dimanche, 30 novembre 2008

La veille pleine d’un silence actif

1er Avent B – 30 novembre 08– La veille pleine d’un silence actif – cf. Is 63 ; 1Cor 1,3-9 ; Mc 13,33-37

1- Au cœur du brouhaha du monde, alors qu’on essaie de trouver de nouvelles astuces pour relancer la dépense des gens et soutenir ainsi l’activité économique en crise, une question nous arrive comme une attente : est-ce qu’on dépensera cette année, autant qu’avant, pour les fêtes de fin d’année ? En effet, même si dans notre région on n’aime faire des folies dépensières, la préparation des fêtes anime déjà un peu tout le monde. Mais nous, personnellement, comment allons-nous nous préparer ? Car, ce ne sont pas des fêtes que nous préparons dans la fébrilité. C’est l’avènement de Noël, c’est la venue du sauveur, non pas une répétition mais le retour du Christ ! Et ce nouveau temps des 4 semaines de l’Avent, qui inaugure la nouvelle année liturgique, c’est d’abord une invitation à veiller.

2- Revenons en arrière et écoutons le Prophète Isaïe. Au cœur de l’histoire d’Israël que nous raconte la Bible, l’exil forcé à Babylone s’achève, les exilés retrouvent leur terre mais, ils éprouvent une grande déception : la terre n’a pas attendu les arrivants ; le pays a oublié et s’est réorganisé tout autrement ; la reconstruction du temple de Jérusalem n’apparaît même pas prioritaire ; il faut bien se rendre à l’évidence, après la grande euphorie du retour, le quotidien est laborieux, pénible et marqué de souffrance. Comment comprendre cette épreuve ? Dieu serait-il absent ? Celui qui est l’auteur de la création, abandonnerait-il ses fidèles ? Le cri des croyants par la bouche du prophète semble rencontrer un ciel vide ! Cette expérience de désarroi est pourtant le passage nécessaire pour entendre la manière de Dieu, qui n’agit pas dans la forme extraordinaire mais dans la forme ordinaire. Comme un potier qui tendrement travaille l’argile, comme un père qui longuement prend soin de ses enfants. La réalité de cet ordinaire quotidien est la condition pour que se manifeste une présence, légère sans doute mais réelle, de celui qu’on appelle Dieu. Celui qui espère en lui malgré tout ne sera jamais déçu.
Cette espérance est une attente. Vigilante. Permanente. Pour être prêt quand Le moment arrive. Moment d’une manifestation qui était demeurée cachée sous la longueur des jours et qui tout d’un coup devient visible. Il ne faut pas imaginer que le retour du Christ sera un événement extérieur à nous. Le Christ est là déjà, partout, dans la vie des hommes. Mais il n’est pas encore manifesté de manière visible. Il le sera et nous sommes en attente vigilante, chacun à son travail, comme le portier de l’évangile qui doit être prêt. Et comment attendre de cette manière, si ce n’est dans le silence et la prière. Ainsi, du cœur de ce silence qui ne menace personne, par son calme et sa paix, peut s’élever une contemplation de l’œuvre de Dieu, une profondeur de la perception des choses et des personnes reçues dans leur vérité, une louange et un discernement spirituel pour avancer sur le chemin. Ainsi, l’improviste ne surprend pas, quand on se dispose aux valeurs de l’esprit plutôt qu’à la captation des choses.

3- Quelle incidence cela peut-il avoir pour vivre notre Avent aujourd’hui ?
Tout d’abord, apprendre le silence. Le silence mène à l’intériorité. Peut-être en coupant une préoccupation lancinante qui encombre notre tête ; en stoppant une habitude routinière qui endort notre esprit ; en faisant silence sur des jugements, des critiques, des modes de parler qui peuvent blesser ; ainsi chacun peut-il trouver sa manière de faire silence.
Ensuite, apprendre à contempler l’œuvre de Dieu dans les petites choses. Les petites choses sont quotidiennes. Apprendre à rendre grâce malgré l’épreuve. Accepter de ne pas tout comprendre. De ne pas tout pouvoir comprendre. Et offrir.
Enfin, ne pas s’attacher au matériel. Nous savons combien le matérialisme fait perdre les repères d’un vivre ensemble et du vivre heureux. La quête du matériel, quand les besoins nécessaires sont satisfaits, peut être convertie. Pour nous tourner vers la quête du spirituel.
Demandons à Dieu, car lui seul peut nous convertir et nous disposer à l’essentiel, qu’autour de nous, nous soyons les messagers de cette attente confiante du Jour du Seigneur qui vient.

 

 

Semaine du 24 au 30 novembre 2008

 

Chers amis

Nous entrons en Avent; nous ne ferons pas de choses extraordinaires mais de petites choses, chacun à son niveau avec quelques rendez-vous communautaires.

La semaine a été marquée par diverses rencontres et réunions. Préparer le journal de Montagne Limousine à Viam (Correze), participer à une conférence sur l'économie sociale et solidaire à Guéret, rencontre avec l'éveque de Tulle à Limoges, le conseil économique de la paroisse à Eymoutiers, rencontre de foyers (dans l'esprit du CMR) à St Léonard , rencontre de Charles de Foucauld, diverses célébrations, obsèques et cérémonies.

Pour le contact avec la communauté des Soeurs qui sont entre les mains de leurs ravisseurs en Somalie : http://www.centromissionario.org


Je vous dis toutes mes amitiés

Jean Michel Bortheirie

 

 

dimanche, 23 novembre 2008

Le Christ Roi de l’univers

34e dim A–23 novembre 08– Le Christ Roi de l’universcf. Ez 34, 11..17; 1Cor 15, 20..28; Mt 25, 31-46

1- Au milieu des nouvelles bonnes ou mauvaises qui nous ramènent le bruit du monde, l’une nous indique une musique à laquelle il nous faudra prendre garde. L’Europe avait provisionné quelques milliards cette année pour compenser la chute éventuelle des prix agricoles. Or, les prix des céréales ayant augmenté, il restait quelque chose en réserve. Certains parlementaires ont demandé qu’on en consacre 1 milliard en faveur des Africains, pour justement compenser « chez eux » la hausse des prix alimentaires venant de « chez nous ». Eh bien, cela vient d’être refusé par la Commission européenne, arguant que les Etats européens préfèrent récupérer pour eux-mêmes tout cet argent. Dans la même veine, beaucoup d’associations venant au secours des pauvres craignent en cette fin d’année une chute de leurs recettes, parce que les gens préféreront garder davantage pour eux que donner aux autres.
En quoi cela peut-il nous préoccuper, en tant que croyants ? La Bible, par les textes de ce jour où nous célébrons le Roi de l’Univers, nous donne comme une réponse.

2- D’abord, des images : un berger, représentatif d’une ancienne société où le nomadisme était important, des troupeaux qui étaient à la fois symbole de richesse mais aussi de fragilité, et une symbiose entre berger et troupeau. Le troupeau et le berger ont en quelque sorte destins liés. Dans l’Ancien Testament, cette figure du berger a représenté le Roi, puis le Seigneur lui-même. Et le troupeau représentait le peuple d’Israël. Quand le troupeau s’égare, le berger le rassemble. Quand la brebis est blessée, le berger la soigne et la porte. En fait, apparaîtra peu à peu la figure d’un Roi d’amour prenant soin de chacun et permettant à tous de se disposer au même amour mutuel, vivant entre membres une même sollicitude et un même attachement. Mais cette belle image a fait faillite dans l’histoire d’Israël et tout fut perdu : le Roi, le peuple dans son unité, et même l’espoir que l’Alliance avec Dieu continue.
Mais la figure du berger, Jésus la reprendra à son compte. Nous en avons plusieurs passages d’évangile dans des paraboles (en Luc ou en Jean). Mais aussi dans Matthieu, en particulier dans cette parabole du jugement dernier. Les brebis ne sont pas des « moutons » ; elles ont capacité d’initiative, elles sont libres d’agir selon ce qu’elles sont, ce qu’elles comprennent de leur vie et de leurs relations aux autres. Et c’est au bout du compte qu’apparaîtront leurs sentiments profonds qui se sont concrétisés dans les actes. Certaines ont plus parlé qu’agi ; ou bien sont passées à côté de leur devoir ; elles sont comme ces chèvres noires égoïstes de la parabole, perdues à jamais. Les autres ont vraiment donné à manger à ceux qui avaient faim et vêtu ceux qui étaient nus, accueilli les étrangers, visité les malades et ceux qui étaient en prison. Or voici que le berger, par son vouloir, s’est assimilé à ces pauvres et exclus. Et les brebis à la fin, découvrent que le pauvre secouru est identiquement le berger qui les aime et qu’elles ont ainsi aimé sans même le savoir. Berger et brebis se retrouvent unis d’amour. Et cela ne peut être que le fait du roi et quel roi ! le Roi de l’univers, le Christ Jésus.

3- Cela vaut-il message pour notre aujourd’hui ?
Tout d’abord, il n’est jamais question ici de croyance, de conviction, ni même d’actes typiquement religieux. Mais de conduite de vie. Ce sont les actes de notre vie concrète qui nous jugeront. Actes d’amour ou actes manqués. Chaque jour, quiconque a la possibilité et le choix de secourir quelqu’un qui est dans le besoin ou au contraire, de le laisser tomber.
Ensuite, qu’est-ce qui peut nous motiver à secourir celui qui est dans le besoin ? En reconnaissant à l’autre la même humanité qu’en moi. Donc, l’autre, quel qu’il soit, est d’abord homme et sa simple présence dans mon monde me permet de m’humaniser et prouve qu’il est possible de rendre notre monde à tous plus humain.
Enfin, comme dit toute la tradition de l’Eglise, le pauvre que je vois est identiquement le Christ que je ne vois pas. Et je passerais à côté de sa présence ? Le même qui a dit « c’est à moi que vous l’avez fait » est le même qui a dit « ceci est mon corps ». Le sacrement du frère.
Prions pour que nos cœurs comprennent vraiment les implications de ce sacrement du frère ; que l’Eglise le mette toujours plus en œuvre et que nous trouvions en société de quoi sauver aujourd’hui les hommes qui souffrent de la faim et de la misère sous toutes ses formes.

 

 

Semaine du 17 au 23 novembre 2008

 

Chers amis

Au cours de la semaine écoulée, quelques bonnes rencontres, mais aussi, de bonnes réunions : équipe pastorale, conseil pastoral, équipe de préparation des baptêmes, deux groupes de lecture d'évangile à Eymoutiers, une journée de formation du mouvement CMR à St Léonard de Noblat sur le thème "habiter l'espace rural". Ce dimanche, la traditionnelle messe limousine de la Ste Cécile animée par Lou Rossigno do Limouzi... groupe folklorique du Limousin.

À partir de lundi de 20h10 à 21h00 je vous propose de regarder une émission sur Arte "Sur les traces du passé" présentée par Pierre-Valéry Archassal qui organise ce blog.
Et toujours pas de nouvelles de nos 2 soeurs kidnappées au Kenya le 9 novembre. On continue à prier.

Avec toutes mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

 

 

dimanche, 16 novembre 2008

Fructifier les talents reçus

33e dim A – 16 nov 2008 – Fructifier les talents reçus – cf. Pv 31, 10…31 ; 1Th 5, 1-6 ; Mt 25, 14-30

1- La crise financière n’a pas fini de nous interroger ; elle devient le signal d’une crise profonde qui touche l’économie globale et la vie concrète des habitants de la Terre. Elle pose la question des vraies valeurs : sur quelles valeurs veut-on baser le vivre ensemble sur notre planète ? Certains ont risqué l’argent des autres pour gagner plus. D’autres ont mis en place des mécanismes qui ont dévalorisé le travail et les ressources des autres, pour un gain aléatoire et personnel. Les solutions nécessiteront des efforts de tous. Spécialement envers les familles pauvres qui sont les premières victimes de cette évolution générale. Pour ce qui nous concerne, nous n’avons pas besoin d’attendre que de nouveaux mécanismes voient le jour ; c’est dès aujourd’hui qu’il nous convient de prendre conscience et d’agir à notre petit niveau, sans peur et avec confiance, comme nous y invitent les textes de ce jour. Ils ne sont pas un traité d’économie mais nous ouvrent à une sagesse.

2- Le Livre des Proverbes retrace la figure d’une femme vaillante et généreuse, qui épargne, investit et partage. Ce sont des conseils de sagesse permettant à chacun une vie équilibrée et heureuse sous la conduite de Dieu, comme une expérience acquise qu’il convenait de transmettre aux générations qui suivent. Ainsi, trouve t-on dans la Bible nombre de ces écrits de sagesse, un genre littéraire florissant dans tout l’Orient à cette époque. Or leur sens avait une tonalité différente de ce qu’on trouvait tout autour. Leur expression la plus construite avait rapport avec les récits de création. Dieu remet la Création sous la garde et la responsabilité de l’homme. A charge pour celui-ci, de faire en sorte que cette Création soit féconde, donne du fruit et du bonheur, malgré les vicissitudes du péché. Tout est possible, mais tout n’est pas profitable ! Rechercher sans cesse le meilleur qui passe par une manière de se libérer de l’esprit de possession pour s’enrichir en vue de Dieu.

Dans ce même sens nous vient la « parabole des talents », où le maître distribue sa fortune à ses employés avant de partir en voyage. A son retour, mieux qu’un résultat final (les uns ont multiplié les gains, un autre a tout thésaurisé comme un avare) c’est l’état du cœur et donc les sentiments et les convictions qui sont mis à jour. Celui qui est libre et fait confiance, se sert des biens confiés comme des siens : son avoir est multiplié puis remis en totalité. Celui qui a peur, le cœur fermé sans doute, a tout enterré comme il s’était lui même enterré. L’un peut user des biens et en faire profiter les autres. L’autre n’imagine même pas que son maître puisse tout simplement être généreux ; et personne ne profitera du don qu’il a reçu. « Tout ce qui est donné est multiplié ; ce qui est gardé est perdu ». Mais la parabole va plus loin : elle fait référence à la fin des temps. Chacun devra alors rendre compte de ce qu’il aura reçu. A ce moment, la vérité profonde et les valeurs de vie ou de mort paraîtront en pleine lumière.

3- Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, prendre conscience de ce que nous avons reçu. Or trop souvent, on est tenté de regarder ce que l’on n’a pas, alors que nous avons reçu « la vie, la croissance et l’être », et cet essentiel pour conduire notre vie, qui n’est pas seulement de l’ordre de l’avoir. On a reçu la foi, qui est un dynamisme intérieur qui nous fait porter vers les autres.

Ensuite, chercher à être libre pour porter du fruit avec ce que l’on est, plus qu’avec ce que l’on a. En fondant sa vie sur les valeurs du don et de l’ouverture aux autres, au lieu de toujours chercher son propre intérêt, on entre dans une dimension toute nouvelle de l’existence. Celle-ci devient féconde, la générosité multipliant ses effets.

Enfin, compter sur Dieu. Les problèmes du monde sont devenus immenses pour avoir oublié la générosité et l’amour de Dieu. En comptant sur Dieu, on entre dans une perspective insoupçonnée. Avec Lui, on considèrera la Création comme le bien suprême à nous confié.

Demandons Lui d’être de ceux qui accueillent ses dons, que l’humanité sache entrer dans cette attitude d’accueil, que des fruits inespérés jaillissent des cœurs et transforment le monde.

Semaine du 10 au 16 novembre 2008

Chers amis

la semaine a démarré avec un séjour au Pays basque et la célébration du 11 novembre par une messe à Helette.

au retour, beaucoup de célébrations d'obsèques, mais aussi des groupes de lecture d'évangile à Saint Martin Chateau et Saint Méard et une rencontre de Doyenné. Une journée avec les équipes d'aumonerie diversifiée du mouvement du MRJC.

je confie à votre prière les 2 Soeurs italiennes enlevées au nord-est du Kenya, le 9 novembre soir et dont on est sans nouvelles. Elles sont membres de la communauté missionnaire de Charles de Foucauld que j'avais rencontrée très présente auprès des plus pauvres en Ethiopie.

je vous dis toutes mes amitiés

bonne semaine !

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 09 novembre 2008

Fête de la Dédicace, fête de toutes les églises

9 novembre 08 –Fête de la Dédicace, fête de toutes les églisescf. Ez 47,1..12; 1Cor 3, 9..17; Jn 2,13-22

1- Beaucoup d’entre nous suivent l’actualité au jour le jour. Et ce qui nous attire, ce sont des nouvelles ou des informations qui touchent notre quotidien, disons, notre « maison ». Là où nous nous sentons bien. Là où nous sommes en sécurité. Au-delà de la surprenante et réjouissante élection d’un Noir à la Maison Blanche, on a envie de rappeler que la « maison brûle » pour des tas de gens qui n’ont plus d’abri parce que d’une certaine manière, l’Argent les a trompés. Au début d’une longue et douloureuse crise économique, qui bouleversera la sécurité de beaucoup de gens, comment ne pas rappeler l’histoire d’un temple, le Temple de Jérusalem, plusieurs fois détruit et reconstruit puis détruit pour toujours. Mais relayé par un autre type de Temple, comme nous le suggèrent les textes d’aujourd’hui.

2- Dès l’origine, c’est avec réticence que le Dieu d’Israël acceptait la construction d’un temple en son honneur. Il refusa même à David de conduire ce projet ; après 4 siècles le grand ouvrage fut détruit par Nabuchodonosor ; reconstruit puis agrandi par Hérode le Grand, il fut totalement incendié et détruit par les troupes romaines, il en reste aujourd’hui un mur de soutènement à Jérusalem. Mais avant leur destruction comme pierres, ces temples faits de main d’homme avaient connu la destruction comme esprit, par les luttes de pouvoirs et d’influences et par les trafics et l’argent-roi. Les prophètes interpellent le Peuple sur le vrai sens du Temple et par là, sur le vrai sens du culte. Ezéchiel renouvelle le sens véritable de l’espérance qui vient : par sa présence vivifiante et guérissante, l’Esprit de Dieu , telle une eau tonifiante qui sort du Temple, renouvellera la création entière. Au temps de Jésus, on est au terme de cette histoire. Elle n’a pas pu se réaliser parce que trop détachée du cœur des hommes. Un édifice de pierre n’a pu contenir la présence vivifiante de Dieu, alors, un édifice de chair prendra le relais, celui de Jésus lui-même, puisqu’il est non seulement Parole de Dieu, mais aussi, Dieu devenu chair humaine en son corps d’homme appelé à ressusciter. C’est de son Corps, et non des pierres qu’irradie la présence divine. Même si son corps est détruit par les hommes, l’Esprit rendu au Père rassemblera l’humanité en un seul Corps, le corps vivant et ressuscité du Christ, qui est l’Eglise. Et plus encore, ce corps est un temple vivant avec comme fondation le Christ et comme ensemble, le Christ. Et toutes les pierres sont les membres vivants de l’Eglise, pierres vivantes, qui composent le vrai temple de Dieu : comme dit Saint Paul, « le temple de Dieu est sacré et ce temple c’est vous ». Dès lors, le plus important est constitué par ces présences des uns et des autres, membres du Corps vivant du Christ, l’Eglise. Ils ont besoin pour se reconnaître, de se rassembler. Pour se renouveler et être baignés de la grâce que la tête donne au Corps, ils ont besoin de lieux, comme des églises-bâtiments ou des maisons, pour écouter la Parole et vivre les sacrements. Mais jamais, des murs ne donneront l’Esprit d’amour, à moins d’être habités par des personnes animées par cet Esprit. S’ils disparaissaient, ils seraient rebâtis sur le Christ dans les cœurs des croyants.

3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, réfléchir sur ma manière d’habiter les murs qui rappellent la présence du Christ. Si je viens à l’église, quels sont les sentiments de mon cœur ? Et si je n’y viens plus, où est-ce que je me nourris de la présence du Christ, de sa Parole et de ses sacrements ?

Ensuite, chacun d’entre nous est l’Eglise, chacun d’entre nous est signe de l’Eglise pour les autres. Quelle est ma conscience d’être de l’Eglise – Corps du Christ ? Comment est-ce que je porte l’Eglise aux autres, spécialement à ceux qui la connaissent très mal ou pas du tout ?

Enfin, il ne faut pas être nombreux pour être l’Eglise quelque part. On peut être à deux ou trois « et le Christ est au milieu de nous ». On peut être un seul, comme cela existe dans beaucoup de familles ou de quartiers. Or ensemble, on devient porteurs de grâces au monde.

Prions qu’en la fête de la Dédicace, notre foi en l’Eglise soit renouvelée. Que la désespérance jamais nous guette. Mais, portés par l’Esprit de Jésus, nous avancions sans peur et dans la joie

Semaine du 02 au 09 novembre 2008

Chers amis

 

Au cours de la semaine écoulée, après les cérémonies de Toussaint qui ont réuni beaucoup de monde dans les villages, de bonnes rencontres , des groupes de lecture d'évangile, préparation du Loto paroissial, des cérémonies, des visites. pour le 11 novembre, quelques personnes sont encore en weekend prolongé. A Eymoutiers, l'ouverture d'une nouvelle expo sur "le chemin des Dames" au centre d'art Rebeyrolle.

 

avec toutes mes amitiés

 

Jean-Michel Bortheirie

samedi, 01 novembre 2008

Fête de Toussaint, fête de tous les saints

1er Novembre 2008 – Fête de Toussaint, fête de tous les saints – cf. Ap 7,2…14 ; 1Jn 3, 1-3 ;Mt 5, 1-12

1- Il y a ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. Il y a ceux qui s’engagent pour les autres et ceux qui ne font rien de spécial. Il y en a qui sont en bonne santé et d’autres qui sont malades. Il y a ceux qui travaillent et ceux qui ne le peuvent pas… Et puis …

Il y a ceux qui aiment, mais c’est tous. Il y a ceux qui souffrent, mais c’est tous. Il y a ceux qui espèrent, mais c’est tous ! en cette fête de Toussaint, fête de tous les saints, l’humanité entière, aimante, souffrante, espérante est célébrée parce qu’elle contemple le Christ dans le triomphe de ses élus. Nous le ressentons vivement dans nos cœurs et nous nous associons à ce grand cortège de l’humanité qui a traversé l’épreuve de la mort et qui contemple dans l’action de grâces la gloire du Christ. Ce mystère nous est révélé par les textes de cette liturgie.

2- Le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, nous présente comme un dévoilement de l’histoire humaine. Jean, parce qu’il a été saisi par l’Esprit, raconte ce qu’il a « vu ». Dans ses visions qui expriment le « ciel », parfois en langage codé, ou du moins symbolique, Jean cherche à donner du courage aux croyants qui traversent des moments difficiles à cause de leur témoignage de la foi. Ils sont présents à la fois sur « terre » et au « ciel ». Qui peut déterminer l’appartenance à ce groupe ? Jean dit simplement leur caractéristique : ils sont une foule immense, innombrable (c’est la signification symbolique du chiffre 144 000), ils sont sous la protection de Dieu ; ils portent sa marque qui ne peut être qu’une marque d’amour. Ils sont une foule universelle en qui toute différence s’est estompée, entièrement tournée vers la source de l’illumination : l’Agneau pascal. La mort, symbole du mal, est abolie car elle divisait les êtres. Par le sacrifice de l’Agneau, la vie est donnée et cette vie glorieuse donne sens à la vie des témoins qui passent par l’épreuve du don total d’eux mêmes.

Ce n’est pas par mérite personnel que l’humanité entre dans cette illumination mais par grâce. La source de vie et de lumière est une source d’amour qui enveloppe les êtres de sa bonté. Cette source, que les croyants reconnaissent en Christ, touche les cœurs des humains, leur communiquant sa vie et sa sainteté. Il suffit juste de l’accueillir, en ouvrant son intérieur à cette présence de grâce qui pardonne et guérit. En conséquence, une transformation s’opère en chacun et s’approfondit à mesure de cet accueil. Dans un cœur à cœur de plus en plus étroit, quiconque peut entrer dans le mystère de cette bonté qui se donne. Et plus encore, quiconque peut, même sans le savoir, vivre ajusté à la vie des Béatitudes et être associé au peuple immense qui contemple la gloire de l’Agneau. Ainsi, même ceux qui ignorent le Christ mais qui vivent d’une manière totalement donnée aux autres, s’oubliant soi-même, jusqu’au péril de leur vie, se retrouvent-ils comme dit St Jean, « les palmes à la main », ayant traversé la grande épreuve et revêtus de la sainteté de Dieu.

3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, prendre conscience de ce qu’est notre destinée. Pour beaucoup de gens la mort est une fin. Or pour nous, il s’agit de la rencontre avec le Christ ! Nous rejoignons en lui, tous ceux qui nous ont précédés, spécialement ceux qui ont été recréés par la sainteté de Dieu.

Ensuite, chacun de nous a sa manière de rejoindre Dieu. Ne nous désolons pas d’être très éloignés de l’image que nous nous faisons des saints. Mais essayons de faire flèche de tout bois, de nous construire à partir de ce que la vie nous donne et des circonstances où elle nous place. C’est dans cette lumière que nous pouvons accueillir la sainteté de Dieu.

Enfin, je connais des tas de gens qui ne figureront jamais sur le calendrier mais qui sont de vraies figures de la sainteté dans leur vie quotidienne : des pères et des mères de famille, des personnes qui souffrent, des jeunes qui se donnent, des religieux, et même des non-croyants. Gardons les yeux ouverts et le cœur prêt à rendre témoignage de la sainteté simple et vivante.

Demandons à Dieu, d’accueillir sans cesse sa sainteté dans notre vie de tous les jours et peu à peu, témoigner de la grandeur de la vie qui s’épanouit bien au-delà de nous, en vie éternelle.

Semaine du 26 octobre au 1er novembre 2008

Chers amis

 

En cette fête de Toussaint (avec un temps de Toussaint) toutes mes amitiés et mon bon souvenir.

pour faciliter les cérémonies nous avons le concours de P Laurence Culas, prêtre de l'Inde; dimanche, dans les 25 églises de la paroisse, une cérémonie de prière en mémoire des défunts animée par les "missionnaires des villages"

 

bonne fin de vacances pour ceux qui ont eu la chance de s'accorder quelques jours de répit...

 

Jean-Michel Bortheirie

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