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lundi, 24 décembre 2007

La Nativité du Seigneur

24 et 25 décembre 2007– La Nativité du Seigneurcf. Isaïe 9, 1-6 ;Luc 2,1-14 (nuit);Jn 1,1-18 (jour)

1-        En ce soir de Noël, n’oublions pas que des SDF sont souffrants ; des retraités ont du mal à joindre les deux bouts ; des éleveurs subissent la chute des cours et les conséquences des maladies de leur bétail ; et d’un bout à l’autre de la planète, la liste des victimes de la violence et de l’incurie des hommes s’allonge, jusqu’à risquer que la vie sur une planète surchauffée disparaisse. Est -ce que fêter Noël a un sens en ce jour ? Ou bien doit – on faire comme ces personnes isolées qui haïssent les fêtes de fin d’année car elles n’y retrouvent que plus de solitude et de peine. C’est pourtant dans notre monde, tel qu’il est, que le Seigneur a choisi de venir et non dans un autre. Noël n’est pas un récit merveilleux qui enchante nos enfances. La fête de Noël contient profondément le sens dont notre monde a besoin pour envisager son avenir. Car, au delà de toutes les croyances ou non croyances qui s’expriment dans notre pays, Noël garde une signification. Et au delà du folklore et d'une exploitation commerciale insensée, cette fête est, pour les chrétiens, le rappel de la naissance du Fils de Dieu à Bethléem. Mais elle a également une signification anthropologique universelle : c'est la fête de la naissance, de la nouveauté, du mystère, de la fragilité de la vie humaine. Et on peut bien sûr la célébrer sans être croyant !

 

2-          Mais est-ce que les textes bibliques nous enseignent quelque chose pour aujourd’hui ? Vous avez remarqué l’extrême sobriété du récit de la naissance dans l’évangile de Luc : « Marie mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune ». Pas de médecin, pas de sage-femme, pas de témoin, Marie et Joseph sont seuls. Aucun confort, aucune sécurité, que de la fragilité. Ils contemplent le mystère de la naissance d’un être à la destinée prodigieuse qui a choisi la simplicité comme jamais personne ne pourrait le vivre. Paradoxe extrême entre la profonde origine divine de cet être et la forme de l’humanité qu’il choisit de vivre. Dieu a décidé dans sa délibération trinitaire de rejoindre l’humanité dans ce qu’il y aurait des plus bas, de plus élémentaire, de plus simple. Et ainsi, en se mettant au niveau de l’extrême, tous les hommes peuvent avoir accès au mystère, à condition de s’y disposer. Mais qui sera disposé à être rejoint par lui ? Uniquement ceux qui ont un cœur assez simple pour l’accueillir, tels Marie et Joseph. Il faudra le cœur simple des bergers pour entendre l’annonce des anges. Car les anges ne peuvent communiquer leur message qu’à des personnes habitées par la simplicité. Quand le cœur est encombré, il est sourd à l’indicible, au léger, au mystère. Mais quand le cœur est simplifié, il est capable d’entendre la petite musique de la vie, de la joie, de l’amour donné. Quand la place est prise par le bruit, l’hyper consommation ou le goût de l’argent, il n’y en a pas pour l’Enfant de la crèche. Quand au contraire, la prière, le désir d’une vie plus belle, la relation avec les autres sont de norme, ou quand l’ego a été un peu dompté, c’est alors qu’il y a vraiment place pour l’Enfant de la crèche.

 

3-            Comment pouvons-nous vivre au mieux cet événement de Noël ?

Tout d’abord, comme événement spirituel, nous pouvons ouvrir notre cœur à un chemin de simplicité. Heureux les cœurs simples, ils sont capables d’accueillir ! Se libérer, avec la grâce, de toute non vérité, des calculs et arrière pensées. Découvrir la fraîcheur de l’esprit d’enfance.

Ensuite, comme style de vie, nous pouvons nous engager sur un mode de vie simple, sans excès de consommation mais en modifiant bien des comportements qui nous enferment sur nous-mêmes au lieu de nous libérer.

Enfin, partager la joie intime profonde de cette naissance, devenir des missionnaires de la simplicité sans crainte du ‘qu’en dira-t-on’, avec la conviction nette que notre monde a besoin pour continuer sa course, de modes de vie simple que tous les hommes puissent partager .

Prions pour nous-mêmes, que cet événement de Noël ne soit pas seulement l’affaire d’un jour dans l’année. Mais que peu à peu il modèle notre existence quotidienne et nous transforme.

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