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dimanche, 10 février 2008

Ensemble, cheminer pour aimer

1erdim Carême A – 10 févr. 08 – Ensemble, cheminer pour aimer – cf. Gn 2,7-9..3,1-7 ; Mt 4, 1-11

1-         Un temps décisif. Avant de se mettre en route pour un long périple, on a d’abord réfléchi : quand ? comment ? qui ? avec qui ? et enfin, pourquoi ?  Le pourquoi accompagne en permanence le chemin et il évoluera au fur et à mesure des étapes. Marcher avec quelqu’un que je connais ou que j’aime, ce n’est pas comme voyager avec des inconnus. J’ai vu récemment des touristes à la fin d’un circuit organisé : ils se disent au revoir sans grande conviction en disant simplement : « on se reverra peut-être ! » Par contre, j’ai vu de grandes effusions quand on se quitte à la fin de l’étape de Compostelle en se disant « à l’année prochaine ! » Un chemin c’est aussi, pour nous aujourd’hui, le temps du Carême. 40 jours ensemble, pour cheminer ensemble, vivre ensemble un temps où nous pourrons progresser, avancer, approfondir le sens de notre vie. Et les textes de chaque dimanche nous aideront à cela. Aujourd’hui, regardons-les comme un démarrage, un lancement.

 

2-         Le commencement, c’est finalement un modelage. Dieu modèle l’homme avec son origine : la terre terreuse. Mais cette terre n’est pas seulement un objet : elle est chargée de vie et cette vie est mise en abondance au service de l’homme, à condition qu’il use intelligemment de sa liberté. Cette liberté, c’est, comme dit St Augustin, « aime, et fais ce que tu veux ». Dans le sens de l’amour, on ne peut pas tout faire, ma liberté est encadrée par le respect de l’autre, le respect de la création, le respect de soi-même. Ainsi, la tentation de l’homme est de se suffire à soi tout seul, sans tenir compte de l’autre. En croyant que le bonheur se fait en opposition au bonheur de l’autre, ou même contre le désir d’amour de Dieu. Et cela est la source de beaucoup de malheurs.

            Jésus va se trouver dans le désert à expérimenter à son tour cette tentation du bonheur pour soi tout seul. Mais il n’est pas seul ; il est relié à son Père par l’Esprit qu’il vient de recevoir au baptême. Aussi, au nom de toute l’humanité, au nom de nous, donc, il va résister à cette tentation d’abord, d’accumuler les biens matériels (sous forme de pain), à la tentation de dominer les autres (sous forme de pouvoir politique), à la tentation d’emprisonner les consciences (sous forme de prodige médiatique). Tout ce qui est contraire à la liberté. Tout ce qui est contraire à la solidarité. Tout ce qui est contraire au service. Il va ainsi, défendre notre humanité et nous associer à son combat vainqueur contre les séductions du mal ou du « mauvais » qui peuvent parfois nous assaillir. Ainsi, il nous re-modèle au bout d’un chemin, à notre vocation première qui est d’être avec le Dieu d’amour.

 

3-         Qu’est ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, nous entrons sur le chemin de toute l’humanité. Le temps du carême est d’abord, l’occasion de vivre intensément ce que tout homme vit déjà dans son horizon quotidien. C’est à dire, je suis relié à l’expérience partagée par tout homme. A la fois les belles choses et à la fois les tristes choses. Belles avec l’amour, le service, l’ouverture, le respect. Tristes avec les glissades vers l’égoïsme, la dispute, la domination, la fermeture.

Ensuite, dans cette expérience humaine partagée, je suis relié au chemin même du Christ. Je ne peux pas envisager de lutter contre le mal, sans la force du Christ, qui a déjà vaincu le mal par sa bonté, son amour, son engagement, son don de lui-même. Et cela me conduit à rejoindre sa prière, à écouter sa Parole, à partager son Eucharistie. Comme une force et un avenir. Relié à tous les hommes, mais relié au Christ.

Enfin, relié à mes frères et sœurs de la communauté. Je peux être tenté d’aller loin, ailleurs, là où ça me paraît mieux, là où je pense qu’on m’aime bien. Mais le chemin de carême n’est pas ailleurs ! il est là , là où le Seigneur m’a mis, là où il m’a planté pour porter des fruits. Selon son dessein mystérieux, selon sa Providence que je ne perçois pas encore bien. Autour de moi, il y a des frères et des sœurs à aimer et c’est là pour moi, le Chemin. Aujourd’hui.

Prions, que ce parcours de quelques semaines, ensemble, nous conduise à la joie de Pâques !

Commentaires

Pour tous ceux qui portent dans la prière l' avenir du peuple tchadien :
A écouter ( en podcasting) sur France Culture l' émission
"La Société des Nations" du jeudi 7 février de 11 à 12 sur la question tchadienne.
Sur le site de Radio France internationale : lire l'article d'un journaliste africain intitulé : "L' envie de changer de malheur" qui nous laisse entrevoir la complexité politique de la situation.

Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | mercredi, 13 février 2008

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