samedi, 28 février 2009

[Tchad janvier 2009] À Koumra retour à une grande paroisse que j’ai beaucoup aimée

C'est très simplement que je suis accueilli dans cette grande famille de Koumra, où j'ai passé de nombreuses années, partageant leurs espoirs et leurs peines. Nous avions conduit beaucoup d'actions dans tous les domaines. Tout continue et c'est une joie de le voir. C'est Prosper, un jeune prêtre ordonné en 2005 qui en est le curé. Nous nous connaissons très bien. Il m'a à chaque fois demandé de présider la messe paroissiale. En révisant la langue, je me suis à peu près bien débrouillé. Mes anciens collaborateurs ainsi que ceux qui, très jeunes quand j'étais avec eux, ont pris les rênes du développement, sont venus me saluer. Ce fut un très grand plaisir partagé, notamment au cours d'une soirée spéciale pour me fêter.

06a1.jpg
06a2.jpg
06a3.jpg
05b1.jpg
05b2.jpg
05b3.jpg
05c1.jpg
05c2.jpg
05c3.jpg
05d1.jpg
05d2.jpg
05d3.jpg

vendredi, 27 février 2009

[Tchad janvier 2009] À Moundou, la grande ville du Sud

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé Moundou, au bord du Logone, ville en expansion, avec quelques industries de transformation. Le diocèse, sous l'égide de Joachim Kouraleyo, évêque depuis moins de 5 ans, a entrepris une révolution économique, pour la prise en charge de son destin avec ses moyens propres. Ce fut difficile, mais cela leur a permis de s'appuyer et d'approfondir leur foi. Joachim m'a accueilli comme un frère. Nous avons eu une très bonne journée avec Martin et Esaü, venus tous les deux précédemment à Eymoutiers.

05a1.jpg
05a2.jpg
05a3.jpg
05a4.jpg


06b1.jpg
06b2.jpg
06b3.jpg

jeudi, 26 février 2009

[Tchad janvier 2009] Un arrêt à Doba

Nous sommes dans le sud du pays, dans la zone pétrolière. Le Tchad est devenu pays exportateur de pétrole depuis 2003. L'exploitation est dirigée par Exxon-Mobil, première société internationale qui a enregistré en 2008 les plus gros profits de l'histoire de l'économie mondiale ! Le contrat d'exploitation portait sur 300 puits. Or, nous en sommes aujourd'hui à plus de 2000 ! pour la plupart illégaux, même si le gouvernement donne sa bénédiction à cette exploitation juteuse pour la caste au pouvoir. Les paysans sont expropriés de leurs terres pour une poignée de dollars, ils vont grossir les quartiers insalubres des villes et se perdre dans l'alcoolisme. Savons nous combien notre niveau de consommation présente de revers : des populations entières dépossédées dans le tiers monde, allant à la ruine.

A Doba, je retrouve Gérard, prêtre d'origine indienne, économe du diocèse, Sylvestre, jeune prêtre tchadien, aujourd'hui vicaire général, et Michel Russo, d'origine italienne, évêque du diocèse depuis sa fondation il y a 20 ans, très entreprenant et proche de la population. L'occasion aussi de rencontrer des missionnaires de tous les continents que j'avais connus il y a une dizaine d'années.

04a1.jpg
04a2.jpg
04a3.jpg

mercredi, 25 février 2009

[Tchad janvier 2009] Visite à Laï

Je tenais à rendre visite à Gabriel Porye qui avait passé quelques mois en 2006 à Eymoutiers. Bien apprécié par tout le monde. Il est directeur spirituel au Petit Séminaire de Laï dans la Tandjile (340 km au sud de N'djamena) et habite avec Georges, recteur et en même temps, jeune vicaire général du diocèse. C'est Miguel Sebastian, originaire de Saragosse, qui est l'évêque. Nous nous connaissons très bien, depuis 30 ans ; il a participé au dernier Synode Romain sur la Parole de Dieu et a eu la chance d'intervenir le premier et ainsi de donner devant le Pape un avis assez ferme, ce qui a orienté la suite de ce synode. Le diocèse a 10 ans d'existence. De nombreux besoins et beaucoup de projets.

03a1.jpg
03a2.jpg
03a3.jpg

mardi, 24 février 2009

[Tchad janvier 2009] Déplacements en Toyota

Ayant conservé mon ancienne Toyota chez Jacques, qui tient un garage à N'djamena, j'ai pu arpenter les pistes du pays sur environ 2000 km. Elle a été bien entretenue mais l'état des pistes m'a valu quelques pannes, heureusement réparées grâce à des rencontres providentielles : batterie, crevaison, roulements du pont arrière, radiateur. On prend du carburant dans les grandes villes, évitant le carburant frelaté vendu à la sauvette par de petits vendeurs.

 

01a3.jpg

Jacques a été baptisé il y a 3 ans (ici à Ndjamena, au Restaurant « Le Pélican »)

02a1.jpg
02a2.jpg
02a3.jpg
02a4.jpg

lundi, 23 février 2009

[Tchad janvier 2009] Trente ans d'histoire

Voyage au Tchad du 13 au 30 janvier 2009

Ma première arrivée au Tchad date de septembre 1978, il y a un peu plus de trente ans ! Cette fois-ci, j'ai été reçu avec beaucoup de bonheur à l'Archevéché par Mathias Ngarteri que je connais et qui me suit depuis ce temps. On se retrouve dans le même Centre d'Accueil de Kabalaye de N'Djamena où nous continuons à être hébergés après l'atterrissage à l'aéroport. Cette fois-ci, l'aéroport rénové, ne présente aucune difficulté : les sorties, sans aucune fouille, sont bon enfant, pas de contrôle en ville ni dans le pays. C'est étonnant alors que l'insécurité règne aux frontières soudanaise (à l'Est) et centrafricaine (au Sud).

Depuis trente ans, donc, je me suis rendu à plusieurs reprises dans ce pays du centre de l'Afrique, aux limites sahariennes, sahéliennes et soudaniennes. Et y ait travaillé dans les régions du Moyen Chari (au sud), au total 12 années : 3 ans comme coopérant et 9 ans comme prêtre. 1978-1981 : séjour comme animateur de la JAC, en pleine guerre civile. 1990 : voyage avec André Noblia. 1993 : deux mois pour remplacement dans une paroisse et début d'apprentissage du Sar. 1994 : stage de langue. 1995-2004 : ministère en  responsabilité de paroisses (Koumra et Koumogo). 2006 : visite à N'Djamena. Je suis un habitué de ce pays, y ai de nombreuses connaissances et amis dans toutes les régions, spécialement dans les zones où j'ai travaillé. Depuis le retour en France en 2004, je continue à accueillir chaque année des tchadiens, prêtres et laïcs, qui me permettent de continuer les contacts. Le retour y est à la fois heureux et paisible.

01a1.jpg
01a2.jpg

 

Au centre d'Accueil  de Kabalaye, point de rassemblement de tous les voyageurs : Dr Edouard, médecin revient du Burkina Faso après une spécialisation en gynécologie ; Ferdinand, formés à la même Ecole d'Agronomie (CNEARC) nous avions conduit il y a une dizaine d'années, des travaux communs de formation de paysans, est actuellement à la Banque Mondiale à Washington ; Bugru, chargé d'Education au Belacd de Sarh.

 

dimanche, 22 février 2009

Être libéré de ses paralysies, être pardonné

7e dim B - 22 février 09 - Être libéré de ses paralysies, être pardonné -cf. Is 43,18-25; Mc 2, 1-12

1-         Un papa s'est exprimé devant sa femme et une autre personne venue ce soir - là en visite chez eux. Quelques jours auparavant, il avait vu son garçon aller à l'école en ayant oublié d'emporter quelque chose d'important et volontairement, ne lui avait rien dit. Comme si dans le jeu relationnel père-fils, quelque chose de l'ordre de la compétition s'était joué entre eux, comme une jalousie. Le fils en a subi conséquence. Le père, maintenant, s'en veut. « Est-ce que je peux être pardonné ? » interroge t-il. Le fait de l'exprimer ainsi, humblement, montre le chemin intérieur accompli ; il est à présent mis au jour, laissant espérer un nouveau départ dans sa relation avec le fils. Ainsi la réconciliation devient-elle possible quand le pardon a été entendu dans le cœur. C'est un cas qui apparaît fréquemment dans la Bible.

2-         Le thème du pardon a mis du temps à émerger dans la conscience des hommes de la Bible. Et cela est visible dans la progression de ce thème d'un Livre à l'autre. Dans le 2ième Isaïe, un cri retentit : moi, oui, moi, je pardonne tes révoltes, je ne veux plus me souvenir de tes péchés. Dieu est parvenu à percer la conscience humaine, le libérant de la vengeance ou de la justice vue comme simple équité. En lui ouvrant la perspective d'un effacement de toute faute contre lui, c'est un monde nouveau qui advient. Tout ce qui paralysait l'humanité et qui se nommait peur, remords, doute, haine, ressentiment, révolte, est délivré du cœur de l'homme pour l'engager dans un chemin neuf de relations où tout redevient possible. Et cette initiative vient de Dieu qui languit d'amour. Le monde en est renversé .

Ce propre renversement est mis à l'œuvre dans l'évangile et le récit du paralysé guéri l'illustre bien. Qui est ce paralysé qu'on transporte à grand peine, le faisant descendre de l'orifice du toit jusqu'à Jésus ? il ne parle pas ; il ne bouge pas ; seuls ses yeux parlent. Et au fond de ses yeux, c'est la détresse de l'humanité et en même temps, il n'est pas seul. Quelques uns l'ont porté là, bravant les obstacles, mus de leur seule confiance. Les adversités demeurent, l'opposition des gens installés, la foule qui n'aide pas, mais la Parole est libre. Elle peut être entendue par ce paralysé. La Parole va vivement résonner jusqu'au fond de  son âme. Le cri ancien de Dieu dans la Bible le rejoint en cet instant. C'est l'aujourd'hui de Dieu ! Et la rencontre improbable se réalise. Lui, le paralysé est libéré. Le corps atrophié se détend. Il peut maintenant se lever et marcher. C'est comme une sortie de la mort du péché. C'est comme une résurrection complète. Et on peut rendre gloire à Celui par qui tout arrive : Dieu parce que ce qui arrive n'est pas d'hier, mais ici et maintenant. La Parole l'a sauvé.

3-         Comment cela peut-il avoir une incidence pour nous ?

Tout d'abord, même si le mot de pardon est banni de plus en plus de notre culture de l'efficacité, que ce soit dans le monde de l'économie, des relations sociales ou de la politique, et encore plus le terme de 'péché' qu'il convient de re-situer dans son sens le plus fort qui est  'séparation de la source de l'amour', il nous revient de ré-habiter ces mots. Il nous faut les ré-acclimater et ainsi, les considérer comme possibles à entendre par les hommes d'aujourd'hui.

Ensuite, qui peut entendre ces paroles de libération « tes péchés sont pardonnés » ? ceux qui sont paralysés. Et qui est paralysé par son passé, par des conflits, des peurs, qui est prisonnier des préjugés, du qu'en dira t-on, qui n'ose pas bouger, même quand la conscience interpelle ? Moi ! C'est à dire chacun de nous ! Nous sommes ce paralysé qui a besoin d'être libéré par une parole d'amour, qui a besoin d'être sauvé par une parole de pardon. Et nous pouvons en prendre conscience devant l'Amour.

Mais qui nous la transmettra cette parole d'amour et de pardon qui libère ? Celui qui est proche de la Source ! et ce peut être quelqu'un qui sera assez à l'écoute de la détresse humaine qui saura faire entendre la Parole qui vient de Dieu. Et ce peut être l'un d'entre nous, peut-être moi ou toi... y avons-nous pensé ? avons-nous médité que dans un couple, dans une famille, dans un atelier, nous avons à faire entendre la parole qui libère du passé et qui ouvre un avenir ? Ainsi, être en la manière de Jésus.

Demandons à Dieu, de devenir de ceux qui le rendront présent à ce monde trop souvent en détresse, ou à ces personnes autour de nous au cœur paralysé, et qui demandent à être sauvées.

 

Semaine du 16 au 23 février

Chers amis,

Avec joie, ce petit mot hebdomadaire.

La semaine avait commencé avec la récollection des prêtres du diocèse à St Léonard et s'est poursuivie avec diverses célébrations et rencontres. Sur l'ensemble de la paroisse, nous avons célébré en 4 jours : 8 enterrements, pris en charge par les personnes en mission pastorale. Occasion de rencontres approfondies avec les familles. Groupe biblique à St martin Chateau, préparation de rencontre CMR à Peyrat et réunion à Felletin, rencontre avec les couples accompagnateurs au mariage, bilan du Loto paroissial à Chateauneuf, Journée de théologie pastorale à Ajain, réunion de Doyenné à Pierre Buffière. Rencontre de fraternité charles de Foucauld, Visite de prêtres venant de Bordeaux et de Paris. Ce dimanche, notre 9e Journée intergénérations à peyrat le Chateau. Thème : ensemble en chemin pour un monde meilleur.

Vous pourrez voir ici des images du Tchad et suivre quotidiennement à partir de lundi, le récit de mon voyage dans ce pays en janvier dernier.

Je vous dis toutes mes amitiés.

Jean Michel Bortheirie

 

dimanche, 15 février 2009

Voulez-vous guérir de ce qui vous fait souffrir ?

6e dim B-15 février 09- Voulez-vous guérir de ce qui vous fait souffrir ? cf.Lv13;1Co10;Mc1,40-45

1-         Au cours de mes nombreuses rencontres, je perçois bien souvent chez les personnes, l'expression cachée de souffrances du physique comme rhumatismes ou maux de têtes, ou des cancers mais aussi bien d'autres types de souffrances : des conflits avec des membres de sa famille, des humiliations vécues parfois il y a bien des années, des remords, des ruptures conjugales, la perte d'un enfant, des deuils douloureux, des soucis avec des parents malades d'Alzeimer, sans compter les soucis économiques comme les fins de mois difficiles ou l'endettement. La liste pourrait être longue. Chacun peut être touché par la souffrance comme l'expression d'une forme de maladie, physique, sociale ou même, spirituelle. Est ce qu'on peut en guérir ? veut-on en guérir ? La Bible nous enseigne bien sûr quelque chose à ce sujet.

2-         Dans l'Ancien Testament, tout ce qui concernait le culte était codifié, rien n'était laissé au hasard, en particulier les conditions pour participer à l'assemblée des croyants. Il fallait être pur ; et le signe de pureté ou d'impureté était visible. Si votre corps est sain, donc, votre intérieur est pur. Mais si votre corps est marqué par une anormalité, alors, c'est le signe que votre intérieur est dérangé. Et si c'est plus grave comme la maladie de la lèpre, on est exclu de la communauté car impossibilité de participer au culte, la lèpre étant le signe que le cœur est malade. Cela entraînait-il des souffrances ? sans doute. Mais elles étaient acceptées comme volonté de Dieu. Ainsi de toute souffrance personnelle perçue parfois comme un châtiment.

Or la venue de Jésus va inaugurer une manière complètement contraire de voir les choses. Jésus vient dans ce monde bien codifié, il va le prendre en considération pour comprendre ce qu'endurent les gens et saisir leur souffrance. Mais en même temps, il va proposer par ses paroles et ses gestes, un renversement de situation, comme un chemin de libération. Pas seulement extérieur, mais intérieur, profond. Etre libéré de tout ce qui empêche la vraie relation à Dieu. Un lépreux, brisant toute barrière, le supplie « si tu le veux, tu peux me guérir ». Au delà de sa souffrance, c'est un cri qu'il adresse à Jésus. Celui-ci l'entend et davantage, touché, le guérit de sa santé contagieuse, le rend libre de sa liberté contagieuse. Il lui donne la marche à suivre. Mais lui, en fait à sa tête, ou plutôt, ne comprend pas qu'il se doit au silence et à l'action de grâces pour que sa guérison soit complète. Il se met au centre, se vante, et forcera Jésus à se cacher parce qu'il a touché un lépreux. Sa volonté de guérir était forte, mais elle était de travers, et résultat, son cœur n'est pas changé, sa maladie reviendra peut-être. Sa dépendance demeure. Il n'a pas voulu de la vraie libération que lui offre Jésus.

3-         Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?

Tout d'abord, nous savons que les maladies sont soignées par les médecins ou dans les hôpitaux. Mais être soigné ne veut pas dire être guéri. Et ce qui permet la guérison n'est pas seulement de l'ordre du médicament chimique, mais de l'environnement affectif, du moral, du désir de vivre qui habite la personne malade. Au contraire, quand on baisse les bras, on meurt.

Ensuite, nous pouvons aussi être enseignés par ceux qui réchappent de leurs souffrances. Ces personnes ne pensent plus pareil. Elles ne s'accrochent plus qu'à l'essentiel, qui est de relativiser tout ce qui encombre l'esprit des gens mais d'être centré sur tout ce qui donne vie. Cela nous fait penser que ce qui est essentiel pour nous c'est d'être accroché au Christ.

Enfin, tout moment, même difficile, même de plus souffrant, nous rapproche de la démarche de ce lépreux de l'évangile. On appelle le Christ au secours. Il nous apprend aussi, que ce qui compte, c'est dans la manière, c'est dans le cœur que ça se passe. Un appel vrai qui nous laisse libre, qui le laisse libre. Mais en même temps, qui nous achemine à la guérison totale de toutes nos souffrances cachées. Nous voulons guérir, nous apprenons à guérir, à sa manière.

Demandons à Dieu la simplicité du cœur pour accepter ce qui nous tracasse mais aussi nous disposer à changer, selon la grâce qui passe. Demandons lui comment bien le prier mais aussi bien prier pour tous les souffrants, que nos pensées spirituelles les aident à guérir de leur mal.

 

Semaine du 09 au 15 février 2009

Chers amis,

Après la journée de Fraternité à Pompadour, un petit saut dans le sud ouest, avec une messe à Lourdes sous le déluge, le 11 février. La Basilique souterraine était archi pleine. Préparation des Ostensions de Juin, groupes de lecture d'évangile, rencontre du CMR, bureau du conseil pastoral, collège des consulteurs avec Mgr Charrier, préparation d'une émission avec TéléMillevaches. Vernissage d'une expo sur l'Ile de Vassivière. Ce dimanche, repas avec des personnes isolées.

Avec toutes mes amitiés

Jean Michel Bortheirie

 

 

Toutes les notes