dimanche, 26 octobre 2008
L’amour, ambition pour vivre
30e dim A -26 octobre 08 – L’amour, ambition pour vivre – cf. Ex 22,20-26 ; 1Tess 1, 5-10 ; Mt 22, 34-40
1- Les derniers événements de l’économie mondiale ont mis en avant un mot qu’on y avait banni depuis de longues années : la régulation. C’est à dire, conduire ou diriger selon une méthode ou des principes d’équilibre. Certains ont affirmé qu’une « main invisible », comme la main de Dieu, conduisait les marchés vers leur équilibre ; d’autres considèrent que c’est à la puissance publique que revient l’équilibrage des acteurs économiques par la répartition. Mais voici qu’un personnage est venu bousculer l’actualité et rappeler le primat de l’amour dans toutes les conduites humaines : Sœur Emmanuelle. Pour elle, il ne s’agit pas de réguler mais au contraire, d’ambitionner un amour effectif pour tous les pauvres et les exclus de la terre et agir en sorte que tous puissent vivre heureux. Où puisait-elle sa conviction ? Dans la méditation des textes que nous recevons aujourd’hui de la Bible nous disant que l’amour pour Dieu et l’amour pour l’homme, c’est à la fois premier et un.
2- La première Lecture (du Livre de l’Exode) se faisait l’écho du Code de l’Alliance qui détaille les Dix commandements de Dieu reçus par Moïse sur le Sinaï. C’était plus de 1000 ans avant le Christ. La longue histoire des rapports de Dieu avec les hommes se vérifie donc dans les relations que les hommes ont entre eux. Le rapport à l’ineffable, à l’innommable, Yahvé, le Dieu d’Abraham, devient soudain une relation humaine : Dieu a pris l’initiative de libérer le Peuple hébreu. C’est lui qui a pris les devants. Avec un amour inconditionnel ! Il est premier et en conséquence l’homme peut se tourner vers Lui. Et L’aimer. Sachant que le résultat ne saurait être immédiat, qu’il faut du temps pour changer le cœur de l’homme, Il propose une pédagogie pour peu à peu, disposer l’homme à aimer comme Lui. Le grand combat permanent : comment aimer Dieu qu’on ne voit pas si on n’est pas capable d’aimer l’homme qu’on voit ? Or aimer l’homme, c’est trop difficile, si on ne se ressourçait pas dans une relation d’amour à Dieu. Ainsi, l’amour de Dieu et l’amour de l’homme viennent s’approfondir mutuellement, permettant à l’un et à l’autre de croître en vérité, et de se dépasser. Du coup, des comportements concrets sont proposés par Moïse, non pas en faveur des familiers ou des semblables, mais en faveur de ceux qui sont rejetés, sans défense, qui ne rendront pas le bien pour le bien. L’immigré, la veuve, l’orphelin, l’endetté, celui qui n’a plus rien. Ce faisant, on découvrira que celui qui n’a rien n’est pas rien. Il est une personne aimée de Dieu, il est une valeur infinie, il est la personne que Dieu met sur mon chemin, il est la personne qui me permet d’aimer Dieu en vérité. C’est exactement le sens de la réplique de Jésus aux pharisiens à propos du grand commandement. Il ne leur produira pas un traité de théologie sur l’amour de Dieu, mais il les mettra en situation concrète comme Dieu les y invite depuis toujours dans les Livres sacrés.
3- Est-ce que c’est valable encore pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, qu’on soit ignorant de Dieu, ou qu’on n’y croit pas, le désir d’aimer existe dans le cœur de l’homme et ce peut être un chemin pour grandir dans cet amour. De même si on découvre Dieu, c’est par amour : Dieu nous aime, malgré tout le mal que nous portons et cette expérience profonde de l’amour qui vient à nous, nous mettra en chemin.
Ensuite, aimer Dieu, quand on se ressource dans la prière, nous conduit nécessairement à aimer les plus pauvres. Pas seulement matériellement. Celui ou celle qui est à côté de moi est un pauvre que je peux aimer avec le regard qu’a Dieu pour lui ou elle. L’engagement d’amour se vit au plus près ; pas besoin pour cela de franchir beaucoup d’espace.
Enfin, aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même, ce n’est pas une affaire individuelle, car on risquerait de se satisfaire à bon compte ou au contraire, de rester dans la frustration. C’est avec une communauté, avec d’autres, que je peux trouver le sens juste.
Prions pour que les chrétiens d’aujourd’hui n’aient pas peur d’aimer et d’aimer sans cesse, non en paroles, mais par des actes et en vérité. Ainsi seront-ils les témoins de l’Amour infini. Ambitieux pour donner autour d’eux l’Amour qui fait vivre.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
Bravo pour ce que vous faites. Nous sommes un jeune groupe rock chrétien des Hautes-Pyrénées et nous venons nous faire connaître via notre blog : skotch.vox.com ! A bientôt peut-être via mail ou sur nos concerts ! En union de prières ! Manu.
Ecrit par : Manu | mardi, 11 novembre 2008
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