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dimanche, 23 décembre 2007

Dieu avec nous

4e dim Avent A – 23 déc 07 – accueillir « Dieu avec nous » cf. Is 7,10-16 ; Rm 1,1-17 ; Mt 1,18-24

1-      Il y a quelques jours j’ai participé à une session universitaire qui portait sur le thème des « nouvelles parentalités ». Le terme même de parentalité est un mot nouveau qui d’emblée remporte du succès, à la fois pour répondre à l’évolution de la famille et aussi mieux nommer le parent ou celui qui prend la place du parent. En effet, la famille contemporaine connaît de multiples combinaisons, superpositions ou dissociations. On dissocie la sexualité et la procréation, on dissocie la parenté biologique et la parenté sociale, on dissocie l’alliance et la filiation, on dissocie même la conjugalité et la parentalité. Il n’y a pas de nécessité à être parent pour engendrer un enfant. Il existe d’autres formes de filiation que les liens du sang. Bien sûr tout cela est complexe. Mais ces réflexions m’ont fait penser aux textes d’aujourd’hui en cette veille de Noël, notamment l’histoire du « papa Joseph ».

 

2-         L’évangile de Matthieu présente une approche différente que chez Luc, alors que les seuls évangiles qui nous parlent de la naissance et de l’enfance de Jésus sont justement Matthieu et Luc. Luc nous présente plutôt le point de vue de Marie, et Matthieu nous présente le point de vue de Joseph. Et qui était Joseph ? c’est un homme d’Israël dont la généalogie remonte à Abraham, se poursuit par David et les rois d’Israël. Il est membre du peuple de l’Alliance. On nous a dit qu’il est accordé en mariage avec Marie, laquelle est enceinte ! va t-il la garder ? la répudier ? C’est un homme juste. Il ne cherche pas le scandale, il veut garder le secret. Alors, dans un songe, le Seigneur lui fait entendre quelque chose : non pas le faire revenir sur sa décision de renvoyer Marie, mais l’investir d’une mission essentielle, faire entrer dans la descendance de David l’enfant que Marie porte en son sein. Car il n’est pas possible que Dieu prenne des chemins impossibles pour entrer en humanité. Dieu respecte l’humanité totalement, y compris dans ses règles de droit ! Et c’est par ce profond respect qui est la seule marque de l’amour, sans forcer, sans s’imposer, que Dieu va pouvoir engager un chemin vrai mais secret avec un couple d’abord, puis une famille, une généalogie, une parenté, un clan, un peuple, et enfin, tous les peuples. Il porte le nom de Sauveur (Jésus veut dire « Dieu sauve ») qui fait écho au nom de la promesse faite dans les temps anciens : Emmanuel c’est à dire, « Dieu avec nous ». C’est parce qu’il est avec nous jusqu’au bout que Dieu sauve tous les peuples. C’est parce qu’il a pris nos chemins les plus sinueux soient – ils qu’il est crédible dans ce qu’il engage pour les hommes. C’est parce qu’il a voulu l’assentiment de deux jeunes gens : Marie et Joseph, que sa proposition d’être sauvé est libre et que tout homme à la fois, peut accepter l’offre du salut ; et le refuser parce s’il n’est pas encore disposé à son accueil. Dieu est patient. Pour lui, les siècles sont un jour, mais chaque vie est unique. Il approche chacun avec le même respect et la même bonté. Toujours en secret.

 

3-         Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, admettre que Dieu soit avec nous, dans notre intimité humaine la plus profonde, ne peut être que le fruit d’une expérience. L’expérience de sa présence qui sauve, qui guérit, encourage, soutient, c’est la manifestation qu’il est avec nous dans les difficultés, les épreuves, qu’il nous rejoint aussi loin que nous croyons être.

Ensuite, l’expérience que nous faisons aujourd’hui, est celle de tous les croyants depuis Abraham. Toute la généalogie de Jésus et toutes nos généalogies ! seulement, nous avons peu conscience que nous sommes d’un Peuple qui transcende toute l’histoire humaine et toutes les frontières ! ainsi, c’est toute l’humanité qui est touchée par le salut et nous sommes témoins.

Enfin, en cette veille de Noël, nous ne pouvons pas oublier, sous la frêle image de l’Enfant de la crèche, sous les frêles traits de Marie et de Joseph, qu’il ne s’agit pas d’un conte merveilleux mais la manifestation secrète de Dieu qui est entré en humanité pour nous sauver.

Prions en cette période de préparatifs, que tous ceux qui vivent sous le mode des nouvelles parentalités, de manière choisie ou de manière subie, soient rejoints par l’Emmanuel.

 

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