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dimanche, 02 mars 2008

Aveugles voyants, voyants aveuglés

4edim Carême A–2 Mars 08Aveugles voyants, voyants aveuglés- cf.1Sam16 ;Ep 5,8-14 ;Jn 9,1-41

1-         Souffrir de cécité, être mal voyant, devenir aveugle…, notre vocabulaire abonde en expressions pour désigner le défaut de vision. La vue, un des cinq sens de notre corps, nous permet non seulement d’observer ce qui nous entoure, proche ou lointain, mais aussi d’analyser l’environnement, les choses et les personnes. Et c’est peut-être cela le point délicat : observer ne suffit pas. Certains observent si mal que leurs analyses sont faussées. D’autres se targuent d’analyser mais sans rien observer, ils sont conduit à des impasses, entraînant parfois d’autres avec eux. Il y a enfin, ceux qui, privés de vue mais non d’intelligence, développent les autres sens et on peut ajouter : voir avec les yeux du cœur est plus fructueux que tout le reste. En ce temps de Carême où nous approfondissons les signes du baptême, faisons nôtre le geste de la lumière : « recevez la lumière du Christ, que vous deveniez des enfants de lumière et demeuriez fidèles à la foi du baptême ».

 

2-         Dans toute la Bible, c’est comme un refrain : les choix de Dieu ne sont pas les choix des hommes ; Dieu ne juge pas selon l’apparence, mais selon le cœur. Et cela conduit à de grandes surprises. Ainsi, il y a plus de 3000 ans, le prophète Samuel est envoyé dans la petite bourgade de Bethléem choisir celui qui deviendra Roi d’Israël. Il y a de grands gaillards dans cette famille, tout à fait dignes d’une telle fonction. Eh bien, non, c’est le plus petit, le plus caché, que le Seigneur a choisi : David, qui malgré sa petitesse et aussi, parce qu’il comptera sur la force de Dieu, fera de grandes choses. N’est-ce pas toute l’expérience chrétienne, de passer des ténèbres à la lumière par la force de l’Esprit et ne pas revenir en arrière.

            Ce qu’on appelle l’évangile de l’aveugle-né en est une illustration. L’aveugle est à mendier, ne demande rien de spécial. Mais parce qu’on s’interroge sur son degré de culpabilité quant à son état, Jésus prend une initiative, l’associant à sa guérison. Or on n’a jamais vu un aveugle de naissance recouvrer la vue. Il lui faut donc un degré de confiance signant ce qui l’anime de l’intérieur qui le fait entrer ainsi librement sur un chemin d’initiation. L’aveugle suit son conseil et recouvre la vue. Or il y a les deux niveaux de vue. La lumière extérieure qui permet de distinguer les choses et les gens. Et tout cela l’aveugle le découvre ; ceux qui l’entourent aussi le découvrent autre. Mais il y a la lumière intérieure qui permet de distinguer le vrai du faux, le bien du mal, toute cette forme de jugement qui n’est pas innée mais provient de la rencontre avec celui qui est véritablement le chemin de vie : le Christ. Que cela passe par la conscience, l’éducation, lentement ou brusquement a peu d’importance. Mais se mettant sur un chemin nouveau non balisé, éclairé seulement par une présence fondatrice, celle de Jésus, permet alors d’affronter quoi qu’il en coûte le faux, le double jeu, les ténèbres qui assombrissent les cœurs. L’aveugle guéri devient ainsi, témoin, et davantage, associé au devenir même de Jésus, comme un passage par delà la mort, vers la vie.

 

3-         Tout d’abord, cela signifie pour nous de prendre conscience que nous avons des cécités morales, intellectuelles, spirituelles. Notre cœur n’est-il pas fermé ? par des jugements, des blocages qui empêchent de voir le beau, le vrai, le bien ? non pas tant en soi que chez l’autre. Le regard peut être plein de lumière ou plongé dans l’obscurité. Il peut y avoir un possible ou un impossible d’avancer.

Ensuite, si nous regardons le possible, aucune situation n’est bloquée d’avance, en acceptant de se laisser interroger. Dans notre propre famille, nous pourrons le constater un jour ; il en est de même pour notre communauté. Jésus lui-même nous invite à ouvrir les yeux.

Enfin, nous avons besoin d’être confortés par les autres. Et nous pouvons conforter les autres. Par ex., on ne vient jamais au baptême seul. On ne vient jamais à la lumière seul. Tout un ensemble de médiations sont à l’œuvre. Et nous pouvons aussi être médiateurs pour d’autres.

Prions, que la plongée dans la lumière du baptême, signe d’une guérison intérieure, continue à développer en nous l’être de lumière que nous sommes, pour ne jamais retourner en arrière.

Commentaires

Le grain de blé qui pourrit dans la terre et dans la nuit, voit-il donc le soleil ?
Non, mais il a la foi. C'est pourquoi il monte par et à travers la mort,vers la lumière.......
Nous, nous sommes le blé de DIEU


La foi consiste a ne jamais renier dans les ténèbres , ce qu'on a entrevu dans la lumière.

Ecrit par : anonyme | lundi, 03 mars 2008

On cite souvent le cas de ce prêtre Hindou de Kalighat , abandonné, mourant dans la rue, et que les Soeurs de Mère
Teresa avaient recueilli et sauvé.
Alors, pratiquement tous les prêtres hindous l' ont considérée à l'image de leurs saints et saintes! Oui, avec les yeux du coeur, Mère Teresa a fait beaucoup pour le dialogue inter religieux .
A l'exemple des deux indiennes hindoues ( invitées par le CCFD)et qui visitent la Creuse cette semaine.
A l' exemple de milliers de femmes toutes simples dans leur vie ordinaire.
Et une pensée pour Ingrid B.

Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | lundi, 03 mars 2008

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