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dimanche, 03 février 2008
Heureux vous les pauvres
4e dim A – 3 février 2008 – « Heureux vous les pauvres » cf. So 2,3-3,13 ;1Cor 1,26-31; Mt 5, 1-12
1- Il n’est pas toujours agréable, croyons-nous, de parler de la pauvreté ou des pauvres. Or Jésus nous a dit « des pauvres, vous en aurez toujours avec vous … ». De quelle pauvreté s’agit-il ? Car il y en a de toutes sortes, et tout autour de nous : pauvreté matérielle parfois, pauvreté morale souvent ou bien intellectuelle, ou provoquée par les blessures de la vie, pauvreté cachée plus que visible. Pauvretés aussi en chacun de nous-mêmes. Il y a quelques jours, m’étant rendu à la rencontre des missionnaires au Mexique, j’ai pu partager quelques jours dans les communautés indiennes, sans doute pauvres matériellement et aussi spirituellement. Il me paraît bon de rencontrer et de partager ainsi avec les pauvres. Ça fait beaucoup de bien et ça rappelle l’évangile.
2- Les textes bibliques d’aujourd’hui veulent nous introduire dans une nouvelle compréhension de la pauvreté, et nous la faire aimer. Ainsi, la prédication du prophète Sophonie, entre 6 et 7 siècles avant J.C., à un moment dramatique de l’histoire politique du Royaume de Juda, souligne que le Peuple de Dieu ne peut retrouver une relation vraie avec son Dieu sans une élimination radicale de ceux qui cherchent leur propre profit avant les exigences du Seigneur. Mais il témoigne d’une tendresse particulière du Seigneur pour les « humbles du pays » constituant un peuple petit et pauvre, le reste d’Israël.
Ce petit reste est en somme le constitutif de ceux qui veulent suivre le Christ. A Corinthe, du temps de St Paul, les membres de la communauté étaient tout sauf riches et savants, mais au contraire, issus des plus basses classes de la société, ils ont été capables d’accueillir la Parole de Dieu. Car, il ne suffit pas d’être pauvre matériellement. Encore faut-il l’être spirituellement. Le pauvre de cœur est ouvert à la Parole.
C’est ce que Jésus lui-même a voulu communiquer à ses disciples dans le Poème des Béatitudes. Ce n’est pas à proprement parler une « charte » pour vivre en chrétien. Mais un appel à vivre soi-même à la manière de Jésus et d’y trouver un bonheur intense, quelques soient les situations que la vie offre, accueillant tout avec égal sentiment. Comment ? avec un cœur simple, ouvert et libre, on est disposé à l’accueil, y compris de Dieu, tandis qu’un cœur chargé d’autosuffisance et de volonté d’être au-dessus des autres, n’a pas de place pour Dieu. Le disciple est donc appelé à être à la fois heureux et démuni, dans la certitude que par là il est pris en charge par Dieu, parce que on est alors à son image et ressemblance. Peu importent si on rencontre des oppositions et des contradictions ; elles sont le lot de ceux qui veulent suivre simplement Jésus, lui qui est le Pauvre par excellence.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, il est bon de prendre conscience de nos pauvretés, celles que nous portons. Il y en a de visibles, il y en a d’invisibles, peut-être lourdes. Il y a l’âge, la maladie, la souffrance, l’échec, tous les poids, toutes les charges, et aussi le dénuement, l’insécurité : va t-on pouvoir y arriver ? C’est dans la prise de conscience et l’acceptation de nos faiblesses et de nos pauvretés, qu’un chemin de lumière est possible dans nos vies.
Ensuite, découvrir que au cœur même de cette pauvreté vécue, parfois secrètement et douloureusement, une Parole nous est dite : ne te décourage pas, tiens le coup, ne t’enferme pas sur toi même, ouvre ton cœur, accueille même si elle est faible, l’espérance d’un bonheur vrai. Et ainsi, cette Parole vive grandit en nous et peu à peu nous illumine.
Enfin, se rassembler. L’Eglise est Eglise quand elle est faite de membres aux cœurs pauvres. Elle est moins sûre d’elle-même, de ses compétences et de ses richesses. Mais elle compte davantage sur son Seigneur. Elle n’a pas peur. Elle sait que le chemin véritable la conduit à suivre jusqu’au bout le Christ Pauvre. Et de passer avec Lui par la mort vers la Vie.
Prions pour que notre Eglise fasse l’expérience de la joie des pauvres qui attendent tout de Dieu, tout en étant jusqu’au bout, donnés, dans la bonté et pour le service de toute l’humanité.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Heureux les Pauvres ....
A lire, éventuellement, en cette période de Carême :
Colette et Michel Collard-Gambiez:
"Et si les pauvres nous humanisaient......" éditions Fayard,
préface de Jean Vannier, 2004;
..................
Et dans l' attente des partenaires indiennes du CCFD :
Mira Kamdar : "Planet India ", Actes Sud, 2008
Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | samedi, 09 février 2008
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