« Toussaint (1) | Page d'accueil | Semaine du 29 octobre au 04 novembre 2007 »
jeudi, 01 novembre 2007
Toussaint (2)
1er novembre 07 –Toussaint– Fête de tous les saints–cf. Ap 7, 2…14 ; 1Jn 3,1-3 ;Mt 5,1-12
A l’arrivée de l’automne, nous avons le bonheur de nous rassembler pour une mémoire : la mémoire de ceux et celles qui nous ont quitté physiquement mais qui demeurent proches de nous, de notre esprit, de notre cœur. Même si ce n’est pas à l’église, ce peut être au cimetière, près d’une urne, ou tout simplement à la maison, là où l’être cher vivait et où demeure une part de lui. Cette mémoire n’est pas seulement un souvenir ; pour les croyants que nous sommes, la mémoire nous porte vers un au-delà, vers un à-venir qui est la vie spirituelle. Rien ne peut nous détacher de cette vie spirituelle qui nous fait déjà membres les uns des autres par le Christ et qui nous unit pour toujours à ceux que nous aimons et qui nous aiment.
La fête de la Toussaint nous invite bien sûr à nous tourner vers tous ceux qui sont déjà dans la plénitude de Dieu, qui participent à la joie divine. Ils sont "saints" dans l'éternité. Mais cette fête nous invite aussi à nous demander comment, dès ici-bas, nous pouvons "devenir saints". Est-ce difficile de devenir « saints » ? A condition de comprendre ce que veut dire ce mot, ce n'est pas si difficile! L’ambition n’est pas pour chacun de nous d’être un jour vénéré sur des autels ! ainsi, pour devenir saint, pas besoin, pour cela, d'être "parfait"! Certes, nous sommes tous pécheurs, mais est-ce si grave? C'est Dieu lui-même qui nous communique sa sainteté ; c'est lui qui vient à nous et qui, dans son amour, nous rend aimant. Voila donc le propre du saint: accueillir pleinement la vie aimante de Dieu en soi, en vivre et la communiquer. La sainteté n'est donc pas le fruit d'un effort, mais c'est un don!
Cela nous met dans une perspective de vie chrétienne heureuse et ouverte. Et les premiers mots des Béatitudes que nous venons d’écouter, ce discours de Jésus placé par l’évangile de Matthieu au début de l’enseignement sur la montagne, au chapitre 5, ces Béatitudes nous disent l’essentiel de cette vie sainte à découvrir, à accueillir et à vivre à la suite de Jésus. « Heureux les pauvres de cœur car le Royaume de Dieu est à eux ».
Assertion étrange en notre monde où au contraire, on nous propose comme idéal la richesse, l’accumulation des biens et l’espoir de la fin de la pauvreté ! de quelle pauvreté s’agit-il dans l’évangile ? pauvreté matérielle ? pauvreté spirituelle ? l’évangile nous parle de pauvreté du cœur ! dans la représentation antique de l’humain, le cœur était le siège des sentiments, des désirs, là où se prennent les décisions vitales. Et c’est à cette profondeur de l’être que l’évangile s’adresse.
En déclarant que les pauvres sont heureux, Jésus se place au cœur du royaume de l'amour. Là est le royaume de Dieu. Il ne dit pas qu'il faut être malheureux, malade, angoissé... Il avertit l'homme : celui qui possède beaucoup, qu’il lui manquera l'essentiel. Celui qui est riche, qu’il peut être pauvre de l'unique nécessaire et celui qui est pauvre, qu’il peut être riche du vrai bonheur. Le bonheur de recevoir, le bonheur de compter réellement sur Dieu, le bonheur d'expérimenter la présence réelle de Dieu au sein de la pauvreté, d’éprouver la joie au cœur du manque, de sentir le goût de vivre et d'aimer au milieu des difficultés de la vie.
Un pauvre de cœur est un cœur ouvert, un cœur qui ne se bloque pas dans ses certitudes, un cœur qui accueille quiconque, un cœur qui ne se met pas en valeur, un cœur qui n’aime pas l’Argent, un cœur qui est libre, un cœur qui aime la vérité, un cœur qui est simple et confiant comme un enfant.
En prenant le chemin de cette pauvreté du cœur, et pas besoin d’être croyant pour cela ! alors, on trouvera le vrai bonheur. Ce bonheur c’est simplement accueillir la sainteté de Dieu, même sans le connaître. Dans la persévérance et la profondeur, il fait de nous un chemin d’espérance pour nos frères. Un vrai chemin de sainteté.
Que Dieu nous fasse toujours la grâce de l’accueillir dans notre cœur. Amen.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Les commentaires sont fermés.