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dimanche, 24 février 2008
Donne moi à boire
3e dim Carême A – 24 février 2008 – Donne moi à boire – cf. Ex 17, 3-7 ; Rm 5, 1-8 ; Jn 4, 52
1- En ces temps de ‘beau temps’, avec le soleil généreux de l’hiver – toujours ça de pris, n’est-ce pas ? – certains redoutent qu’il n’y ait pas assez d’eau et qu’on en réclamera bientôt ! Avec le réchauffement climatique, je lis qu’un nouveau scénario est proposé quant à l’évolution de la banquise : la banquise ne fondrait pas lentement, comme on croyait mais, d’un coup se romprait, pour se verser dans la mer comme un glaçon dans un verre, ce qui provoquera un tsunami de 20 m de haut recouvrant toutes les basses terres de la planète. L’eau : pas d’eau, trop d’eau, elle peut être symbole de mort, en même temps que symbole de vie. En ces dimanches du Carême où des textes nous invitent à méditer sur le baptême, aujourd’hui, regardons le signe de l’eau dans lequel tout baptisé est plongé.
2- Sortis d’Egypte, libérés de l’esclavage, les Hébreux ont franchi la mer avec Moïse, vu leurs oppresseurs défaits, engagés dans une vie nouvelle. Mais cette vie nouvelle demande leur acquiescement, leur engagement. La liberté n’est pas aussi facile qu’ils l’imaginaient. Ils rencontrent des obstacles. Vont-ils les franchir ? Non, car ils murmurent, ils se retournent, accusent Moïse, et à travers lui, Dieu, de tous leurs maux. Ils demandent l’eau ! pour vivre et non mourir dans un désert. Que va faire Dieu ? dans son amour, il passe par-dessus leur récrimination et fait jaillir du rocher de l’eau en abondance. Pour leur rappeler qu’il est toujours avec eux. Qu’ils peuvent compter sur lui. Et ce d’autant plus qu’ils sont démunis, sans force. Dieu vient à eux., par l’eau, signe de sa présence vive. Peuvent-ils le comprendre ?
C’est Jésus qui va donner corps à cette quête de Dieu. Fatigué, comme un berger qui a couru après ses brebis perdues, au puits de la Samaritaine, passant par-dessus toutes les règles d’usage de son temps, il lui dit : Donne moi à boire ! comme plus tard, sur la Croix, il criera : J’ai soif ! Dieu cherche l’homme, Dieu demande secours à l’homme. Dieu supplie l’homme d’ouvrir son bon cœur. L’eau, don de Dieu ne peut se stocker et doit être partagé. C’est dans la réponse de la Samaritaine à son initiative que Jésus va engager un dialogue avec elle qui permet à la femme de faire la vérité dans sa vie et à Jésus de faire découvrir qui il est. Avec sa capacité à abreuver le cœur humain de la vie véritable, celle qui comble et rénove. Eau vive ! en accueillant cette eau vive, on devient capable de discerner quel chemin prendre. On n’en n’est plus à des conditionnements, s’agirait-il même de rendre un culte à Dieu. Cette eau vive qui est la marque de l’Esprit Saint permet au croyant d’entrer dans un chemin d’adoration véritable, tournant tout entier le cœur vers le Père et se reliant à tous les chercheurs de Dieu, ses frères en humanité, qui entrent dans la même intimité.
3- Est-ce que cela nous enseigne-t-il quelque chose pour notre vie ?
Tout d’abord, nous interroger sur ce qui nous fait vivre. Après quoi nous courons ? quelles sont les sources qui nos abreuvent ? peut-être nous ne savons quoi chercher, où chercher ; nous restons insatisfaits ou enfermés par nos peines, comme les Hébreux dans le désert. Quelle sera cette eau vive qui nous désaltèrera, quel désir profond nous habite t-il ? Le jour où on l’aura trouvé, nous serons sur le chemin du bonheur.
Ensuite, c’est par le baptême que nous entrons dans ce chemin, non comme une habitude ou un conditionnement de la tradition, mais comme une réponse à un appel. Ce désir profond qui nous habite est le signal d’une plongée possible dans un infini d’amour. Cela suppose de lâcher prise, d’accepter de se laisser porter par plus grand que soi, qu’on ne maîtrise pas mais qui nous appelle à la confiance.
Enfin, le baptême est à entretenir. Ce n’est évidemment pas parce qu’on est baptisé que tout est résolu. On a besoin de continuer à se désaltérer à la source d’eau vive qu’est Christ. En priant, en lisant les évangiles, en se nourrissant avec ses frères dans la communauté.
Prions pour qu’en ce temps de carême, nous profitions pour nous abreuver à la source d’eau vive. Et qu’ensemble, la joie du baptême transparaisse dans notre vie, dans ses relations et ses engagements.
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Semaine du 18 au 24 février 2008
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dimanche, 17 février 2008
Devenir fils et fille du Père
2edim Carême A –17 février 08–Devenir fils et fille du Père –cf.Gn 12,1-4;2Tim1,8-10;Mt 17,1-9
1- Quelle joie s’affiche sur le visage d’un « époux » qui devient « papa » ! Le nouveau-né va apprendre à reconnaître son père et dans un processus d’identification qui durera des mois puis des années, un jour, passera, à son tour, du statut de fils au statut de père. En quelque sorte, on devient père et fils en même temps. Même si dans notre société, le statut du père est quelquefois brouillé, le rapport à la mère n’est pas facile non plus : un auteur à succès vient de publier un livre intitulé : « Pardon mère », comme pour se racheter de ses rapports difficiles avec sa maman pendant qu’elle était encore en vie. Or nous pouvons regarder aussi ce que la Bible peut nous dire en ce temps de Carême, moment privilégié pour retrouver notre vraie place de fils et fille du Père reçue au jour de notre baptême.
2- Dès le livre de la Genèse, se fait entendre l’appel à devenir fils. Abraham, le père des croyants, comme on dit, vivait dans le réseau de son clan familial nomade du côté de l’Irak actuel. Ainsi inséré, à l’âge de la retraite bien sonnée, il écoute dans son cœur un appel pressant : « quitte ! » « va ! » accompagné d’une promesse : « je te bénirai ». Il découvre que c’est le Seigneur qui lui parle et en même temps, il fait l’expérience, malgré son âge, d’être un enfant qui avec confiance va suivre le conseil de son père. Cette expérience profonde va se renouveler durant sa longue vie. Il devient fils, en même temps que père. Et cela produira une famille, bénie, rassemblant tous les peuples de la terre.
Comment ne pas entendre une expérience semblable mais amplifiée avec Jésus. En ce moment si unique de la Transfiguration, manifestation de la Gloire du ciel, où la transcendance se manifeste au cœur de l’immanence, on entend la voix du Père disant de son fils bien – aimé : « écoutez –le ». Parole qu’un père ne peut prononcer sauf à se retirer et laisser toute la place au fils. Et plus encore, le Fils, rempli de l’amour du Père, rejoint les disciples accablés, les touche pour leur faire sentir sa profonde humanité et les remet debout, les associant eux aussi à son être de Fils : « relevez-vous et n’ayez pas peur ! ». C’est à dire, entrez dans la même intimité où l’on n’est jamais écrasé mais aimé ! Devenir fils, une tâche qui passe par le Fils Jésus. Par lui, les disciples deviennent fils du Père qui s’est totalement effacé en son Fils unique. Et cela ne sera communiqué qu’à ceux qui peuvent le comprendre, étant entrés eux-mêmes dans une expérience semblable, après l’épreuve de la Croix traversée par la lumière de la Résurrection. Aussi, tous les peuples sont-ils appelés à cette expérience bénie où la vie resplendit par la grâce de Jésus.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, se sentir membre d’une même famille n’est pas donné à tous. Les blessures familiales empêchent à beaucoup de se sentir habité d’amour familial, filial, fraternel. Au contraire, beaucoup de blessures viennent contrecarrer sans cesse les désirs de bonheur et de vie. Alors, on peut être tenté de vouloir être seul, vivre seul, sans le secours des proches dont on a été déçu, sans le secours d’un Dieu qui a pu prendre la forme d’un père cruel ou pervers.
Or, l’expérience de Jésus vécu par les croyants donne une autre image de Dieu : un Père qui aime et qui s’efface pour laisser pleinement chacun prendre toute sa dimension sans être abandonné mais toujours accompagné. Dans la discrétion parfois, avec une parole plus forte d’autres fois, une évidence aussi, qui permettent de traverser l’épreuve de la vie.
Enfin, devenir fils et fille du Père nous est offert par la voie du baptême, dans cet amour qui transforme pour toujours l’existence. Le baptême n’est pas le rite d’entrée d’un enfant dans le cercle familial, même si ce n’est pas à négliger. Par le baptême, Jésus nous fait entrer dans l’intimité de la vie du Père comme fils et fille bien – aimés, et par là, nous fait entrer dans sa propre famille. Et il faut, je crois, toute une vie pour le comprendre et en vivre.
Prions donc, que ce chemin où on devient le fils et la fille bien-aimés soit notre chemin, que nous permettions à d’autres d’y entrer et que ce temps de Carême nous le fasse re-découvrir.
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Semaine du 11 au 17 février 2008
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dimanche, 10 février 2008
Ensemble, cheminer pour aimer
1erdim Carême A – 10 févr. 08 – Ensemble, cheminer pour aimer – cf. Gn 2,7-9..3,1-7 ; Mt 4, 1-11
1- Un temps décisif. Avant de se mettre en route pour un long périple, on a d’abord réfléchi : quand ? comment ? qui ? avec qui ? et enfin, pourquoi ? Le pourquoi accompagne en permanence le chemin et il évoluera au fur et à mesure des étapes. Marcher avec quelqu’un que je connais ou que j’aime, ce n’est pas comme voyager avec des inconnus. J’ai vu récemment des touristes à la fin d’un circuit organisé : ils se disent au revoir sans grande conviction en disant simplement : « on se reverra peut-être ! » Par contre, j’ai vu de grandes effusions quand on se quitte à la fin de l’étape de Compostelle en se disant « à l’année prochaine ! » Un chemin c’est aussi, pour nous aujourd’hui, le temps du Carême. 40 jours ensemble, pour cheminer ensemble, vivre ensemble un temps où nous pourrons progresser, avancer, approfondir le sens de notre vie. Et les textes de chaque dimanche nous aideront à cela. Aujourd’hui, regardons-les comme un démarrage, un lancement.
2- Le commencement, c’est finalement un modelage. Dieu modèle l’homme avec son origine : la terre terreuse. Mais cette terre n’est pas seulement un objet : elle est chargée de vie et cette vie est mise en abondance au service de l’homme, à condition qu’il use intelligemment de sa liberté. Cette liberté, c’est, comme dit St Augustin, « aime, et fais ce que tu veux ». Dans le sens de l’amour, on ne peut pas tout faire, ma liberté est encadrée par le respect de l’autre, le respect de la création, le respect de soi-même. Ainsi, la tentation de l’homme est de se suffire à soi tout seul, sans tenir compte de l’autre. En croyant que le bonheur se fait en opposition au bonheur de l’autre, ou même contre le désir d’amour de Dieu. Et cela est la source de beaucoup de malheurs.
Jésus va se trouver dans le désert à expérimenter à son tour cette tentation du bonheur pour soi tout seul. Mais il n’est pas seul ; il est relié à son Père par l’Esprit qu’il vient de recevoir au baptême. Aussi, au nom de toute l’humanité, au nom de nous, donc, il va résister à cette tentation d’abord, d’accumuler les biens matériels (sous forme de pain), à la tentation de dominer les autres (sous forme de pouvoir politique), à la tentation d’emprisonner les consciences (sous forme de prodige médiatique). Tout ce qui est contraire à la liberté. Tout ce qui est contraire à la solidarité. Tout ce qui est contraire au service. Il va ainsi, défendre notre humanité et nous associer à son combat vainqueur contre les séductions du mal ou du « mauvais » qui peuvent parfois nous assaillir. Ainsi, il nous re-modèle au bout d’un chemin, à notre vocation première qui est d’être avec le Dieu d’amour.
3- Qu’est ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, nous entrons sur le chemin de toute l’humanité. Le temps du carême est d’abord, l’occasion de vivre intensément ce que tout homme vit déjà dans son horizon quotidien. C’est à dire, je suis relié à l’expérience partagée par tout homme. A la fois les belles choses et à la fois les tristes choses. Belles avec l’amour, le service, l’ouverture, le respect. Tristes avec les glissades vers l’égoïsme, la dispute, la domination, la fermeture.
Ensuite, dans cette expérience humaine partagée, je suis relié au chemin même du Christ. Je ne peux pas envisager de lutter contre le mal, sans la force du Christ, qui a déjà vaincu le mal par sa bonté, son amour, son engagement, son don de lui-même. Et cela me conduit à rejoindre sa prière, à écouter sa Parole, à partager son Eucharistie. Comme une force et un avenir. Relié à tous les hommes, mais relié au Christ.
Enfin, relié à mes frères et sœurs de la communauté. Je peux être tenté d’aller loin, ailleurs, là où ça me paraît mieux, là où je pense qu’on m’aime bien. Mais le chemin de carême n’est pas ailleurs ! il est là , là où le Seigneur m’a mis, là où il m’a planté pour porter des fruits. Selon son dessein mystérieux, selon sa Providence que je ne perçois pas encore bien. Autour de moi, il y a des frères et des sœurs à aimer et c’est là pour moi, le Chemin. Aujourd’hui.
Prions, que ce parcours de quelques semaines, ensemble, nous conduise à la joie de Pâques !
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Semaine du 04 au 10 février 2008
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mercredi, 06 février 2008
Voyage au Mexique [5]
dernier volet, a posteriori, du récit de voyage
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Ciudad Valles
Lundi 28 janvier
Le lundi est le jour des courses. On descend a la grande ville de la région, a environ 50 kms. Ciudad Valles, ville d´un million d´habitants, s´étend horizontalement comme les villes américaines sans beaucoup d´ame. Le thermométre peut grimper en mai- juin jusqu´a 52 °C !
Ciudad Valles est aussi le siege du diocese érigé en 1960. Actuellement, c´est le 6 ° evéque , il se prénomme Robert. 44 paroisses dont une qui vient de se créér. Nous visitons la cathédrale, l´´evéché. Un Centre dÁccueil sacerdotal a été construit. Une gargotte a proximité en dépend. Le Musée est en réparations. On visite des boutiques, achats dans un supermarché (les prix sont tres inférieurs a ceux pratiqués en France ; le salaire moyen se situe entre 400 et 600 euros/mois). Repas dans un restaurant ou on peut se servir a satiété. Prix du repas, l´´equivalent de 5 euros.
Dans les familles indigenes
Nous avons rendu visite a une famille pour donner les sacrements a une dame agée alitée depuis 4 ans. Ensemble modeste. Habitat traditionnel des TENEK avec toit en chaume de roniers. Le sol est cimenté mais pas de muebles. Des lits traditionnels avec moustiquaires. Les habits pendent sur des fils. Un petit autel, comme toujours. La vieille répond. On fait des prieres pour sa santé.
Le soir, a FORTIN, célébration dans une communauté indienne avec 5 baptemes dénfants. La chapelle est grande et assez neuve. Elle est pleine. Environ 150 pers. beaucoup d´enfants et de femmes. Environ 20 hommes. Les hommes sont absents car ils vont comme ouvriers agricoles dans les champs de canne a sucre pendant la saison de récolte qui va de décembre a mars.
Ce qui frappe, c´est un sentiment de passivité générale. Bien sur, la liturgie en espagnol n´est pas dans la langue des gens. Toutes les mamies présentes, c´est sur, ne comprennent rien. Mais au-dela, chez ce peuple Tenek, qui a toujours été dominé, “répondre” est considéré commettre une offense. On ne dit rien. On n´exprime rien. sauf a ses pairs. Mais non d´enfants a parents; d´´eleve a maitre; de peuple a pretre. La nation indienne a tellement intégré dans sa psychologie collective, la soumission !
Chez le “Majordome”
Nous prenons le repas chez le Majordome chargé de l´entretien de l´église et autorité morale dans la communauté. Repas de poulet cuit au riz et sauces avec tortillas délicieuses. Ils cultivent 1 ha de maïs pour l´autoconsommation (rendement : 10 qx/ha) et de la canne a sucre. Mais on ne fait plus la culture associée maïs – haricot, qui pourtant était le génie de l´agriculture indienne.
Dans cette région, il y a beaucoup d´émigration. Les jeunes qui ne peuvent pas vivre dans ces conditions diffíciles vont dans les villes et surtout vers les USA. Ils voudraient bien rester au pays, mais il n´y trouvent pas suffisamment de ressources.
A TANCANHUITZ
mardi 29 janvier
Reunión du Doyenné a Tancanhuitz, dans une zone montagneuse. L´église est du 18° siecle et est en réfection. Elle fut erigée par les franciscains sur un promontoire qui devait etre un lieu de culte traditionnel.
Sur la route, arret dans une boutique d´artisanat Tenek pour achat de tissus brodés. Tout est symbolique: les couleurs et les formes.
Le symbole principal dans la culture Tenek : les 4 points cardinaux: Nord – sud; Est – ouest.
au Nord, le froid (maïs blanc) et au sud le chaud (maïs jaune) = c´est le chemin de Dieu, la vie de Dieu qui va de la mort (froid) a la vie (chaud).
A l´Est, le soleil surgissant (maïs rouge) et a l´ouest, le soleil mourant (maïs bleu ou noir) = c´est le chemin de l´homme, la vie de l´homme qui va de la naissance a la mort, puis a un combat de la vie contre la mort, les ténebres et le mal.
Au croisement des deux chemins, un 5° point = c´est Quetzalcoatl, le serpent a plumas, croisement de l´Homme et de Dieu, signe de la fécondité, de la plénitude, signe du Christ.
D´autres symboles, les éclairs qui annoncent la pluie, c´est a dire la parole de dieu, la fécondité.
symbole aussi des cyclones (les vents tournants), symboles du maïs, omniprésent.
On entre dans un monde culturel et symbolique. Le maïs est symbole de résurrection. Le Maïs sacré.
Or tour CECI est menacé par l´hégémoniees maïs OGM.
Tout cet univers serait – il condamné par la marchandisation du monde ?
Question pour notre 21° siecle, 500 ans apres la destruction societale par les colonisateurs, destruction de l´univers symbolique des indiens par notre appétit de jouissance matérialiste ?
Reunión de Doyenné
Une fois par mois, les pretres du Doyenné se retrouvent ensemble pour une rencontre, chez l´un ou chez l´autre. Ce qui signifie que les paroisses accueillent l´ensemble une fois par an. Occasion d´un tres bon repas fraternel avec des plats typiquement mexicains. On goute la Tequila ou le Mexcal, boissons fortes produites a partir d´une variété de cactus. Notre Hote, qui s´appelle JUAN MIGUEL, nous offre a chacun un sombrero mexicain.
Aujourd´hui, la reunión est animée par le responsable diocésain de la Pastorale Liturgique. Il expose a partir du document d´APARECIDA (5° rencontre de l´Episcopat latino américain et des Caraïbes en mai 2007 au Brésil)
Les 15 pretres présents dont certains, missionnaires expatriés, réfléchissent sur les symboles du baptéme puis parlent de l´organisation de la Flamme qui passe de Paroisse en Paroisse jusqu´a la célébration du congrés eucharistique.
La religión des Mexicains
Est – il possible de parler de la religión des mexicains apres seulement quelques jours passés avec eux ?
La tres grande religiosité, l´espérance du miracle.
Les dévotions aux Saints (St Jude, St Charbel …)
Les exorcices dévotionnels (parcourir une distance sur les genoux, bougies et cierges, rubans, encens)
Les neuvaines aux fetes des saints.
Statuaire tres développée dans les églises.
La place tres importante de Notre Dame de Guadalupe figure centrale de la religiosité.
La figure du Christ souffrant (torturé, mis a mort ) qu´on vénére, supplie et console.
On aime l´Enfant Jesús (Période qui va de l´Avent jusqu´au 2 février avec les Posadas, le Nacimiento, le Levantamiento)
On va dans les églises richement décorées appelées ici “temples”. Mais on vénere des petits autels partout installés : sur la rue, devant les maisons, quelques fois dans les lieux publics, a l´intérieur de chaque maison. Ces autels sont surtout pour honorer la Guadalupe.
L´importance de la relation aux défunts. Les défunts ne sont pas morts. Ils reviennent chaque mois de novembre vivre avec la famille. Le 2 Novembre est la plus grande fete de l´année. On offre les repas préférés des défunts, on allume les cierges, les cimetieres deviennent des lieux de fetes.
Les églises sont pleines. Une paroisse peut avoir 3 messes par jour et 9 le dimanche. Il se peut que le curé soit seul prétre. On imagine les fatigues.
Mais, les jeunes viennent moins, disent –ils. Bien qu´ils soient tres nombreux sur les lieux de pélerinage.
Beaucoup se tournent vers les communautés protestantes, surtout dans les grandes agglomérations, qui jouent la carte de la proximité affective.
On est frappé de la place des croyances pré-colombiennes recyclées dans le catholicisme officiel.
L´avenir demeure ouvert.
Que retenir d´un séjour court au milieu des réalités mexicaines ?
Une découverte et une ouverture.
La découverte d´un monde insoupconné. Riche d´histoire et de cultures. Vaste et si divers. Entrer dans un monde symbolique avec ses richesses et ses fragilités.
Les disparités sociales, géographiques, humaines, religieuses.
Partager la passion des missionnaires, prétres diocésains ou religieux. Comme un renouvellement (ou un recyclage)
La simplicité et la génerosité des mexicains. La chaleur dans les relations. Leur gentillesse.
Leur maniere d´avoir totalement intégré la religión dans leur mode de vie.
Un peuple qu´on respecte et qu´on aime.
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dimanche, 03 février 2008
Heureux vous les pauvres
4e dim A – 3 février 2008 – « Heureux vous les pauvres » cf. So 2,3-3,13 ;1Cor 1,26-31; Mt 5, 1-12
1- Il n’est pas toujours agréable, croyons-nous, de parler de la pauvreté ou des pauvres. Or Jésus nous a dit « des pauvres, vous en aurez toujours avec vous … ». De quelle pauvreté s’agit-il ? Car il y en a de toutes sortes, et tout autour de nous : pauvreté matérielle parfois, pauvreté morale souvent ou bien intellectuelle, ou provoquée par les blessures de la vie, pauvreté cachée plus que visible. Pauvretés aussi en chacun de nous-mêmes. Il y a quelques jours, m’étant rendu à la rencontre des missionnaires au Mexique, j’ai pu partager quelques jours dans les communautés indiennes, sans doute pauvres matériellement et aussi spirituellement. Il me paraît bon de rencontrer et de partager ainsi avec les pauvres. Ça fait beaucoup de bien et ça rappelle l’évangile.
2- Les textes bibliques d’aujourd’hui veulent nous introduire dans une nouvelle compréhension de la pauvreté, et nous la faire aimer. Ainsi, la prédication du prophète Sophonie, entre 6 et 7 siècles avant J.C., à un moment dramatique de l’histoire politique du Royaume de Juda, souligne que le Peuple de Dieu ne peut retrouver une relation vraie avec son Dieu sans une élimination radicale de ceux qui cherchent leur propre profit avant les exigences du Seigneur. Mais il témoigne d’une tendresse particulière du Seigneur pour les « humbles du pays » constituant un peuple petit et pauvre, le reste d’Israël.
Ce petit reste est en somme le constitutif de ceux qui veulent suivre le Christ. A Corinthe, du temps de St Paul, les membres de la communauté étaient tout sauf riches et savants, mais au contraire, issus des plus basses classes de la société, ils ont été capables d’accueillir la Parole de Dieu. Car, il ne suffit pas d’être pauvre matériellement. Encore faut-il l’être spirituellement. Le pauvre de cœur est ouvert à la Parole.
C’est ce que Jésus lui-même a voulu communiquer à ses disciples dans le Poème des Béatitudes. Ce n’est pas à proprement parler une « charte » pour vivre en chrétien. Mais un appel à vivre soi-même à la manière de Jésus et d’y trouver un bonheur intense, quelques soient les situations que la vie offre, accueillant tout avec égal sentiment. Comment ? avec un cœur simple, ouvert et libre, on est disposé à l’accueil, y compris de Dieu, tandis qu’un cœur chargé d’autosuffisance et de volonté d’être au-dessus des autres, n’a pas de place pour Dieu. Le disciple est donc appelé à être à la fois heureux et démuni, dans la certitude que par là il est pris en charge par Dieu, parce que on est alors à son image et ressemblance. Peu importent si on rencontre des oppositions et des contradictions ; elles sont le lot de ceux qui veulent suivre simplement Jésus, lui qui est le Pauvre par excellence.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, il est bon de prendre conscience de nos pauvretés, celles que nous portons. Il y en a de visibles, il y en a d’invisibles, peut-être lourdes. Il y a l’âge, la maladie, la souffrance, l’échec, tous les poids, toutes les charges, et aussi le dénuement, l’insécurité : va t-on pouvoir y arriver ? C’est dans la prise de conscience et l’acceptation de nos faiblesses et de nos pauvretés, qu’un chemin de lumière est possible dans nos vies.
Ensuite, découvrir que au cœur même de cette pauvreté vécue, parfois secrètement et douloureusement, une Parole nous est dite : ne te décourage pas, tiens le coup, ne t’enferme pas sur toi même, ouvre ton cœur, accueille même si elle est faible, l’espérance d’un bonheur vrai. Et ainsi, cette Parole vive grandit en nous et peu à peu nous illumine.
Enfin, se rassembler. L’Eglise est Eglise quand elle est faite de membres aux cœurs pauvres. Elle est moins sûre d’elle-même, de ses compétences et de ses richesses. Mais elle compte davantage sur son Seigneur. Elle n’a pas peur. Elle sait que le chemin véritable la conduit à suivre jusqu’au bout le Christ Pauvre. Et de passer avec Lui par la mort vers la Vie.
Prions pour que notre Eglise fasse l’expérience de la joie des pauvres qui attendent tout de Dieu, tout en étant jusqu’au bout, donnés, dans la bonté et pour le service de toute l’humanité.
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Retour à Eymoutiers
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Voyage au Mexique [4]
La HUASTECA
Région située au nord de Mexico, a mi chemin de la frontiere des USA, elle est célebre pour ses merveilles naturelles et attire des touristes sportifs. La capitale de cette belle région est San Luis de Potosí. Rappel de Louis roi de France, et Potosí, pour une ressemblance miniere avec la montagne de minerai d´argent bolivienne.
Aprés une nuit de voyage ( il faut compter environ 10 heures d´autocar par des routes escarpées car il faut traverser toute la Sierra Madre), nous arrivons a la Paroisse SANTA ANA DE TANLAJAS, au coeur du peuple indien TENEK qui fut dominé par les azteques en déroute aprés la prise de Mexico par les conquistadors.
Y habitent outre Miguel Besse, le P Andrés, américain d´origine vietnamienne, et Juan, séminariste slovaque (de Nitra) en coopération. L´évangélisation de cette région s´est faite vers le 18ieme siecle par les peres franciscains puis abandonnée. Les peres spiritains sont arrivés en 1970.
Sont arrivés a la paroisse ce jour, un groupe important de jeunes catéchistes (environ 60) pour une formation, ainsi qu´une cinquantaine de “ministres de la comunión” qui ont la misión dácompagner les malades dans les communautés, de porter la comunión, d´etre des piliers de ces communautés.
L´environnement est tres vert. Un relief boisé, cultures de maïs, de canne a sucre, vergers d´orangers, bananiers, manguiers. et aussi de l´´elevage dans les parties planes.
Les indiens sont de petite taille, au teint cuivré, les cheveux tres noirs, tres gentils et aimables de caractere. On peut facilement se lier avec eux. Ils demeurent cependant réservés.
Une communauté de religieuses (les Hermanas Religiosas de Tanquián, fondées il y a 30 ans et déja au nombre de 250, certaines en mission au Guatemala et au Honduras) est venue animer le stage de catéchistes. Elles sont 5 dont 2 novices. Mettent beaucoup d´entrain avec leur guitare et leurs chants, enseignement avec Powerpoint, elles débordent d´enthousiasme. Une jeune catéchiste de 18 ans est la avec ses parents. A la fin des deux jours, je la vois partir avec les Soeurs pour suivre sa vocation avec elles. Quelques larmes vite essuyées. Les parents sont d´accord pour qu´elle aille avec elles a la grande ville. Et pour ma part, je vois pour la premiere fois dans ma vie une entrée dans la vie religieuse en direct.
Visites et célébrations dans les communautés
Le Pére Andrés m´emmene dans la grosse Ford pour les célébrations villageoises. Mais comme toute Ford ici, panne de démarrage. Il faut faire appel a un voisin qui nous dépanne avec sa batterie. On prend la piste de montagne.
Arrivée dans le petit village de NIÑOS HEROES PONIENTE pour une messe de “Levantanamiento del Niño” et les “15 ans de Ana Rosa Isiquio”. La Chapelle est décorée et aménagée. Les paysans indiens sont la. Ana Rosa est habillée comme une mariée. On célebre ses 15 ans, entourée de ses parrain, marraine et parents. C´est un jeune que nous avons transporté qui anime le chant avec sa guitare. A la fin de la messe, on habille l´Enfant Jesús de la creche, on le met sur sa petite chaise et le couvre de bonbons. Tous viennent en procession pour l´embrasser puis prendre un bonbon (surtout les enfants, nombreux, pour qui c´est un moment agréable). On fete Ana Rosa, benediction d´objets et images saintes. Les parents nous invitent au repas mais nous sommes trop pressés pour rejoindre l´autre village a une heure de route : SAN JOSE DEL TINTO.
L´´eglise est plus grande, le village semble mieux équipé, il y a plus de population. La, c´est une grande fete en l´honneur des 15 ans de Tania Lisbeth. Ses parents tiennent une Hacienda. Apres la messe, animée par une chorale, nous nous rendons pour la réception familiale. Un orchestre de 7 musiciens est installé sous un grand chapiteau, jeux de lumieres, Grossa sono. Le papa a invité tout le monde a partager le repas. En effet, il y a du monde. Les enfants sont a table comme les grandes personnes. On mange du boeuf. Mais il nous faut rentrer dans la nuit ; voyage assez long sur les pistes.
D´ou vient cette tradition des 15 ans ? Il semble que dans la société ancienne, les jeunes filles arrivant a cette age, en guise de remerciements, étaient immolées a la divinité. Cette tradition a été heureusement transformée.
A Tanlajás
Dimanche 28 janvier
Miguel célebre la messe de 8h avec les jeunes catéchistes et les soeurs. Il communique bien avec l´assemblée. Messe bien animée. Je concélebre la messe de 10h. Eglise pleine d´enfants, jeunes, hommes, femmes. Les vieilles portent leur coiffure traditionnelle. Beaucoup d´encens parfumé. Miguel me fait parler a l´homélie pour donner un témoignage sur ma paroisse limousine. Bien sur, tous les mots ne me viennent pas comme je veux. Mais ca passe. Applaudissements. On salue tout le monde a la sortie.
Visite au marché. Tres fourni en ce dimanche : frippe, chaussures, outils, alimentation (piments, maïs, haricots, légumes, fruits, épices …). On se presse, malgré la foule, je peux acheter quelques babioles. Mais pas d´artisanat traditionnel.
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