jean-Michel je t'embrasse
Yvette Marion

Ecrit par : yvette Marion | mardi, 03 mars 2009

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