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dimanche, 17 août 2008

Ouvrir son esprit à l’autre

20e dim A – 17 août 2008 – « Ouvrir son esprit à l’autre » cf. Is 56,1-7 ; Rm 11,13-32 ; Mt 15,21-28

1- Avons nous déjà fait cette expérience où l’ouverture à l’autre, l’accueil des paroles d’une personne très différente de nous, nous permet d’apprendre, nous enrichit, et finalement nous renforce ? Ce peut être à l’occasion d’un voyage à l’extérieur de notre région, ou bien à la rencontre de gens venant d’ailleurs, ou encore, lorsqu’on découvre des convictions différentes des nôtres. En toute occasion nous sommes conduits à rencontrer des gens différents de nous. C’est aussi l’expérience de la Bible qui nous enseigne ne jamais s’enfermer sur soi-même mais s’ouvrir en permanence à l’autre.

2- Le peuple d’Israël a été confronté dès son origine au rapport à l’autre. Peuple singulier, élu par Dieu, entouré d’une multitude de peuples plus puissants et plus savants que lui, comment justifier ce privilège d’avoir été choisi parmi tous les peuples de la Terre si ce n’est par une obligation de perfection ? or, l’histoire de l’Alliance nous prouve que le peuple d’Israël, non seulement n’était pas parfait, mais sa conduite risquait de montrer un mauvais chemin aux autres. C’est ainsi que par la bouche des Prophètes, le peuple comprendra peu à peu que la race, l’ethnie, la culture, la langue ne donnent aucun privilège. Mais c’est en s’ouvrant à la manière juste et droite de se conduire qu’on devient membre de l’Alliance avec Dieu. Ainsi, tous les peuples ont vocation à entrer dans le Peuple de l’Alliance.

Avec la venue de Jésus, le débat n’est pas terminé. On est toujours tenté de distinguer et de séparer les peuples par leur pratique vertueuse : en premier Israël, ensuite, tous les autres. Mais Jésus va franchir lui-même cette limite imposée par les lois humaines. Nous avons l’épisode de la Cananéenne qui réclame la guérison de sa fille comme n’importe quel autre bénéficiaire juif. Cette femme étrangère sera vectrice d’un changement profond de la conduite de Jésus. Parce qu’elle exprime profondément sa foi dans toute sa vérité, c’est à dire sa confiance que cet homme peut franchir les limites imposées par les hommes, Jésus est capable de se dépasser et changer jusqu’à sa manière de penser le salut des hommes. Accueillir l’autre, le différent, pour faire un avec lui demande un certain renoncement à soi-même, l’acceptation de ne pas se suffire. Jésus vient franchir la limite entre le Juif et l’étranger. Dans un premier temps, il se soumet à la loi reçue, celle de la prise en compte de la différence entre les membres du peuple choisi et les autres, entre « les enfants » et les « petits chiens ». Puis, par le franchissement de cette limite qui n’est pas anodin : il passe par la mort. Pour nous, pratiquement, mort à notre suffisance, à nos prétentions, à la conviction de notre supériorité, au mépris de ceux qui ne nous ressemblent pas. Pour Jésus, donner sa vie pour tous sans exclusive.

3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, considérer chacun dans sa particularité d’homme ou de femme, dans son origine, son histoire, sa culture, sa foi. Ce n’est pas en gommant les différences qu’on arrive à estimer les autres, mais au contraire, en reconnaissant d’abord la différence. Ainsi, on devient capable d’écouter l’autre, de voir l’autre, d’agir avec l’autre.

Ensuite, considérer cette différence permet de la franchir et donc, de se mettre sur un chemin de communion avec l’autre : apprendre de lui tout comme il peut apprendre de moi. Même au niveau de ma foi. La foi chrétienne nous met sur une dimension universelle. Quiconque est envoyé par Dieu pour me faire découvrir quelque chose de ma propre foi, et grandir avec.

Enfin, partager la foi avec quelqu’un d’étranger à soi-même nous aide à construire un monde plus ouvert et plus juste. Cela permet aussi de nous décentrer un peu plus de nous-mêmes et ainsi sans doute de nous tourner davantage vers Dieu, le Tout Autre.

Demandons à Dieu, que notre foi continue à grandir au contact des autres, que jamais nous ne restions enfermés, que nous permettions à d’autres aussi de grandir avec nous. Notre monde n’a pas besoin de maîtres, il a besoin de témoins de l’Amour.

Commentaires

Nous connaissons trés peu la Chine pourtant trés médiatisée en ce moment.
Un prêtre de la Mission de France, agronome de formation
y a vécu et travaillé pendant plus de dix ans. Il fait le récit de ses rencontres avec ses frères humains de Chine ( sic) :
Jacques Leclerc du Sablon :
" Une longue marche en Chine avec l' Evangile" ou la parabole des semelles. - éditions Karthala, 2006,

Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | dimanche, 17 août 2008

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