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dimanche, 30 mars 2008

L’invisible devient visible

2edim de Pâques –30 mars 08 – L’invisible devient visiblecf. Ac 2,42-47 ;1Pi 1,3-9 ; Jn 20,19-31

1-         Quand un jeune homme aime une jeune femme qu’est-ce qui est visible ? rien sauf un sentiment très fort qui les fait désirer rester toujours ensemble. Quand une famille se rassemble pour un événement qui les touche, qu’est-ce qui est visible ? rien sauf que chacun a fait un long parcours pour être présent à ce moment d’intense communion. Quand une communauté se rassemble pour vivre une journée de réflexions et de célébrations, qu’est qui est visible ? rien sauf peut-être une joie dans les cœurs qui donne encore plus envie de se retrouver. Et quand une épreuve survient pour quelqu’un, qu’est-ce qui est visible ? rien, sauf que la peine est mieux portée quand elle est partagée à plusieurs. En ce temps de Pâques, nous sommes provoqués à ressentir davantage le sens de l’invisible avec le Ressuscité qui se fait sensible et parfois visible en nos vies. C’est ce que veulent nous faire entendre ces Textes.

 

2-         L’évangile de Jean nous ramène à ce premier soir de Pâques, quand les disciples sont sous le coup des événements de la Passion. Ils avaient tous abandonné Jésus condamné à mourir sous la torture de la croix. Ils se sont verrouillés. Or Il est là. Il se donne à voir au milieu d’eux. Sa présence invisible devient visible. Et parce qu’il devient visible, on comprend qu’il peut demeurer invisible au milieu des siens. Comment ? par l’expérience vive que les disciples en feront. Il donne la paix. La paix est le premier signe de sa présence. Non pas comme le monde la donne, c’est à dire signe d’un statu quo de non-guerre, mais comme Lui la donne, profonde, vraie, changeant le cœur, modifiant l’esprit, introduisant de l’amour. Et cette paix s’étend au pardon des cœurs, à la réconciliation entre les êtres, à la véritable inscription joyeuse que rien n’efface, pas même l’épreuve. La joie est signe de sa présence. Le pardon est signe de sa présence. Et cela se transforme en dynamisme qu’on portera aux autres. Or il y a les autres. Et parmi les autres, l’absent, symbolisé par Thomas qui ne peut croire à cet invisible qui se rende visible. Il veut des signes. Il veut des preuves. Il veut toucher. Il ne sait pas que le Seigneur se rend visible par tendresse pour lui et cela suffit. Il n’y a plus de distance entre l’homme et Dieu. Dieu est présent et cela change tout.

            Cette même expérience se transfère à tous ceux qui veulent entrer dans la famille des croyants. L’invisible se rend visible dans la première communauté chrétienne avec ses deux aspects ; l’écoute du Seigneur par l’enseignement des Apôtres, la prière, et la communion fraternelle qui ne se réduit pas au partage du pain eucharistique mais qui se vit dans le partage ou la redistribution des biens matériels personnels en faveur de ceux qui sont dans le besoin. Comme faisait le Seigneur lui-même qui n’a rien gardé pour lui et s’est donné totalement.

 

3-         Cela peut-il être quelque chose d’intéressant pour nous ?

Tout d’abord, l’expérience des Apôtres, nous pouvons la faire nous aussi. Ce n’est pas parce qu’on connaissait Jésus en chair et en os que la foi était plus facile (regardez l’attitude de Thomas). Mais c’est en accueillant l’idée que l’invisible est présent au milieu de nous, un invisible dense comme la présence du Seigneur, qu’il devient possible d’être témoin qu’Il est vraiment là. Ses signes sont toujours là. Et d’abord le signe de la paix, du pardon et de la joie.

Or, beaucoup de personnes ne peuvent pas relier ces signes à une manifestation de l’invisible. Il n’est pas donné à tous de croire. Acceptons – le et restons humbles car c’est par pure grâce que nous avons été jugés dignes d’entendre en nous cette révélation.

Donc, il nous revient de le manifester par notre vie. Comme les premiers chrétiens à la suite des Apôtres. S’attacher à la Parole de Dieu, la laisser transformer notre existence. Construire une vraie vie communautaire qui aille jusqu’à prendre en charge les besoins de ceux qui parmi nous, sont les plus faibles et les plus démunis. Comme disait Charles de Foucauld, « nos contemporains n’ont pas d’autre Evangile à lire que le témoignage de nos vies ».

Prions pour que dans nos existences, nous soyons davantage attentifs à la présence invisible mais réelle de Jésus Ressuscité, que cette attention soit permanente et le rende visible à tous.

Commentaires

l' Ecriture ( Actes des Apôtres) nous invite au partage assez
radical des premières communautés chrétiennes.
Aujourd'hui , Muhammad Yunus , prix nobel de la paix nous dit son expérience auprés des plus pauvres du Bangladesh, pays majoritairement musulman. Aprés avoir créé la Banque des pauvres, il veut aller plus loin dans le partage.
A lire :
"Vers un nouveau capitalisme ", éditions Claude Lattés,
18 euros.

Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | mardi, 01 avril 2008

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