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dimanche, 21 septembre 2008
La logique étrange de l’Amour
25e dim A – 21 sept 08 – La logique étrange de l’Amour – cf. Is 55, 6-9 ; Ph 1, 20-27 ; Mt 20, 1-16
1- Quand récemment, se déroulèrent les épreuves aux Jeux Paralympiques de Pékin, un de nos paroissiens y concourait. On vit des athlètes nouveaux, des chinois, rafler les médailles alors que de plus entraînés étaient relégués. On a pu les accuser de dopage… Dans une loterie, quelqu’un a pris de nombreux billets gagnants. Cependant c’est un dernier venu qui avec un unique billet gagne le gros lot. On soupçonne le trucage… Dans une entreprise où un poste de direction est à pourvoir, les plus anciens et les plus méritants sont sur les rangs. Or c’est un inconnu qui est appelé. On craint l’entourloupette… Ainsi, dans la vie courante des relations humaines, est-on confronté à de l’illogique, de l’incompréhensible. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans les relations avec Dieu ? C’est ce que nous suggèrent les textes d’aujourd’hui.
2- Dans un contexte de l’histoire du peuple d’Israël où rien de logique ne survenait, et même, à force de faire les choses bien, tout allait de mal en pis, le prophète Isaïe va essayer de donner du sens à l’illogique pour susciter l’espérance. Il faut du sens à ce qu’on vit, personnellement et collectivement. Quand on ne comprend pas, c’est le découragement.
Dans un contexte religieux, il s’agit de Dieu : le prophète va communiquer son expérience. Dieu ne raisonne pas comme nous. Dieu ne réagit pas comme nous. Dieu n’agit pas comme nous. Mais il est logique. Il prend parti pour le faible, à sa manière, de manière indirecte. Il conduit la vie de l’humanité, comme il est, en donnant la vie et en laissant toute la liberté à l’homme. Et c’est cela que le Peuple de Dieu mit du temps à admettre.
Le même problème est abordé par Jésus avec la parabole des journaliers agricoles envoyés travailler dans une vigne immense. Au bout du compte, les derniers embauchés (pour une heure de travail à la fraîche) reçoivent le même salaire que les embauchés de la première heure qui ont souffert plus que tout. Est-ce que c’est juste ? non, en terme de balance comptable. Mais la comptabilité de Dieu n’est pas la nôtre : avec lui, chacun, quoiqu’il donne, reçoit la vie et ce qu’il lui faut pour vivre : finalement c’est ce qui importe. Quand on a travaillé sans amour, on récolte l’amertume, parce que l’œil devient jaloux. Quand on travaille avec reconnaissance, on reçoit au centuple, au-delà de tout mérite. Si on l’a compris, l’œil devient bienveillant pour les autres. Et on devient prêt à accepter les lenteurs voire les refus de collaboration dans cette vigne en chantier pour toute l’humanité. Avec des fruits qui seront partagés pourtant au-delà de l’imaginable. Oui, la manière de Dieu est une manière d’amour et cela explique l’étrangeté de sa conduite : chacun récolte ce qu’il a semé, certes, mais chacun trouve en fin de compte l’essentiel de ce qui lui est nécessaire. Ce nécessaire ne peut être que de l’ordre de la relation, de l’amitié, de la paix, finalement, de l’amour des autres.
3- Qu’est-ce que ça peut vouloir dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, il s’agira de renoncer à penser que la vie soit absurde ou injuste. Ce sont parfois les circonstances de la vie humaine qui peuvent mener à la révolte. Et plus encore, les jalousies humaines ou les pressions qui bloquent l’élan de vie qui nous porte en avant. Or cela ne pourra jamais suffire pour imaginer qu’un néant soit au bout.
Ensuite, la ressource de vie prend de plus en plus de sens à l’aune de l’amour : l’amour qu’on reçoit mais surtout l’amour qu’on donne. Il convient sans doute que chacun réfléchisse à la dose d’amour qu’il met ou qu’il ne met pas dans chacun de ses actes, de ses paroles, ou de ses pensées. Et ainsi, on pourra se mettre dans une dynamique qui est celle de Dieu.
Enfin, la bienveillance pour les autres. On l’a aisément pour soi, cette bienveillance, jusqu’à justifier l’inqualifiable. Mais pour les autres, dureté et exigence forte ! La logique changera dès lors qu’on se met à la place de l’autre, totalement et sans rien attendre en retour. Cela ne résoudra pas tous les problèmes de notre société, certes, mais cela contribuera sûrement à rendre notre terre plus humaine. C’est cela la logique étrange de l’Amour.
Prions donc, que chacun puisse trouver sa place, heureuse, et rende ainsi les autres heureux.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
N. a trois enfants, avec son mari elle a choisi de " rester à la maison" pour les élever. Elle tricote, coud et brode. En famille, elle cultive légumes et fleurs. Elle est trés active au sein d' une fédération de parents d' élèves.
Je l' ai invitée à voir "Entre les Murs". Un film sur l' école à
Paris - mais pas - en banlieue.
Plus qu'un film sur l' école, nous avons vu un film sur le langage et ses frontières où la bienveillance envers l'autre est barrée par beaucoup de mal-entendus. Alors : violence !
N. me dit "Dans le fond il faudrait ré-apprendre à se parler"
Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | mercredi, 01 octobre 2008
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