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dimanche, 30 décembre 2007

La place de l’amour

Sainte famille – 30 décembre 2007 – La place de l’amour – cf. Sg 3,2-14 ; Col 3,12-21 ; Mt 2,13…23

1-        En ce dernier dimanche de l’année 2007, il nous revient peut-être à l’esprit des événements marquants vécus au cours de l’année passée et qui soient des moments heureux. Il est bon de se les remémorer. Parmi ces événements, je citerai les grandes réunions familiales ; comme celles à l’occasion de mariages, baptêmes, anniversaires, vacances, ou tout simplement la réunion du dimanche ou celle de Noël. Ainsi, me disait-on dans telle famille, chaque dimanche, nous venons de Limoges pour passer la journée avec les parents et grands parents. Et maintenant que Papi est décédé, nous allons continuer, car il y a mamie ! Dans les divers sondages en France, la famille est plébiscitée, même si par ailleurs, elle ne se porte pas si bien. Près d’un enfant sur deux naît hors mariage et près d’un couple sur deux connaît un échec. Et mettre en avant la famille, n’est pas toujours bien vu. Et pourtant, en la fête d’aujourd’hui, la fête de la sainte famille, on a envie de regarder d’un peu plus près ce que la Bible nous dit de la famille.

 

2-        Les familles que la Bible présente dans ses divers Livres, sont souvent atypiques. Il n’y a pas de modèle ou de type – standard : chaque famille a une histoire, des particularités, des comportements qui ne cessent de nous étonner. Qu’il s’agisse des Patriarches dans la Genèse, de l’histoire des Rois, aussi des prophètes. La figure du Sage va, lui, mettre en perspective les valeurs familiales puisées au cœur du Décalogue avec le respect dû aux parents par les enfants et précédemment, le respect dû par les parents aux enfants, notamment pour la pratique du sabbat. Ce double refrain du respect mutuel est porté bien haut comme chemin du bonheur à des époques où le respect était peut-être plus rare. Et on trouve des propositions très proches chez Saint Paul qui va les mettre dans une perspective à la fois neuve et exaltante, centrées sur le Christ et sa Parole vécue au quotidien.

On se tourne ainsi vers la famille de Jésus. Elle est à l’image de toute famille laborieuse et effacée. Humble, simple, sans histoire qui transparaisse à l’extérieur. Modèle d’obéissance et de liberté à la fois. Jésus, Marie, Joseph sont parfaitement libres parce qu’ils coïncident avec leur propre vérité, qui est divine. Cette liberté-vérité de chacun est totalement respectée par les autres. Dans cette famille, personne n’appartient à personne et chacun reste au seuil du mystère de l’autre. Jésus n’est pas pour ses parents, il se doit aux affaires de son Père. Joseph prend ses décisions selon la voix de ses rêves. Marie est seule quand elle dit « oui » à l’ange. Mais ces notes distinctes forment ensemble une mélodie. L’amour commence par le respect de l’autre en sa différence. Le respect est une marque insigne d’amour.

 

3-        Est-ce que le modèle de la sainte famille peut nous inspirer aujourd’hui et comment ?

Tout d’abord, trouver le chemin de la liberté dans l’obéissance. Cette obéissance est l’autre manière de désigner le respect d’autrui. On ne peut pas comprendre qu’on est lié par l’amour si on ne se respecte pas, et en quelque sorte, si je n’intègre pas en ma conduite la volonté de l’autre, sa volonté de bien faire et de bien être.

Ensuite, on peut comprendre de l’intérieur que les liens s’approfondissent, car mutuellement assumés dans le dialogue, et parfois, si nécessaire, le silence et la prière. Cet approfondissement conduit à davantage d’ ‘être ensemble’, non dans la fusion mais dans la collaboration étroite et intime où chacun va grandir dans sa liberté et s’épanouir davantage.

Enfin, la sainte famille de Nazareth ne sera pas forcément un modèle imitable quotidiennement mais un secours pour les moments de déception, voire d’échecs que nous rencontrons dans nos familles. Se mettre sous sa protection, c’est faire un acte de foi. C’est aussi espérer quand ça ne va pas bien. C’est enfin vouloir aimer et pardonner malgré tout.

Prions en ce jour en ayant une pensée spéciale d’action de grâces pour les familles heureuses. Et aussi, une prière de demande et de supplication pour les familles éclatées ou déchirées. Qu’en ces temps de fêtes de fin d’année, on n’oublie pas cet essentiel qu’est aimer toujours.

Commentaires

"C'est seulement dans le silence complet que l'on peut commencer à entendre...." Philip Gröning
Aussi, Hier, 1er janvier, fête de Marie Mère de Dieu j' ai longuement médité la Parole et prié.
En partant pour l' eucharistie le soir, je me répétais cette phase que j' aime tant : Marie quand je mélange les lettres de ton Nom, cela fait le VERBE AIMER.

Merci pour l' envoi des homélies.

Ecrit par : SAUX GENEVIEVE | mercredi, 02 janvier 2008

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