« Semaine du 1er au 07 octobre 2007 | Page d'accueil | 20 ans d’ordination »

dimanche, 07 octobre 2007

Une foi petite ou grande et pourquoi ?

27edim C– 7 oct 07 –« Une foi petite ou grande et pourquoi ?» cf. Ha 1-2 ;2Tm1,6-13 ;Lc 17,5-10

1-        Au cours de la semaine, une musulmane est venue me rencontrer à mon bureau. Elle n’arrive plus à prier, me dit-elle, ni à faire Ramadam. C’est qu’elle a perdu récemment son père puis son petit garçon. Elle a tellement prié pour leur guérison et finalement, elle n’a pas été exaucée. Pire, elle a l’impression que le sort s’est acharné sur elle avec 4 deuils douloureux en 4 ans et elle ne peut pas exprimer sa douleur à son entourage qui la rejette en permanence. Qu’a t-elle fait de mal ? peut – elle ou doit – elle continuer à croire ? Ce genre de questionnement rejoint celui de beaucoup de personnes quelle que soit leur religion, en particulier ceux autour de nous qui se rattachent au christianisme. Car c’est aussi La question posée dans la Bible.

 

2-        En permanence chez les prophètes, tel Habacuc, on entend le cri non exaucé des hommes. Comme si Dieu était sourd à leurs appels. De là à penser qu’il n’existe pas ou qu’il existe seulement pour certains privilégiés à qui tout sourirait … , le pas est vite franchi. Enorme tentation : considérer Dieu en fonction de ce qu’on lui offre : prières, efforts, travaux, sacrifices, en attendant qu’en retour, il nous comble de ses biens. Or, nous dit la Bible, Dieu n’est pas comme ça. Dieu n’est pas dans une logique de marchandage. Dieu ne raisonne pas comme nous raisonnons avec les humains. Ni comme nous l’ont appris les anthropologues, dans la logique du don / contre-don. Dieu est gratuité, Dieu est amour pur de tout calcul, Dieu s’introduit dans la vie des hommes par pur amour.

            C’est cette logique que Jésus veut partager à ses compagnons qui le suivent depuis un moment et qui ont été subjugués par ses signes et prodiges. Il ne leur dit pas « faites comme moi » mais « la foi c’est un rien, un presque rien avec lequel Dieu fait tout ». La foi n’est pas quelque chose qu’on a, qu’on garderait comme un trésor et qui nous ferait faire ceci ou cela. La foi c’est simplement l’accueil de ce que Dieu fait, se rendre compte de ce qu’il a fait, et se mettre dans la disposition de l’accueillir encore. En conséquence, toutes les œuvres, toutes les réalisations et même les fatigues ne sont que des conduites normales, celles de serviteurs ordinaires qui sont joyeux de la joie du maître et qui se disposent à se donner encore davantage par pure joie de servir leur maître. Parce qu’ils ont pleine confiance en sa bonté et en son amour. Et cela leur libère le cœur.

 

3-        Qu’est ce que tout ça peut nous dire aujourd’hui ?

Tout d’abord, extraire de notre tête cette idée que Dieu donne en retour, à la mesure de ce que nous lui donnons en premier. C’est lui qui donne en premier et il faut nous en aviser. Et il nous a donné beaucoup. Si nous n’avons pas de jambes, nous avons une tête et si nous n’avons pas de tête, nous avons un cœur… Ainsi, Dieu nous a donné et nous ne le voyons pas.

Ensuite, la foi, c’est se mettre au diapason de ce don. L’accueillir et ainsi, accepter cette chose immense. Rendons-nous compte de l’immensité que nous accueillons avec si peu, avec tant de pauvreté et tant de faiblesse. Nous sommes rien ; il est tout ; de notre rien, il fait tout. Ne disons plus, avec une pointe de regret : ma foi est petite ; car, c’est parce qu’elle est petite que Dieu peut faire beaucoup !

Enfin, avec Dieu, on est capable de beaucoup. Sans fatigue. Avec légèreté. Tous nos efforts, nos travaux et spécialement le travail apostolique ne viennent qu’en conséquence de ce don accueilli. On n’est pas usé par l’effort parce qu’on porte la mission à plusieurs. Dieu nous fait la grâce de compagnons ou compagnes qui vont porter aussi la mission avec nous. Nous sommes ensemble, serviteurs. Et c’est heureux que nous soyons ensemble, avec Dieu comme acteur principal. Avec lui, on ne peut jamais désespérer ! on peut hésiter, mais pas désespérer.

Prions, simplement avec le cœur. Sachons demander mais avant de demander, remercier, louer, et encore accueillir et regarder ce que Dieu a fait de bon en nous et autour de nous. Ainsi, la prière met la joie au cœur et la légèreté dans tout ce que nous entreprendrons.

Les commentaires sont fermés.