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dimanche, 17 février 2008

Devenir fils et fille du Père

2edim Carême A –17 février 08–Devenir fils et fille du Pèrecf.Gn 12,1-4;2Tim1,8-10;Mt 17,1-9

1-         Quelle joie s’affiche sur le visage d’un « époux » qui devient « papa » ! Le nouveau-né va apprendre à reconnaître son père et dans un processus d’identification qui durera des mois puis des années, un jour, passera, à son tour, du statut de fils au statut de père. En quelque sorte, on devient père et fils en même temps. Même si dans notre société, le statut du père est quelquefois brouillé, le rapport à la mère n’est pas facile non plus : un auteur à succès vient de publier un livre intitulé : « Pardon mère », comme pour se racheter de ses rapports difficiles avec sa maman pendant qu’elle était encore en vie. Or nous pouvons regarder aussi ce que la Bible peut nous dire en ce temps de Carême, moment privilégié pour retrouver notre vraie place de fils et fille du Père reçue au jour de notre baptême.

 

2-         Dès le livre de la Genèse, se fait entendre l’appel à devenir fils. Abraham, le père des croyants, comme on dit, vivait dans le réseau de son clan familial nomade du côté de l’Irak actuel. Ainsi inséré, à l’âge de la retraite bien sonnée, il écoute dans son cœur un appel pressant : « quitte ! » « va ! » accompagné d’une promesse : « je te bénirai ». Il découvre que c’est le Seigneur qui lui parle et en même temps, il fait l’expérience, malgré son âge, d’être un enfant qui avec confiance va suivre le conseil de son père. Cette expérience profonde va se renouveler durant sa longue vie. Il devient fils, en même temps que père. Et cela produira une famille, bénie, rassemblant tous les peuples de la terre.

            Comment ne pas entendre une expérience semblable mais amplifiée avec Jésus. En ce moment si unique de la Transfiguration, manifestation de la Gloire du ciel, où la transcendance se manifeste au cœur de l’immanence, on entend la voix du Père disant de son fils bien – aimé : « écoutez –le ». Parole qu’un père ne peut prononcer sauf à se retirer et laisser toute la place au fils. Et plus encore, le Fils, rempli de l’amour du Père, rejoint les disciples accablés, les touche pour leur faire sentir sa profonde humanité et les remet debout, les associant eux aussi à son être de Fils : « relevez-vous et n’ayez pas peur ! ». C’est à dire, entrez dans la même intimité où l’on n’est jamais écrasé mais aimé ! Devenir fils, une tâche qui passe par le Fils Jésus. Par lui, les disciples deviennent fils du Père qui s’est totalement effacé en son Fils unique. Et cela ne sera communiqué qu’à ceux qui peuvent le comprendre, étant entrés eux-mêmes dans une expérience semblable, après l’épreuve de la Croix traversée par la lumière de la Résurrection. Aussi, tous les peuples sont-ils appelés à cette expérience bénie où la vie resplendit par la grâce de Jésus.

 

3-         Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, se sentir membre d’une même famille n’est pas donné à tous. Les blessures familiales empêchent à beaucoup de se sentir habité d’amour familial, filial, fraternel. Au contraire, beaucoup de blessures viennent contrecarrer sans cesse les désirs de bonheur et de vie. Alors, on peut être tenté de vouloir être seul, vivre seul, sans le secours des proches dont on a été déçu, sans le secours d’un Dieu qui a pu prendre la forme d’un père cruel ou pervers.

Or, l’expérience de Jésus vécu par les croyants donne une autre image de Dieu : un Père qui aime et qui s’efface pour laisser pleinement chacun prendre toute sa dimension sans être abandonné mais toujours accompagné. Dans la discrétion parfois, avec une parole plus forte d’autres fois, une évidence aussi, qui permettent de traverser l’épreuve de la vie.

Enfin, devenir fils et fille du Père nous est offert par la voie du baptême, dans cet amour qui transforme pour toujours l’existence. Le baptême n’est pas le rite d’entrée d’un enfant dans le cercle familial, même si ce n’est pas à négliger. Par le baptême, Jésus nous fait entrer dans l’intimité de la vie du Père comme fils et fille bien – aimés, et par là, nous fait entrer dans sa propre famille. Et il faut, je crois, toute une vie pour le comprendre et en vivre.

Prions donc, que ce chemin où on devient le fils et la fille bien-aimés soit notre chemin, que nous permettions à d’autres d’y entrer et que ce temps de Carême nous le fasse re-découvrir.

Commentaires

Pour tous ceux et celles qui portent le souci de l' avenir des campagnes en France et dans le Monde .
Et aussi au moment du salon de l' agriculture , à lire :
Bertrand Hervieu :
"les orphelins de de l' exode rural, une réflexion sur
l' agriculture et les campagnes au 21 ème siècle".
Editions de l'Aube, 2008.

Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | samedi, 23 février 2008

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