dimanche, 23 novembre 2008
Le Christ Roi de l’univers
34e dim A–23 novembre 08– Le Christ Roi de l’univers –cf. Ez 34, 11..17; 1Cor 15, 20..28; Mt 25, 31-46
1- Au milieu des nouvelles bonnes ou mauvaises qui nous ramènent le bruit du monde, l’une nous indique une musique à laquelle il nous faudra prendre garde. L’Europe avait provisionné quelques milliards cette année pour compenser la chute éventuelle des prix agricoles. Or, les prix des céréales ayant augmenté, il restait quelque chose en réserve. Certains parlementaires ont demandé qu’on en consacre 1 milliard en faveur des Africains, pour justement compenser « chez eux » la hausse des prix alimentaires venant de « chez nous ». Eh bien, cela vient d’être refusé par la Commission européenne, arguant que les Etats européens préfèrent récupérer pour eux-mêmes tout cet argent. Dans la même veine, beaucoup d’associations venant au secours des pauvres craignent en cette fin d’année une chute de leurs recettes, parce que les gens préféreront garder davantage pour eux que donner aux autres.
En quoi cela peut-il nous préoccuper, en tant que croyants ? La Bible, par les textes de ce jour où nous célébrons le Roi de l’Univers, nous donne comme une réponse.
2- D’abord, des images : un berger, représentatif d’une ancienne société où le nomadisme était important, des troupeaux qui étaient à la fois symbole de richesse mais aussi de fragilité, et une symbiose entre berger et troupeau. Le troupeau et le berger ont en quelque sorte destins liés. Dans l’Ancien Testament, cette figure du berger a représenté le Roi, puis le Seigneur lui-même. Et le troupeau représentait le peuple d’Israël. Quand le troupeau s’égare, le berger le rassemble. Quand la brebis est blessée, le berger la soigne et la porte. En fait, apparaîtra peu à peu la figure d’un Roi d’amour prenant soin de chacun et permettant à tous de se disposer au même amour mutuel, vivant entre membres une même sollicitude et un même attachement. Mais cette belle image a fait faillite dans l’histoire d’Israël et tout fut perdu : le Roi, le peuple dans son unité, et même l’espoir que l’Alliance avec Dieu continue.
Mais la figure du berger, Jésus la reprendra à son compte. Nous en avons plusieurs passages d’évangile dans des paraboles (en Luc ou en Jean). Mais aussi dans Matthieu, en particulier dans cette parabole du jugement dernier. Les brebis ne sont pas des « moutons » ; elles ont capacité d’initiative, elles sont libres d’agir selon ce qu’elles sont, ce qu’elles comprennent de leur vie et de leurs relations aux autres. Et c’est au bout du compte qu’apparaîtront leurs sentiments profonds qui se sont concrétisés dans les actes. Certaines ont plus parlé qu’agi ; ou bien sont passées à côté de leur devoir ; elles sont comme ces chèvres noires égoïstes de la parabole, perdues à jamais. Les autres ont vraiment donné à manger à ceux qui avaient faim et vêtu ceux qui étaient nus, accueilli les étrangers, visité les malades et ceux qui étaient en prison. Or voici que le berger, par son vouloir, s’est assimilé à ces pauvres et exclus. Et les brebis à la fin, découvrent que le pauvre secouru est identiquement le berger qui les aime et qu’elles ont ainsi aimé sans même le savoir. Berger et brebis se retrouvent unis d’amour. Et cela ne peut être que le fait du roi et quel roi ! le Roi de l’univers, le Christ Jésus.
3- Cela vaut-il message pour notre aujourd’hui ?
Tout d’abord, il n’est jamais question ici de croyance, de conviction, ni même d’actes typiquement religieux. Mais de conduite de vie. Ce sont les actes de notre vie concrète qui nous jugeront. Actes d’amour ou actes manqués. Chaque jour, quiconque a la possibilité et le choix de secourir quelqu’un qui est dans le besoin ou au contraire, de le laisser tomber.
Ensuite, qu’est-ce qui peut nous motiver à secourir celui qui est dans le besoin ? En reconnaissant à l’autre la même humanité qu’en moi. Donc, l’autre, quel qu’il soit, est d’abord homme et sa simple présence dans mon monde me permet de m’humaniser et prouve qu’il est possible de rendre notre monde à tous plus humain.
Enfin, comme dit toute la tradition de l’Eglise, le pauvre que je vois est identiquement le Christ que je ne vois pas. Et je passerais à côté de sa présence ? Le même qui a dit « c’est à moi que vous l’avez fait » est le même qui a dit « ceci est mon corps ». Le sacrement du frère.
Prions pour que nos cœurs comprennent vraiment les implications de ce sacrement du frère ; que l’Eglise le mette toujours plus en œuvre et que nous trouvions en société de quoi sauver aujourd’hui les hommes qui souffrent de la faim et de la misère sous toutes ses formes.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
Le Christ est notre Roi
parce qu'il nous aime
On t'a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi :
Rien d'autre que d'accomplir la justice,
d'aimer avec tendresse,
et de marcher humblement avec ton Dieu .
juste colère
Seigneur, tu es venu apporter
la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Tu as mis leurs cris dans ta bouche,
et tu viens vendanger l'injustice
dans la cuve de la colère de Dieu.
Tu épouses la revendication des opprimés
jusqu'à la subir dans ta chair,
et tu viens la combler dans l'amour
au-delà de toute espérance.
Ouvre nos yeux sur ceux qui souffrent
des terribles désordres du règne de l'argent,
de la guerre et des pouvoirs qui les servent
au lieu de servir l'homme.
Ouvre nos cœurs à la juste colère.
Purifie et soutiens nos positions et nos engagements
dans les actions sociales et politiques
pour que ce soit la dignité
et la fraternité des enfants de Dieu
qui grandissent.
Dans ces luttes
et dans le progrès du développement,
mets en nous assez de générosité,
d'amour et d'espérance
pour qu'à notre témoignage
les pauvres sachent que Dieu les aime
et que c'est toi, Jésus-Christ, le sauveur.
Ecrit par : anonyme | mardi, 02 décembre 2008
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