« Heureux vous les pauvres | Page d'accueil | Semaine du 04 au 10 février 2008 »
mercredi, 06 février 2008
Voyage au Mexique [5]
dernier volet, a posteriori, du récit de voyage
---
Ciudad Valles
Lundi 28 janvier
Le lundi est le jour des courses. On descend a la grande ville de la région, a environ 50 kms. Ciudad Valles, ville d´un million d´habitants, s´étend horizontalement comme les villes américaines sans beaucoup d´ame. Le thermométre peut grimper en mai- juin jusqu´a 52 °C !
Ciudad Valles est aussi le siege du diocese érigé en 1960. Actuellement, c´est le 6 ° evéque , il se prénomme Robert. 44 paroisses dont une qui vient de se créér. Nous visitons la cathédrale, l´´evéché. Un Centre dÁccueil sacerdotal a été construit. Une gargotte a proximité en dépend. Le Musée est en réparations. On visite des boutiques, achats dans un supermarché (les prix sont tres inférieurs a ceux pratiqués en France ; le salaire moyen se situe entre 400 et 600 euros/mois). Repas dans un restaurant ou on peut se servir a satiété. Prix du repas, l´´equivalent de 5 euros.
Dans les familles indigenes
Nous avons rendu visite a une famille pour donner les sacrements a une dame agée alitée depuis 4 ans. Ensemble modeste. Habitat traditionnel des TENEK avec toit en chaume de roniers. Le sol est cimenté mais pas de muebles. Des lits traditionnels avec moustiquaires. Les habits pendent sur des fils. Un petit autel, comme toujours. La vieille répond. On fait des prieres pour sa santé.
Le soir, a FORTIN, célébration dans une communauté indienne avec 5 baptemes dénfants. La chapelle est grande et assez neuve. Elle est pleine. Environ 150 pers. beaucoup d´enfants et de femmes. Environ 20 hommes. Les hommes sont absents car ils vont comme ouvriers agricoles dans les champs de canne a sucre pendant la saison de récolte qui va de décembre a mars.
Ce qui frappe, c´est un sentiment de passivité générale. Bien sur, la liturgie en espagnol n´est pas dans la langue des gens. Toutes les mamies présentes, c´est sur, ne comprennent rien. Mais au-dela, chez ce peuple Tenek, qui a toujours été dominé, “répondre” est considéré commettre une offense. On ne dit rien. On n´exprime rien. sauf a ses pairs. Mais non d´enfants a parents; d´´eleve a maitre; de peuple a pretre. La nation indienne a tellement intégré dans sa psychologie collective, la soumission !
Chez le “Majordome”
Nous prenons le repas chez le Majordome chargé de l´entretien de l´église et autorité morale dans la communauté. Repas de poulet cuit au riz et sauces avec tortillas délicieuses. Ils cultivent 1 ha de maïs pour l´autoconsommation (rendement : 10 qx/ha) et de la canne a sucre. Mais on ne fait plus la culture associée maïs – haricot, qui pourtant était le génie de l´agriculture indienne.
Dans cette région, il y a beaucoup d´émigration. Les jeunes qui ne peuvent pas vivre dans ces conditions diffíciles vont dans les villes et surtout vers les USA. Ils voudraient bien rester au pays, mais il n´y trouvent pas suffisamment de ressources.
A TANCANHUITZ
mardi 29 janvier
Reunión du Doyenné a Tancanhuitz, dans une zone montagneuse. L´église est du 18° siecle et est en réfection. Elle fut erigée par les franciscains sur un promontoire qui devait etre un lieu de culte traditionnel.
Sur la route, arret dans une boutique d´artisanat Tenek pour achat de tissus brodés. Tout est symbolique: les couleurs et les formes.
Le symbole principal dans la culture Tenek : les 4 points cardinaux: Nord – sud; Est – ouest.
au Nord, le froid (maïs blanc) et au sud le chaud (maïs jaune) = c´est le chemin de Dieu, la vie de Dieu qui va de la mort (froid) a la vie (chaud).
A l´Est, le soleil surgissant (maïs rouge) et a l´ouest, le soleil mourant (maïs bleu ou noir) = c´est le chemin de l´homme, la vie de l´homme qui va de la naissance a la mort, puis a un combat de la vie contre la mort, les ténebres et le mal.
Au croisement des deux chemins, un 5° point = c´est Quetzalcoatl, le serpent a plumas, croisement de l´Homme et de Dieu, signe de la fécondité, de la plénitude, signe du Christ.
D´autres symboles, les éclairs qui annoncent la pluie, c´est a dire la parole de dieu, la fécondité.
symbole aussi des cyclones (les vents tournants), symboles du maïs, omniprésent.
On entre dans un monde culturel et symbolique. Le maïs est symbole de résurrection. Le Maïs sacré.
Or tour CECI est menacé par l´hégémoniees maïs OGM.
Tout cet univers serait – il condamné par la marchandisation du monde ?
Question pour notre 21° siecle, 500 ans apres la destruction societale par les colonisateurs, destruction de l´univers symbolique des indiens par notre appétit de jouissance matérialiste ?
Reunión de Doyenné
Une fois par mois, les pretres du Doyenné se retrouvent ensemble pour une rencontre, chez l´un ou chez l´autre. Ce qui signifie que les paroisses accueillent l´ensemble une fois par an. Occasion d´un tres bon repas fraternel avec des plats typiquement mexicains. On goute la Tequila ou le Mexcal, boissons fortes produites a partir d´une variété de cactus. Notre Hote, qui s´appelle JUAN MIGUEL, nous offre a chacun un sombrero mexicain.
Aujourd´hui, la reunión est animée par le responsable diocésain de la Pastorale Liturgique. Il expose a partir du document d´APARECIDA (5° rencontre de l´Episcopat latino américain et des Caraïbes en mai 2007 au Brésil)
Les 15 pretres présents dont certains, missionnaires expatriés, réfléchissent sur les symboles du baptéme puis parlent de l´organisation de la Flamme qui passe de Paroisse en Paroisse jusqu´a la célébration du congrés eucharistique.
La religión des Mexicains
Est – il possible de parler de la religión des mexicains apres seulement quelques jours passés avec eux ?
La tres grande religiosité, l´espérance du miracle.
Les dévotions aux Saints (St Jude, St Charbel …)
Les exorcices dévotionnels (parcourir une distance sur les genoux, bougies et cierges, rubans, encens)
Les neuvaines aux fetes des saints.
Statuaire tres développée dans les églises.
La place tres importante de Notre Dame de Guadalupe figure centrale de la religiosité.
La figure du Christ souffrant (torturé, mis a mort ) qu´on vénére, supplie et console.
On aime l´Enfant Jesús (Période qui va de l´Avent jusqu´au 2 février avec les Posadas, le Nacimiento, le Levantamiento)
On va dans les églises richement décorées appelées ici “temples”. Mais on vénere des petits autels partout installés : sur la rue, devant les maisons, quelques fois dans les lieux publics, a l´intérieur de chaque maison. Ces autels sont surtout pour honorer la Guadalupe.
L´importance de la relation aux défunts. Les défunts ne sont pas morts. Ils reviennent chaque mois de novembre vivre avec la famille. Le 2 Novembre est la plus grande fete de l´année. On offre les repas préférés des défunts, on allume les cierges, les cimetieres deviennent des lieux de fetes.
Les églises sont pleines. Une paroisse peut avoir 3 messes par jour et 9 le dimanche. Il se peut que le curé soit seul prétre. On imagine les fatigues.
Mais, les jeunes viennent moins, disent –ils. Bien qu´ils soient tres nombreux sur les lieux de pélerinage.
Beaucoup se tournent vers les communautés protestantes, surtout dans les grandes agglomérations, qui jouent la carte de la proximité affective.
On est frappé de la place des croyances pré-colombiennes recyclées dans le catholicisme officiel.
L´avenir demeure ouvert.
Que retenir d´un séjour court au milieu des réalités mexicaines ?
Une découverte et une ouverture.
La découverte d´un monde insoupconné. Riche d´histoire et de cultures. Vaste et si divers. Entrer dans un monde symbolique avec ses richesses et ses fragilités.
Les disparités sociales, géographiques, humaines, religieuses.
Partager la passion des missionnaires, prétres diocésains ou religieux. Comme un renouvellement (ou un recyclage)
La simplicité et la génerosité des mexicains. La chaleur dans les relations. Leur gentillesse.
Leur maniere d´avoir totalement intégré la religión dans leur mode de vie.
Un peuple qu´on respecte et qu´on aime.
00:00 Publié dans Carnets de voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire