« 2007-09 | Page d'accueil
| 2007-11 »
dimanche, 28 octobre 2007
La surprise qu’est Dieu
30e dim C – 28 octobre 2007 – La surprise qu’est Dieu – cf. Si 35, 12-18 ;2 Tim, 6-18;Lc 18, 9-14
1- Une dame me raconte : « j’ai eu envie de connaître Dieu et je suis entrée dans l’église du quartier, ne connaissant pas les habitudes ». Il faut préciser que cette dame d’une quarantaine d’années est issue d’un milieu pauvre. Elle voit une place libre près d’une dame vêtue d’un manteau de fourrure « s’il vous plait, est-ce que je peux me mettre à cette place ? » « sûrement pas », lui répond celle-ci, l’air offusqué. Alors, elle se met à l’écart, sur un banc libre. Or, c’est la place de la chorale ; la chef de chœur la renvoie aussitôt plus loin : « ce n’est pas votre place ici ! ». Finalement, elle trouve une place d’où elle n’est pas renvoyée. Mais ce premier jour, elle n’a pas reçu d’accueil. Elle persévère et quelques temps plus tard, elle demande le baptême. Aujourd’hui, elle est catéchiste dans sa paroisse.
Tout ceci ressemble à une surprise que fait Dieu à l’Eglise, à travers cette nouvelle venue. Or il y en a beaucoup aujourd’hui qui arrivent ainsi, comme par inadvertance. Est-ce qu’on trouve des choses semblables dans la Bible ?
2- Dans les textes d’aujourd’hui, c’est la manière de Dieu, différente de l’avis immédiat des hommes qui est mise en valeur. Dans les contextes du monde, ce qui est premier, c’est l’apparence, c’est la bonne mine, tout ce qui fait impression. Or Dieu, ne s’embarrasse pas des apparences. Il voit le cœur et répond quand le cœur est vrai et donne réponse à celui qui laisse place à l’action de Dieu. Dans l’évangile, une mise en scène, presque caricaturale, met en parallèle la double arrivée, dans le sacro-saint Temple de Jérusalem, d’un pharisien, c’est à dire quelqu’un de totalement inscrit dans les bonnes habitudes religieuses et celle d’un publicain qui ne peut pas avoir de place dans ce lieu de prière puisqu’il s’exclut lui-même par ses comportements insupportables pour les bonnes mœurs. Comment ose t-il entrer dans ce lieu ? Sa simple présence scandalise le public. Mais parce que Dieu a parlé dans son cœur, parce qu’il s’est ouvert à son action, il découvre l’amour qui l’a précédé, il découvre en même temps tout ce qui l’en a éloigné, il veut changer. Et comment peut-il changer ? Simplement en laissant Dieu agir dans son cœur. Et peu importe ce que peuvent en penser les autres, rien ne compte que le chemin nouveau qui s’ouvre devant lui et qu’il n’avait jamais soupçonné jusque là. Le pharisien, au contraire, ne peut supporter cette présence insolente d’un pécheur public à ses cotés. Lui qui fait tout bien, qui est l’exemple même de l’application de la loi de Dieu, soudain, se trouve transporté en esprit au niveau du Juge éternel. Il juge autrui en se prenant pour l’étalon du jugement. Et dès lors, il prend la place de Dieu. Et par sa suffisance, il n’y pas de place pour Dieu dans son cœur. Il se suffit à lui-même. On ne peut rien pour lui, même pas Dieu. Un cœur fermé ne peut laisser entrer la grâce. Un cœur ouvert, même s’il a beaucoup péché, en lui, surabonde la grâce.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, Dieu continue à frapper à la porte, d’une manière nouvelle et surprenante. Ce peut être par des personnes qui viennent à notre rencontre, auxquelles on n’avait jamais pensé ; quand nous réfléchissons d’une manière neuve avec des personnes de notre entourage et qui partagent notre foi ; quand un événement nous frappe davantage. Est-ce que notre cœur est ouvert ? est-ce que nous pouvons ouvrir notre cœur ?
Ensuite, nous pouvons réagir à la manière du pharisien, par défaut d’accueil, de bienveillance, de bonté. Nous pouvons fermer la porte de notre cœur à Dieu. Et alors, Dieu ne peut rien et nous nous aigrissons dans nos certitudes.
Enfin, recherchons ce qui donne sens à nos vies. Qu’est-ce qui fait la valeur de notre existence ? Partager le meilleur avec ceux qui nous entourent. Et découvrir chez eux, quels qu’ils soient, ce qui me fera encore avancer dans la connaissance et l’amour du Seigneur.
Prions, pour que ce nouveau printemps que Dieu a préparé pour l’humanité, se manifeste par des attitudes d’accueil, d’ouverture et de bonté des croyants, envers tous ceux qui cherchent.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Semaine du 22 au 28 octobre 2007
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 21 octobre 2007
La foi peut-elle se transmettre ?
29e dimanche C – 21 octobre 07 –« la foi peut-elle se transmettre ? » cf. Ex 17, 8-13 ; Lc 18, 1-8
1- Beaucoup de parents et d’éducateurs aujourd’hui se posent la question du « comment transmettre » les valeurs qui les ont construits. Ainsi, dans bien des maisons, les anciens m’ont répété : nous avons appris à respecter les tombes de nos défunts mais après nous, ce sera fini ! les jeunes, ça ne les intéresse pas… On peut le reporter à bien des domaines : le goût du travail manuel, persévérer dans l’épreuve, observer la nature, apprécier le silence etc. Il en est de même concernant la foi. Mais, est-on dans les mêmes domaines et de quelle foi s’agit-il ? En cette semaine missionnaire mondiale sur le thème : Transmets la Parole que tu reçois, essayons de voir qu’est-ce qu’il convient d’en comprendre avant d’agir.
2- Tout d’abord, la Bible nous enseigne les points fondamentaux qui aident à vivre comme des repères, des expériences, des sagesses. Même si chaque génération est invitée à en faire personnellement l’expérience, nous recevons de ce Livre ce que le monde biblique a traversé, pour tenir debout dans les terribles secousses de la vie. C’est ce que nous avons entendu dans le livre de l’Exode, lorsque le peuple Hébreux doit défendre ses oasis et ses points d’eau dans le désert contre des tribus nomades guerrières qui veulent s’en emparer. Sans eau dans le désert, c’est la mort assurée et c’est avec l’énergie du désespoir que ces combats sont engagés. Mais qui va gagner ? avec quoi peut-on gagner ? si ce n’est avec la force spirituelle que donne la prière, en ayant confiance en Dieu, plus que en soi-même et ses stratégies. Et on assiste à une formidable complémentarité ; la foi et les actes ensemble. Josué combat, Moïse prie. Il faut les deux pour vaincre le mal. Une solidarité qui devient unité parfaite. Et c’est cela qu’on peut transmettre aux générations qui viennent.
Jésus ne dit pas autre chose avec sa petite parabole d’une veuve qui crie justice à un juge sans foi ni loi. Car cette femme est tout entière dans ce qu’elle réclame. Elle est une en elle même. Foi et acte ensemble. Et cette unité de l’être vainc toute résistance y compris les oppositions les plus tenaces. N’y a t-il pas là quelque chose à transmettre ? Non seulement comme règle à vivre, mais comme une compréhension de ce qu’est la foi : rien d’autre que d’être tout entier dans ce qu’on fait et quand on s’adresse à Dieu, être totalement à lui. En ce cas seul, la foi qui a du sens tiendra et se communiquera. Sinon, elle sera engloutie par l’air vicié du monde qui l’aura viciée avant.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, regarder qu’est-ce que nous avons à transmettre de plus précieux et de plus important. Autrement dit, qu’est-ce qui est vital en moi, en mon expérience, que je ne peux pas sacrifier, mais communiquer à ceux que j’aime. C’est à partir de là que chacun de nous peut commencer ou rectifier son chemin. Le but de la vie, c’est finalement transmettre à d’autres, ce qui est de meilleur.
Ensuite, je peux avoir des doutes sur ma foi. Je peux hésiter si je ne suis pas sûr. De quoi ne suis-je pas sûr ? que mes prières ne soient pas exaucées ? est-ce que je suis pleinement dans ma prière ? ou bien distrait, divisé au fond de moi ? Dieu répond de suite mais pas toujours de la manière que j’ai choisie ! Il n’est pas le distributeur automatique qui fournit son article contre 1€ ! Dieu répond en mettant dans mon cœur une semence. Il lui faut le temps à cette semence pour grandir dans mon cœur. Et au bout du temps, si je l’ai soignée, elle me donne plus que ce dont j’ai besoin.
Enfin, ce trésor qu’est la foi, je ne peux pas le garder pour moi. C’est sans effort que je le communique. Simplement par ma vie et par la confiance que je trouve en Dieu. Au lieu de courir après ce qui ne nourrit pas, et de perdre ainsi tout le vrai sens de la vie, la Parole est là que j’accueille et qui grandit, que je reçois et que je transmets, comme un trésor de vie.
Prions pour tous ceux qui ignorent l’essentiel qui fait vivre, qu’ils trouvent des témoins sur leur route. Et pour nous, que nous sachions transmettre la Parole de vie que nous avons reçue.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Semaine du 15 au 21 octobre 2007
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 18 octobre 2007
Visite d'une jeune musulmane
00:00 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 14 octobre 2007
Confiance et reconnaissance
28e dim C – 14 octobre 07 « Confiance et reconnaissance »cf 2 R 5,14-17 ;2 Tm 2 ; Lc 17,11-19
1- Il est déjà arrivé que des personnes profondément malades, ne sachant pas l’origine de leur mal être, cherchent à guérir en tentant d’aller à la racine, avec l’aide de thérapeutes aux techniques diverses. Cette quête est parfois longue, la guérison n’est pas assurée, on cherche à comprendre ce qui est arrivé. Y compris pour des maladies comme le cancer dont on nous assure que pour 70% des cas, on n’en connaît pas la cause. Les symptômes du mals’en iront peut-être pour un temps, mais tant que le fond n’a pas été guéri, ils reviendront. Et comment guérir ? Par une confiance à donner à quelqu’un mais qui est impossible à donner quand on n’a déjà pas confiance en soi-même. Pourtant, ce serait le seul chemin pour une guérison véritable.
2- Le drame de l’humain est traité par la Bible et sa guérison aussi. Quand le livre des Rois (un Livre biblique qui raconte 600 ans d’histoire, de l’avant-royauté à la déportation à Babylone) le rapporte, il prend soin de montrer les démarches que les hommes sont prêts à engager, jusqu’à la folie. On veut à tout prix guérir. C’est le cas du général de l’armée syrienne (un étranger à Israël) Naaman, malade de la lèpre. En acceptant, en faisant confiance à une parole du prophète Elisée, il va se baigner dans le fleuve Jourdain comme on le lui demande. Geste sans importance mais qui produit son fruit, la guérison, parce qu’il s’est disposé, malgré sa réticence, à accueillir l’impensé. Il viendra le reconnaître et sa vie en est changée. Désormais, il fait l’expérience en son corps de la proximité de l’Auteur des bienfaits qui est le Seigneur lui-même. Ce n’est pas le corps qui est changé. C’est son cœur et tout lui.
Dans l’évangile il est aussi question de lèpre. Ils sont 10, les lépreux. Ils crient vers Jésus leur désir d’être guéris, c’est à dire, d’être réintroduits dans le paysage humain qui les a exclus. Ici, pas d’appel à faire un geste, mais opérer un déplacement. « aller voir les prêtres du Temple qui feront le constat de la guérison ». Et pourtant, rien n’a changé en eux. Sauf qu’ils ont fait confiance. Et cela les a transformés. Etait-ce suffisant ? Le texte nous dit qu’un seul d’entre eux, samaritain, non dévot du temple, fait demi tour pour reconnaître l’auteur de la transformation qui s’est opérée en lui. Il vient reconnaître par Jésus, l’auteur de ses bienfaits, qui est Dieu lui-même. Ainsi, non seulement le corps est guéri, mais le cœur aussi, tout l’être donc. Une vie nouvelle tout entière entre les mains de Dieu et de Dieu seul s’ouvre devant lui.
3- Qu’est ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, saisir que dans la vie tous les moments ne se ressemblent pas. Certains moments sont ordinaires, d’autres exceptionnels. On ne peut pas les traiter de la même manière. Tout ne se ressemble pas. Il est des moments plus cruciaux où c’est notre être tout entier qui est saisi : on va à l’essentiel, on joue le va tout ; le détail, on laisse tomber. Nous l’expérimentons par exemple lors d’un grand deuil, un accident, une grave maladie. A ce moment là, on crie vers Dieu, parfois sans le connaître. C’est dans l’expression du cœur.
Ensuite, on est appelé à la confiance. Est-ce qu’on appelle avec confiance, ou bien avec un petit doute du genre « essayons, de toute façon ça ne peut pas faire de mal… ». La confiance c’est une vérité du cœur. Est-ce qu’on est tout entier dans cette demande. Est-ce qu’on est prêt à aller jusqu’où nous conduit cette confiance ? c’est à dire, sommes nous alors prêt à entrer dans une liberté telle qu’on se détache même de la demande que nous effectuons ?
Enfin, qui est l’auteur de tout ? qui produit la guérison ? la médecine ? soi-même ? ou bien celui qui permet que dans ce climat, les choses s’arrangent au mieux, se disposent dans un croissance de l’être tout entier ? celui qu’on n’ose même pas appeler par son nom et qui pourtant nous porte, quoiqu’il arrive, et qui vient au secours de notre manque de foi.
Prions aussi pour tous ceux qui cherchent, qui ne savent pas demander, qui ont peur, qui ne peuvent pas faire confiance. Pour qu’un chemin de miséricorde s’ouvre devant eux. Et aussi pour nous mêmes, qui nous sachions surtout et toujours rendre grâce à la Grâce qui nous porte
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Semaine du 08 au 14 octobre 2007
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 11 octobre 2007
20 ans d’ordination
C'était il y a une semaine...
4 octobre 1987 - 4 octobre 2007
Un dimanche, un paroissien à la fin de la messe s'est trouvé pris par une émotion intense. « Nous sommes si peu à la messe me dit il, pour une ville comme Eymoutiers ! » j'avais en effet compté une 30 aine de personnes venant souvent de villages éloignés. « Monsieur, lui dis-je , nous sommes des chrétiens et pour les chrétiens il y a ce qui est visible et ce qui est invisible. Et nous sommes pour ce qui est invisible : en leur nom, nous nous trouvons à la célébration du dimanche. »
Il y a trois jours, je me trouvais à Lisieux, sur les lieux-mêmes où vécut Ste Thérèse. C'était au cours du rassemblement de près de 300 prêtres Fidei Donum réunis à l'occasion du 50ème anniversaire de l'Encyclique de Pie XII qui a ouvert le champ missionnaire à tous ceux qui, de bonne volonté, ont voulu partir loin de chez eux partager le don de la foi reçu. Thérèse, le petite, la cachée dans son Carmel, est la Patronne des Missionnaires, la patronne de la Mission Universelle de l'Eglise.
Les grandes oeuvres sont paradoxalement portées par ce qui est invisible aux yeux des humains (nous savons tant que les valeurs que promeut le monde sont inverses de l'Evangile) Portés par le souffle de l'Esprit auquel ils consentissent dans la simplicité, l'humilité, même, de pauvres gens, qui sont peu de choses, acceptent qu'à travers leur faiblesse, c'est la puissance de Dieu qui soit à l’œuvre !
C'est cette expérience dont je peux témoigner alors que je célèbre 20 ans d'ordination presbytérale et je voudrais avec vous, en rendre grâces au Seigneur de toutes mes forces et de tout mon amour.
Je rends grâce pour tous les dons reçus et je ne voudrais jamais cesser de chanter ma louange au Seigneur. Lui seul, compte, Lui seul a de l'importance, Lui seul permet la vie, la croissance et l'être. Sans Lui, tout se perd dans l'absurde et le néant. Je rends grâce car il a voulu choisir, appeler, envoyer des personnes sans importance dans le champ apostolique. Il a voulu dans toutes circonstances, à travers difficultés et tribulations, être présent avec eux, portant ce qui est à porter, faisant germer les semences, les faisant mûrir et donnant 100 pour 1. Oui, je peux témoigner de ces merveilles, portées à plusieurs, quand l'Evangile travaille les consciences et ouvre des perspectives neuves qui rendent joyeuse et légère le ministère quotidien, le service des hommes et des communautés.
Au cours de ces 20 ans, après mon arrivée en Creuse comme diacre, c'est à dire, comme serviteur de Jésus, j'ai pu exercer le ministère pendant 8 ans à Guéret - un temps de fondation, d'expérimentation, de consolidation. C'était la paroisse la plus peuplée du diocèse. - merci mes amis de Guéret, de St Pardoux d'être là ce soir : nos liens spirituels et amicaux sont étroits et anciens. Puis, je fus envoyé un peu plus de 2 ans en Hte Marche à Aubusson et les villages de la paroisse la plus étendue du diocèse. Un temps d'épanouissement, d'élargissement. Merci aussi, d'être là ce soir. Ce que nous avons vécu en ces temps, demeure encore. Ce fut un ministère missionnaire en Creuse, lié à plusieurs associations laïques qui m'ont toujours soutenu, et un travail professionnel à mi temps dans une institution publique de formation, au Lycée Agricole d'Ahun et son antenne de Dun Le Palestel. Je rends grâce au Seigneur pour ces années pleines d’avancées, de dialogues, de respect, de la connaissance et de l'enracinement dans un terroir. Le terroir creusois bien aimé, si différent de ma terre basque d'origine mais si profond, terre secrètement ouverte et généreuse, fidèle par dessus tout. Nous avons appris à dire Dieu sans le nommer, à le vivre en fraternité, à l'aimer profondément jusqu'à éprouver en ses amis, sa présence tangible et vive. J'en rends grâce par dessus tout.
C'est, vous le savez, une nouvelle période qui s'ouvre ensuite avec le départ en mission comme prêtre Fidei Donum au Tchad. Vous êtes nombreux à avoir franchi les distances, mers et déserts, pour venir me voir et vous avez été transformés. comme je l'ai été moi même. C'est une grâce insigne que le Seigneur m'a accordée pour retourner vivre dans ces régions connues quelques années auparavant en coopération et partager l'essentiel de ce qui fait ma vie : l'Evangile, pour, recevoir au centuple, grandir dans le chemin de la simplicité et du partage, vivre un certain dépouillement, apprendre langue, culture, façon d'exprimer la foi, croire en la vie. 9 Années merveilleuses, 6 ans à Koumra, la paroisse la plus grande du diocèse de Sarh qu'il m'a été donné de servir; je crois qu'il est impossible de décrire la somme d'activités que nous y avons mené, tchadiens et expatriés ensemble. Certaines années j'ai baptisé à Pâques 650 catéchumènes adultes qui avaient vécu 4 années de catéchuménat. Puis 3 années à Koumogo, la plus petite des paroisses du diocèse, sans prêtre depuis 4 ans (mais tout de même 65 communautés qui se rassemblent chaque dimanche, en l'absence de prêtre) où tout le monde me connaissait, même si la moitié de la population était née après ces temps de guerre civile que j'avais vécus avec eux durant 3 ans (de 1978 à 1981). La foi n'a de sens que dans une transformation de l'existence dans toutes ses dimensions, économiques, politiques, culturelles, spirituelles ou humanitaire.
Je rends grâce au Seigneur pour l'ouverture internationale, qui m'a permis de partager avec des peuples et des continents si différents, la communion ecclésiale dans de multiples langues et cultures. Depuis ce premier séjour en Côte d'Ivoire à l'âge de 19 ans, avec mon compagnon Begnate ici présent , je crois que j'ai visité plus de 35 pays et à chaque fois, la rencontre des hommes croyants de différentes religions, la rencontre des missionnaires, celle des Eglises, et des communautés m'a formidablement renforcé ainsi que, réciproquement, les compagnons de la rencontre; grandissant mutuellement par l'accueil et le don de cet essentiel qui nous fait vivre : le Christ.
Le Père Dufour, mon évêque, m'avait laissé le choix complet de rester ou de rentrer. Vers l'âge de 50 ans, il fallait choisir. Et c'est ainsi, qu'il y a 3 ans, et sans transition, j'ai été nommé parmi vous à Eymoutiers, pour le service de la paroisse sainte Anne, sans doute, la paroisse la plus difficile du diocèse. Je rends grâce au Seigneur des choses merveilleuses que nous avons engagées ensemble. Comme dit l'Apôtre, l'un sème ou plante, l'autre arrose, le troisième récolte mais c'est toujours le même Seigneur qui agit. Lui seul est le maître de la moisson et j'ai toujours eu conscience que ce ministère presbytéral et missionnaire que je vis, se situe dans une continuité, entre des prédécesseurs et des successeurs et que rien ne peut être imputé à l'un ou à l'autre, tous contribuant à ce que l'Esprit fasse son oeuvre dans les cœurs.
Je rends grâce de ce que toujours, il ait confié la tâche apostolique et missionnaire à des personnes qui deviennent des collaborateurs, pour que unis ensemble en Lui, nous continuons à porter des fruits et par l'Esprit du Seigneur, un fruit qui demeure.
00:00 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 07 octobre 2007
Une foi petite ou grande et pourquoi ?
27edim C– 7 oct 07 –« Une foi petite ou grande et pourquoi ?» cf. Ha 1-2 ;2Tm1,6-13 ;Lc 17,5-10
1- Au cours de la semaine, une musulmane est venue me rencontrer à mon bureau. Elle n’arrive plus à prier, me dit-elle, ni à faire Ramadam. C’est qu’elle a perdu récemment son père puis son petit garçon. Elle a tellement prié pour leur guérison et finalement, elle n’a pas été exaucée. Pire, elle a l’impression que le sort s’est acharné sur elle avec 4 deuils douloureux en 4 ans et elle ne peut pas exprimer sa douleur à son entourage qui la rejette en permanence. Qu’a t-elle fait de mal ? peut – elle ou doit – elle continuer à croire ? Ce genre de questionnement rejoint celui de beaucoup de personnes quelle que soit leur religion, en particulier ceux autour de nous qui se rattachent au christianisme. Car c’est aussi La question posée dans la Bible.
2- En permanence chez les prophètes, tel Habacuc, on entend le cri non exaucé des hommes. Comme si Dieu était sourd à leurs appels. De là à penser qu’il n’existe pas ou qu’il existe seulement pour certains privilégiés à qui tout sourirait … , le pas est vite franchi. Enorme tentation : considérer Dieu en fonction de ce qu’on lui offre : prières, efforts, travaux, sacrifices, en attendant qu’en retour, il nous comble de ses biens. Or, nous dit la Bible, Dieu n’est pas comme ça. Dieu n’est pas dans une logique de marchandage. Dieu ne raisonne pas comme nous raisonnons avec les humains. Ni comme nous l’ont appris les anthropologues, dans la logique du don / contre-don. Dieu est gratuité, Dieu est amour pur de tout calcul, Dieu s’introduit dans la vie des hommes par pur amour.
C’est cette logique que Jésus veut partager à ses compagnons qui le suivent depuis un moment et qui ont été subjugués par ses signes et prodiges. Il ne leur dit pas « faites comme moi » mais « la foi c’est un rien, un presque rien avec lequel Dieu fait tout ». La foi n’est pas quelque chose qu’on a, qu’on garderait comme un trésor et qui nous ferait faire ceci ou cela. La foi c’est simplement l’accueil de ce que Dieu fait, se rendre compte de ce qu’il a fait, et se mettre dans la disposition de l’accueillir encore. En conséquence, toutes les œuvres, toutes les réalisations et même les fatigues ne sont que des conduites normales, celles de serviteurs ordinaires qui sont joyeux de la joie du maître et qui se disposent à se donner encore davantage par pure joie de servir leur maître. Parce qu’ils ont pleine confiance en sa bonté et en son amour. Et cela leur libère le cœur.
3- Qu’est ce que tout ça peut nous dire aujourd’hui ?
Tout d’abord, extraire de notre tête cette idée que Dieu donne en retour, à la mesure de ce que nous lui donnons en premier. C’est lui qui donne en premier et il faut nous en aviser. Et il nous a donné beaucoup. Si nous n’avons pas de jambes, nous avons une tête et si nous n’avons pas de tête, nous avons un cœur… Ainsi, Dieu nous a donné et nous ne le voyons pas.
Ensuite, la foi, c’est se mettre au diapason de ce don. L’accueillir et ainsi, accepter cette chose immense. Rendons-nous compte de l’immensité que nous accueillons avec si peu, avec tant de pauvreté et tant de faiblesse. Nous sommes rien ; il est tout ; de notre rien, il fait tout. Ne disons plus, avec une pointe de regret : ma foi est petite ; car, c’est parce qu’elle est petite que Dieu peut faire beaucoup !
Enfin, avec Dieu, on est capable de beaucoup. Sans fatigue. Avec légèreté. Tous nos efforts, nos travaux et spécialement le travail apostolique ne viennent qu’en conséquence de ce don accueilli. On n’est pas usé par l’effort parce qu’on porte la mission à plusieurs. Dieu nous fait la grâce de compagnons ou compagnes qui vont porter aussi la mission avec nous. Nous sommes ensemble, serviteurs. Et c’est heureux que nous soyons ensemble, avec Dieu comme acteur principal. Avec lui, on ne peut jamais désespérer ! on peut hésiter, mais pas désespérer.
Prions, simplement avec le cœur. Sachons demander mais avant de demander, remercier, louer, et encore accueillir et regarder ce que Dieu a fait de bon en nous et autour de nous. Ainsi, la prière met la joie au cœur et la légèreté dans tout ce que nous entreprendrons.
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Semaine du 1er au 07 octobre 2007
10:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


