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dimanche, 04 novembre 2007

Je viens chez toi

31e dim C – 4 novembre 2007 – « Je viens chez toi » cf. Sg 11,23-12,2 ; 2Tess 1,11-2,2 ; Lc 19,1-10

1-        Un groupe de personnes sont au travail. Il est midi passé. Quelqu’un passe là et leur dit : « Venez ! je vous invite à l’apéritif, pour fêter l’arrivée de un tel qui est venu dans notre région pour trois ans ». Une demie-heure après, le groupe est au complet à l’apéro qui est assez copieux, il est vrai, et à 14h00, ils repartent rejoindre leur travail, enchantés de ce moment passé ensemble. La personne qui était l’occasion de cette rencontre imprévue est étonnée de ce que cela se vive si simplement : on passe, on appelle, on vient, on partage, on repart. Ainsi, pas de préambule, pas de plan déterminé, simplement, se disposer dans l’instant et tirer profit de la rencontre impromptue. Dans la Bible, il en est de même avec le Seigneur et c’est ce que nous voyons dans les textes d’aujourd’hui.

 

2-        Le Livre de la Sagesse, un livre grec parmi les plus récents de l’Ancien Testament, réécrit l’histoire d’Israël de manière synthétique : Dieu a voulu converser avec les hommes, il a essayé à de nombreuses reprises cette proximité. Finalement, l’homme s’est rendu compte de la prévenance de Dieu, de sa manière si aimante et pardonnante, qu’il ne peut que louer sa sagesse et ses œuvres et se mettre quelque peu au diapason de ses oeuvres. Ce qui s’est produit dans l’histoire, se produit à nouveau et au présent dans la vie des hommes.

            Ainsi, un homme est venu, Jésus. Il a passé parmi les hommes en faisant le bien. Et cette attitude l’a conduit à des pratiques peu ordinaires. Car c’était un homme libre : libre de son temps, de ses relations, des convenances, en particulier religieuses. En faisant ainsi, il s’adjoint des compagnons, sans leur dire quoi faire, mais en suscitant en eux la même liberté. Il accueille aussi sur son chemin des hommes de toutes sortes. Ainsi, Zachée. Cet homme craint et peu apprécié, qui n’avait pas rang honorable, même s’il avait beaucoup d’argent. Il cherchait à voir Jésus. Sa quête lui fait espérer quelque chose de nouveau dans sa vie. Mais c’est Jésus qui le voit perché sur un arbre. Jésus, qui est en route vers Jérusalem, change son programme. Il décide dans l’instant de demeurer chez Zachée. Celui-ci, spontanément, accepte. Il redevient un petit homme mais il s’en fiche. La liberté de Jésus passe en lui. En accueillant son Seigneur, sa vie en est changée ; et concrètement, il se débarrasse de son encombrante fortune pour la redistribuer aux floués et aux indigents.

Les rencontres de l’Evangile sont ainsi : non préméditées, parce qu’ils sont tout entier dans le moment de la rencontre. Ainsi, Jésus, pleinement dans sa parole et sa pensée, est libre de son « programme pastoral ». Zachée, pleinement dans sa quête et ajusté à ce qu’il est, petit de taille, mais un cœur ouvert. L’un et l’autre vont transformer le rapport qui existait entre Dieu et les hommes pécheurs. L’ « être bon » de Jésus passe à son hôte. Ainsi, la transformation se fait presque spontanément. Et c’est le salut qui baigne cette maison.

 

3-        Cela  peut-il avoir un sens pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, la certitude que le Seigneur passe. Mais nos préoccupations, nos soucis, nos recherches de nous-mêmes plutôt que l’amour des autres, nous empêchent de chercher à voir Jésus en nos vies. Et tous les prétextes sont bons pour cela. Ainsi, Jésus passe-t-il à côté de nos vies sans même que nous l’ayons remarqué. Et nous restons inconsciemment avec un désir inassouvi. Comment sentir du fond du cœur la trace d’un passage ?

Ensuite, c’est dans la liberté qu’on peut rencontrer le Seigneur parce qu’il vient chez nous. Avec cette liberté seule, on peut le reconnaître, et même changer du tout au tout. Encore faut-il vouloir cette liberté intérieure. Cela suppose qu’on soit libéré dans l’esprit.

Enfin, une attention. Attention aux autres et finalement à Dieu. Cette attention qui est une marque de liberté intérieure pourrait nous aider à trouver le vrai chemin, celui qui nous convient. Finalement, le chemin du bonheur avec le Christ comme compagnon. C’est le salut.

Prions pour tous ceux qui cherchent à se libérer de tout le matériel qui les encombrent. Et pour nous-mêmes, que nous apprenions la manière de Jésus, en ses rencontres et ses chemins.

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