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dimanche, 13 avril 2008

Finissez d’entrer, Il est la Porte !

4edim Pâques–13 avril 08– Finissez d’entrer, Il est la Porte ! - cf Ac2,36-41;1Pi2,20-25;Jn10,1-10

1-        Assez fréquemment, le terme de « vocation » revient dans des conversations : « il n’y a plus de vocation » et on parle du manque de jeunes médecins dans les campagnes, de professeurs dans les banlieues, d’infirmières dans les hôpitaux, de cuisiniers, de boulangers et même d’agriculteurs. Et dans l’Eglise, on n’est pas en reste : personne pour s’occuper des enfants, des jeunes, de la liturgie etc., sans parler de prêtres, de religieux ou de militants laïcs. Pourtant, les candidats à l’exploit ne manquent pas ; il suffit d’observer les manifestations autour de la flamme olympique ou les expériences sportives extrêmes. On ajoute que c’est ponctuel, qu’il ne s’agirait pas d’engagement définitif. Or, malgré la difficulté de l’engagement définitif, 20 couples célèbrent cette année leur mariage dans notre paroisse ; un jeune de notre paroisse est parti il y a 6 mois pour une mission d’assez longue durée dans un diocèse d’Indonésie ; des adultes réfléchissent à un engagement dans l’Eglise. Peut-on y voir la réponse à l’appel du Berger, le Bon Berger qu’est le Christ ?

 

2-        L’image du Berger, familière aux croyants de la Bible, est utilisée par l’évangéliste St Jean pour désigner l’action du Christ. Cette action ne ressemble pourtant pas à celle d’un berger ordinaire de chez nous. Pas de chiens pour rapprocher le troupeau ou ramener la brebis égarée ; pas de profit ni sur la laine, l’agneau ou la viande ; pas de comportement moutonnier ; mais au contraire, une liberté complète. Le Berger connaît ses brebis et réciproquement, ses brebis le connaissent et cette connaissance mutuelle est calquée sur celle qu’il y a entre le Père et le Fils. C’est le Fils qui est venu librement dans l’enclos des brebis ; il est venu rejoindre l’humanité et franchir avec elle les portes de la souffrance et de la mort. C’est pourquoi, il est habilité à s’adresser aux hommes avec une parole d’amour. C’est librement qu’il fait entendre sa voix : une voix douce, humble, invitante et fortifiante. Qui invite à le connaître davantage, à s’en nourrir davantage comme d’un pâturage de grand prix ; mais pour cela, il faut sortir, comme dans un exode conduit par une parole d’amour. Sortir de soi, de ses habitudes, de ses belles installations, librement. Faire confiance, et puis, avec lui toujours, revenir, en faisant sienne sa démarche, reproduisant son comportement : revenir vers ses frères en besoin, en les aimant comme le Berger les aime. Il devient ainsi comme une Porte. On peut entrer et sortir par Lui, sachant que cette porte est toujours ouverte à la liberté de chacun. Et que en passant par elle, on se renouvelle dans la vie. C’est pourquoi, il en appelle quelques uns spécialement, tendrement, pour être avec lui, des porteurs de cette vie divine. Et il ne se décourage jamais de le faire, comme il s’adressait en son temps aux pharisiens. Ces hommes à l’esprit tellement enfermé dans leurs certitudes, il les invitait à une ouverture incroyable offerte par un Dieu devenu définitivement humain, afin que tout homme puisse entendre la même voix qui appelle à être témoin de l’amour.

 

3-        Cela nous enseigne-t-il quelque chose à nous, aujourd’hui ?

Premièrement, en notre monde et en notre Eglise, il ne sert à rien de se lamenter sur le manque de ceux-ci ou de ceux-là ; tant pis si la figure du monde qui vient bouscule les dispositions dans lesquelles on s’était assuré pendant des siècles. Et cela va bien entendu modifier considérablement nos habitudes ecclésiales et spirituelles.

Par contre, nous sommes invités à nous recentrer sur le Christ – Porte. En le contemplant dans sa conduite évangélique, il nous appelle à autre chose. A passer des habitudes de fonction à des manières fécondes qui laissent libres. Appeler à l’amour, c’est d’abord être appelé par le Christ à vivre d’amour.

Finalement, il nous invite aussi à être comme des portes. Ouvertes. Accueillantes. Aimantes. Qui n’ont pas peur de la vérité parce qu’elles savent que la vérité rend toujours libre. Une porte laisse passer la bonté. Et seule la bonté est capable d’appeler.

Prions pour que nous sachions toujours accueillir ce dynamisme qui vient du Christ, que nous ne le barrions pas mais au contraire, le laissions nous traverser pour ainsi atteindre le monde.

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