dimanche, 04 janvier 2009

L’offrande en l’Épiphanie du Seigneur

4 janvier 2009 – L’offrande en l’Épiphanie du Seigneur – cf. Is 60, 1-4 ; Ep 3, 2 …6 ; Mt 2, 1-12

1-    En ces jours qui débutent l’année nouvelle, quel bonheur d’offrir des vœux, des souhaits à tous ceux qui nous entourent ! Ces vœux offerts peuvent être de pure forme ; ils sont aussi le signe qu’on puisse donner quelque chose qui nous est cher. Comme un cadeau vrai. Les vrais cadeaux sont ceux qui coûtent, pas seulement en argent ; mais qui nous déplacent, nous dérangent, nous font sortir de notre ego. Offrir de soi-même, c’est comme permettre que du neuf survienne. En ce début d’année, alors que bien des projets sont à l’état d’ébauche, avec peut-être l’espoir d’un meilleur, malgré toutes les mauvaises nouvelles,  mettons-nous en route comme les Mages de la crèche. Pourrons-nous offrir quelque chose à celui qui est venu et reviendra et qui nous sauve sans cesse ?

2-    Dans les textes de la Bible, de nombreuses pages expriment cet espoir du meilleur, non comme une consolation pour faire avaler la pilule, mais comme une œuvre pleinement humaine car portée totalement par l’action divine. Ainsi, le Prophète Isaïe, ce grand prophète qui encadre la période de l’Exil du Peuple de Dieu dans les contrées païennes babyloniennes au 6e s. av JC, va décrire le rétablissement du peuple découragé dans une Jérusalem renouvelée. Il ne s’agira pas d’un simple retour à l’état antérieur, mais l’aube d’une nouvelle ère où toutes les frontières sont abolies, où les peuples venant de partout, s’unissent, attirés par la présence lumineuse d’un salut offert à tous. Affluent les présents qui sont leurs richesses, toutes leurs richesses. Rien ne vaut davantage que ce bonheur d’être sauvé ; ils n’ont plus besoin de rien d’autre. Tout est occasion de don, d’action de grâces, de partage. Offrande de tout pour laisser toute la place à l’essentiel.
Les mages dans l’évangile symbolisent ce don espéré, cette offrande annoncée. Ils quittent leur monde, se mettent en route, se défaisant de leurs sécurités, de leur bien être, sans peur, avec la seule confiance que donne la liberté intérieure. Leurs richesses, ils veulent les confier désormais à l’Enfant qui naît mais qu’il leur faut découvrir. Un cadeau n’a de valeur que s’il implique une sorte de dépossession de soi-même, une perte. Ainsi, ces mages perdent-ils beaucoup à chercher : leur temps, leur fatigue, leur souci. C’est au prix d’un appauvrissement volontaire, matériel sans doute, spirituel plus sûrement, qu’ils vont se mettre au niveau de l’Enfant. Ayant tout perdu, mais l’ayant trouvé, ils lui offrent toutes leurs richesses, or, encens et myrrhe, car désormais ne compte que cette présence lumineuse qu’ils ont découverte et qui devient l’unique boussole de leur vie. Ils en sont tout changés.

3-    Mais nous, est-ce que nous pouvons offrir quelque chose cette année au Seigneur ?
Tout d’abord, alors qu’on en est toujours à espérer obtenir quelque chose, gagner davantage, vouloir agrandir ce qu’on possède, ne pourrait-on pas inverser ce cours des choses, et nous disposer plutôt à nous mettre dans la disposition du don, de l’offrande, de dépossession en somme ? Quand on est disposé à donner, c’est que le cœur a changé : il ne regarde pas l’avoir mais l’être. Et cela entraîne une croissance intérieure qui dynamise.
Ensuite, de nombreux obstacles subsistent pour effectuer ce don de nous-mêmes. En premier lieu, les conditionnements de notre société, les discours ambiants, y compris de nos responsables, qui invitent plutôt à l’inverse. Mais davantage, nos peurs de manquer, nos craintes du futur, nos soucis nous paralysent. Il s’agit d’en prendre conscience.
Enfin, comprendre que l’offrande que nous pouvons faire de mieux, c’est nous mêmes. Ce n’est pas une question de richesse ou d’aisance matérielles. Le don de soi est à la portée de tous. Il est indispensable pour espérer un mieux dans notre monde déboussolé. Il ne peut être partagé que si à notre petit niveau on s’y met. Et pour notre part, nous pouvons comprendre qu’il prend sens, parce qu’en servant l’homme, on sert Dieu devenu homme. Il est don à Dieu.
Prions que dans les dispositions de cette année qui débute, nous apprenions à faire offrande de quelque chose de particulier, dans l’esprit d’un don fait à Dieu qui renouvelle tout.

Ecrire un commentaire