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mercredi, 30 janvier 2008

Quelques éléments de notre réflexion sur l'Église

- De plus en plus nous travaillons avec des plans pastoraux mais domine l’individualisme en matière d’action pastorale.

- La religiosité populaire demeure un élément fondamental de l’expression de la foi autant dans le rural comme dans beaucoup de zones urbaines. Il y a encore beaucoup d’efforts à faire pour que l’Evangile soit inculturé. Nous voyons cohabiter deux rites : le latin qui nous vient de la colonisation et du monde occidental et celui qui nous vient de cette religiosité populaire qui s’exprime quotidiennement. Ces deux rites ne se compénètrent pas. 

- Nous voyons que la formation des jeunes prêtres se fait en dehors de leur réalité, totalement désincarnée. Être prêtre est encore un chemin de promotion humaine. Le prêtre a un poids énorme dans la vie locale.

- De graves problèmes de pédérastie, autant ceux de notre pays voisin que ceux dénoncés ici même,  ont amené les évêques à une sérieuse réflexion, sans pour autant conduire l’Eglise à un comportement plus humble ou à des changements dans l’accompagnement des prêtres et leur formation.

- Les laïcs dans l’Eglise  vivent encore très dépendants des prêtres, bien que nous discernons chez eux une grande soif de formation, une recherche de la manière de vivre une foi cohérente et engagée, une foi qui tienne la route.

- L’Eglise Mexicaine a perdu ses prophètes, elle n’a plus de parole prophétique (globalement) bien que nous voyons des organismes (laïcs, religieux) travaillant dans une perspective prophétique (CIRM= Conférence des religieux). Ils nous présentent une autre vision de l’Eglise.

- L’impact de la « Quinta Conferencia de Aparecida » est encore difficile de percevoir. Nous en sommes au stade de l’étude du document lequel court de grands risques de passer aux oubliettes. Nous le percevons comme un « souffle de vie nouvelle » pour notre Eglise mexicaine : une foi centrée en Christ, une réponse communautaire face à l’individualisme ambiant, chrétiens engagés au cœur du monde, relance des petites communautés, reconnaissance de toute la richesse des communautés ecclésiales de base ; une Eglise en mission permanente et présente au monde…

Mais comment cela peut il être possible quand nous voyons que les prêtres sont formés pour être « gardiens de l’institution » et non pour la mission au cœur du monde ???

 

Pour autant nous gardons une foi profonde, alimentée par notre accompagnement des communautés auxquelles nous sommes envoyés, des plus pauvres en particulier puisque ce sont eux le chemin privilégié  choisi par Dieu pour se révéler à l’humanité : «  Nous sommes appelés a contempler dans les visages souffrants de nos frères le visage du Christ  qui nous appelle à le servir dans l’accompagnement des pauvres : « Les visages souffrants des pauvres sont les visages divers du Christ présent aujourd’hui en notre humanité »  (interprétation du N°  393 d’Aparecida)

 

Petite synthèse bien imparfaite d’une riche rencontre entre Français présents au Mexique depuis 30 ans ou plus, depuis un an ou moins et heureux de ce qu’ils vivent dans ce pays.

 

Tous les textes parus depuis le 20 janvier sont dûs au secrétaire de la rencontre : Jean Mimiague

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