« Semaine du 21 au 27 avril 2008 | Page d'accueil | 1er mai 2008 »
dimanche, 27 avril 2008
L'Esprit de vérité et d’amour
6edim Pâques– 27 avril 08 – l’Esprit de vérité et d’amour –cf.Ac 8,5-17 ;1Pi 3,15-18 ;Jn 14,15-21
1- Quand dans notre journée, nous avons entendu des témoins qui simplement ont partagé leur mode de vie on a dit que c’était comme une « conjugaison de l’amour » (allusion au dimanche inter-générations vécu à Linards ce jour). Ce n’est pas dans des choses extraordinaires que se vit le témoignage de l’amour, c’est plutôt, comme disait Madeleine Delbrel, une mystique engagée dans les banlieues rouges de Paris, « vivre les choses les plus ordinaires, de manière extraordinaire, c’est à dire, en y mettant de l’amour ». Ainsi, une assistance sociale, un arbitre de football, un juge, une mère de famille, une syndicaliste etc. chacun et chacune a pu exprimer ce petit élément qui transforme leur vie ordinaire et leur engagement ordinaire en manière extraordinaire. Pourvu que s’y vive le témoignage de l’amour. Et l’évangile de ce jour nous invite à le comprendre ainsi.
2- L’évangile de Saint Jean comporte toute une deuxième partie avant le récit de la Passion sous la forme d’un long discours de Jésus à ses disciples. Non de manière péremptoire ou publique mais comme une confidence au coin du feu faite à des intimes. Jésus va livrer ses paroles ultimes à ses compagnons de la première heure avant de les quitter. Comme un amoureux qui écrit ce qui lui tient le plus à cœur, à sa bien aimée qu’il ne reverra plus. Comme des parents vont donner d’ultimes conseils à leurs enfants avant de quitter ce monde. Pas de fioritures mais l’essentiel. Tout d’abord, s’il les quitte, ce n’est qu’en apparence. Il demeure avec eux vivant dans leur cœur. Vivant c’est à dire avec le même souffle de vie qui les maintient en éveil. Vivant avec un petit plus, c’est qu’ils sont libérés des contingences, de ce qui les limite, pour ouvrir leur cœur comme leur maître à la dimension du monde. Ils ne peuvent rester recroquevillés sur eux-mêmes comme on l’est trop souvent après un deuil qui se prolonge, ou après un échec, ou parfois même après une simple contrariété. Parce qu’il s’agit d’accueillir dans sa vie davantage que soi même : l’Esprit de vie et d’amour qui est d’abord l’esprit de vérité. Avec lui, on n’a rien à craindre de grave. Il nous est donné avec amour par celui qui est la source de l’Amour : le Père céleste. Bien sûr, pour pouvoir l’accueillir, il faut un cœur libre. Où on lui laisse toute la place. Un cœur capable d’aimer. Et pour qu’on soit capable de l’accueillir, Jésus lui-même nous inclut dans sa prière, c’est à dire dans sa relation d’intimité avec le Père. C’est sa vie vive qui nous est communiquée, sans que nous l’ayons mérité. C’est sa propre manière de vivre qui nous est fournie grâce à son propre esprit qu’il nous communique. Cet esprit est véritablement celui qui nous permet de nous unir à sa manière propre et qui nous unit profondément à nos frères qui, avec nous, constituent le Corps du Christ. Ainsi, ce grand amour qu’il nous donne, il l’entretient en nous, nous rendant capables de le communiquer comme dans un souffle, à ceux qui nous entourent..
3- Comment le mettre en oeuvre concrètement ?
Tout d’abord, vouloir être animé par l’esprit de vérité et d’amour. Il y a à la base une volonté d’accueillir l’Esprit de Jésus. Ce n’est pas un automatisme. L’Esprit de Jésus, même si on ne le connaît pas, même si on est réticent à tout encadrement d’ordre religieux, est un souffle qui invite le cœur à aimer la vérité, à se faire relais d’amour. En cela, aucune tension quant à une « récupération ». On n’est pas récupéré, on est soulevé par une liberté qui a pour nom amour.
Ensuite, cet esprit de Jésus, pour se déployer dans toute sa force, rencontre en nous des obstacles. La non vérité lui coupe les ailes. L’entêtement l’alourdit. Le retour sur soi l’étouffe. Au contraire, en le laissant agir, en ouvrant davantage son cœur à la vérité, on est entraîné avec un dynamisme qu’on se connaissait pas pour porter avec légèreté tous ses engagements.
Enfin, tout comme l’esprit de Jésus est l’Esprit du Fils et du Père, on ne peut se satisfaire du devoir accompli que si on le relie à la communauté, à la grande famille de ceux qui partagent le même esprit. C’est pourquoi, tous nos gestes d’amour peuvent prendre sens car reliés.
Prions parce que Jésus a déjà prié pour nous. Nous pouvons en faire aussi une prière vivante pour que notre communauté reste fidèle au message d’amour qu’elle a reçu.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Les commentaires sont fermés.