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dimanche, 11 novembre 2007

Quelle vie après la mort ?

32e dim C – 11 novembre 07 – « quelle vie après la mort ? »cf. 2M7,1-14 ; 2Thess2 ; Lc 20,27-38

1-        « Si personne ne revient de là-haut, me dit l’un, c’est qu’on y est bien ! » « on n’est pas venu nous dire qu’il y avait quelque chose ! dit un autre, sinon, on aurait su qu’il y a de la vie après ! » Tandis que d’autres affirment qu’ils entrent en communication avec les trépassés, qui de nous ne se pose des questions sur l’après la mort ?  Aucune expression ne peut calmer des questions fondamentales telles que « où sont-ils, ceux qui nous ont quitté ? ». L’inquiétude saisit chacun, dès lors qu’il faut poser la question de l’ultime.

Dans l’Antiquité, les Egyptiens avaient résolu la question avec la croyance en l’immortalité d’Osiris à laquelle tous pouvaient accéder. Aujourd’hui encore, les relations entre vivants et morts sont un problème culturel majeur qu’on vit peut-être davantage avec la Toussaint, le jour des morts, et aussi un jour de mémoire comme aujourd’hui, 11 novembre.

Mais sans faire une étude de tout ceci (on continue à écrire des livres sur le sujet), peut-on regarder ce que nous en dit précisément la Bible ?

2-        Il ne faut pas imaginer que tous les hommes de la Bible croyaient en la résurrection. On en connaissait 2 par contre, qui, au lieu de mourir, avaient été emportés dans les cieux : Enoch et le prophète Elie, qui devait revenir annoncer la fin. Ce n’est que tardivement qu’on commencera à croire et même du temps de Jésus, les Sadducéens n’y croyaient pas. Et c’est de manière très originale que les premiers chrétiens qui avaient fait l’expérience de la résurrection du Christ parlaient de la résurrection. Il ne faut pas penser que c’était facile : pas plus facile qu’aujourd’hui ! les Grecs croyaient en l’immortalité de l’âme mais la résurrection, non. D’ailleurs, ni les Apôtres, ni Jésus ne parlent de ce que le corps que nous avons ressuscite. Ils parlent et communiquent simplement une expérience. Notre corps est en effet notre présence au monde et aux autres. Il est à la fois fruit et instrument de toute relation. Relation à la nature qui nous fait naître et nous nourrit par l’eau, l’air, la végétation. Relation avec les autres hommes, car nous ne communiquons avec eux que par nos sens corporels. Jésus ressuscité utilise ce corps de relation. Mais il fait aussi entrer dans un monde nouveau. Quand la Bible nous parle de cieux nouveaux et de terre nouvelle, n’ayant aucune expérience de cette nouveauté, nous ne pouvons en dire grand-chose. Tout au plus un univers où les grands conflits qui nous détruisent auront disparu : conflits de l’homme avec la nature, du masculin et du féminin, de l’homme avec son semblable. Jésus introduit chacun dans ce monde pacifié à sa racine. Il propose d’entrer dans son corps vivant ; par son Esprit largement répandu, il fait entrer chacun dans sa résurrection. Ainsi, ce ne sont pas les corps qui ressuscitent, mais chaque personne est suscitée par le Christ et par Lui, il participe à sa divinité, pleinement, en ce qu’Il est et pour toujours.

3-qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ? Tout d’abord, la foi qui nous habite n’est pas une simple croyance. Les croyances appartiennent aux religions, mais la foi appartient au Christ ! Ainsi, tout homme peut se laisser habiter par le Christ, même s’il ne le connaît pas ou qu’il ne le connaîtra jamais.  Or le Christ est vivant, c’est l’expérience des apôtres que nous avons reçue. Et sa vie se communique à tous les êtres qui veulent s’associer à lui. Ensuite, si le Christ nous donne la foi, qui est sa vie, qui est une confiance en sa vie, on n’a plus peur. Ni des obstacles qu’on rencontre, ni des adversités, ni même de la mort. Car en Lui, tout cela est vaincu. C’est une expérience profonde que nous faisons personnellement. Enfin, cette foi en la résurrection ne pourra jamais être partagée par tous. Quelques uns seuls peuvent témoigner par leur manière de vivre, par leur manière d’habiter le monde, par leur mode relationnel que ce qu’on espère par delà la limite de la mort commence déjà ici-bas, et qu’on le prépare dans la prière. Prions pour que la lumière de résurrection nous touche, nous irradie, que nous puissions la transmettre par notre espérance et notre goût de vivre avec tous. Ainsi, la prière devient vraie, rejoint le cœur de chacun, elle rejoint le cœur vivant de Dieu.

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