dimanche, 28 septembre 2008
Les premiers du Royaume
26e dim A – 28 septembre 08 – Les premiers du Royaume – cf. Ez 18,25-28 ; Ph 2, 1-11 ; Mt 21, 28-32
1- Dans une association, on est en train de prévoir une grande manifestation. On fait appel aux membres et même au-delà, qui répondent présent. Mais au fur et à mesure que la manifestation s’approche, les uns et les autres se défilent pour x bonnes raisons et les responsables se trouvent coincés. Vont-ils persévérer dans le projet ? au dernier moment, des gens auxquels on n’avait pas pensé se présentent, rendant possible la réalisation du projet. C’est comme une chance inattendue, malgré le désistement de ceux qui avaient dit oui. Mais quelle leçon pour les responsables ! ce genre de situation avec ses conséquences est courant ; on la retrouve aussi dans la Bible.
2- Le prophète Ezéchiel fut un prédicateur passionné, virulent, courageux. Emmené à Babylone dès la première vague de déportation 6 siècles avant JC, il sut maintenir chez les déportés l’espérance du retour. Mais il se heurtait en permanence à la révolte et au refus de ses frères. Aussi, va-t-il les faire réfléchir sur leur responsabilité personnelle dans le cours des événements qu’ils subissent. Il peut être aisé de reporter sur les autres la faute dont on est solidaire. Mais aucune guérison ne pourrait en ce cas survenir. C’est en regardant en vérité sa propre conduite, pas seulement les actes mais l’intention qui prévaut aux actes, qu’on découvre la manière de se racheter, du moins, l’idée qu’on peut être racheté. La responsabilité personnelle bien perçue ainsi que la vérité qui en émerge, deviennent chemin de libération.
Cette responsabilité personnelle est l’objet d’un débat entre Jésus et ses adversaires de la Loi religieuse qui dirigeaient le Temple de Jérusalem. Ceux-ci étaient assurés d’être sauvés puisqu’ils faisaient partie de ces premiers et seuls dépositaires qui avaient répondu à l’appel de Dieu depuis des générations ; ils considéraient que nul autre n’aurait cette possibilité, arrivant trop tard dans l’histoire. Cette certitude les aveuglait tant qu’ils se raidissaient dans leur conviction. Ils ont dit oui, puis n’ont rien changé à leur conduite. Toute autre est la proposition de Jésus. C’est une attention à l’histoire personnelle. Tout homme, dit-il, est capable d’entendre l’appel et de changer de conduite. Et de recevoir le salut qui lui est offert sans préalable, simplement l’accueillant et ainsi transformant son existence. Et qui sont ceux qui se trouvent dans ce cas de figure ? apparemment les plus éloignés des canons de la bonne conduite : les trafiquants et les prostitués. Ils n’étaient pas préparés à suivre le chemin qu’offre Dieu ; ils ont même agi contre sa Loi. Mais au bout du compte, ils se sont mis sur un chemin de conversion, devenant même exemple pour tous les bien-pensants.
3- Comment cela peut-il être acceptable pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, l’idée de la responsabilité personnelle nous est familière, par une histoire longue de 2000 ans et l’émergence de la conscience individuelle. Mais aujourd’hui, ne reportons-nous pas facilement la responsabilité de ce qui va mal sur les autres au lieu de regarder notre propre responsabilité ? il y a sans doute à regarder sur ce point, pour ne pas se décharger sur les autres avec une conscience tranquille.
Ensuite, en accueillant dans nos vies la capacité de changer, et en mettant effectivement en œuvre cette capacité, nous montrons un chemin qui peut interpeller ceux qui sont endormis dans leurs certitudes ou qui toujours disent oui, mais ne s’engagent pas. Nous pouvons nous mêmes être transformés par l’exemple des autres et nous aviser qu’il n’est jamais trop tard.
Enfin, le changement pour le changement n’est pas le but. C’est par la proximité avec Jésus et l’Evangile qu’on est interpellé à changer et qu’on trouve non seulement du sens à notre vie mais aussi du bonheur à vivre. On n’est plus dans une logique de rendement mais dans la gratuité. Nul ne mérite rien. Mais chacun reçoit plus qu’il n’espère : le salut comme don.
Prions pour qu’on mette au centre de nos préoccupations la vie du Royaume de Dieu. Que toutes nos pensées et nos actes deviennent liées à la perspective du Royaume. Sans nous préoccuper de nous-mêmes, nous devenons libres d’offrir cette chance à tous.
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Semaine du 22 au 28/09/2008
chers amis
après une très belle cérémonie à la Cathédrale de Limoges pour le départ de Mgr Dufour pour Aix, dimanche dernier, accueil par les différents conseils de l'administrateur apostolique en la personne de Mgr Charrier évêque de Tulle.
au cours de la semaine, plusieurs groupes de lecture d'évangile (dont un qui démarre sur Eymoutiers:le n° 7), une marche avec les jeunes du MRJC de Pontarion à la Forêt de Belleville en Creuse, diverses réunions et rencontres.
à la fin de la semaine (les 3 et 4 octobre) nous accueillons à Eymoutiers les reliques de Sainte Thérèse de Lisieux.
avec toutes mes amitiés
Jean Michel Bortheirie
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dimanche, 21 septembre 2008
La logique étrange de l’Amour
25e dim A – 21 sept 08 – La logique étrange de l’Amour – cf. Is 55, 6-9 ; Ph 1, 20-27 ; Mt 20, 1-16
1- Quand récemment, se déroulèrent les épreuves aux Jeux Paralympiques de Pékin, un de nos paroissiens y concourait. On vit des athlètes nouveaux, des chinois, rafler les médailles alors que de plus entraînés étaient relégués. On a pu les accuser de dopage… Dans une loterie, quelqu’un a pris de nombreux billets gagnants. Cependant c’est un dernier venu qui avec un unique billet gagne le gros lot. On soupçonne le trucage… Dans une entreprise où un poste de direction est à pourvoir, les plus anciens et les plus méritants sont sur les rangs. Or c’est un inconnu qui est appelé. On craint l’entourloupette… Ainsi, dans la vie courante des relations humaines, est-on confronté à de l’illogique, de l’incompréhensible. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans les relations avec Dieu ? C’est ce que nous suggèrent les textes d’aujourd’hui.
2- Dans un contexte de l’histoire du peuple d’Israël où rien de logique ne survenait, et même, à force de faire les choses bien, tout allait de mal en pis, le prophète Isaïe va essayer de donner du sens à l’illogique pour susciter l’espérance. Il faut du sens à ce qu’on vit, personnellement et collectivement. Quand on ne comprend pas, c’est le découragement.
Dans un contexte religieux, il s’agit de Dieu : le prophète va communiquer son expérience. Dieu ne raisonne pas comme nous. Dieu ne réagit pas comme nous. Dieu n’agit pas comme nous. Mais il est logique. Il prend parti pour le faible, à sa manière, de manière indirecte. Il conduit la vie de l’humanité, comme il est, en donnant la vie et en laissant toute la liberté à l’homme. Et c’est cela que le Peuple de Dieu mit du temps à admettre.
Le même problème est abordé par Jésus avec la parabole des journaliers agricoles envoyés travailler dans une vigne immense. Au bout du compte, les derniers embauchés (pour une heure de travail à la fraîche) reçoivent le même salaire que les embauchés de la première heure qui ont souffert plus que tout. Est-ce que c’est juste ? non, en terme de balance comptable. Mais la comptabilité de Dieu n’est pas la nôtre : avec lui, chacun, quoiqu’il donne, reçoit la vie et ce qu’il lui faut pour vivre : finalement c’est ce qui importe. Quand on a travaillé sans amour, on récolte l’amertume, parce que l’œil devient jaloux. Quand on travaille avec reconnaissance, on reçoit au centuple, au-delà de tout mérite. Si on l’a compris, l’œil devient bienveillant pour les autres. Et on devient prêt à accepter les lenteurs voire les refus de collaboration dans cette vigne en chantier pour toute l’humanité. Avec des fruits qui seront partagés pourtant au-delà de l’imaginable. Oui, la manière de Dieu est une manière d’amour et cela explique l’étrangeté de sa conduite : chacun récolte ce qu’il a semé, certes, mais chacun trouve en fin de compte l’essentiel de ce qui lui est nécessaire. Ce nécessaire ne peut être que de l’ordre de la relation, de l’amitié, de la paix, finalement, de l’amour des autres.
3- Qu’est-ce que ça peut vouloir dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, il s’agira de renoncer à penser que la vie soit absurde ou injuste. Ce sont parfois les circonstances de la vie humaine qui peuvent mener à la révolte. Et plus encore, les jalousies humaines ou les pressions qui bloquent l’élan de vie qui nous porte en avant. Or cela ne pourra jamais suffire pour imaginer qu’un néant soit au bout.
Ensuite, la ressource de vie prend de plus en plus de sens à l’aune de l’amour : l’amour qu’on reçoit mais surtout l’amour qu’on donne. Il convient sans doute que chacun réfléchisse à la dose d’amour qu’il met ou qu’il ne met pas dans chacun de ses actes, de ses paroles, ou de ses pensées. Et ainsi, on pourra se mettre dans une dynamique qui est celle de Dieu.
Enfin, la bienveillance pour les autres. On l’a aisément pour soi, cette bienveillance, jusqu’à justifier l’inqualifiable. Mais pour les autres, dureté et exigence forte ! La logique changera dès lors qu’on se met à la place de l’autre, totalement et sans rien attendre en retour. Cela ne résoudra pas tous les problèmes de notre société, certes, mais cela contribuera sûrement à rendre notre terre plus humaine. C’est cela la logique étrange de l’Amour.
Prions donc, que chacun puisse trouver sa place, heureuse, et rende ainsi les autres heureux.
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Semaine du 15 au 21 septembre 2008
Chers amis
La semaine écoulée est une semaine de démarrage avec des rencontres, réunions, sessions. L'Équipe d'aumônerie diversifiée du MRJC, l'Équipe d'Animation Pastorale de la Paroisse, la préparation de l'arrivée des reliques de ste Thérèse de Lisieux début octobre, préparation de session de formation du CMR (Chrétiens en Monde Rural), mais aussi, le 20e anniversaire du Cercle Condorcet de Guéret, le pot de départ de notre évêque Christophe Dufour, des groupes de lecture d'évangile, le retour de notre médaillé paralympique Cyril Jonard, réunion en vue des Ostensions de 2009, et ce dimanche, l'accueil de la paroisse d'Yssandon (Corrèze) en visite de rentrée pastorale.
En milieu de semaine, je me suis rendu aux obsèques de mon oncle au Pays Basque : grand moment de rencontre ecclésiale et familiale
Bon dimanche à vous
Avec toutes mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
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dimanche, 14 septembre 2008
Fête de la Croix Glorieuse
14 septembre 08 – Fête de la Croix Glorieuse – cf. Nb 21, 4-9 ; Ph 2, 1-11 ; Jn 3, 13-17
1- Lorsque nous nous retrouvons avec les familles qui demandent le baptême pour leurs enfants, nous nous rendons compte que le signe de la croix n’est pas toujours connu. Et nous opérons alors une « leçon » sur le signe de la croix. Ce signe que nous portons sur nous : il suffit de nous mettre debout, de serrer nos jambes et d’élargir nos bras. La verticalité met en relation symbolique le ciel et la terre ; l’horizontalité, la totalité de l’humanité. Ainsi, sans nous en rendre compte, nous avons signifié la profonde unité de notre corps avec les univers physique, symbolique et humain. Mais cela ne suffit pas, il faut pouvoir désigner par le langage de la pensée et donc la parole, le nom de celui par qui s’unit cet ensemble, Père Fils et Esprit, c’est à dire Christ. Et très simplement, le poids d’une réalité qui sauve. C’est ce que nous disent les textes de la Bible.
2- Les représentations les plus anciennes de la Bible concernant la Croix, vont de l’arbre de Vie du jardin d’Eden à la fois désiré et inter-dit jusqu’au mat dressé dans le désert de l’Exode sur lequel Moïse plante un serpent de bronze (le caducée des pharmacies) pour sauver les victimes du mal. Mal extérieur et mal intérieur, révolte contre l’amour sauveur de Dieu, mais aussi guérison intérieure dans l’accueil de cet amour infini. Ainsi, la croix, symbole de la plus atroce des mises à mort, celle de l’esclave révolté dans la société romaine, folie pour les juifs, scandale pour les païens, comme dit St Paul, sera paradoxalement l’endroit où Jésus sauve le monde de la barbarie et de l’impasse où l’a conduit son aveuglement. Sur la croix, Jésus va donner le signe du don le plus total, le signe de l’amour plus fort que tout. Plus fort que la violence. Plus fort que la vengeance. Plus fort que la mort. Et il entraîne tous ceux qui le veulent sur son chemin d’être sauvé. Il suffit pour cela, non pas d’endurer un tourment semblable. Mais de se poser là, de contempler, même sans comprendre, l’amour d’un homme qui est allé jusqu’au bout de lui-même et qui nous abreuve d’amour infini.
Dans la vie chrétienne, le chemin de s’arrête pas à la croix. Sur la croix est déjà à l’œuvre la résurrection qui est le passage par excellence de la mort à la vie. C’est pourquoi, il ne peut y avoir de résurrection sans le passage par la croix. C’est en tenant les deux aspects du même mystère croix et résurrection que se dit à la fois le cœur de la foi et aussi sa difficulté. Car, ne nous leurrons pas. Nous acceptons facilement ce qui va dans le sens de la vie et du bonheur ; nous acceptons difficilement, quitte même à l’ évacuer, ce qui est l’épreuve de la vie. Et plus encore l’épreuve de la foi ! accepter l’épreuve de la foi c’est être crucifié, mais en sachant aussi que la croix est le passage nécessaire vers la force de vie avec le Christ. C’est lui qui sonne sens au non-sens. C’est lui qui prend en charge notre désespoir pour nous ouvrir son avenir. Et être ainsi en paix parce que la haine ou la vengeance, le ressentiment ou la désillusion ont été vaincus par son amour. Et son amour seul.
3- qu’est ce que ça peut nous dire aujourd’hui ?
Tout d’abord, ne pas avoir honte de la croix ; ni de porter une croix ; elle est signe d’espérance secrète et source de joie. Ne pas avoir peur de faire le signe de la croix. C’est déjà une prière. Posément, simplement, profondément. Comme pour nous imprégner de ce mystère du don d’amour plus fort que tout.
Ensuite, associer la croix de l’humanité à ma croix. Ma croix ne sera jamais aussi lourde que celle de beaucoup d’autres et même de gens tout près de soi. Non pas dans un sens morbide ou de peine mais dans un sens de libération. La croix m’oblige à sortir de moi-même, à me libérer des conditionnements et des enfermements psychologiques.
Enfin, la croix est glorieuse. Elle est pleine de promesse et d’espérance. Elle est chemin de vivification. Même malade, je porterai en moi le signe de la victoire. Même mort, j’entrerai dans sa destinée de résurrection.
Prions avec Jésus sur la croix. Auprès de Jésus aux pieds de la croix. En sa présence dans le jardin de la résurrection. Et relions à notre prière le cri et l’espoir de l’humanité.
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Semaine du 08 au 14 septembre 2008
chers amis
après un petit intermède, me voici à nouveau chez vous.
bien sûr l'absence de quelques jours était dûe au voyage effectué en Chine pour encourager l'athlète paralympique de judo Cyril Jonard. Il a obtenu une très belle médaille d'argent après un très beau combat le 8 septembre à Pékin. C'était aussi l'occasion de faire du tourisme à Beijing (nom officiel de Pékin), Xi'an et Shanghay. Tout s'est heureusement passé et le retour a été sans encombre.
ce dimanche, journée africaine à Eymoutiers avec les chorales africaines de Limoges avec des visiteurs venus certains d'assez loin.
on est dans l'ambiance de l'amitié sans frontière.
Une suggestion : prier pour un jeune dyalisé en attente d'une transplantation d'un rein compatible. ses jours sont en danger. Il habite dans le bidonville qui m'a hébergé il y a près de deux ans aux Philippines. C'est par Daniel Godefroy, Fils de la Charité qui est très proche de ce jeune, que cette nouvelle nous parvient.
je vous dis toutes mes amitiés
Jean-Michel Bortheirie
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