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dimanche, 06 avril 2008

Il marche avec nous toujours

3edim de Pâques –6 avril 08–Il marche avec nous toujours–cf.Ac2,14-33;1Pi 1,17-21;Lc 24,13-35

1-         Une jeune femme me dit, alors qu’elle a été éprouvée par des deuils et les a traversés, « si je n’avais pas eu le Seigneur, je ne m’en serais jamais sortie. » C’est ce même genre de réflexion que j’entends souvent, dans la bouche de personnes qui me confient leur expression de foi. Temps d’épreuve, de découragement, de lassitude, de désespoir, même. Et en ces moments où la profession agricole est secouée, où les éleveurs se demandent à juste titre s’ils pourront continuer, que la hausse des prix des céréales de base, en maints endroits du monde pauvre, provoque des émeutes de la faim, qui peut se porter là présent aidant à porter l’épreuve ? Ce devrait être impossible, comme ce l’était pour les 2 pèlerins quittant Jérusalem pour Emmaüs un certain soir de Pâques. Et pourtant !

 

2-         Le récit de Luc nous ramène à un moment crucial de la foi. Les disciples ont bien effectué le parcours avec Jésus, peut-être depuis la Galilée, depuis ce bord du lac où tout avait commencé. Ils l’ont suivi, ils ont assisté et même participé aux guérisons des malades, à nourrir la foule, ils ont entendu les paroles, y compris les plus difficiles à admettre. Ils ont suivi. Mais avaient-ils compris ? Pouvaient-ils comprendre ? Il leur fallait pour cela traverser eux mêmes leurs désillusions, leurs désespoirs, faire le deuil de leur propres erreurs. Et dans cette traversée, laisser de côté le corps mort, le tombeau où tout s’enfouit puis renaître grâce à une parole : la leur et celle du Christ. Parole d’hommes et parole de Dieu accueillie dans leur vie d’hommes. Alors seulement, il leur est possible d’entendre une autre musique, qui n’est pas celle de leur lassitude, qui est celle de leur espérance : le cœur brûlant à entendre la parole de Dieu toucher leur vie d’hommes, puis le geste du partage et du don, pain rompu pour ce monde nouveau qui s’ouvre désormais dans leur vie, enfin, rejoindre cette communauté qu’ils avaient abandonnée et qu’ils découvrent à nouveau, elle même renouvelée par le témoignage de ceux qui expérimentent en leur vie la présence du Ressuscité. Parole, pain, communauté, les trois manières où le Corps du Christ Ressuscité vit et agit.

            En écho à cet événement, nous avons le discours de Pierre à la Pentecôte : par la Croix Dieu a voulu nous livrer le Christ, c’est-à-dire, par lui et en lui, se mettre à la disposition de la liberté humaine. La question est : qu’avons-nous fait de lui ? Nous l’avons crucifié, éliminé de nos villes, éliminé de nos vies, réduit au silence au moment de décisions importantes. Au cœur de notre histoire, Jésus vient révéler ce drame le plus souvent caché et ignoré. Mais en même temps, le meurtre de l’amour n’aboutit qu’à la mort de la mort. La pièce à conviction, le cadavre, a disparu ; les femmes qui se sont rendues au tombeau « n’ont pas trouvé le corps », disent les disciples d’Emmaüs. Son Corps n’est plus composé de molécules ; son Corps est une présence vive, silencieuse, qui marche aux côtés de l’humanité et lui fait signe. Signe pour passer avec lui, sans peur, avec espérance, à travers toute épreuve et toute mort.

 

3-         Comment cela peut-il être vrai pour nous, aujourd’hui ?

Tout d’abord, l’expérience des disciples d’Emmaüs est celle que nous faisons aussi, dans l’expérience de la foi. La foi est bouleversée dans l’épreuve. Est-ce que Dieu existe ? J’ai fait confiance et rien de bon ne m’arrive. Pire, tout ce à quoi je croyais intensément a disparu de mon esprit ! Ce bouleversement signe une transformation intérieure profonde, où on doit douloureusement quitter certitudes et illusions. On se trouve nu, faible, sans protection.

Ensuite, j’ai besoin de quelqu’un à mes côtés. Mais je regarde autour de moi, il n’y a personne à qui confier, en qui espérer. Le ciel est vide et le monde est vide ! Qui va me secourir ? c’est alors, qu’une miséricorde nous est faite. Elle a toujours été là. Mais en ce moment, quand j’ai lâché tout ce qui me tenait et qui est devenu inutile, une solidité émerge. Et c’est une Présence qui me ramènera à mes frères et je pourrai alors témoigner.

Prions pour nous mettre dans cette disposition neuve, comme un nouveau printemps. Les cicatrices demeurent mais la sève de sa Présence nous ressuscite. Comme Il a été, Il est toujours là, avec nous. Apprenons à espérer. Et ne gardons pas pour nous cette espérance !

Commentaires

Dans notre monde tenté par le pessimisme ou le désespoir,avec ses violences ,Dieu nous semble loin,voir absent, malgré les apparences, il est tout proche, il est là.
On est tel qu'on est, on n'est pas livré au hasard ni à la fatalité, on demeure entre les mains de Dieu.
Dans notre vie on expérimente sa présence. Il vient à travers nos rencontres,visibles ou cachées,où rayonne quelque chose de sa présence.
ne pensons jamais "du mal à la haine" mais " de la vie à l'amour".
on reconnait seulement après coup, comme sur la route d'emmaüs
Notre coeur,n'était-il pas tout brûlant tandis qu'il nous parlait en chemin
Alors notre coeur s'ouvre et nous disons
"Tu étais là et je ne le savais pas "

Ecrit par : anonyme | samedi, 12 avril 2008

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